Macbeth (film, 1948)

Macbeth est un film américain réalisé par Orson Welles en 1948, d'après la pièce éponyme de William Shakespeare.

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Macbeth

Réalisation Orson Welles
Scénario Orson Welles
William Shakespeare
Acteurs principaux
Sociétés de production Mercury Productions
Pays d’origine États-Unis
Genre drame
Durée 107 minutes
114 minutes (restauration)
Sortie 1948

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Synopsis

La prise du pouvoir par Macbeth, roi d'Écosse, et son destin fatal...

Fiche technique

Distribution

Edgar Barrier dans le rôle de Banquo.

Réception

Le film a été un échec commercial et critique à sa sortie en salles en 1948 dans les pays anglo-saxons. La critique lui reprochait l'accent écossais que les acteurs imitaient, rendant les dialogues inintelligibles. Dans les pays non anglophones et en particulier en France où le problème n'existait pas en raison du doublage ou du sous-titrage, le film a été un succès, tant critique que commercial. La version DVD du film n'est pour cette raison disponible qu'en Europe continentale.

On remarquera à ce propos que dans Le Troisième Homme de Carol Reed, chaque personnage est caractérisé par sa voix et son accent particulier américain (Harry Lime), anglais (populaire ou lettré), irlandais, allemand ou tchèque, etc.

Analyse de l'œuvre

Macbeth reprend la mise en scène de la pièce montée par Welles avec sa compagnie du Mercury Theater. D'après les prédictions des trois sœurs (les sorcières), Macbeth doit devenir roi sans héritier. Incapable de résister aux forces de la nuit, Macbeth est un esprit faible devant sa femme Lady Macbeth qui elle, lui organise la machination machiavélique pour tuer le roi et accéder au pouvoir. S'il parvient au trône par le sang, Macbeth est pris de remords se sentant démasqué. Il sombre dans la folie voyant les spectres du roi et de Banco attablés à son banquet de couronnement, sous les incantations de sa femme "What is done can't be undone" (ce qui est fait est fait) qui tente de le ramener à la raison alors qu'il répète sans fin "blood appeals blood" ("le sang appelle le sang").

La mise en scène n'hésite pas devant les effets grandiloquents et fantastiques, dans un décor de château moyenâgeux en carton-pâte sur un plateau de studio. Orson Welles lui-même joue des yeux écarquillés et des profondeurs de champ pour donner aux scènes de folie un expressionnisme muet qui semble une réponse à Ivan le Terrible d'Eisenstein. Ainsi ces décors rugueux, sauvages et expressionnistes ainsi que ces effets cinématographiques grandioses (plongée, contre plongée et profondeur de champs) évitent au film de tomber dans l'académisme des lectures habituelles de Shakespeare, à l'époque notamment celles de Laurence Olivier. Les scènes de folie, grâce à l'interprétation de Jeanette Nolan (Lady Macbeth) - dont la scène de la main - sont particulièrement réussies ainsi que la scène finale de la forêt en marche...

On se reportera au Perceval le Gallois d'Éric Rohmer pour retrouver une telle imbrication entre convention théâtrale et cinéma.

Notes et références

Voir aussi

Liens externes

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