Ostrava

Ostrava (/ˈɔs.tra.va/, en polonais Ostrawa, en allemand Ostrau, autrefois Mährisch-Ostrau) est une ville du nord-est de la République tchèque, la capitale de la région de Moravie-Silésie et le chef-lieu du district d'Ostrava-Ville. Sa population s'élevait à 289 128 habitants en 2019[1]. C'est la troisième ville de la République tchèque et la deuxième plus grande aire urbaine du pays.

Ostrava

Ostrava : l'hôtel de ville.

 
Administration
Pays République tchèque
Région Moravie-Silésie
District Ostrava-Ville
Région historique Silésie tchèque / Moravie
Maire
Mandat
Tomáš Macura
2014 -
Code postal 702 00
Indicatif téléphonique international + 420
Démographie
Gentilé Ostraviens
Population 289 128 hab. (2019)
Densité 1 350 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 50′ 29″ nord, 18° 17′ 25″ est
Altitude 260 m
Superficie 21 423 ha = 214,23 km2
Divers
Site(s) touristique(s) ostravainfo.cz
Fuseau horaire UTC+1 (heure d'hiver)
UTC+2 (heure d'été)
Localisation
Géolocalisation sur la carte : République tchèque
Ostrava
Géolocalisation sur la carte : République tchèque
Ostrava
Liens
Site web Site officiel

    Située à la confluence de deux rivières, au débouché de la Porte de Moravie, ce fut dès l'Antiquité un lieu de passage important. En raison de la richesse de ses mines de charbon, elle fut aux XIXe et XXe siècles un des grands bassins sidérurgiques d'Europe centrale.

    Étymologie

    Ostrava a été nommée d'après le fleuve Ostrá aujourd'hui appelé Ostravice.

    Géographie

    Ostrava se trouve à l'extrême nord-est de la Moravie, à l'est de la Bohême, entre le bassin des Sudètes et les Beskides, au débouché nord de la Porte de Moravie, col qui formait la frontière historique entre Moravie et Silésie.

    Elle est située à une dizaine de kilomètres de la frontière polonaise, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière slovaque et à 276 km à l'est-sud-est de Prague[2].

    Ostrava est aussi à la confluence de la rivière de Lučina et de l’Ostrawitza (Ostravice), qui se déverse à son tour en aval, via l’Oppa (Opava) et la Porubka, dans l’Oder.

    La commune est limitée par Dobroslavice, Děhylov, Hlučín, Ludgeřovice et Šilheřovice au nord, par Bohumín, Rychvald, Petřvald et Šenov à l'est, par Vratimov au sud-est, par Paskov, Krmelín et Stará Ves nad Ondřejnicí au sud, et par Jistebník, Klimkovice, Vřesina, Čavisov, Dolní Lhota et Velká Polom à l'ouest[3].

    Histoire

    Appartenances historiques

    Margraviat de Moravie/ Duché de Ratibor 1267-1290
    Margraviat de Moravie/ Duché de Teschen 1290-1335
    Margraviat de Moravie/ Principauté de Teschen 1335-1742
    Margraviat de Moravie/ Silésie autrichienne (Principauté de Teschen) 1742-1919
    Tchécoslovaquie 1919–1939
     Protectorat de Bohême-Moravie 1939–1945
    Tchécoslovaquie 1945–1993
    République tchèque 1993–présent

    Ostrava s'est formée à partir de quelques campements à la confluence de l’Ostravice et de l’Oder. La Route de l'ambre, passée la Porte de Moravie, aboutissait en ce lieu. La présence de la tribu slave des Holasici est attestée dans le bassin de l’Ostrava depuis au moins le Xe siècle. La région était auparavant occupée par des Germains, et encore antérieurement par des Celtes.

    L’Oder et l’Ostravice ont formé pendant des siècles une frontière naturelle entre Moravie et Silésie. À la confluence de l’Ostravice et de l’Oder, se trouvent sur les deux rives des villages s'appelant Ostrava. La localité de Polska Ostrawa est mentionnée pour la première fois dans les sources écrites en 1229. Moravská Ostrava (Mährisch Ostrau) apparaît en 1267 dans les chroniques, et obtient en 1279 une charte. En 1297, Polska Ostrava doit accepter la construction du château fort des Piast de Silésie. Tout au long du Moyen Âge, de nombreux colons germanophones s'établissent en ville.

    Mährisch-Ostrau en 1728

    La ville de Mährisch-Ostrau brille d'un rayonnement mineur jusqu'à la fin du XVIIIe siècle : en 1794 elle ne compte encore que 1 578 habitants, alors qu'en 1869 sa population atteint 6 881 habitants. Le développement urbain et économique résulte du creusement des premières mines de charbon dans la région à partir de 1763.

    En 1828, l'archiduc et cardinal Rodolphe d'Autriche fonde les Forges Rudolf (Rudolfshütte) à Vítkovice. Après son décès trois ans plus tard, ces usines sont rachetées par la suite par le banquier Salomon Mayer von Rothschild et aussitôt rebaptisées en Forges de Witkowitz (Witkowitzer Eisenwerke). Ostrava devient le cœur du bassin sidérurgique et minier de Bohême.

    Selon les recensements, la population passe de 13 448 (1880) à 19 240 (1890), puis à 30 116 (1900) et 36 754 (1910). Toute la région connaît d'ailleurs la même explosion de peuplement : de 18 711 (1843) la population bondit à 186 613 en quelques décennies (1910). Un tel bouleversement s'explique par un exode rural massif, non seulement depuis les campagnes moraves, mais aussi et peut-être surtout de Galicie, l'unité de nationalité facilitant la chose. Cet exode s'accompagne de troubles sociaux et de difficultés socio-économiques sérieuses[4].

    Mährisch-Ostrau est rattachée à la Marche de Moravie et Polnisch-Ostrau au duché de Silésie.

    Jusqu'en 1918, la ville de Mährisch Ostrau - Moravska Ostrava (nom bilingue seulement après 1867) fait partie de la monarchie autrichienne (empire d'Autriche), puis Autriche-Hongrie (Cisleithanie après le compromis de 1867), chef-lieu du district de même nom, l'un des 34 Bezirkshauptmannschaften en Moravie[5]. Polnisch Ostrau - Polska Ostrava est en revanche dans la Silésie autrichienne, district de Freistadt - Frysztat (Fryštát). Cette ville nouvelle n'eut son bureau de poste qu'en 1884[6]

    Oblitération bilingue du bureau de poste de la ville morave, en 1878

    De 1919 à 1939, elles sont rattachées à la Tchécoslovaquie, la partie orientale de la ville prenant le nom de Slezská Ostrava (Ostrava-de-Silésie). Au , les faubourgs de Mariánské Hory, Přívoz et Vítkovice, ainsi que trois autres communes (Hrabůvka (Petit Grabau), Nová Ves (Neuville) et Zábřeh nad Odrou sont incorporées à Moravská Ostrava[7].

    De 1939 à 1945, Mährisch-Ostrau et Schlesisch-Ostrau, en tant que villes du Protectorat de Bohême-Moravie, sont annexées au Reich allemand. En 1941, Mährisch Ostrau et Schlesisch Ostrau sont officiellement réunies. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le bassin industriel est une cible privilégiée des attaques aériennes alliées. En 1945, les quartiers germanophones sont évacués suite aux décrets Beneš. Deux cents prisonniers allemands sont exécutés[8]. Les quartiers sont repeuplés par ceux que les autorités appelèrent « rapatriés » : des familles venant du sud de la Moravie, de Slovaquie, et des Roms.

    Avec la dissolution du CAEM, les industries chimiques et métallurgiques, déjà affectées par les mesures anti-pollution, sont frappées par la crise. La fermeture du dernier puits d'extraction de charbon, à Přívoz, a lieu le . Les hauts-fourneaux de Vítkovice s'éteignent le [7].

    Économie

    Les usines sidérurgiques Nová huť (Ostrava).

    Ostrava est une ville au prestigieux passé industriel et minier. Ainsi la région entre Ostrava et Karviná est un grand bassin industriel. Par suite de la concentration de l'industrie lourde (traitement du charbon, usines sidérurgiques, mécanique lourde, cokeries, centrales électriques, usines à gaz, complexe chimique), les conditions environnementales se sont fortement dégradées. Hormis Ostrava, le « cœur d'acier de la république » (en tchèque ocelové srdce republiky) comme on l'appelait sous l'ère communiste, les grandes villes ouvrières de la région sont Karviná, Orlová, Bohumín (pour l'acier et les laminoirs) ; d'autres villes, plus modestes, dépendent entièrement de cette activité industrielle sur le plan économique.

    Monuments et patrimoine

    Culture

    Ostrava a accueilli plusieurs tournois d'échecs internationaux dans l'Entre-deux-guerres (1923, 1930, 1933), et plus récemment les championnats du monde d'athlétisme juniors le . À Ostrava même, on trouve quatre théâtres, six musées, un jardin zoologique. Dans son agglomération on peut trouver six musées dont le Musée de la mine (Hornické muzeum).

    Le campus de l’Université Technique d'Ostrava est depuis 1964 l’héritier de l'ancienne école des mines installée à Poruba depuis 1849.

    Depuis 2002, un festival musical, Colours of Ostrava y est organisé. Les concerts sont repartis sur plusieurs sites dans le centre-ville (9 scènes en 2008). C'est l'un des plus grands de République tchèque.

    Elle est connue pour sa vie nocturne, essentiellement concentrée dans la célèbre rue Stodolni.

    En , elle accueille les championnats européens de tennis de table.

    Personnalités

    Jumelages

    La ville d'Ostrava est jumelée avec[9] :

    Climat

    Relevé météorologique d'Ostrava
    Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
    Température minimale moyenne (°C) −5,6 −4,1 −0,8 3 7,3 10,6 11,9 11,6 8,7 4,7 0,9 −3,2 −5,6
    Température maximale moyenne (°C) 0,4 2,8 7,7 13,5 18,9 21,9 23,6 23,4 19,4 14 6,7 2 23,6
    Précipitations (mm) 26,7 30,2 34 52,4 91,2 104,4 91,1 91,8 58,8 42,3 44,6 34,3
    Nombre de jours avec précipitations 6,7 6,6 7 8,2 10,8 11,2 10,5 9,6 7,7 6,6 8,6 7,5 11,2
    Diagramme climatique
    JFMAMJJASOND
     
     
     
    0,4
    −5,6
    26,7
     
     
     
    2,8
    −4,1
    30,2
     
     
     
    7,7
    −0,8
    34
     
     
     
    13,5
    3
    52,4
     
     
     
    18,9
    7,3
    91,2
     
     
     
    21,9
    10,6
    104,4
     
     
     
    23,6
    11,9
    91,1
     
     
     
    23,4
    11,6
    91,8
     
     
     
    19,4
    8,7
    58,8
     
     
     
    14
    4,7
    42,3
     
     
     
    6,7
    0,9
    44,6
     
     
     
    2
    −3,2
    34,3
    Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

    Notes et références

    1. (cs) Population des communes de la République tchèque au 1er janvier 2019.
    2. Distances à vol d'oiseau ou distances orthodromiques.
    3. D'après geoportal.gov.cz.
    4. D'après Hana Šústková, Prager wirtschafts- und sozialhistorische Mitteilungen / Prague economic and social history papers., vol. 8, Institut für Wirtschafts- und Sozialgeschichte, Karlsuniversität, Philosophische Fakultät, , p. 185-193.
    5. Wilhelm Klein, Die postalischen Abstempelungen und andere Entwertungsarten auf den österreichischen Postwertzeichen-Ausgaben 1867, 1883 und 1890, Vienne, Briefmarken-Kolbe, 1967.
    6. Wilhelm Klein : bureau 3825.
    7. >Site web de la ville consacré à l'histoire d’Ostrava, consulté le 11 novembre 2011.
    8. « Ermittlungen in Ostrau eingestellt », Frankfurter Allgemeine Zeitung (dpa), 26 novembre 2010.
    9. Partnerská města

    Voir aussi

    Articles connexes

    Liens externes

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