Médaille miraculeuse

Médaille miraculeuse est le nom que la dévotion populaire catholique a donné à une médaille créée à la suite des événements de 1830, au 140 de la rue du Bac, à Paris où une novice d'origine Bourguignonne du couvent Parisien des sœurs de la charité de Saint Vincent de Paul nommée Catherine Labouré (en religion sœur Catherine de la Charité) raconta à son confesseur avoir vu la Vierge Marie. Selon la tradition catholique, cette médaille fut frappée à la demande expresse de la Mère de Dieu, faite au cours de la deuxième apparition () comme un témoignage d'amour, gage de protection et source de grâce.

Les deux faces de la médaille miraculeuse conçue par l'orfèvre parisien Adrien Vachette.

Origine et histoire

Après deux années d'enquête personnelle et d'observation de la conduite de Catherine Labouré alors novice  et tout en la rabrouant et lui imposant de n’en parler à personne  son confesseur le père M. Aladel informe l'archevêque de Paris, Mgr de Quélen des apparitions relatées par la novice, sans lui révéler l'identité de Catherine.

La requête concernant la médaille n'est pas désapprouvée par le prélat qui permet la frappe en attendant d'en voir les fruits. Les médailles sont frappées et deviennent très populaires, notamment durant l'épidémie de choléra de 1832. Répandue par les Sœurs de la Charité (dont faisait partie Catherine Labouré) au service des victimes de l'épidémie qui frappa la région de Paris, la médaille aurait causé plusieurs guérisons inexpliquées.

En février 1834, elle est déjà dite « miraculeuse », sans qu’aucun lien ne soit encore fait avec Catherine Labouré et les visions mariales dont elle aurait été gratifiée.

Une enquête canonique approfondie est faite en 1836. Dans ses conclusions (), on lit que « la médaille a son origine dans une vision spirituelle. Elle est une illustration de ce qu’aurait vu une sœur de la charité de Saint Vincent de Paul dans la chapelle de communauté (le nom de Catherine Labouré n’est pas mentionné) [...] Il est émis l'opinion que la vision ne pouvait pas être purement imaginaire s’étant présentée plusieurs fois [...]. Elle n'était pas l'effet d'un rêve, ni le produit d'une imagination exaltée, ayant eu lieu durant la journée, au cours de la prière ou la messe [...] Les effets de la médaille [...] semblent être des moyens par lesquels le ciel semble avoir confirmé la réalité de la vision, la vérité des dires de la visionnaire et avoir approuvé le tirage et la propagation de la médaille »

La diffusion de la « médaille miraculeuse » a connu une nouvelle impulsion grâce à saint Maximilien-Marie Kolbe et aux mouvements qu’il a suscités, ou qui se sont inspirés de son apostolat marial. De fait, ce jeune religieux des Tiers Mineurs Conventuels choisit la « médaille miraculeuse » comme le signe distinctif de la Pieuse Union de la Mission de l’Immaculée qu’il fonda, à Rome, en 1917.

Description de la médaille

La forme de la médaille est ovale.

Iconographie de l’avers

  • La Vierge Marie est représentée en pied, les bras légèrement détachés du corps et les mains ouvertes, étendues vers la terre, en geste d’ouverture et de don.
  • Le serpent, sous les pieds de Marie est écrasé. Cela rappelle l’image de la Genèse (Gen. 3:15): « je mettrai l’hostilité entre toi et la femme [...] Celle-ci te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon ». Dans la lutte entre le bien et le mal (symbolisé par le serpent) Marie vient à notre aide.
  • Les rayons de lumière symbolisent les grâces qui sont obtenues par l’intercession de la Vierge Marie.
  • La prière Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous circule le long du bord de la médaille, entourant la Vierge Marie. « Marie conçue sans péché » est l’esquisse d’un titre, plus théologique, qui sera consacré à Lourdes en 1858 : « Je suis l’Immaculée Conception ». Cette prière est l’invocation suggérée pour en obtenir une grâce souhaitée.
  • 1830, est l’année des trois apparitions successives de la Vierge Marie à Catherine Labouré.

Iconographie du revers

Le créateur du drapeau européen, Arsène Heitz, a choisi les douze étoiles en invoquant le même symbole biblique que la Médaille[réf. nécessaire]

Vénération et grâces

La médaille érigée en statue à Coltons Point, dans le Maryland (États-Unis)
  • "Par faveur spéciale du pape", le , la fête de l’Immaculée Conception est autorisée dans le diocèse de Paris, et l’invocation, "Marie conçue sans péché" est introduite dans les litanies de la Vierge.
  • En 1842 Alphonse Ratisbonne, juif et fils de banquier strasbourgeois, porte la médaille sur lui lorsqu’il visite la basilique Sant'Andrea delle Fratte, à Rome. Il a une vision de la Vierge Marie et se convertit au catholicisme.
  • En 1878 une congrégation religieuse féminine, consacrée au soin des malades et des moribonds, est fondée en Slovénie: ce sont les Sœurs de Marie de la Médaille miraculeuse.
  • La médaille a une diffusion extraordinaire et universelle. Très nombreux sont les chrétiens (et autres) qui la portent. On signale ici ou là des grâces exceptionnelles qui lui sont attribuées.
  • Plusieurs églises ou chapelles de par le monde sont consacrées à Notre-Dame de la médaille miraculeuse. Ainsi à : Paris, Hamrun (Malte), Ridgewood (New-York), Toronto. Également un monument dans le Maryland.

Notes et références

    Annexes

    Bibliographie

    • Jean Guitton: Rue du Bac, ou la superstition dépassée, Éditions. SOS, (Coll. : Hauts lieux de spiritualité), Paris, 1975, 154pp.
    • René Laurentin: Vie de Catherine Labouré, Paris, 1980, 254pp

    Voir aussi

    Liens externes

      • Portail du catholicisme
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