Noix de muscade

La noix de muscade (ou noix muscade) est l'albumen de la graine du fruit ovoïde du muscadier (Myristica fragrans), un arbre tropical de la famille des myristicacées haut de dix à quinze mètres. La coque de la noix de muscade en est le tégument.

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Noix de muscade.
Noix de muscade fraîches (Tanzanie).

Histoire

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La noix de muscade fut à l'origine cultivée par les Arabes au Moyen Âge depuis les îles Banda[note 1] dans l'archipel des Moluques aujourd'hui en Indonésie[1] et vendue aux Vénitiens à des prix élevés, bien que le lieu exact de sa culture ne fut jamais révélé à ces derniers[2].

Au XVe siècle, les Européens cherchent à atteindre directement les îles productrices des épices pour se les procurer à prix moindre que celui payé aux Arabes, qui les achetaient eux-mêmes aux commerçants asiatiques. Les Portugais étaient les mieux placés dans cette quête car ils avaient déjà une base à Goa, en Inde. C'est de là qu'en 1511 part une flotte dirigée par le vice-roi des Indes, Afonso de Albuquerque, qui prend Malacca, alors le plus important port d'Asie du Sud-Est. Malacca leur servira de base. Ils essaieront sans succès d'imposer leur monopole à la production et au commerce des épices.

Ce seront finalement les Hollandais de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) qui, après avoir évincé les Portugais des îles de la Sonde, lanceront le commerce avec des noix stérilisées. La peine de mort était alors appliquée aux contrebandiers.

Les Français, établis dans l’océan Indien, parviendront, au XVIIIe siècle, à s’approprier quelques plants. Après plusieurs années d’essais, ils réussiront à cultiver la muscade sur l'Île de France et sur l'Île Bourbon ; le monopole était brisé.

L’occupation anglaise des îles Moluques va entraîner le transfert de la culture des muscadiers en Malaisie puis à Singapour.

Vers le milieu du XIXe siècle, les plantations asiatiques seront touchées par une épidémie. La culture du muscadier est alors développée aux Antilles et notamment à la Grenade en 1843.

La noix de muscade a fait la fortune de la Grenade jusqu'au passage de l’ouragan Ivan en . La Grenade, était alors le deuxième producteur mondial avec 30 % de la production. 60 % des plantations ont été détruites et ce n'est qu'en 2017 que l'île a retrouvé son niveau de production antérieur. Les principaux producteurs de noix de muscade sont aujourd'hui : l'Inde, l'Indonésie et le Sri Lanka.

Utilisation

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Usage alimentaire

Noix de muscade fraîche coupée en deux.
Noix de muscade montrant son arille.

La noix de muscade est utilisée râpée pour accommoder les viandes, soupes, purées de légumes et certains cocktails, etc. Elle entre dans la composition du curry et son utilisation est très variée dans la cuisine, qu'elle soit salée ou sucrée. En cuisine française, elle est notamment utilisée pour confectionner la sauce béchamel et aromatiser le gratin dauphinois, la fondue savoyarde ou la quiche lorraine.

L'arille de la noix de muscade, séchée, appelée macis ou fleur de muscade, est très appréciée pour sa coloration qui varie du jaune à l'orange. De propriétés aromatiques voisines, la noix de muscade aurait tendance à être plus douce que le macis. Le macis est un condiment constitué par le prolongement rameux et charnu de l'enveloppe (arille) de la noix de muscade, originaire des régions tropicales. C'est une résille de fibres, rouge écarlate quand elle est fraîche, que l'on fait sécher ; elle devient alors rosée et on la réduit en poudre. Le macis a un parfum de cannelle et de poivre, il est utilisé surtout en charcuterie et dans les mélanges d'épices. Il relève les potages et les viandes en sauces et remplace la noix de muscade dans les omelettes, la béchamel ou la purée de pomme de terre.

La noix de muscade entre dans la composition du Coca-Cola[3].

Usage médicinal

La noix de muscade est utilisée, traditionnellement, contre les problèmes respiratoires et rhumatismaux[réf. nécessaire].

Caractère psychotrope

Au XVIe siècle, les esclaves sur les bateaux marchands voguant vers l'Europe étaient souvent punis lorsqu'ils en consommaient. Ils l'utilisaient pour son caractère sédatif afin de soulager leurs douleurs et leur fatigue[4].

Les effets primaires de la noix de muscade proviennent de plusieurs phénylpropènes : myristicine, safrole et élémicine. La myristicine est synthétisée entre deux et sept heures dans l'organisme. Le safrole est une substance toxique pour le foie et cancérogène aux doses psychoactives.

Nausées possibles durant la première heure, pouvant entraîner vomissements et diarrhée dans certains cas. De violents effets secondaires qui durent plus de 24 heures font leur apparition : xérostomie (assèchement buccal), rougissement, mydriase (dilatation de pupilles), angoisse, tachycardie. La mort peut survenir à certaines doses (environ 20 grammes).

Les effets psychotropes se caractérisent par une intoxication du système nerveux central. Sédation intensive accompagnée par une altération de la parole et du fonctionnement psychomoteur. Souvent considérées comme incontrôlables et désagréables d'après les usagers, dans la mesure où elles entraînent un basculement frénétique d'états psychédéliques et sensoriels. Généralement accompagné par un sommeil long et profond, similaire à un état comateux (jusqu'à 16 heures). Amnésie, état léthargique, constipation ou rétention d'eau possible au réveil.

C'est une drogue très impopulaire et déconseillée car difficile à ingérer, supporter et éliminer.

Aromathérapie

Il existe deux huiles essentielles issues du muscadier : l'huile issue de la noix, dite « noix de muscade », et l'huile issue de l'enveloppe appelée « macis ».

Les deux sont à utiliser avec précautions chez l'enfant de moins de sept ans à cause de la présence de myristicine relativement importante.

Huile essentielle de noix de muscade

Composition chimique de l'huile de noix de muscade[5]
Rang Composant Proportion
1 Sabinène 21,38 %
2 4-terpinéol 13,92 %
3 Myristicine 13,57 %
4 α-pinène 10,23 %
5 Limonène 5,57 %
6 Safrole 4,28 %
7 γ-terpinène 3,98 %
8 α-terpinéol 3,11 %
9 α-terpinène 2,72 %
10 α-myrcène 2,38 %
11 Isoeugénol 1,74 %
12 Terpinolène 1,62 %
13 Élémicine 1,42 %
14 α-thujène 0,78 %
15 Méthyleugénol 0,77 %
16 Citronellol 0,77 %
17 Linalol 0,75 %
18 Acétate de bornyle 0,24 %
19 Camphène 0,16 %
20 Acide myristique 0,11 %
21 Méthoxyeugénol 0,10 %
22 Palmitate d'éthyle 0,07 %
23 Hydrate de cis-sabinène 0,06 %
24 Acétate de linalyle 0,06 %
25 Fenchol 0,05 %
26 Myristate d'éthyle 0,04 %
27 Acide palmitique 0,03 %
28 β-ocimène 0,03 %
29 β-asarone 0,03 %
30 Acide stéarique 0,01 %
31 Oléate d'éthyle 0,01 %

Propriétés principales : antiseptique, antiparasitaire, antalgique, analgésique, tonique, neurotonique, carminative, utérotonique, emménagogue.[réf. nécessaire]

Essentiellement prescrite pour : atonie digestive, entérocolite spasmodique, entérocolite infectieuse, diarrhées, parasitose intestinale, accouchement (facilite), rhumatisme aigu, rhumatisme chronique, entorse, courbature, asthénie.[réf. nécessaire]

Huile essentielle d'enveloppe de noix, ou macis

Composition : alpha et bêta pinènes, myrcène, sabinène, alpha et gamma terpinènes, limonène, terpinène-4-ol, safrole, myristicine, élémicine.

Propriétés principales : antiseptique, antiparasitaire, antalgique, analgésique, tonique, neurotonique, carminative, utérotonique, emménagogue[réf. nécessaire].

Essentiellement prescrite pour : atonie digestive, entérocolite spasmodique, entérocolite infectieuse, diarrhée, parasitose intestinale, accouchement (facilite), rhumatismes aigus, rhumatisme chronique, entorse, courbature, asthénie[réf. nécessaire].

Production

Production en tonnes (chiffres 2007-2008)
Données de FAOSTAT (FAO)
Production (MT) Part mondiale en poids Production (en milliers de $) Part mondiale en valeur
Guatemala 28 00038 %27 26529 %
Inde 16 00022 %22 96025 %
Indonésie 8 60012 %12 34113 %
Népal 6 7929 %9 74611 %
Bhoutan 5 8008 %8 3239 %
Grenade 2 8004 %4 0184 %
Laos 2 7004 %3 8744 %
Autres pays 4 1904 %3 9274 %
Total 73 432100 %92 454100 %

Notes

  1. La noix de muscade est parfois appelée noix de Banda.

Références

  1. Les épices, Jean-Marie Pelt, Éd. Fayard, 2002
  2. (en) Kal Müller, Spice Islands : exotic eastern Indonesia (ISBN 0844298999)
  3. http://www.thisamericanlife.org/radio-archives/episode/427/original-recipe/recipe
  4. Article Muscade sur E-santé.fr
  5. Muchtaridi; Subarnas, A.; Apriyantono, A.; Mustarichie, R. « Identification of Compounds in the Essential Oil of Nutmeg Seeds (Myristica fragrans Houtt.) That Inhibit Locomotor Activity in Mice. » Int. J. Mol. Sci. 2010,11(11):4771-81. DOI:10.3390/ijms11114771

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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