Louis de Funès

Louis de Funès, de son nom complet Louis de Funès de Galarza, est un acteur français né le à Courbevoie et mort le à Nantes.

Pour les articles homonymes, voir Funès et Galarza.
Louis de Funès
Louis de Funès lors du tournage du film
L'Homme orchestre en 1970.
Nom de naissance Louis Germain David de Funès de Galarza
Naissance
Courbevoie (Seine)
Nationalité  Français
Décès
Nantes (Loire-Atlantique)
Profession Acteur
Films notables voir filmographie

Ayant joué dans plus de cent quarante films, il est l'un des acteurs comiques les plus célèbres du cinéma français de la seconde moitié du XXe siècle et réalise les meilleurs résultats du cinéma français, des années 1960 au début des années 1980. Il réalise également les meilleures audiences télévisées. Très peu récompensé, il reçoit toutefois un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière en 1980.

Après presque vingt ans sur les planches ainsi que devant les caméras dans de nombreux seconds rôles, il impose son personnage de Français moyen impulsif, râleur, au franc-parler parfois dévastateur, aux verbigérations et mimiques parfois muettes. C'est dans les années 1950 qu'il se fait connaître tardivement du public avec La Traversée de Paris (1956), ses premiers rôles principaux et le triomphe au théâtre d'Oscar. Dans les deux décennies qui suivent, on le retrouve dans une suite de succès populaires, parmi lesquels : Pouic-Pouic (1963), Le Gendarme de Saint-Tropez (1964) et ses cinq suites, la trilogie Fantômas (1964), Le Corniaud (1965), La Grande Vadrouille et Le Grand Restaurant (1966), Oscar, Les Grandes Vacances et Le Petit Baigneur (1967), Hibernatus (1969), Jo et La Folie des grandeurs (1971), Les Aventures de Rabbi Jacob (1973), L'Aile ou la Cuisse (1976), La Zizanie (1978) et La Soupe aux choux (1981). Il a également participé à l'écriture de quelques scénarios de ses films et co-réalisé L'Avare avec Jean Girault en 1980.

Outre la France, les films de Louis de Funès ont connu un grand succès dans divers pays européens, et notamment en Russie, du temps de l'URSS. Sa popularité ne s'étendra que très peu dans le monde anglo-saxon, à l'exception du succès outre-Atlantique de Rabbi Jacob, nommé pour un Golden Globe en 1975. Le souvenir de l'acteur est entretenu par deux musées : le musée Louis-de-Funès à Saint-Raphaël et le musée de la gendarmerie et du cinéma, dans l'ancienne gendarmerie de Saint-Tropez.

Biographie

Enfance et formation

Louis de Funès est issu d'une famille ruinée de la noblesse castillane[alpha 1][réf. à confirmer] du côté de son père, Carlos Luis de Funes de Galarza (Séville, 1871 — Malaga, [alpha 2]). Sa mère Leonor Soto Reguera (Ortigueira, Montmorency, [cit. 1]) est de famille bourgeoise, son propre père étant un grand avocat de Madrid. Les deux amoureux arrivent en France d’Espagne en 1904 après que Carlos a enlevé Leonor, dont les parents s'opposaient tout d'abord à leur union (ils accepteront plus tard de la doter confortablement[alpha 3]). Né le [cit. 2], Louis est leur troisième enfant, les deux aînés étant Marie (Maria Teolinda Leonor Margarita, Courbevoie, — Paris, ), mariée en secondes noces avec le réalisateur François Gir, et Charles (Carlos Teolindo Javier, Courbevoie, Rethel, ), soldat au 152e régiment d'infanterie, mort pour la France « fauché par une mitrailleuse allemande[alpha 2] ».

Le père, Carlos, personnage un peu fantasque[cit. 3], ne peut plus exercer sa profession d'avocat depuis son installation en France et s’improvise alors diamantaire. Mais au début des années 1930, il fait croire à son suicide et part au Venezuela, « dans l'espoir de faire prospérer ses affaires[alpha 4] ». Son épouse apprenant le subterfuge va le chercher et l'en ramène rongé par la tuberculose. Il meurt seul et ruiné en Espagne en 1934[1].

Leonor, avec son fort caractère, est aussi une source du sens de la comédie de Louis, son premier « professeur de comédie » : « Il arrivait à ma mère de me courser autour de la table en criant “Yé vais té touer”. Dans sa façon d’être et d’agir, elle possédait, sans le savoir, le génie des planches[alpha 5] ». Elle lui donne également ses premières leçons de piano à l’âge de 5 ans[2].

Le jeune Louis passe son enfance à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne), où il fréquente l'école du Centre. À dix ans, Louis de Funès entre au collège Jules-Ferry de Coulommiers, un établissement austère, où son frère est déjà pensionnaire, avec quatre uniques sorties par an[alpha 6]. Rêveur, indiscipliné et taciturne, son physique malingre, son nez allongé et son regard apeuré en font le souffre-douleur de ses camarades du pensionnat. Pendant les trois ans d'internat, où il apprend l'adversité et la méchanceté de ses professeurs, « il ne s'anime que pour dessiner, pêcher à la ligne et faire rire ses petits camarades[alpha 7] ». En 1930, à 16 ans, après des études secondaires moyennes au lycée Condorcet et sur les conseils de son frère, devenu fourreur, Louis de Funès entre à l’École professionnelle de la fourrure, située près de la place de la Bastille, mais il en est renvoyé pour chahut[alpha 4]. Il travaille ensuite chez plusieurs fourreurs, exerce successivement différents métiers (comptable, étalagiste, décorateur)[alpha 8], mais ses renvois systématiques et la lassitude de ses frasques professionnelles conduisent ses parents à l’inscrire, en 1932, à l’École technique de photographie et de cinéma, située à deux pas de son domicile, où il choisit la section cinéma[alpha 9]. Dans les cours, il a notamment pour condisciple Henri Decaë, bien plus tard directeur de la photographie sur plusieurs de ses films.

« Louis de Funès était quelqu'un qui n'était pas expansif à la ville. Chaque fois que nous nous rencontrions pour un nouveau film, il me redisait quelques formules chimiques apprises à l'ETPC vingt ou trente ans auparavant, en 1933, dont ce nom de produit qui le faisait hurler de rire, « hyposulfite de soude ». Ceci en imitant le professeur strict qui nous en enseigna les propriétés... C'était comme une connivence entre nous[alpha 10] ! »

 Henri Decaë

Finalement, il est renvoyé pour incendie volontaire[alpha 11]. Commence alors un cycle de périodes de chômage et d’emplois d’où il finit toujours par se faire renvoyer[alpha 12]. Son fils Olivier de Funès expliquera : « Après avoir abandonné ses études secondaires, mon père avait exercé toutes sortes de petits métiers. Je me demande s'il ne les enjolivait pas un peu dans ses interviews car à la maison il n'en parlait jamais »[alpha 12].

Premiers pas sur scène

En 1942, à l’âge de 28 ans, il décide de devenir comédien, et s’inscrit au cours Simon, réussissant son concours d’entrée grâce à une interprétation d’une scène des Fourberies de Scapin, de Molière[alpha 13]. Même s’il n’y fait qu’un court passage[alpha 14], il croise dans le cours d'autres apprentis comédiens, comme Daniel Gélin, qui lui permet de débuter plus tard dans la pièce L'Amant de paille de Marc-Gilbert Sauvajon.

« Un hasard prodigieux. Je descendais d’un wagon de première dans le métro et Daniel Gélin, déjà croisé au cours René-Simon, montait dans un wagon de seconde. La porte allait se refermer lorsqu’il me crie : « Téléphone-moi demain. J’ai un petit rôle pour toi[alpha 13] ». »

 Louis de Funès

Daniel Gélin donnera cependant une version un peu différente de leur rencontre sur le quai de métro dans son autobiographie[alpha 15]. À côté de quelques petites figurations théâtrales, l’acteur se démène pour gagner sa vie grâce à ses activités de pianiste de jazz, donnant parfois des cours le jour, puis jouant la nuit à travers le Paris nocturne[alpha 16].

En 1945, toujours grâce à Daniel Gélin, que de Funès surnommait « Ma Chance » lorsqu'il le croisait[alpha 17], il débute au cinéma, âgé de plus de trente ans, dans La Tentation de Barbizon, de Jean Stelli. Dans le petit rôle du portier du cabaret Le Paradis, il prononce sa première réplique à l'écran en voyant un client (interprété par Pierre Larquey) qui essaye de passer à travers une porte fermée : « Ben, il a son compte celui-là, aujourd’hui ! » L'acteur enchaîne dès lors silhouettes, figurations et petits rôles. Quelquefois, il incarne même plusieurs personnages dans un même film, comme pour Du Guesclin de Bernard de Latour, en 1948, où il tient tour à tour les rôles de mendiant, de chef de bande, d'astrologue et de seigneur[3]. En 1949, il joue dans Pas de week-end pour notre amour, une comédie conçue autour du ténor-vedette de l'époque, Luis Mariano ; de Funès y tient le rôle secondaire du domestique-pianiste du baron (joué par Jules Berry), ce qui lui permet d'accompagner à l'écran des airs d'opérettes et autres morceaux de facture classique, mais également de jazz[n 1].

L'ascension

En 1950, il est pianiste-comédien dans la troupe Les Burlesques de Paris de Max Révol lorsque Sacha Guitry lui confie plusieurs petits rôles, notamment dans La Poison (1951), Je l'ai été trois fois (1952), Si Paris nous était conté (1955) et surtout La Vie d'un honnête homme (1953), où il a un rôle un peu plus consistant de valet de chambre « obséquieux et fourbe, presque inquiétant l'espace d'un plan[alpha 18] ». Dans ce film, son personnage s'affine un peu plus  « il apparaît « au naturel », sans grimace ni moustache[alpha 18] »  et il est associé pour la première fois à Claude Gensac. En 1952, il rejoint la troupe des Branquignols dirigée par Robert Dhéry, bien que les circonstances de la rencontre entre de Funès et Dhéry varient considérablement en fonction des auteurs. Il y apparaît d’abord dans la revue Bouboute et Sélection.

« En 1952, mon père jouait La Puce à l'oreille de Feydeau [...]. À la fin de la représentation, mon père courait au petit théâtre Vernet [...] pour apparaître dans le premier sketch de Bouboute et Sélection [...] puis, il reprenait le métro pour rejoindre le cabaret où il incarnait un clochard[alpha 19] »

 Olivier de Funès

En 1953, on le remarque, aux côtés de Jean Marais et de Jeanne Moreau, dans le rôle de M. Triboudot, le photographe dans Dortoir des grandes d’Henri Decoin. Puis il officie dans Ah ! les belles bacchantes en 1953. Cette revue obtient un grand succès[4] — deux années de représentations — et contribue à le faire connaître[cit. 4]. De plus, intégré dans une troupe dédiée au comique, l’acteur, influencé par le jeu de Maurice de Féraudy[alpha 21], va perfectionner sa technique. Il tourne ses premiers films en couleurs l’année suivante dans l’adaptation à l’écran du spectacle par Jean Loubignac, mais aussi dans La Reine Margot de Jean Dréville, tourné avant, mais sorti en salles après. Cette même année, il joue face à Fernandel dans Le Mouton à cinq pattes d’Henri Verneuil et pour la première fois face à Bourvil dans Poisson d’avril de Gilles Grangier. Jean-Paul Le Chanois, après lui avoir confié deux petits rôles dans Sans laisser d'adresse (1951) et Agence matrimoniale (1952), lui offre le second rôle de M. Calomel dans la comédie populaire à succès Papa, maman, la bonne et moi (1954) et sa suite Papa, maman, ma femme et moi (1956). Courant les cachets, il tourne en 1954 pas moins de dix-huit films dans lesquels il n'obtient que des seconds rôles[alpha 22].

Louis de Funès dans Toto à Madrid (1959).

En 1956, il obtient un début de reconnaissance[5] au cinéma dans La Traversée de Paris, de Claude Autant-Lara, où il joue l’épicier Jambier. Il s’impose avec force face à Jean Gabin et Bourvil, dans une prestation de quelques minutes au cours de laquelle il dessine en quelque sorte son futur personnage[6] : lâche devant « le fort » (Jean Gabin) et colérique devant « le faible » (Bourvil). Même si le film a atteint aujourd’hui le statut de film culte, il connaît à sa sortie un succès public pour son « discours continûment ambivalent[alpha 23] ». Dès l’année suivante, Maurice Regamey lui offre son premier rôle principal dans Comme un cheveu sur la soupe. Son interprétation d'un compositeur suicidaire vaut à l’acteur le Grand Prix du rire 1957, sa première récompense et le film, « petite production sans prétention, qui aurait dû passer inaperçue, [...] tient l'affiche de très longues semaines[alpha 24]. » Toujours en 1957, il est la tête d’affiche de Ni vu, ni connu, d’Yves Robert, dans le rôle du braconnier Blaireau. Accompagné de son chien Fous le camp, cet « avatar rural de Guignol[alpha 25] » brave toutes les formes d'autorité et finit toujours par échapper au garde-chasse. Le film est un beau succès à sa sortie et vaut à l'acteur quelques articles laudateurs dans la presse, à l'instar de l'hebdomadaire France Dimanche, qui, dans son numéro du , titre à la une :

« Louis de Funès, l'acteur le plus drôle de France[alpha 26] »

 France Dimanche

Il tient encore un rôle principal en 1958 dans Taxi, Roulotte et Corrida, d’André Hunebelle. Ce film, tourné en Espagne, connaît un certain succès avec 2,542 millions d’entrées. Pourtant, la progression de sa carrière au cinéma marque une pause, et l’acteur va retourner à des films ou des rôles moins importants pour quelque temps.

Deux rôles décisifs

C’est d’abord au théâtre que la carrière du comédien va connaître une nouvelle accélération. Depuis ses débuts, l’acteur ne s’est jamais éloigné des planches et il reprend notamment, en 1957, aux côtés de Danielle Darrieux et Robert Lamoureux, le rôle créé par Raimu dans Faisons un rêve de Sacha Guitry. Le biographe de l’auteur, Jacques Lorcey, note : « Ce sera la dernière grande joie de notre Sacha [Guitry]. [...] Ce succès, obtenu par des vedettes tellement différentes des créateurs lui apporte la certitude que son théâtre lui survivra[alpha 27]. »

En septembre 1959 pour les tournées Karsenty, il débute les répétitions d'Oscar, une pièce de Claude Magnier créée à Paris l'année précédente avec Pierre Mondy et Jean-Paul Belmondo. À partir du 1er octobre, commencent les cent jours d’une tournée en province et en Afrique du Nord. Le succès est tel qu'on lui propose de reprendre la pièce à Paris en janvier 1961. D’abord hésitant, il accepte finalement[alpha 28]. La pièce est un énorme succès, et sur scène, il multiplie les improvisations et les prouesses physiques :

« Louis [de Funès] était carrément génial dans Oscar. Génial d'invention, de burlesque. Il avait amélioré le rôle[alpha 29]. »

 Pierre Mondy, créateur du rôle repris par de Funès.

L’acteur reprendra « ce rôle fétiche » dans l’adaptation cinématographique de la pièce réalisée par Édouard Molinaro en 1967, puis à nouveau sur scène au début des années 1970 dans une mise en scène de Pierre Mondy.

En parallèle, il continue à tourner au cinéma comme en 1961 dans un petit rôle de barman dans Le crime ne paie pas, le troisième film réalisé par Gérard Oury. Lors du tournage, alors qu'il tient le seul rôle comique du film, de Funès essaie de convaincre le réalisateur qu'il est fait pour tourner des films comiques : « Quant à toi, tu es un auteur comique, et tu ne parviendras à t'exprimer vraiment que lorsque tu auras admis cette vérité-là[alpha 30]. » La même année, il tient le double rôle des jumeaux Viralot, l'un chef du personnel et l'autre commissaire, dans La Belle Américaine de Robert Dhéry. L'année suivante, il incarne un restaurateur colérique et cupide face à Jean Gabin dans Le Gentleman d’Epsom de Gilles Grangier. En 1963, il retrouve la tête d’affiche avec Jacqueline Maillan dans Pouic-Pouic, l’adaptation par Jean Girault de la pièce de boulevard Sans cérémonie, qu’il avait écrite avec Jacques Vilfrid. De Funès avait participé à la création de la pièce en 1952  il tenait le rôle du maître d’hôtel incarné par Christian Marin dans le film  mais la pièce n’avait pas connu le succès. Finalement, malgré cet insuccès et les difficultés rencontrées par le réalisateur auprès des producteurs pour monter le projet autour de l'acteur[alpha 31], ce film lui permet de retrouver un large public et marque le départ de la seconde partie de sa carrière qui ne verra plus sa popularité fléchir.

Dans Oscar comme dans Pouic-Pouic, de Funès incarne un homme aisé et irascible, ayant des difficultés avec sa progéniture : il décline son « personnage fétiche inspiré du Pantalon » de la commedia dell'arte[alpha 32]. Il a alors créé son personnage comique : colérique, autoritaire, grimaçant, tout en énergie et « a gommé certaines outrances qui le parasitaient dans les années 1950[alpha 33]. »

La consécration

Louis de Funès dans Les Bons Vivants (1965).

Pouic-Pouic où de Funès incarne un boursicoteur harcelé par les histoires de famille et les péripéties domestiques, marque aussi le début de sa collaboration avec le réalisateur Jean Girault, également musicien[7], qui le fera jouer dans douze films : Pouic-Pouic (1963), Faites sauter la banque ! (1964), la série des Gendarme (six films entre 1964 et 1982), Les Grandes Vacances (1967), Jo (1971), L'Avare (1980) et La Soupe aux choux (1981). Malgré les réticences des producteurs qui auraient préféré Darry Cowl ou Francis Blanche[alpha 34], Girault impose de Funès dans le rôle de Ludovic Cruchot, le héros du Gendarme de Saint-Tropez. Le film rencontre un succès considérable et installe l’acteur en haut du box-office pour la première fois. À peine deux mois plus tard, de Funès triomphe à nouveau dans le rôle du commissaire Juve de Fantômas. Dans ce film, construit sur la double composition (Fantômas/Fandor) de Jean Marais dans le premier rôle, de Funès transfigure son personnage[n 2] et éclipse ses partenaires[8]. Pendant que les succès populaires s’accumulent, il tourne Le Corniaud, réalisé par Gérard Oury, et où il partage l’affiche avec Bourvil. La sortie du film en est un nouveau triomphe (près de douze millions de spectateurs). En 1966, il joue le rôle d'un directeur de restaurant dans Le Grand Restaurant, puis d'un chef d'orchestre tyrannique de la France occupée dans La Grande Vadrouille, de nouveau avec Bourvil comme partenaire et Oury comme réalisateur. Le film connaît un succès colossal et a longtemps détenu le record du plus grand nombre de places de cinéma vendues en France[n 3] (plus de 17 millions de spectateurs).

Louis de Funès dans Le Petit Baigneur (1968).

Dans cette ère de succès où Louis de Funès est quasi-continuellement présent dans les salles, des producteurs et distributeurs peu scrupuleux tentent de capitaliser sur sa nouvelle popularité en ressortant d'anciens films où il apparaît[alpha 35]. Poisson d'avril (1954) bénéficie ainsi d'une reprise, avec une nouvelle affiche sur laquelle son nom est placé au-dessus de celui de Bourvil, véritable star du film, alors que de Funès n'y est qu'un second rôle[alpha 35], pour laisser croire à une nouveauté du duo du Corniaud et de La Grande Vadrouille[alpha 36]. Louis de Funès s'en insurge dans un entretien au printemps 1968 : « C'est de l'escroquerie au public. Ça me rend furieux ». Il révèle d'ailleurs que le producteur du film lui doit toujours « 50 000 francs de l'époque »[alpha 35]. À l'été 1968, Une souris chez les hommes (1964), tourné après Pouic-Pouic et échec à sa sortie, sort sous un nouveau nom, Un Drôle de Caïd, et son affiche présente Louis de Funès comme l'unique vedette, alors que le film est mené par un trio qu'il compose avec Maurice Biraud et Dany Saval, laquelle était la véritable star en 1964[alpha 37],[9]. En , sortent en « exclusivité » Les Grands Seigneurs et Les râleurs font leur beurre, qui sont en fait les reprises sous de nouveaux titres des films Le Gentleman d'Epsom (1962), qui enregistre ainsi 500 000 entrées supplémentaires grâce à son affiche Gabin-de Funès, quelques mois après Le Tatoué[10], et Certains l'aiment froide (1959)[alpha 36],[alpha 38]. Aussi, à partir de 1969, Dans l'eau... qui fait des bulles ! (1961) connaît plusieurs nouvelles exploitations sous les titres Le garde-champêtre mène l'enquête, pour profiter du succès des films du Gendarme, et alors qu'il n'y a ni garde-champêtre, ni enquête dans le film[alpha 36], puis Le Poisson sifflera deux fois ![11]. Toujours en 1969, Les Tortillards (1960) ressort renommé Les tortillards sont là, avec le nom de l'acteur trônant au-dessus de ceux des têtes d'affiche de la sortie originale, Jean Richard et Roger Pierre[alpha 39].

Le cas le plus extrême est la sortie de Totò à Madrid (1958) sous le titre Un Coup fumant : le distributeur s'offre la une du Film français comme publicité en , avec une affiche où seul de Funès apparaît  avec une photo récente, et non tirée du film, sur laquelle a simplement été ajoutée une moustache comme dans le film  et où les noms des véritables têtes d'affiche Totò et Abbe Lane sont reléguées en dessous du sien[alpha 37],[alpha 36]. De plus, le producteur italien Lux lance une procédure judiciaire pour « rupture abusive de contrat », car il n'a pas doublé le film en français comme il était prévu à l'époque[alpha 37], et réclame 1,5 million de francs de dommages-intérêts[alpha 36]. L'acteur répond en l'attaquant pour « interprétation malicieuse de contrat »[alpha 37]. La justice contraint le distributeur à n'utiliser que des images d'époque dans les publicités du film et à y indiquer la véritable date d'origine, et n'oblige pas de Funès à enregistrer de doublage en français[alpha 37]. La diffusion du film est finalement prévue à partir du mais ne semble pas avoir eu lieu[alpha 37].

En 1971, La Folie des grandeurs de Gérard Oury doit marquer les retrouvailles de de Funès et Bourvil, mais la mort de ce dernier interrompt le projet. Simone Signoret suggère alors le nom de Yves Montand à Oury[alpha 40], qui perçoit le potentiel du duo :

« J'avais conçu pour Bourvil un rôle de valet de comédie genre Sganarelle. Montand sera plus proche de Scapin[12]. »

 Gérard Oury

Le tournage démarre après quelques modifications du scénario, et le film est un grand succès avec plus de 5,5 millions d'entrées à sa sortie.

Retour au théâtre

Fin novembre 1971, au théâtre du Palais-Royal, il reprend Oscar, qu’il joue presque chaque soir, avec son fils Olivier, jusqu’à septembre 1972 avec une interruption pendant l’été (Oscar est jouée plus de quatre cents fois). À partir de mars 1973, il s’investit énormément dans le tournage des Aventures de Rabbi Jacob qui sort le de la même année, en acceptant de danser le célèbre ballet hassidique[alpha 41]. C'est un nouveau triomphe avec plus de sept millions de spectateurs. Le lendemain, le comédien est à nouveau sur les planches à la comédie des Champs-Élysées, pour ce qui fut sa dernière apparition au théâtre. Jusqu’au , il joue presque deux cents fois la pièce de Jean Anouilh, La Valse des toréadors[alpha 42].

Le château de Clermont, acquis par le couple de Funès en 1967[alpha 43].

À partir de là, il se repose au château de Clermont où le couple de Funès est souvent allé en vacances, car il était la propriété de Charles Nau de Maupassant[n 4], époux d'une tante paternelle de Jeanne de Funès, qui à la mort de celle-ci en 1963 hérite de la moitié du château. Après négociations avec les cohéritiers, le couple peut acquérir en 1967 le château inhabité depuis six ans[alpha 43], situé au Cellier en Loire-Atlantique ; il jardine beaucoup et refuse d’entreprendre quoi que ce soit en prévision du tournage très physique du prochain film de Gérard Oury, qui doit s'intituler Le Crocodile. Dans ce film, dont le premier tour de manivelle est prévu pour mai 1975, et où il prévoit de donner la réplique à Régine Crespin, Aldo Maccione et Charles Gérard, Louis de Funès doit jouer le rôle d’un dictateur sud-américain, « un petit colonel cupide, teigneux, couard avec des faiblesses : le fric, sa femme, son fils[alpha 44] ».

Santé fragile

Le , Louis de Funès fait un malaise dans son appartement parisien, puis est admis à l'hôpital Necker, où les médecins diagnostiquent un infarctus. Le , alors que son état de santé semble s'être amélioré, il perd connaissance en pleine conversation avec son épouse : victime d'un second infarctus, il est sauvé in extremis et reste plus de deux mois à l'hôpital[cit. 5]. La pré-production du film Le Crocodile, déjà très avancée, est interrompue, puis le projet totalement annulé[alpha 46],[alpha 47]. L'acteur doit alors suivre un régime alimentaire adapté, sans boisson alcoolisée ou caféinée, et s'abstenir de consommer des plats énergétiques ce qui explique son amaigrissement, son vieillissement, son état diminué, visibles à partir de L'Aile ou la Cuisse[alpha 48]. Il doit ralentir son rythme de travail et renonce définitivement à sa carrière théâtrale, incompatible avec son état[alpha 49].

Sa carrière au cinéma est aussi compromise car, outre sa condition physique amoindrie, les risques de rechute font que les assureurs ne veulent plus prendre le risque de le couvrir pour un film. Déterminé, le producteur Christian Fechner réussit finalement à obtenir un accord pour une assurance de onze semaines et prend le risque de produire L'Aile ou la Cuisse avec seulement une partie du tournage assurée[2]. Pour le grand retour de Louis de Funès, Christian Fechner aurait souhaité donner le rôle principal, celui de son fils Gérard, au nouveau comique montant du cinéma français : Pierre Richard. Mais celui-ci revient sur son accord après avoir lu le scénario [13] et c'est Coluche qui partagera l'affiche avec de Funès. Lorsque le film sort le , le public français plébiscite son retour – presque six millions d’entrées.

Louis de Funès et le réalisateur Jean Girault tournant Le Gendarme et les Extra-terrestres près de la gendarmerie de Saint-Tropez en 1978.

L'acteur continue à tourner, à un rythme beaucoup moins soutenu, dans La Zizanie avec Annie Girardot en 1978 ou Le Gendarme et les Extra-terrestres en 1979. À chaque tournage, Christian Fechner impose la présence d'un service de secours, toujours proche du plateau, avec un cardiologue et une équipe de réanimation et une ambulance[14]. Louis de Funès appréhende son comique d'une nouvelle manière, parce que, reconnaît-il « […] je ne peux plus faire de la brutalité. Cette brutalité, cette colère est un produit que j'avais fabriqué pour un rôle et tous les metteurs en scène m'ont demandé ce produit […] Désormais, ce comique ne m'intéresse plus »[2].

En 1980, le comédien réalise son vieux rêve d'adapter au cinéma une pièce de Molière et d'en réaliser une version à son image. Mais L’Avare présenté sur les écrans ne rencontre qu’un modeste succès auprès du public (en 1964 déjà, il avait enregistré sur un disque 33 tours six textes de pièces de Molière, dont des extraits de L'Avare, et dix fables de Jean de La Fontaine).

Le , lors de la 5e cérémonie des César, un mois avant la sortie en salles de L'Avare, Louis de Funès reçoit un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière[15], des mains de l'acteur comique américain Jerry Lewis[16]. La décision de l'Académie des arts et techniques du cinéma a été influencé par le fait qu'il se soit lancé dans la réalisation d'un film et car le projet de L'Avare symbolise l'union attendue du théâtre classique de Molière et du cinéma comique français populaire[17], déjà saluée par le ministre de la Culture Jean-Philippe Lecat lors d'une visite sur le tournage[alpha 50]. Un extrait du film est projeté après que l'acteur a reçu sa récompense[16],[alpha 51],[alpha 52].

Plus tard, un de ses fils lui conseille de lire le roman de René Fallet La Soupe aux choux qui, selon lui, a le potentiel de « faire un bon film ». Une adaptation au cinéma est tournée en compagnie de Jean Carmet et de Jacques Villeret, qui connaît un beau succès au box-office (3 093 319 entrées[18]).

Le Gendarme et les Gendarmettes est son dernier film.

Derniers mois, projets et mort

Après Le Gendarme et les Gendarmettes, de nouveaux projets attendent Louis de Funès. Malgré la mort de Jean Girault, un septième Gendarme est envisagé. Richard Balducci imagine plusieurs idées de suites[19] et écrit notamment un scénario intitulé Le Gendarme et l'Empereur, dans la veine science-fiction du cinquième film, où la brigade de Saint-Tropez envoyée dans l'espace à bord d'une soucoupe volante voyagerait dans le temps jusqu'à atterrir en pleine bataille de Waterloo, et rencontrerait Napoléon Ier[20]. Le biographe Bertrand Dicale explique que, bien que Girault soit mort, la série de films pourrait se prolonger autant que Louis de Funès le désire, qu'il serait légitime de tourner autant de nouvelles suites qu'il veut[21]. D'autre part, pendant le tournage du Gendarme et les Gendarmettes en , il déclarait dans un interview rêver de reprendre Oscar pour une centaine de représentations avant la fin de l'année[alpha 53]. Il expliquait aussi avoir envie d'adapter le roman Les Morticoles de Léon Daudet, dans un film qu'il verrait bien réalisé par Georges Lautner ou Robert Hossein[alpha 53]. Également, pendant la postsynchronisation du sixième Gendarme, il avait croisé dans les studios Gérard Oury, qui dirigeait alors celle de L'As des as, et tous deux ont discuté du Crocodile, allant même jusqu'à être tentés de relancer le projet[alpha 53]. D'autres projets sont évoqués comme un film réalisé par Patrice Leconte, un nouveau film avec Coluche ou encore un film avec la chanteuse Chantal Goya[alpha 54].

Trois semaines avant sa mort, il vient deux jours à Paris et assiste à une représentation de la pièce Papy fait de la résistance de Christian Clavier et Martin Lamotte au théâtre du Splendid, avec Christian Fechner qui veut en faire un film avec lui[alpha 53]. Le producteur pense que pour réitérer la réussite qu'avait été L'Aile ou la Cuisse avec Coluche, Louis de Funès doit tourner avec de nouveaux jeunes comiques[alpha 53]. La pièce plaît à l'acteur et il rencontre les auteurs et acteurs après le spectacle pour parler de l'idée de film[alpha 53]. Christian Clavier se souvient de la discussion ayant suivi : « On lui parle du film et, dans le hall du théâtre du Splendid, il nous campe en trois minutes sa version du Feldmarschall Ludwig von Apfelstrudel, complètement cauteleux et les pieds entravés. Je le revois avec son loden vert et ses yeux d'un bleu intense, j'étais fasciné »[22]. Le second soir, Fechner l'emmène à un spectacle du Grand Orchestre du Splendid[alpha 53]. Ces deux soirées l'ont rendu heureux selon Fechner, qui pense qu'il a apprécié de rencontrer cette jeune génération qui l'admire et désire travailler avec lui ; il se souvient d'un de Funès « d'une forme éblouissante » et « extraordinairement drôle » ces deux soirs[alpha 55].

En , après les vacances scolaires de Noël, il part en famille quelques jours à la montagne, mais l'altitude le fatigue beaucoup, il doit retourner au Cellier. Dans la soirée du , il se couche très fatigué. En réalité victime d'un nouvel infarctus, il est emmené d'urgence en ambulance au Centre hospitalier universitaire de Nantes où il meurt à vingt heures trente[cit. 2]. Tous les médias ont fait leur une sur ce qui est vécu comme un drame national[23].

Bien que les obsèques soient prévues « dans la stricte intimité », plus de 3 000 personnes sont présentes dans l'église Saint-Martin du Cellier, bondée, dont certains compagnons de jeu comme Jean Carmet, Michel Galabru, Colette Brosset, le compositeur Raymond Lefebvre, mais également des personnalités comme Anne-Aymone Giscard d'Estaing, épouse de l'ancien président de la République[24]. Il est inhumé au cimetière du Cellier, le .

La télévision française lui rend hommage en bouleversant ses programmes : TF1 re-diffuse La Zizanie le soir du 30 janvier, Antenne 2 Le Corniaud le et FR3 annonce la première diffusion de L'Avare pour le mois de mars[alpha 56]. Les témoignages continuent encore pendant plusieurs jours dans les médias[alpha 57]. Le , l'émission Aujourd’hui la vie est consacrée à Louis de Funès : la présentatrice Nicole André invite notamment Claude Gensac, Marthe Mercadier, Daniel Gélin, Robert Dhéry et Christian Marin pour parler de l'acteur[25],[26].

Malgré sa mort, Christian Fechner poursuit le projet de Papy fait de la résistance. Le rôle prévu pour Louis de Funès n'était pas encore vraiment fixé, Jean-Marie Poiré expliquant : « on parlait sans arrêt de ce qu'on allait faire pour Louis, et on évoquait des idées »[27] ; « Dès que Fechner a eu l'accord de principe de de Funès, on a commencé à trouver des idées pour lui. (…) Mais il est mort alors que nous n'en étions qu'à l'élaboration des personnages, qu'il n'y avait pas deux lignes de dialogue écrites »[alpha 54]. Les scénaristes envisageaient pour lui le rôle éponyme de « Papy », ou celui de Ludwig von Apfelstrudel, le demi-frère d'Hitler, mais aussi un rôle d'un vieux « poilu », très anti-allemand, vivant sur la propriété de la famille Bourdelle, dans une cabane, au fond du jardin[27] ou que Papy, fâché avec sa famille, dormirait dans la cabane du jardin[alpha 54]. Pour pallier la disparition de l'acteur, Fechner parvient à distribuer tous les rôles à des acteurs connus, en plus de ceux du Splendid, formant ainsi une distribution « all-stars », tels Le Jour le plus long (1962) ou Paris brûle-t-il ? (1966)[27], avec de nombreux comédiens ayant tourné avec Louis de Funès comme Michel Galabru, Jacqueline Maillan, Jacques Villeret, Julien Guiomar, Jacques François, Jean-Claude Brialy et Jean Carmet[alpha 54]. Papy fait de la résistance, sorti en , est un succès avec plus de quatre millions d'entrées[alpha 54],[27]. Le film est dédié à Louis de Funès[alpha 54], Poiré justifiant cela par le fait que « s'il n'avait pas accepté de le faire, on n’aurait pas commencé à l'écrire »[27].

Vie privée

Le , Louis de Funès épouse à Saint-Étienne sa première femme, Germaine Carroyer (1915-2011)[n 5]. Un enfant, Daniel (1937-2017), naît de cette union[28]. Le couple se sépare en , après trois ans de mariage, mais le divorce n’est prononcé que le [29].

Échappant à la mobilisation en raison de sa constitution malingre, il enchaîne pendant l'Occupation les petits boulots (étalagiste, cireur et gratteur de parquets…)[alpha 58]. Bientôt, Louis de Funès se fait engager comme pianiste de bar et rencontre Eddie Barclay[n 6] : « Louis de Funès, comme moi, ne déchiffrait pas la musique. Il avait de l'oreille. C'était un excellent musicien. Il ne parlait pas un jour d'être comédien[alpha 59]. » Il joue dans un grand nombre d’établissements, enchaînant des soirées de douze heures, payé à la coupelle ou touchant un cachet de misère[30]. Le cinéaste Georges Lautner indique : « Je l'ai rencontré en 1942 lorsqu'il était pianiste à la Madeleine. Dans un bistrot à Bagatelle, il tenait le piano à quatre mains. Lorsque ce dernier jouait seul, de Funès montait sur le piano et chantait. »

Il se servira de cette capacité dans certains de ses films, tels que Pas de week-end pour notre amour, La Rue sans loi, Frou-Frou, Le Corniaud, La Grande Vadrouille, Le Grand Restaurant ou encore L'Homme orchestre.

Louis de Funès et son fils Olivier lors du tournage de L'Homme orchestre en 1970.

Louis de Funès se remarie le dans le 9e arrondissement de Paris, avec Jeanne Augustine Barthélemy, dite « Nau de Maupassant » (Nancy, - Ballainvilliers, ), nièce de Charles Nau de Maupassant (sans lien de parenté avec l’écrivain Guy de Maupassant). Le couple habite alors un petit deux-pièces au 42 rue de Maubeuge. Le , naît son deuxième fils, Patrick et, le , le troisième, Olivier, qui tiendra six rôles aux côtés de son père au cinéma, dont Fantômas se déchaîne, Les Grandes Vacances, L'Homme orchestre, Sur un arbre perché et un rôle au théâtre dans Oscar.

Jeanne a souvent conseillé son mari dans le choix de ses films, négocié ses cachets, parfois discuté avec ses réalisateurs, créant des exaspérations. Sur le tournage de La Grande Vadrouille, Bourvil serait intervenu pour lui interdire le plateau. C’est elle qui choisit Claude Gensac pour jouer à l’écran l’épouse de Louis de Funès. L’actrice avait dit à propos de Jeanne : « Je pense que seule sa femme pouvait le gérer et le calmer. Elle l’a beaucoup soutenu »[31]. Néanmoins, il aurait entretenu une liaison régulière avec Macha Béranger durant les treize dernières années de sa vie[32],[alpha 60].

Selon son biographe Jean-Jacques Jelot-Blanc, « Dans sa vie privée, Louis de Funès n'était pas très drôle. Et ses compagnons de cinéma, acteurs, producteurs, ne l'aimaient pas beaucoup, mais il avait le public avec lui. De Funès était très timide et surtout très économe. Après une journée de tournage, il n'allait pas faire la fête avec les autres, il aimait cultiver ses roses et son potager. Cela s'explique notamment par son succès tardif.[…] Cela lui vaudra beaucoup de mépris de la part de certains acteurs, comme Jean Marais »[33].

Louis de Funès est un fervent catholique[alpha 61].

Prises de position

Ses idées politiques sont proches de celles du gaullisme[alpha 61]. Avec plusieurs artistes comme Brigitte Bardot et Alain Delon, il fait partie des acteurs appelant à voter pour Valéry Giscard d'Estaing lors de l'élection présidentielle de 1981[34],[n 7]. Il participe notamment à une réunion publique pour la réélection du président pendant l'entre-deux tours, le , sous le chapiteau de la porte de Pantin[36]. Plusieurs sources d'extrême droite lui ont prêté des idées royalistes et traditionalistes, mais, s’il admirait le roi Louis XVI, assistant même à la messe annuelle commémorant son exécution, il n’était apparemment pas royaliste[alpha 61].

Travail d'acteur

Inspirations

Ressorts humoristiques

Un art du comique

Dessin figurant Louis de Funès dans une de ses mimiques.

Selon le comédien Dominique Zardi, le « roi des troisièmes couteaux »[cit. 6] avec plus de cinq cents films à son actif dont une dizaine aux côtés de Louis de Funès, ce dernier était un acteur déjà très perfectionniste à ses débuts : il déclare à son sujet que « c'est d'ailleurs pour ça que beaucoup de gens l'ont considéré comme un voleur de rôles car dès qu'il apparaissait à l'écran, c'était fini, il emportait tout et on ne voyait que lui »[37].

Les critiques de cinéma sont partagés sur son talent, certains louent le « comique complexe » du numéro 1 du « comique à la française »[23], même si d'autres considèrent très dommageable que, comme d'autres grandes vedettes françaises, hormis pour quelques films comme L'Avare, il n'ait « pas toujours [eu] la main heureuse dans le choix de [ses] metteurs en scène »[23]. Pierre Bouteiller, critique sur France Inter, relativise cela en rappelant qu'« on allait voir un film de de Funès, on n'allait pas voir un film avec de Funès[23] ». Jean-Louis Bory méprise le cinéma « franchouillard » de Louis de Funès et ses « films dont on dit qu'ils sont hilarants. Comme les gaz. Et qu'on projette, comme il est naturel, dans des chambres à gaz camouflées en salles de cinéma : les gens n'y voient que du feu et ils s'y précipitent, les malheureux[alpha 62] ». Le basculement de beaucoup de critiques a lieu pour La Grande Vadrouille. Henry Chapier, pourtant peu suspect de tendresse à l'égard du cinéma dit « commercial », aime ce « conte féérique et burlesque » : pour lui, « La Grande Vadrouille est au cinéma de divertissement ce que Pierrot le fou est au cinéma d'art et d'essai[alpha 63] ».

Louis de Funès a su marier dans son jeu cinq formes comiques qui ont fait son succès : le comique de gestes, le comique de situation, le comique de langage, le comique de caractère, le comique de répétition[38].

Les capacités du comédien à mimer et à faire des grimaces sont les principaux aspects de son humour. Beaucoup de ses mimiques et grands gestes sont très proches des gags de dessins animés, c'est le cas notamment dans Oscar, dans la fameuse scène de l'énorme crise de nerfs, quand par exemple il tire sur son nez comme si c'était un élastique et quand il le relâche il reçoit un coup en pleine figure, et on pourrait en citer bien d'autres de cette même séquence. Le mime est pour lui essentiel pour ponctuer ses mots : « Quand on décrit une forme de bouteille avec ses deux mains, expliquait-il en joignant le geste à la parole, la bouteille est là, on la voit. Elle flotte un instant dans l’espace, même quand le geste est terminé. »[alpha 64] Il joue aussi beaucoup sur la répétition dans une scène de ses gestes ou paroles. De plus, le ressort de son humour est aussi capté dans le caractère excessif des sentiments et émotions qu’il exprime, que ce soit la peur ou le désespoir – feint ou réel – de son personnage. Il excelle en particulier dans l’expression de la colère : grognements, bruits de la bouche, gifles répétitives sur les autres personnages, grands gestes, etc. Ses rôles se prêtaient volontiers à ce jeu : ses personnages sont souvent hypocrites, antipathiques, sans être, la plupart du temps, méchants ou incapables de rédemption. De Funès disait que rien ne le faisait plus rire, dans la vie courante, qu’une personne en engueulant une autre, sans que cette dernière puisse répliquer. Il évitait les ressorts sentimentaux. Ainsi il n'a donné que trois baisers de cinéma de toute sa carrière : le premier dans le film le Dortoir des grandes d’Henri Decoin où il embrasse l'actrice Line Noro sur la bouche[alpha 65],[n 8] ; le deuxième dans Comme un cheveu sur la soupe dans la scène finale où il demande à Noëlle Adam qui l'a embrassé sur la joue de l'embrasser sur la bouche ; enfin dans La Zizanie, où de Funès et Annie Girardot se font un bref baiser.

« Personnage autoritaire et colérique, petit, trépignant et fébrile (un faciès grimacier et mobile au sein duquel le nez qui tombe dans la bouche est toujours en mouvement). C'est le réactif par excellence. Il dépense des énergies sans la moindre efficacité (va dans tous les sens, conspire, gratte, chatouille) (…) Il est toujours prêt à exploser mais sa colère est finalement rentrée, étouffée, refoulée à l'instant où on s'attend à ce qu'elle déclenche un orage. C'est la colère impuissante. En ce sens, il représente l'impuissant type, il est le signe agité du refoulé. Voir aussi tous les signes d'agression physique sur sa personne : pincements, étirement du nez, des oreilles, doigts dans les yeux, coup au front du plat de la main… »

 Richard Demarcy, Éléments d'une sociologie du spectacle[alpha 66].

Sa petite taille (1,64 m)[39] contrastait avec celle de ses partenaires plus grands (par exemple Bourvil avec 1,70 m, dans la moyenne nationale, et Yves Montand qui s'approchait des 1,85 m) et ajoutait un autre élément comique au personnage.

Évolution de son jeu d'acteur et « personnage »

Un art du déguisement

Le chapeau à pompons vert de Don Salluste dans La Folie des grandeurs.

Même s’il n’a pas souvent eu l’occasion d’y recourir dans les nombreux films auxquels il a participé, de Funès portait volontiers des déguisements pour accentuer, parfois jusqu’à l'outrance, les situations comiques dans lesquelles il faisait évoluer ses personnages[40].

On peut retenir parmi tous ces déguisements et caricatures : son déguisement en poète maniéré portant une perruque dans Le Grand Restaurant, en femme voilée, en général et en Thierry la fronde dans Le Gendarme de Saint-Tropez, en Chinois et en policier américain dans Le Gendarme à New York, en marin, en buisson et en hippie dans Le Gendarme en balade, en religieuse dans Le Gendarme et les Extra-terrestres, en gendarmette dans Le Gendarme et les Gendarmettes, en pirate, en évêque et en colonel de l'armée italienne dans Fantômas se déchaîne, en Écossais portant le kilt et en fantôme dans Fantômas contre Scotland Yard, en marinier belge[n 9] dans Les Grandes Vacances, en kayakiste dans Le Petit Baigneur sans oublier les costumes de la Belle Époque dans Hibernatus, en mécanicien dans Le Corniaud, en soldat allemand au casque trop grand dans La Grande Vadrouille, en Grand d'Espagne et en dame de la cour dans La Folie des grandeurs, en rabbin hassidique dans Les Aventures de Rabbi Jacob, en vieille femme, en Américain et en chauffeur dans L'Aile ou la Cuisse, en Harpagon dans L'Avare (avec sa coiffe et sa queue en plumes de paon) mais on retiendra avant tout son déguisement de gendarme dans la série du Gendarme[41].

Des duos célèbres

Le talent du comédien fonctionnait bien dans le cadre de duos réguliers ou occasionnels avec des acteurs très divers. Claude Gensac, connue pour le surnom que Cruchot lui donne dans la série des Gendarmes : « Ma biche », fut la complice féminine des personnages de de Funès ; elle a souvent joué sa femme à l’écran, à tel point que beaucoup de Français croyaient (et croient encore) que Claude Gensac était aussi sa femme dans la vie[alpha 67]. Elle a en fait joué avec lui dans onze films répartis sur une période de trente ans. Ils font connaissance au début de l'année 1952 lorsqu'elle est encore fiancée à Pierre Mondy, le partenaire de de Funès dans la pièce La Puce à l'oreille. Lors de leur première rencontre effective au cinéma (fin 1952 dans La Vie d'un honnête homme, un mois après leur confrontation théâtrale dans Sans cérémonie), et alors qu'ils forment un duo de serviteurs, elle apparaît à demi-dénudée sous la main baladeuse de Michel Simon.

L'acteur a aussi beaucoup joué avec Michel Galabru, son supérieur dans la série des Gendarmes, en lui servant de faire-valoir burlesque. Plusieurs scènes de La Folie des grandeurs sont restées célèbres, comme le réveil avec les rimes en « or » ou le nettoyage des oreilles[42],[43],[alpha 68], et font tout de suite penser à Yves Montand. Louis de Funès a aussi joué de célèbres scènes avec Coluche dans L'Aile ou la Cuisse. Mais son duo le plus marquant est celui formé avec Bourvil dans Le Corniaud et surtout dans La Grande Vadrouille[alpha 69].

Michel Galabru (ici en 1978, sur le tournage du Gendarme et les Extra-terrestres), un des partenaires réguliers de Louis de Funès.

Il a aussi joué avec son fils, Olivier de Funès, dans Les Grandes Vacances, L'Homme orchestre, Le Grand Restaurant, Sur un arbre perché, Fantômas se déchaîne et Hibernatus. D'autres acteurs ont joué plusieurs fois avec lui, comme Bernard Blier (Les Hussards, Jo et Le Grand Restaurant), Jean Gabin (Le Tatoué, La Traversée de Paris et Le Gentleman d'Epsom), Jean Marais (Le Capitaine Fracasse, Fantômas, Fantômas se déchaîne et Fantômas contre Scotland Yard), Maurice Risch (Les Grandes Vacances, Le Grand Restaurant, La Zizanie et certains épisodes du Gendarme de Saint-Tropez), Michel Simon (La Vie d'un honnête homme)… Il fut également aux côtés de Fernandel dans Le Mouton à cinq pattes, Mam'zelle Nitouche et Boniface somnambule au cinéma[n 10], ainsi que sur disque dans Un client sérieux de Georges Courteline en 1954. Il a également joué avec le duo Guy Grosso et Michel Modo dans La série des Gendarmes ou encore Le Grand Restaurant et aussi dans des films où les deux acteurs jouent des rôles secondaires comme Le Corniaud, La Grande Vadrouille, L'Avare, etc. Second rôle connu, Noël Roquevert est l'acteur ayant le plus tourné avec Louis de Funès, dans vingt-trois films.

Un sens artistique et musical

Selon Colette Brosset[44], Louis de Funès avait « la musique et la danse dans la peau ». Sa capacité à assimiler et à servir une chorégraphie était étonnante[cit. 7]. Ses arabesques font merveille[alpha 70] dans des films comme Ah ! les belles bacchantes, Le Grand Restaurant, L’Homme orchestre ou Les Aventures de Rabbi Jacob. Dans Taxi, Roulotte et Corrida, il exécute un flamenco. Perfectionniste, il indiquera par rapport à sa célèbre prestation de danse hassidique :

« Il faut que je danse aussi bien que les danseurs juifs. L'effet comique ne vient pas du ridicule, au contraire[alpha 71] ! »

 Louis de Funès

Ses talents de pianiste apparaissent également dans les films suivants : Comme un cheveu sur la soupe de Maurice Regamey, Je n’aime que toi, de Pierre Montazel, Frou-Frou, d'Augusto Genina, ou encore Ah ! les belles bacchantes, de Jean Loubignac (avec Francis Blanche au chant, dans Chanter sous le soleil, des célèbres Bouvart et Ratinet). Travailleur acharné, par respect pour les artistes professionnels, il préfère éviter paradoxalement le piano loisirs[alpha 72].

L'acteur vu par lui-même

L'acteur vu par la critique et le milieu du cinéma

Durant sa carrière

Au début de sa carrière, Louis de Funès est comparé à Charlie Chaplin par des critiques du journal britannique The Times, qui le qualifient de « Chaplin français »[alpha 73].

Après sa mort

Collaborations avec des réalisateurs et scénaristes

Outre les acteurs, Louis de Funès a régulièrement collaboré avec les mêmes réalisateurs et scénaristes, et particulièrement Jean Girault, qui le laissait libre dans son jeu et dans ses improvisations. Les deux hommes ont travaillé sur douze films : Pouic-Pouic, Faites sauter la banque !, la série des Gendarmes, Les Grandes Vacances, Jo, L'Avare et La Soupe aux choux. Ils ont même réalisé L'Avare ensemble. À part ce film et La Soupe aux choux, les films réalisés par Jean Girault ont été écrits avec Jacques Vilfrid. L'acteur a également collaboré à quatre reprises avec Gérard Oury, qui lui a offert ses plus grands succès : Le Corniaud, La Grande Vadrouille, La Folie des grandeurs et Les Aventures de Rabbi Jacob. Une cinquième collaboration a même été envisagée : Le Crocodile. Mais le double infarctus de Louis de Funès a fait tomber le projet à l'eau. Jean Halain est l'auteur de nombreux scénarios de films mettant en vedette Louis de Funès : la trilogie des Fantômas, Le Grand Restaurant, Oscar, Hibernatus, L'Homme orchestre, Sur un arbre perché et L'Avare. L'acteur a également prononcé les mots de Michel Audiard dans Les dents longues, Le Gentleman d'Epsom, Des pissenlits par la racine, Une souris chez les hommes et Les Bons Vivants.

Jean Girault

Gérard Oury

Serge Korber

Succès et reconnaissance

En , un sondage BVA pour Doméo et la Presse régionale classe Louis de Funès comme acteur préféré des Français avec 24,8 %[45].

Poids dans le box-office français

Cachets, contrats et imprésarios

En 1969, à l'apogée de son succès commercial, et année d'Hibernatus, l'hebdomadaire Valeurs actuelles le classe comme le deuxième acteur le mieux payé de France, avec en moyenne 3,5 millions d'anciens francs par film, derrière Jean-Paul Belmondo (cinq millions d'anciens francs) et devant Alain Delon (trois millions) et Annie Girardot (2,5 millions), alors qu'un second rôle touche 400 000 francs en moyenne par film[alpha 74].

Rayonnement international

Outre la France, les films de Louis de Funès connaissent à leur sortie une grande popularité dans plusieurs pays européens, comme l'Italie, le Royaume-Uni[alpha 75] et l'Allemagne, mais également l'URSS et sa zone d'influence d'Europe de l'Est[alpha 76],[alpha 77]. Il est ainsi particulièrement célèbre en République tchèque[46],[47], où il est doublé au début des années 1960 par le célèbre acteur tchèque František Filipovský (en)[48],[n 11], dont de Funès déclare à son sujet qu'il est son meilleur comédien de doublage, certains fans tchèques n'hésitant pas à préférer sa voix à l'original. Encore aujourd'hui, la série des Gendarmes reste populaire pour les Tchèques[49],[47].

Malgré son succès européen, Louis de Funès reste relativement inconnu aux États-Unis jusqu'en 1973-1974 et ses fameuses Aventures de Rabbi Jacob, nommées pour un Golden Globe du meilleur film étranger en 1975.

Distinctions

Louis de Funès, comparé aux autres artistes de son époque et au nombre de films qu'il a tournés, n'a pas reçu un nombre très important de récompenses.

Le César d'honneur décerné à Gérard Oury en 1993, exposé au musée de Louis. À droite, une photographe de Louis de Funès et Kirk Douglas lors des Césars 1980.

En 1957, il reçoit le premier prix de sa carrière, le Grand Prix du rire, pour son rôle dans Comme un cheveu sur la soupe de Maurice Regamey[alpha 78]. Huit ans plus tard, lors de la 20e nuit du cinéma au théâtre Marigny, fin , Gina Lollobrigida lui remet une Victoire du cinéma pour son rôle dans Le Gendarme de Saint-Tropez[alpha 79]. En 1967, il reçoit le prix Courteline pour son rôle dans le film Les Grandes Vacances[alpha 80]. Le , il est fait chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur, honneur qu'il reçoit des mains de Gérard Oury[alpha 42]. En 1975, les lecteurs du magazine allemand Bravo (en) lui attribuent le « Bravo Otto » de bronze du meilleur acteur de cinéma[50]. Également en Allemagne, certains de ses films reçoivent le Goldene Leinwand, récompense décernée à des films ayant réalisé un box-office exceptionnel. Début 1980, il reçoit un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, remis par Jerry Lewis[alpha 81]. Enfin, de façon posthume, Louis de Funès est classé 17e des 100 plus grands Français de tous les temps, classement établi en pour la chaîne de télévision France 2[51].

Par ailleurs, le prix Jean-Gabin, décerné de 1981 à 2008, est créé à son initiative[alpha 82].

Dix ans après la mort de Louis de Funès, en 1993, Gérard Oury reçoit un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, au nom du « cinéma comique français », et offre la récompense à Jeanne de Funès, en hommage à son époux[52].

Par ailleurs, le , il est reçu par le général de Gaulle au palais de l'Élysée pour un dîner officiel, en compagnie de son épouse et d'autres grandes personnalités de la culture[n 12],[53].

Dans la culture populaire

Graffiti représentant Louis de Funès, rue Ordener à Paris.

Louis de Funès a marqué le cinéma comique français du XXe siècle. Outre les hommages honorifiques classiques tels que l'entreprise horticole Meilland qui décide, en 1984, de nommer un cultivar de rose en son hommage  la rose Louis de Funès , ou encore la poste française qui l'honore d'un timbre postal à son effigie édité en 1998 dans le cadre d’une série consacrée aux acteurs du cinéma français, il a inspiré nombres d'artistes.

Ses traits apparaissent dans l’album de Lucky Luke intitulé Le Bandit manchot, où un personnage inspiré de lui est l’un des joueurs de cartes professionnels de Poker Gulch, une ville placée sous le signe du jeu[alpha 83]. Il est affublé d’un subalterne, un petit malfrat du nom de Double-six, inspiré de l’acteur Patrick Préjean.

Dans un autre genre, Valère Novarina publie aux éditions Actes Sud en 1986 un éloge, Pour Louis de Funès : « Il n’était pas de bon ton de l’apprécier. Ce n’était pas assez chic. Alors que c’était un très grand acteur de théâtre. J’ai fait parler Louis de Funès comme quelqu’un d'autre a fait parler Zarathoustra »[54]. Ce texte sur Louis de Funès a donné lieu à plusieurs versions pour la scène, notamment celle créée au Théâtre d’Angoulême par Dominique Pinon le , dans une mise en scène de Renaud Cojo. De son côté, Marcel Gotlib utilise sa plume dans le tome III de sa Rubrique-à-brac, où il affuble Louis de Funès d'une perruque, pour y supplanter Bourvil dans Le Rectangle vert, librement inspiré du Cercle rouge de Jean-Pierre Melville, après l'avoir déjà croqué dans le tome I en tant qu'agent de police où il met fin à une bagarre survenue entre deux marionnettistes en pleine représentation.

Dans les années 2000, Alexandre Astier, véritable admirateur[55], lui dédie sa série télévisée Kaamelott. On peut d'ailleurs entendre dans la scène finale du dernier épisode de la série, Dies Irae, le thème principal de Jo pendant que la phrase de dédicace apparaît à l'écran.

En , Nicolas Sarkozy déclare lors de sa campagne : « Je serai un président comme Louis de Funès dans Le Grand Restaurant : servile avec les puissants, ignoble avec les faibles. »[56]. Il est par la suite parfois comparé à l'acteur durant sa présidence[57],[58].

En 2013, le journal Télérama lui consacre un numéro spécial hors-série[59].

Postérité et hommages

Synthèse de ses œuvres

Théâtre

Filmographie

Avec Fernandel, Bourvil et Jean Gabin, Louis de Funès fait partie des acteurs français ayant attiré le plus grand nombre de spectateurs dans les salles de cinéma. Louis de Funès a été très prolifique. Ayant donné la réplique à plusieurs centaines d'acteurs, dirigé par plus d'une quarantaine de réalisateurs, outre une décennie où il s'essaya à différentes activités (une demi-douzaine de séries télévisées, une douzaine de doublages, une dizaine de courts métrages) tout en tournant dans les années 1950, il a plus de cent quarante longs métrages à son actif au cours de ses presque quarante années de carrière.

Quelques films majeurs

Avant sa mort, il avait prévu de tourner plusieurs films comme Le Crocodile, Merci Patron, Le Cactus de Georges Lautner et Michel Audiard[71], Fantomas à Moscou[72],[73], Le Gendarme au Pays du Soleil Levant, Le Gendarme dans l'espace ou Le Gendarme et le vol de la Joconde[74],[75],[76]. Papy fait de la résistance, de Jean-Marie Poiré, projet dans lequel il devait initialement jouer, lui sera dédié[alpha 85].

Doublage

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Louis de Funès a également doublé quelques acteurs étrangers dans des films au début de sa carrière parmi lesquels[77],[78][source insuffisante] :

Musique

Louis de Funès a interprété de nombreuses chansons sur scène, à l'écran ou sur disque, parmi lesquelles[80] :

Il a également enregistré des fables, des pièces de théâtre et des histoires pour enfants (Les Aristochats) sur micro-sillons[81].

  • 1953 : La Tomate présente le Journal de Jules Renard (33T - Phillips - Ref: N 76007R)
  • 1958 : Le Bœuf et l’Âne de la crèche avec Louis de Funès (l’âne) et Jacques Fabbri (le bœuf) (33T - Erato - ref: LDEV 3097)
  • 1958 : Le Bourgeois gentilhomme de Molière, interprété entre autres par Louis de Funès et Bernard Blier (16T - Contrepoint - ref: V 16.25005.30) puis en 33T - Vogue - N° COF.11 (1972)
  • 1959 : Les Fourberies de Scapin de Molière (16T - Contrepoint) puis en 33T - Vogue - N° COF.12 (1972)
  • 1960 : La Grosse Valse (33T - ref: LD 593 30)
  • 1964 : Louis de Funès joue avec les classiques (4 × 45T).
    • Volume 1 (Vogue, EPL 8259)
    • Volume 2 (Vogue, EPL 8260)
      • Jean de La Fontaine : La Cigale et la Fourmi, Le Petit Poisson et le Pêcheur, Le Lion et le Moucheron
      • Jean Racine : Les plaideurs
    • Volume 3 (Vogue, EPL 8261)
      • Jean de La Fontaine : La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf, La Montagne qui accouche, Le Chat, la belette et le petit Lapin
      • Nicolas Boileau : Les Embarras de Paris
    • Volume 4 (Vogue, EPL 8262)
      • Jean de La Fontaine : Le Savetier et le Financier
      • Molière : Monologue de l'avare
      • Pierre Corneille : Stances à Marquise
      • Voltaire : La Vanité, Les oui et les non, Épigramme imitée de l'anthologie
  • 1964 : Louis de Funès joue Molière (L'Avare, Les Fourberies de Scapin, Le Bourgeois gentilhomme), La Fontaine (Fable) (33T - Vogue)
  • 1969 : Un client sérieux une comédie de Georges Courteline avec Fernandel (33T - Ref: DECA FM 133522) -. Louis de Funès y tient le rôle du substitut.
  • 1979 : Le Double Disque d'or des enfants collectif dont Louis de Funès (33T - ref : Vg304)
  • 1980 : Louis de Funès raconte les Aristochats (33T - Disneyland Records - ref: ST-3890 F)
  • 1980 : L'Avare (dialogues du film)
    • 45T - Wea - Filipacchi Music - scènes : « Au voleur, au voleur » et scène de la bastonnade
    • 33T - Wea - Filipacchi Music - ref : 68028
    • Coffret 3 × 33T + livret de huit pages (Wea - Filipacchi Music - ref : 68028)
  • 1981 : Pour le mercredi de vos enfants avec Bernard Blier, Les Charlots, Danièle Gilbert, Louis de Funès, Jean Chevrier, Pierre Tchernia, Pierre Perret. (33T - Vogue Clvlx 665) Louis de Funès y récite Le Corbeau et le Renard et Le Loup et l’Agneau.
  • Hommage à Louis de Funès (2 × 33T - Vogue - ref:426010)

Radio

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  • 1945 : Les Cigarettes VISA ( Belgique)[84]
  • 1946 : La brillantine CADORICIN avec Jean Carmet[84]
  • 1950 : La Coccinelle de VOLKSWAGEN (Belgique)[84]
  • 1955 : MARTINI[84]
  • 1957 : Salon des Arts Menagers[84]
  • 1958 : La Coccinelle de VOLKSWAGEN (Belgique)[84]
  • 1960 : La Coccinelle de VOLKSWAGEN (Belgique)[84]

Notes et références

Notes

  1. On peut l'écouter au piano à la 35e ou à la 40e minute du film par exemple, ou encore à la 75e minute où il effectue un remplacement au pied levé.
  2. Dans toutes les précédentes adaptations de Fantômas fidèles à l'œuvre originale, le commissaire Juve n'avait jamais été un personnage comique.
  3. La Grande Vadrouille restera pendant plus de trente ans à la tête du box-office du cinéma en France, devancé par le Titanic de 1997 seulement, et il faudra attendre encore onze ans de plus pour qu'un autre film français le dépasse (Bienvenue chez les Ch'tis, en 2008).
  4. Charles Nau de Maupassant, malgré son homonymie, n'a aucun lien de parenté avec l'écrivain Guy de Maupassant.
  5. Ancienne championne de tennis, elle est vendeuse dans un bazar lors de leur rencontre.
  6. Cette période varie selon les sources, la famille de Funès affirme qu'elle débute en 1936, mais on trouve des dates postérieures dans certaines biographies.
  7. Louis de Funès aurait également été avec le publiciste Jacques Hintzy à l'origine du slogan « Giscard à la barre » de l'élection de 1974[35].
  8. Un an auparavant, il n'embrasse Juliette que sur la joue dans Elle et moi
  9. Il est écrit « Antwerpen » (Anvers) sur son pull
  10. De Funès et Fernandel ne firent que se croiser dans La Vie à deux, et dans deux sketchs différents du film à sketchs Le Diable et les Dix Commandements
  11. František Filipovský (1907-1993) a été un acteur tchèque renommé. Il obtient en 1954 le titre soviétique d'Artiste émérite et fut désigné Artiste du Peuple en 1984. Depuis 1995, il existe un Ceny Františka FilipovskéhoPrix František Filipovský ») récompensant tous les ans le meilleur doubleur du pays.
  12. Complétaient ce dîner officiel : André Malraux, Jane Sourza, Tino Rossi, Raymond Devos, Jean Piat, Michèle Morgan, Gérard Oury, Fernandel, Jean Delannoy.
  13. Conformément à l'usage couramment répandu (cf. par exemple le site officiel), la « théâtrographie » de l'acteur débute par cette piécette jouée en amateur au collège.

Citations

  1. Extrait du registre d'état civil pour l'année 1957 de la ville de Montmorency (Val-d'Oise) : « Le vingt-cinq octobre mil-neuf-cent-cinquante-sept, à seize heures, est décédée 6, rue Le Laboureur, Léonor Soto y Réguéra, domiciliée 14, rue Germain Pilon à Paris, 18e arrondissement, née à Ortiguera (Espagne), le vingt et un janvier mil-huit-cent-soixante-dix-huit, sans profession, fille de père et mère décédés dont les noms sont inconnus du déclarant, veuve de de Funès, prénoms également inconnus. Dressé le vingt-huit octobre mil-neuf-cent-cinquante-sept, dix heures trente minutes, sur la déclaration de Georges Oliveres, quarante et un ans, employé, domicilié à Montmorency, 5 rue Grétry, qui lecture faite a signé avec nous, Armand Piednoir, adjoint au Maire de Montmorency, officier de l'état civil par délégation. [Signatures]. »
  2. Extrait du registre d'état civil de la ville de Nantes (1983) : « Le vingt-sept janvier mil neuf cent quatre-vingt-trois à vingt heures trente minutes, est décédé place Alexis Ricordeau, Louis Germain David de Funès de Galarza, acteur, né à Courbevoie (Hauts-de-Seine) le trente et un juillet mil neuf cent quatorze, domicilié au Cellier (Loire-Atlantique) château de Clermont, fils de Carlos Louis de Funès de Galarza et de Leonor Soto Reguera, époux de Jeanne Augustine Barthelemy. Dressé le vingt-huit janvier mil-neuf-cent-quatre-vingt-trois à quatorze heures quarante minutes, sur la déclaration de Alain Menanteau, vingt-neuf ans, vaguemestre, domicilié à Gétigné (Loire-Atlantique) rue de la Chénaie, neuf, non parent du défunt qui, lecture faite, et invité à lire l'acte, a signé avec nous, Annie Potrel épouse Bourgeois commis adjoint en cette Mairie, officier de l'état civil par délégation du Maire. [Signatures]. »
  3. Louis de Funès : « Ah, papa, c'était un artiste ! [...] il avait beaucoup d'humour, mais le quotidien ne l'intéressait pas[alpha 4]. »
  4. Henri Virlogeux[alpha 20] : « Du jour au lendemain, Paris l'a découvert. Le métier, le public l'ont lancé »
  5. Louis de Funès[alpha 45] : « J'ai passé deux mois et demi à l'hôpital. J'ai découvert un monde fantastique de gentillesse : des médecins et des infirmières en or. »
  6. « indispensabl[e] troisièm[e] coutea[u] du cinéma français », Bertrand Tessier, Belmondo, l'incorrigible, Archipoche, , 300 p. (ISBN 9782352871972), chap. 27 (« La bande à Bébel »).
  7. Bertrand Dicale, biographe (in Dicale 2009) : « pour les autres il a fallu quinze jours de répétitions. Pour lui, trois. »

Références

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  13. Pierre Richard expliquera par la suite que son rôle ne lui plaisait pas et que le scénario dans son ensemble ne l’avait pas convaincu« Saga Louis de Funès - 4 Le Retour au Sommet(1975/1982): L'Aile ou la Cuisse », sur chapeaumelonetbottesdecuir.com (consulté le 17 décembre 2012)
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  73. Ces suites de films annoncées qui n'ont pas vu le jour
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Références bibliographiques

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Annexes

Bibliographie

 : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Biographies

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  • Stéphane Bonnotte, Louis de Funès : Jusqu'au bout du rire, Paris, Michel Lafon, , 255 p. (ISBN 2-84098-908-5). 
    Réédition Librairie générale française, coll. « le Livre de Poche » no 30444, Paris, 2005, 254 p. (ISBN 2-253-11497-9).
  • Éric Leguèbe, Louis de Funès, roi du rire, Paris, Dualpha éditions, , 255 p. (ISBN 2-912476-36-4)
  • Brigitte Kernel, Louis de Funès, Paris, Éd. du Rocher, , 213 p. (ISBN 2-268-05133-1). 
  • Laurent Aknin, Louis de Funès, Paris, Nouveau Monde éditions, coll. « Les petits illustrés », , 34 p. (ISBN 2-84736-089-1, présentation en ligne). 
  • Olivier de Funès et Patrick de Funès, Louis de Funès : « Ne parlez pas trop de moi, les enfants ! », Paris, Le Cherche Midi, coll. « Collection Documents », , 304 p. (ISBN 2-7491-0372-X). 
  • Pascal Djemaa (préf. Jean-Michel Di Falco), Louis de Funès : le sublime antihéros du cinéma, Autres temps, coll. « Temps mémoire », , 171 p.
  • Christian Dureau, Louis de Funès, le génie du rire, Paris, Éditions Didier Carpentier, coll. « Stars de l'écran », , 125 p. (ISBN 2-8416-7586-6)
  • Bertrand Dicale, Louis de Funès, grimace et gloire, Paris, Grasset, , 528 p. (ISBN 2246636612, présentation en ligne). 
  • Marc Lemonier, L'Intégrale de Funès, Paris, Hors collection, , 296 p., 21 cm × 27 cm (ISBN 2-258-08333-8)
  • Jean-Jacques Jelot-Blanc et Daniel de Funès, Louis de Funès : L'Oscar du cinéma, Paris, Flammarion, coll. « Arts et Culture », (ISBN 9782081244467). 
  • Bertrand Dicale, Louis de Funès, de A à Z, Paris, Tana (Editis), , 456 p. (ISBN 2845677855).
  • Stéphane Guezennec et Gérard Gargouil, Le dico fou de Louis de Funès, Paris, Hugo BD, , 96 p. (ISBN 2755611219).
  • Sophie Adriansen, Louis de Funès, Regardez-moi là, vous !, Paris, Éditions Premium, , 304 p. (ISBN 978-2-35636-118-9)
  • Jean-Marc Loubier, Louis de Funès. Petites et grandes vadrouilles, Paris, Robert Laffont, , 564 p. (ISBN 2-221-11576-7)

Bibliographie complémentaire

  • Olivier Mongin, Éclats de rire : Variations sur le corps comique, Seuil, coll. « Coul.Idees », , 343 p. (ISBN 978-2020517003). 
  • Valère Novarina, Pour Louis de Funès, Paris, Actes Sud, , 79 p. (ISBN 2-86869-330-X)
  • Gérard Oury, Mémoires d'éléphant, Paris, Presses Pocket, , 346 p., poche (ISBN 2-266-03063-9). 

Articles sur Louis de Funès

  • Larry Portis, « L'État dans la tête et les pieds dans le plat. Hiérarchie et autorité dans les films de Louis de Funès », L'Homme et la Société, no 154, , p. 31-50 (ISBN 2747583651, lire en ligne)
  • Anonyme, « Louis de Funès, la grande bafouille », Le Magazine littéraire N°561, Sophia Publications, Paris, , p.10, (ISSN 0024-9807)

Autour des films

  • Vincent Chapeau, Sur la route de la Grande Vadrouille : Les Coulisses du tournage, Paris, Hors collection, , 105 p. (ISBN 2-258-06383-3)
  • Pierre-Jean Lancry, Pleins feux sur... La Grande Vadrouille, Paris, Horizon illimité, coll. « Pleins feux sur... », , 136 p. (ISBN 2847870938)
  • Marc Lemonier, Sur la piste de Fantômas, Paris, Édition Hors Collection/Gaumont, , 127 p. (ISBN 2-258-06852-5)
  • Sylvain Raggianti, Le Gendarme de Saint-Tropez : Louis de Funès, histoire d'une saga, Paris, Flammarion, , 175 p. (ISBN 2081203278)
  • Philippe Chanoinat, Louis de Funès: Rabbi Jacob à la folie !, Jungle, , 48 p. (ISBN 2822210365, lire en ligne)

Documentaires

Articles connexes

Liens externes

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