Monocorde à clavier

Le monocorde à clavier, ou monocorde de Poussot, est un rare instrument de musique à corde frottée, inventé par Joseph Poussot et son oncle, l'abbé Charles Tihay, et produit à Pierre-la-Treiche (actuelle Meurthe-et-Moselle) de 1886 à 1896.

Monocorde à Clavier

Un monocorde à clavier.

Variantes modernes Monocorde de Poussot
Classification Instrument à cordes
Famille instrument à cordes frottées
Tessiture de soprano à contrebasse

Histoire

Joseph Poussot est né à Grandvillers le . Étudiant en musique à Charmes chez monsieur Martin, il trouve l'apprentissage rébarbatif. Aidé de son oncle, l'abbé Charles Tihay, il décide alors de fabriquer un instrument semblable à un violon mais au jeu plus aisé. Il s'installe à Pierre-la-Treiche en 1883 et commence à construire des monocordes dans des locaux prêtés par l'abbé du village.

Il dépose le brevet de son instrument en 1886.

Le monocorde de Poussot acquiert rapidement une petite réputation grâce à sa simplicité d'utilisation[1]. Dès 1888, il fait l'objet d'un article dans la revue parisienne La Nature et des auteurs renommés y prêtent attention[1]. L'atelier s'agrandit et emploie dix ouvriers luthiers en 1891.

Mais le Joseph Poussot se noie dans la Moselle à 29 ans et demi. L'atelier de fabrication ferme en 1896 malgré la continuité de la production assurée par son épouse Émilie Chenin (cousine d'Émile Moselly) jusque cette date.

Environ 1 200 monocordes ont été produits dans les ateliers de Pierre-la-Treiche entre 1886 et 1896[1].

Si beaucoup ont disparu aujourd'hui, on peut en voir un au musée d'art et d'histoire de Toul et le musée lorrain en possède aussi, en particulier un donné par la fille de Joseph Poussot, Marie Deloge, en 1960[2]. Un autre, richement décoré, a été offert au Vatican en 1888[2]. Il y en avait aussi à la boutique d'instruments anciens d'André Bissonnet à Paris et certains ont été envoyés ailleurs dans le monde : Canada, Russie ainsi que dans des missions africaines.

Il est possible d'écouter le son de l'instrument sur un enregistrement du groupe Gens de Lorraine, l'instrument est d'ailleurs utilisé par le groupe Kehot'Ribotte de Gérardmer.

Lutherie

L'instrument est fixé horizontalement sur deux pieds repliables. La corde unique est tendue sur un chevalet, reposant sur une caisse de résonance en forme d'amande percée de deux ouïes en forme de C. Le chevillet en forme de crémaillère possède une seule cheville en métal.

Un clavier chromatique de type piano dont les touches sont munies sur leur dessous d'un bec venant barrer la corde.

L'instrument pouvait être fabriqué en plusieurs tessitures de soprano à contre-basse en passant par alto, baryton et basse[1].

Jeu

Le musicien, assis, joue du clavier avec sa main gauche et actionne un archet avec sa main droite. La sonorité très chaude rappellerait un violoncelle.

Instrument voisin

Un violoncelle Piano a également existé, le Mélotétraphone, créé par Edmond Julien de Vlaminck en 1892.

A noter également que cet instrument est très proche du bulbul tarang indien ou thaisho koto japonais, qui, eux, possèdent plusieurs cordes à l'unisson et un bourdon, qui peuvent être frottées, grattées ou pincèes.

Références

  1. Ravenel B. (1993) - « Pierre-la-Treiche et le monocorde de Joseph Poussot », Études touloises no 66, CELT, Toul, p. 3-14, p. 15-23, texte de la conférence donnée à Toul le 13 octobre 1992
  2. Monocorde à clavier sur le site du Musée Lorrain

Liens externes

Vidéo : Andante en mi bémol de Schubert au Monocorde de Poussot

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