Oświęcim

Oświęcim (prononcé [ɔˈɕfʲjɛ̃ɲt͡ɕĩm] en polonais ; Auschwitz[1] en allemand, אשפעצין / Oshpitizin en yiddish) ou Auschwitz en français[2] est une ville du sud de la Pologne d'environ 41 000 habitants et située à environ 60 km à l'ouest de Cracovie, dans la voïvodie de Petite-Pologne depuis 1999 (et dans la voïvodie de Cracovie auparavant, de 1975 à 1998).

Pour les articles homonymes, voir Auschwitz (homonymie).

Oświęcim

Héraldique

Drapeau

La place du vieux marché.
Administration
Pays Pologne
Région Petite-Pologne
District Oświęcim
Maire Janusz Chwierut (PO)
Code postal 32-600, 32-603, 32-606, 32-610
Indicatif téléphonique international +(48)
Indicatif téléphonique local 33
Immatriculation KOS
Démographie
Population 41 382 hab. (2004)
Densité 1 366 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 03′ 00″ nord, 19° 14′ 00″ est
Superficie 3 030 ha = 30,3 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Pologne
Oświęcim
Géolocalisation sur la carte : Pologne
Oświęcim
Liens
Site web http://www.um.oswiecim.pl

    Le nom allemand de la ville est devenu après la Seconde Guerre mondiale synonyme de la barbarie nazie : c'est à Oświęcim et dans le village voisin de Brzezinka qu'est situé le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, construit pendant la Seconde Guerre mondiale et où périrent plus d'un million de personnes, principalement des Juifs.

    Histoire

    Moyen Âge & Renaissance

    La première mention de la ville date de 1117. En 1179, sous le règne de Casimir II le Juste, Oświęcim quitte le duché de Cracovie pour rejoindre le duché d’Opole. Vers 1270, la localité reçoit le droit urbain allemand. Longtemps, Allemands et Polonais y ont cohabité pacifiquement.

    En 1315, la ville devient la capitale d’un duché indépendant. En 1327, le duc Jean d’Oświęcim se reconnaît vassal du royaume de Bohême. Au XIVe siècle, l’intérêt des Allemands pour cette région décline et le duché se vide d’une grande partie de sa population. Ce n’est qu’en 1457 que le duché d'Oświęcim est racheté par le roi Casimir IV Jagellon à Jean IV, dernier duc d’Oświęcim, et rattaché à la Pologne.

    Les Juifs sont invités par les rois polonais successifs à s’installer dans cette région qui s’était dépeuplée. Au XVe siècle, ils constituent déjà la majorité de la population. Oświęcim devient également un des principaux centres protestant de Pologne. Le poète Łukasz Górnicki y voit le jour en 1527. La ville est détruite par les Suédois en 1655.

    De 1770 à 1918

    À la suite des partages de la Pologne au XVIIIe siècle, Oświęcim, située sur la Vistule principalement sur la rive droite, se retrouve en Galicie (Pologne sous administration/occupation autrichienne) (Empire Austro-Hongrois des Habsbourg d'Autriche).

    En 1875 et jusqu'à 1918;

    • elle est de facto ville frontière (marquée par la Vistule) entre la Galicie et la Prusse au Nord
    • elle n'est pas éloignée de la frontière avec la Pologne sous administration/occupation russe (Russie)

    Le "coin des 3 empereurs" ( https://en.wikipedia.org/wiki/Three_Emperors%27_Corner) situé à Mysłowice ( à quelques km au Nord de Oświęcim)est le point d'intersection des trois empires de 1875 à 1918: allemand, austro-hongrois & russe

    De 1918 à 1938

    La ville réintègre la Pologne ressuscitée après la Première Guerre mondiale.

    À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Oświęcim compte 7 500 Juifs sur 13 000 habitants. Ils y vivent dans une relative harmonie : les mariages mixtes sont certes rares mais les écoles et le conseil municipal brassent les habitants de plusieurs confessions[3].

    Seconde Guerre mondiale

    Suite à l'envahissement/invasion de la Pologne par les troupes allemandes en , Oświęcim et sa région (communes limitrophes) sont immédiatement annexés au Reich allemand dès .

    En octobre 1939, les Nazis chargent le président de la communauté juive locale d'ouvrir à Oświęcim un bureau d'émigration vers la Palestine pour les 60 000 Juifs de Silésie. Mais il ferme en , devant la complication des formalités[3].

    En 1940, les Nazis décident de transformer des anciens baraquements de l’armée polonaise en camp de concentration (appelé Auschwitz I).

    En , ils construisent le gigantesque camp de Birkenau (également appelé Auschwitz II) sur le territoire du village de Brzezinka, distant d'environ trois kilomètres.

    En 1942, IG Farben ouvre un camp de travail à Monowitz-Buna (nommé aussi Auschwitz III) sur le territoire de la commune d'Oświęcim à l'est de la ville.

    De 1940 à 1945, plus d'un million de personnes (principalement des Juifs) y sont exterminées.

    L'Allemagne créé également dans les années 1940 un projet urbain avec des plantations, des mines et des usines où les détenus du camp travaillent ; l'historien français Tal Bruttmann parle d'une « ville idéale du IIIe Reich ». Ces bâtiments sont nationalisés par le régime communiste après la guerre[3].

    Oświęcim est libérée par l'armée rouge en .

    Régime communiste

    Après la guerre, le gouvernent polonais prend possession de l'usine chimique Monowitz-Buna (ou Buna-Werke) qui avait utilisé des prisonniers du camp comme « esclaves du travail ». L'industrie chimique devient le principal employeur d'Oświęcim (jusqu'à 12 000 ouvriers y travaillent). Les camps de concentration deviennent des musées. Certains élèves du lycée de la ville jouent les rôles de prisonniers, en échange d'une prime pour se faire raser les cheveux, dans des productions cinématographiques[3].

    En 1945, quelques dizaines de rescapés tentent de revenir dans la ville mais, trouvant leurs proches tués et leurs maisons souvent occupées, partent pour la plupart à la fin des années 1940, à cause également des persécutions des communistes pour leur « capitalisme » supposé ; d'autres partent ensuite en 1968, désignés « pro-sionistes » après que des étudiants juifs ont participé à des révoltes étudiantes réprimées par le régime. Avec la chute du communisme, la Shoah commence à être enseignée dans les écoles[3].

    Depuis 1990

    En 2000 meurt le dernier juif d'Oświęcim, Simon Kluger. En 2015, on compte trois maisons appartenant à des descendants de Juifs, mais ils n'y habitent pas. Le site d'Auschwitz-Birkenau accueille en 2014 un million et demi de visiteurs. Il existe également un musée sur l'histoire de la ville, mais peu fréquenté. La plupart des habitants travaillent toujours dans les mines de charbon de la région[3].

    Architecture

    • donjon (XIIIe siècle)[3]
    • château (ouvert au public depuis le après restauration) : ce château abrite un musée qui présente différentes pièces (documents, cartes, monnaies, photographies, objets du quotidien...) témoignant de la vie d'avant-guerre dans la région. Il rassemble notamment une collection d'objets religieux (juifs et chrétiens) et d'autres plus anciens, issus de fouilles archéologiques réalisées dans la région.
    Château d'Oświęcim.

    Personnalités

    Les personnalités suivantes sont nées à Oświęcim :

    Notes et références

    1. Le Petit Larousse 2008, éd. Larousse, Paris (ISBN 978-2-03-582503-2) p. 1141
    2. Nom usuel francophone selon la division francophone du Groupe d’experts des Nations Unies pour les noms géographiques de l'ONU :
    3. Florence Aubenas, « À Oswiecim, on voudrait oublier Auschwitz », Le Monde, encart « Auschwitz - Complexe symbole du mal », mercredi 28 janvier 2015, page 2.

    Voir aussi

    Liens externes

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