Paix éternelle (Levitan)

Paix éternelle ou Au-dessus de la Paix éternelle ou Au-dessus du repos éternel (en russe Над вечным покоем) est un des tableaux les plus connus d'Isaac Levitan.

La Paix éternelle
Artiste
Date
Type
Huile sur toile
Dimensions (H × L)
150 × 206 cm
Collections
N° d’inventaire
1486
Localisation

Levitan commença à travailler à ce tableau durant l'été 1893 près du lac d'Oudomlia et de la ville de Vychni Volotchek, au nord de l'oblast de Tver. L'église représentée sur le tableau est celle d'une étude intitulée église en bois de Plios sous les derniers rayons du soleil. Une esquisse du tableau Paix éternelle, réalisée sur papier au crayon graphite, est également conservé à la Galerie Tretiakov sous le nom de Avant l'orage[1].

Dans une lettre à Pavel Tretiakov, datée du , le peintre écrit à propos de sa toile: « Je suis vraiment très heureux que mon travail vous soit à nouveau parvenu, je suis dans une sorte d'extase depuis hier. Et cela, en fait, est surprenant, puisque vous en avez assez de mes affaires, mais que cette dernière œuvre soit arrivée à vous, cela me touche tellement fort parce que suis tout en elle avec toute mon âme, tout ce que j'ai en moi…». Dans une autre lettre il écrit: « L'éternité, une éternité terrible, dans laquelle les générations se sont noyées et se noient encore … Quelle horreur, quelle peur!». C'est à cette éternité que le tableau de Levitan fait penser. Tretiakov lui acheta ce tableau et Levitan en fut très heureux[2].

Sujet

Levitan exprime dans cette œuvre, avec une intensité tragique, le rapports entre la nature toute-puissante et la faiblesse de l'homme. L'étendue redoutable du fleuve, le grand vent, l'immensité du ciel, la pauvre chapelle, les petites croix du cimetière touchent par leur faiblesse et leur abandon[3].

L'eau et le ciel éveillent la pensée de l'insignifiance et de la fugacité de la vie. Le vent secoue les arbres, pousse les nuages, entraîne le spectateur dans l'immensité du nord. La sombre majesté de la nature n'a comme contrepartie que la minuscule lumière à la fenêtre de l'église.

C'est un des tableaux russes les plus suggestifs du début du XXe siècle dans lequel Levitan évoque comme au travers d'une lentille grand angle le caractère infini et la sérénité mélancolique du paysage russe. La brillance et la lumière réfractée dans les eaux, la structure fortement horizontale en font un exemple du luminisme russe[4].

Références

  1. Galerie Tretiakov, catalogue des expositions, t. 4: Peinture de la seconde moitié du XIXe s., livre 1, А—М, Moscou, Красная площадь, , 528 p. (ISBN 5-900743-56-X)
  2. Baragamian p.30.
  3. Valentine Marcadé, Le Renouveau de l'art pictural russe, Lausanne, L'Âge d'homme, , p. 49-50
  4. John Ellis Bowlt, Moscou et Saint-Pétersbourg 1900-1920, Hazan, (ISBN 9782754103039), p. 205

Bibliographie

  • (ru)Baragamian, Isaac Levitan, Moscou, Direct-Media, (ISBN 978-5871071885)

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