Maison du Temple

La maison du Temple à Paris, aussi nommée enclos du Temple ou enclos des Templiers, était le chef-lieu de la province de France de l'ordre du Temple et la plus grande commanderie templière de France avant de devenir la maison cheftaine de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem lors de la dévolution des biens de l'ordre du Temple.

Pour l’article homonyme, voir Maison du Temple de Jérusalem.

Maison du Temple de Paris
Présentation
Fondation Templiers
Reprise Hospitaliers
Géographie
Pays France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris
Coordonnées 48° 51′ 52,1″ nord, 2° 21′ 38,8″ est
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : 3e arrondissement de Paris
Géolocalisation sur la carte : Paris

Jusqu'à la Révolution, l'enclos du Temple a bénéficié d'un statut de bailliage au sein de Paris : lieu de franchise fiscale, lieu d'exemption aux règles des corporations et lieu d'asile pour les débiteurs insolvables.

Situation géographique

La maison du Temple fut construite sur un vaste terrain donné à l'ordre du Temple vers 1170 en remplacement du Vieux Temple, leur premier lieu de résidence installée vers 1140 face à l'église Saint-Jean-en-Grève à l'emplacement de l'actuelle rue de Lobau près de la place de Grève[1].

L'enclos du Temple

Une partie du domaine des Templiers fut entourée de murs pour former l’enclos qui correspond au quadrilatère formé actuellement par la rue du Temple, la rue de Bretagne, la rue de Picardie, et l'axe formé par le début de la rue de la Corderie, l'extrémité nord de la cité Dupetit-Thouars, et le débouché de la rue Notre-Dame-de-Nazareth dans la rue du Temple. Ce terrain était situé à l'extérieur de l'enceinte de Philippe Auguste, à proximité de l'enceinte de Charles V. La porte du Temple à l'extrémité de la rue du Temple qui longeait l'enclos permettait de sortir de l'enceinte et d'accéder au faubourg du Temple.

Le domaine du Temple

Le domaine féodal du Temple qui s’étendait au nord de la rue de la Verrerie jusqu’à l’enclos du Temple (quadrilatère approximativement entre les actuelle rues du Temple, de Bretagne, du Petit-Thouars et de Picardie) et, au-delà, jusqu’en bas de la colline de Ménilmontant (rue de la Folie-Méricourt), en largeur entre les rues du Temple et Vieille-du-Temple, fut agrandi par acquisitions de terres à la communauté de Saint-Lazare à l’est de la rue Vieille-du-Temple.

En dehors de l'enclos, le domaine du Temple était à l'origine constitué de terrains agricoles, la couture du Temple. La partie située à l'intérieur de l'enceinte de Philippe-Auguste fut bâtie au cours des décennies suivant la construction de cette muraille autour de 1200. Le roi Philippe III retire en 1279 de la juridiction du Temple, ce territoire au sud de cette enceinte (approximativement au sud de l’actuelle rue des Francs-Bourgeois) et confirme les droits des Templiers au nord de ce mur[2].

Le domaine du Temple à l'extérieur de cette enceinte fut urbanisé successivement par lotissements à l'initiative des Templiers puis de l'ordre des hospitaliers qui lui a succédé.

  • Vers 1300, la Ville-Neuve du Temple entre l'enclos du Temple et l'enceinte de Philippe-Auguste, constituée d'un réseau de rues parallèles entre la rue du Temple et l'actuelle rue des Archives [3].
  • Au début du XVIIe siècle, la partie à l'est de l'enclos jusqu'à l'enceinte de Charles V (emplacement de l'actuel boulevard du Temple), ou quartier des Provinces de France aménagé à la suite de l'abandon du projet de place de France.
  • À partir de 1780, le « Marais du Temple » entre le boulevard du Temple et la rue de la Folie Méricourt : lotissement de la Nouvelle Ville d'Angoulême.

Description

La maison du Temple avec la porte du Temple sur le plan de Truschet et Hoyau (c.1550)
Restitution de l'Enclos sur carte actuelle de Paris

L’Enclos constituait la maison cheftaine de l’ordre du Temple en France et le siège de la banque de l’ordre dans ce pays[4].

Il était entouré de hautes murailles crénelées, renforcées de distance en distance par des tourelles. Ce système défensif était complété par une tour carrée, dite tour de César, et par un imposant donjon appelé Grande Tour (la tour du Temple), qui avait été construite au XIIIe siècle. L’ensemble comprenait comme toutes les commanderies templières une église (l’église Sainte-Marie-du-Temple), des bâtiments conventuels pour loger les moines-soldats, de vastes écuries et des annexes. Les Templiers possédaient les rues entières et la totalité du quartier entourant l’enclos.

Le Trésor royal français fut conservé dès 1146 à la tour du Temple, et donc gardé par les Templiers. Philippe Auguste bâtit un système comptable et fiscal, ancêtre de la Chambre des comptes, où les agents royaux venaient trois fois l’an déposer les revenus de la Couronne. Cette pratique prit vraisemblablement fin lors du règne de Philippe IV le Bel.

En 1312, l’ordre du Temple fut dissous et ses biens en France furent attribués aux chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (dits Hospitaliers). Néanmoins, même si Philippe le Bel avait ordonné de procéder à la remise des biens aux Hospitaliers depuis le , l'enclos était omis puisque Louis X, son fils, refusait encore de le rendre pour en faire le douaire de la reine Clémence de Hongrie[5]. Ses bâtiments subirent de nombreuses modifications.

En 1667, les murailles qui dessinent l’Enclos dans le territoire parisien sont abattues au profit d’hôtels particuliers et de maisons locatives occupées essentiellement par des artisans. L’ancien rempart avait été remplacé par une élégante muraille surmontée d’une galerie décorée de colonnes.

Les édifices

La Tour du Temple

Hôtel du prieur du Temple

Depuis le XVIe siècle, le grand prieuré et la commanderie du Temple devinrent l’apanage des bâtards de la famille royale. En 1665-1666, Pierre Delisle-Mansart construit un palais pour le grand prieur Jacques de Souvré.

Un tableau de 1764 peint par Michel-Barthélemy Ollivier montre le grand salon du palais, alors occupé par le Prince de Conti, lors d'une visite du jeune Mozart[6].

Quelques prieurs de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem :

La Rotonde du Temple

En 1788, le bailli du Temple, Alexandre-Charles-Emmanuel de Crussol, fit élever la Rotonde sur les dessins de François-Victor Perrard de Montreuil.

Église Sainte-Marie-du-Temple

La rue Perrée est à peu près à l'emplacement de l'église Sainte-Marie-du-Temple, qui fut rasée en 1796[7].

Cimetière du Temple

La rue Eugène-Spuller passe sur l'emplacement du cimetière du Temple.

Baillis du Temple

La démolition

L'enclos du Temple est devenu bien national en 1790. La famille royale y fut installée en 1792 avant les procès de Louis XVI et de Marie-Antoinette qui les conduisirent à l'échafaud et le Dauphin y mourut en . Napoléon Bonaparte fit démolir la tour du Temple en 1808 afin d'éviter qu'elle devienne un lieu de pèlerinage royaliste. La démolition dura deux ans. Aujourd'hui, il ne reste rien de cet enclos et des bâtiments.

Les rues de Paris

Trois noms de rue évoquent la présence des Templiers à Paris : la rue du Temple, la rue Vieille-du-Temple (3e et 4e arrondissements) et la rue des Fontaines-du-Temple (3e arrondissement). De même le boulevard du Temple (3e et 11e arrondissements) et la station de métro Temple contribuent à l'évocation du quartier toujours appelé « du Temple », ainsi que son marché couvert appelé « Carreau du Temple » et le square du Temple juste à côté.

Notes et références

  1. Danielle Chadych, Le Marais, Paris, Parigramme, , 638 p. (ISBN 2 84096 188 1), p. 270
  2. Philippe Lorentz et Dany Sandron, Atlas de Paris au Moyen-Âge, Parigramme, , 250 p. (ISBN 2 8409 6402 3), p. 42-43
  3. « La Ville-Neuve du Temple », sur Histoire du Marais (consulté le 7 mars 2017)
  4. Maquette de l'enclos du Temple
  5. Demurger 2008, p. 472
  6. Philippe BOURDIN, « « Le thé à l’anglaise », http://www.histoire-image.org/etudes/anglaise », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 07 mars 2017
  7. Enclos du Temple, église Sainte-Marie du Temple et son cimetière sur tombes-sepultures.com

Bibliographie

  • Alain Demurger, Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (1re éd. 2005), 664 p., poche (ISBN 978-2-7578-1122-1)
  • Henri de Curzon, La Maison du Temple de Paris : histoire et description avec deux planches, Paris, Hachette, , 356 p. (lire en ligne) (Non consulté pour cet article).

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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