Mi-Carême

La Mi-Carême est une fête carnavalesque traditionnelle, d'origine française.

Carte postale souvenir de la Mi-Carême 1925 à Tinchebray.
Les bigophonistes de la Commune libre de Milly-la-Forêt à la Mi-Carême 1925.

Fêtée le jour arrivé à la moitié du Carême, c'est-à-dire, selon la tradition chrétienne, au vingtième des quarante jours du jeûne avant Pâques, c'est une pratique qui remonte au Moyen Âge et se perpétue jusqu'à nos jours aux Antilles, dans certains villages de France (par exemple à Équihen-Plage) ainsi que dans les anciennes colonies françaises (comme au Québec, dans l'ancienne Nouvelle-France ou à Saint-Martin). La Mi-Carême était aussi jadis en France la fête des blanchisseuses, des débitants de charbon et des porteurs d'eau[1].

Fêtée à grande échelle à Paris, la Mi-Carême a disparu dans cette ville au début des années 1950. Elle est réapparue sous le nom de Carnaval des Femmes en 2009 et donne lieu de nouveau à un défilé chaque année.

Au Brésil, une fête carnavalesque ayant lieu en dehors de la période traditionnelle du Carnaval est appelée micareta, mot dérivé du français mi-carême.

Origine de la Mi-Carême

Le char automobile de la Reine des Reines de Paris à la Mi-Carême au Carnaval de Paris 1903.

À l'occasion de la Mi-Carême en 1890, le journal parisien La Presse écrit : « L'invention de la Mi-Carême est bien plus récente que celle du carnaval. On avait de très bonne heure senti le besoin d'inaugurer par des plaisirs bruyants une longue période d'abstinence ; quand la foi se fut encore affaiblie, on jugea à propos de couper par une halte cette longue période de privations : on créa la Mi-Carême. Telle est sa raison d'être évidente ; quant à la cause occasionnelle de son existence, elle est moins sûrement connue. On attribue la Mi-Carême à la coutume établie dans quelques petites villes, parmi les jeunes gens, de donner, le mardi-gras un dernier bal aux jeunes filles du pays ; celles-ci donnaient à leur tour une fête le troisième jeudi de carême. À cela s'est joint, surtout à Paris, l'habitude parmi les blanchisseuses, de se nommer à cette époque une reine, de se déguiser et de donner un bal dans leur bateau. Cette coutume, souvenir probable des anciens rois des métiers, s'est étendue de Paris à la banlieue et bien au delà. Dans beaucoup de villes, la Mi-Carême demeure la fête des jeunes filles »[2].

Auparavant la carême ou la Mi-Carême était personnifiée sous la forme d'un "vieille bonne femme". À la Mi-Carême on sciait ou fendait "la vieille" en deux[3]. Très présent au début du XIXe siècle, ce rituel a perdu de sa fréquence vers la fin de ce même siècle. Dans divers dialectes français "fendre la vieille" se traduit mot à mot par Mi-Carême. Des coutumes assez barbares, comme cambrioler la maison des vieilles ou lui donner des coups de pied, semblent indiquer une ancienneté de cette fête. La vieille y symbolise la vieille année, Dame Hiver. À Lectoure (Gers) se chantait une cantilène rituelle que voici[4] :

Refrain : On sciera les vieilles, cette année, on sciera les vieilles.

  1. aux jeunes il faut des souliers, aux vieilles des coups de pieds.
  2. aux jeunes il faut des cotillons, aux vieilles des coups de bâtons.
  3. aux jeunes il faut du pain blanc, les vieilles s'en passeront.
  4. aux jeunes il faut du bon vin, les vieilles boiront à la fontaine.
  5. aux jeunes il faut des galants, aux vieilles des cheveux blancs.

Aux Caraïbes

La Mi-Carême est toujours fêtée aux Caraïbes<