Mathieu Dumas

Mathieu Dumas, né le à Montpellier et mort le à Paris, militaire, administrateur et homme politique français des XVIIIe et XIXe siècles.

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Mathieu Dumas

Le général Comte Dumas (1753-1837), Louise Adélaïde Desnos, née Robin (1807-1870), 1842, Musée de l'Armée, Paris.

Naissance
Montpellier
Décès  83 ans)
Paris
Origine Languedoc
Royaume de France
Allégeance Royaume de France
 République française
 Empire français
 Royaume de Naples
 Empire français
 Royaume de France
 Empire français (Cent-Jours)
 Royaume de France
Grade Général de division
Années de service 1768-1816
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerres révolutionnaires
Guerres napoléoniennes
Distinctions Grand-croix de la Légion d'honneur
Commandeur de Saint-Louis
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile 15e colonne
Autres fonctions Pair de France

Biographie

Mathieu Dumas est né le à Montpellier. Issu d'une famille de petite noblesse languedocienne, il est le fils de Mathieu Dumas, trésorier de France, et d'Anne de Loÿs. Il a pour frère cadet le Général Guillaume Mathieu Dumas de Saint-Marcel (1755-1826). Il entre au service à l'âge de 15 ans, en qualité d'aspirant du génie. Le , il est nommé sous-lieutenant dans le régiment de Médoc, et devient en 1776 l'aide de camp du marquis de Puységur (1716-1782), général alors chargé d'opérer une descente en Angleterre.

Il obtient le rang de capitaine le . Il est aide de camp du général Rochambeau qu'il suit en Amérique[1]. Envoyé en mission, il visite l'archipel des Cyclades et l'île crétoise de Candie en 1784, puis le Levant pour dresser un état des lieux de la situation militaire en Méditerranée Orientale. Envoyé à Amsterdam en 1787, pour défendre cette ville contre les Prussiens, il devient aide de camp du maréchal de Broglie en 1789, et de La Fayette après la prise de la Bastille. Directeur du dépôt de la Guerre en 1791, puis commandant des gardes nationales de la province, il est chargé de ramener Louis XVI à Paris après son arrestation à Varennes. Maréchal de camp le et commandant de la 3e division militaire, il organise la 1re compagnie d'artillerie à cheval qui a existé en France.

Député à l'Assemblée législative, directeur des dépôts des plans de campagne pendant la Terreur et député au Conseil des Cinq-Cents en 1795, il provoque l'établissement des Conseils de guerre aux armées. Proscrit au 18 fructidor, il se réfugie un temps à Hambourg. De retour en France après l'établissement du Consulat, il organise l'armée de réserve qui fait la conquête de l'Italie, il se distingue au passage du col du Grand-Saint-Bernard, et est conseiller d'État à la paix. C'est lui qui propose la création de la Légion d'honneur, il est élevé à la dignité de grand officier dans cet ordre, et promu général de division en 1805.

Ministre de la Guerre à Naples, sous Joseph Bonaparte, puis grand maréchal du palais et grand dignitaire de l'ordre royal des Deux-Siciles, il est créé comte de l'Empire par lettres patentes du . Il assiste au passage du Danube le , puis à la bataille de Wagram, et est chargé de l'exécution des conditions de l'armistice de Znaïm. Intendant de la Grande Armée en 1812, il est blessé et fait prisonnier à la bataille de Leipzig en 1813 et ne rentre en France que sous la Restauration. Louis XVIII le nomme successivement, conseiller d'État honoraire, commissaire, de la vérification des titres des anciens officiers, directeur général, de la comptabilité des armées, commandeur de Saint-Louis, grand-croix de la Légion d'honneur.

Pendant les Cent-Jours il reprend ses anciens titres et d'autres encore que Napoléon Ier y ajoute, et est mis en retraite le ; nommé conseiller d'État et président du comité de la guerre en 1819, il est rayé du service ordinaire à cause de son vote dans les élections de 1822 ; député de Paris (Seine) en 1828, il signe l'adresse des 221 en 1830. Pendant la révolution de 1830, il fait partie de la commission de douze députés qui, au soir du , se rend auprès du duc d'Orléans au château de Neuilly afin de lui notifier la délibération l'appelant à la lieutenance générale du royaume. Le , il est créé pair de France dans la fournée de trente-six pairs viagers destinée à permettre l'adoption à la Chambre haute du projet de loi abolissant l'hérédité de la pairie. Il est également inspecteur général des gardes nationales du royaume et conseiller d'État en service ordinaire. Inscrit à la Confrerie des Pénitents blancs de Montpellier dès l'âge de 4 ans en 1757[2], il en devient prieur en 1834.

Il meurt à Paris le , âgé de 83 ans, et repose au cimetière du Calvaire à Montmartre.

Bibliographie de Mathieu Dumas

  • un Précis des événements militaires de 1799 à 1807, en 19 volumes in-8, 1817-1826
  • une traduction d'Histoire d'Espagne de John Bigland
  • une traduction de l'Histoire de la guerre de la Péninsule du Général W.F.P. Napier, avec d'importantes rectifications
  • Souvenirs du lieutenant-général comte Matthieu Dumas, 1770-1836, en trois volumes, publiés par son fils (Éditions Gosselin, 1839)

Postérité

Il se marie avec Mlle Delarüe, sœur de Louis André Toussaint Delarüe (1768-1864) époux de la fille de Beaumarchais, Eugénie Caron de Beaumarchais. Leur père M. Delarüe était payeur des rentes à l'Hôtel de Ville de Paris et jouissait d'une large aisance, il habitait son hôtel situé au Château d'Eau.

L'aînée des filles du couple Dumas, Adélaïde Cornélie Suzanne (), épouse le (Paris VIIe), le baron Alexandre Charles Nicolas Amé de Saint-Didier ; quant à la seconde, Octavie (née le ), elle se marie avec le général-baron Franceschi-Delonne. Son fils, Christian Léon ( - Paris † - Paris), comte Dumas (dont postérité) est colonel d'état-major, aide de camp du roi Louis-Philippe Ier, député de Charente-Inférieure, commandeur de la Légion d'honneur.

Notes et références

  1. Dumas, pendant son séjour à Boston, sur le point de revenir en France après l'expédition de 1781, a souvent l'occasion de s'entretenir avec le docteur Cooper, et comme il témoigne son enthousiasme pour la liberté : « prenez garde, jeunes gens, dit le docteur, que le triomphe de la cause de la liberté sur cette terre vierge n'enflamme trop vos espérances; vous porterez le germe de ces généreux sentiments; mais si vous tentez de le féconder sur votre terre natale, après tant de siècles de corruption, vous aurez à surmonter bien des obstacles. Il nous en a coûté beaucoup de sang pour conquérir la liberté; mais vous en verserez des torrents avant de l'établir dans votre vieille Europe ».
  2. Archives de la Confrérie des Pénitents blancs de Montpellier

Source partielle

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