Monogatari

Le monogatari (物語) est une forme littéraire de la littérature japonaise traditionnelle dont la traduction la plus proche pourrait être « récit » (litt. choses racontées[1]).

L'auteur du Genji monogatari, la romancière Murasaki Shikibu.

Nature et histoire du genre

Cependant, limiter cet emploi aux seuls récits est trop réducteur. En effet, le terme « monogatari » s'applique d'une manière générale à tout ce qui n'est pas de la poésie pure (la plupart des monogatari contiennent souvent des passages de poésie). La forme est donc une prose narrative comparable à une épopée japonaise. Il ne faut pas non plus considérer que le genre regroupe tous les ouvrages de cette forme-là. En fait, l'utilisation du terme monogatari pour qualifier une œuvre littéraire est souvent trop abusif.

Le monogatari est étroitement lié aux aspects de la tradition orale et se rapporte presque toujours à une histoire fictive ou romancée, même quand il s'agit de rapporter un événement historique. Nombre des grandes œuvres de fiction japonaises, telles que le Genji monogatari et le Heike monogatari, ressortissent à la forme monogatari.

Le genre existe du IXe siècle au XVe siècle, atteignant son acmé aux Xe et XIe siècles. Selon le Fūyō wakashū (1271), il existe au moins 198 monogatari au XIIIe siècle dont une quarantaine nous sont parvenus.

Lorsque la littérature européenne a été connue au Japon, le mot « monogatari » a commencé à être utilisé dans les titres japonais d'œuvres étrangères de même nature. Le Conte de deux cités par exemple est traduit par Nito monogatari (二都物語), Les Mille et Une Nuits par Sen'ichiya monogatari (千一夜物語) et plus récemment Le Seigneur des anneaux par Yubiwa monogatari (指輪物語).

Genres

Le genre est sous-divisé en de multiples catégories selon les contenus :

Denki monogatari

Histoires d'événements fantastiques.

Uta monogatari

Histoires poétiques.

Tsukuri monogatari

Romances aristocratiques.

Rekishi monogatari

Contes historiques.

Gunki monogatari

Contes de guerre.

Setsuwa monogatari

Contes divers.

Giko monogatari

Imitations pseudo classiques d'anciens contes.

Notes et références

  1. N.B. : mono signifiant « chose » et katari signifiant « raconté », avec une voisement du k en g à l'intérieur du mot.
  2. (en) « Sagoromo » (trad. David Pearsall Dutcher), The Asia-Pacific Journal, vol. 14, no 3, (1er octobre 2016 (lire en ligne).
  3. Brown et al., Gunshankō, 1979, p. 374-379.
  4. Brown, p. 379-385.
  5. Borwn, p. 390-392.
  6. Borwn, p. 392-401.
  7. Brown, p. 386-390.

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) Delmer Brown et Ichiro Ishida (dir.), Gukanshō: « The Future and the Past: a translation and study of the “Gukanshō”, an interpretive history of Japan written in 1219 », Berkeley, University of California Press, (ISBN 0-520-03460-0).
  • (en) Louis Frédéric, Japan Encyclopedia, Cambridge, Massachusetts, Harvard University Press, , « Monogatari ».
  • (ja) Teiji Ichiko, Nihon Koten Bungaku Daijiten, Kan'yakuban, Tōkyō, Iwanami Shoten, (ISBN 4-00-080067-1).
  • (ja) Jun Kubota, Iwanami Nihon Koten Bungaku Jiten, Iwanami Shoten, (ISBN 978-4-00-080310-6).

Articles connexes

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