Paris-Rouen (automobile)

Le Paris-Rouen est la première compétition automobile de l'histoire. L'épreuve finalise un concours de « Voitures sans chevaux » qui se déroula en France du 19 au .

Pour les articles homonymes, voir Paris-Rouen.
Concours de
voitures sans chevaux
Couverture du supplément illustré du quotidien
Le Petit Journal paru le 6 aout 1894.
On distingue le no 27, Peugeot 2 places
piloté par Louis Rigoulot.
Généralités
Sport Compétition automobile
Création
Organisateur(s) Le Petit Journal
Pierre Giffard
Lieu(x) De Paris à Rouen
France
Date
Participants 102 inscriptions
21 qualifiés
4 abandons
Distance 126 km

Palmarès
Vainqueur 1re prix ex æquo:
- Panhard & Levassor
- les Fils de Peugeot Frères
Deuxième De Dion, Bouton et Cie
Troisième Maurice Le Blant
Pierre Giffard
Auguste Doriot -qui a déjà accompli Paris-Brest-Paris en 1891 avec Rigoulot- troisième arrivé sur Peugeot 3hp (2e en partant de la droite).
La Panhard & Levassor no 15 d'Émile Levassor...
...et la no 13 d'Hippolyte Panhard.
Gratien Michaux (Peugeot phaeton 3hp).
Serpollet Steamer no 44 du lyonnais M. de Prandières (Léon Serpollet 3e en partant de la gauche).

Le concours est organisé par Pierre Giffard, journaliste pour Le Petit Journal, un quotidien parisien paru de 1863 à 1944.

On enregistre 102 inscriptions mais seulement 21 concurrents prennent part à l'épreuve finale, de Paris à Rouen sur 126 km.

Le concours débute le mercredi 18 juillet 1894 à Neuilly-sur-Seine, par une journée d'exposition des 26 véhicules engagés. Les trois jours suivants sont réservés à l'épreuve éliminatoire, sur 5 parcours de 50 km partant de Paris, 21 véhicules se qualifient pour l'épreuve finale.

Le concours se termine le dimanche 22 juillet 1894 par une promenade à l'allure réglementée de 12,5 km/h. Le départ de la Porte Maillot à Paris est donné dans l'ordre d'inscription et toutes les 30 secondes. Le parcours est ponctué de plusieurs arrêts obligatoires dont la pause déjeuner à Mantes-la-Jolie. Quatre véhicules n'arriveront pas à Rouen.

Le concours récompense les véhicules répondant à 3 critères : « sécurité », « commodité » et « bon marché relatif ». Le premier prix de 5 000 francs est partagé entre « Panhard & Levassor » et « les fils de Peugeot frères ».

Origine du concours

En 1887, le grand journaliste Pierre Giffard intègre le quotidien parisien : Le Petit Journal.

Il organise des défis sportifs très populaire, afin de faire « bouger » les gens.

Le premier concours, qui eut lieu le 6 septembre 1891, est la première édition du Paris-Brest à bicyclette.

Le deuxième concours qui se déroule le 5 juin 1892 est, le Paris-Belfort, une Course à pied.

Le troisième concours en 1893, devait être un défi de natation mais il est jugé trop dangereux et est annulé.

no 65 Peugeot, conduite par Albert Lemaître.
Dessin hommage au Paris-Rouen 1894 du Petit Journal, par Le Véloce Sport du 26 juillet 1894.

Organisation du concours

C'est le 19 décembre 1893 que Pierre Giffard alias « Jean sans Terre » organise un concours[1] de « voitures sans chevaux » d'un droit d'entrée de 10 francs, pour le vendredi 1er juin 1894, afin de pallier les contraintes du cheval, il est bien expliqué qu'il ne s'agit pas d'une « course folle roulant à toute vitesse » mais plutôt d'un « concours par élimination sur des itinéraires divers et par un jury dans chaque voiture » et qui a pour desiderata : sécurité, commodité et bon marché relatif.

Règlement

Le 20 décembre, on compte 4 inscriptions et 10 articles du règlement[2] sont présentés :

  1. Le concours sera international. Les voitures automotrices de tous les pays peuvent y prendre part.
  2. Tous les genres de propulseurs sont admis : vapeur, électricité, gaz, pétrole, etc.
  3. Les voitures seront jugées exclusivement par le personnel de la rédaction et de l'administration du Petit Journal, qui s'adjoindra, simplement à titre de consultation, le nombre d'ingénieurs qui lui sera nécessaire.
  4. Pour être admises au concours, les voitures devront contenir au moins 4 places.
  5. Il ne sera pas fait de catégories, ni pour le moteur employé, ni pour le nombre de places.
  6. Le premier prix du concours sera attribué, littéralement, à la voiture sans chevaux qui remplira cette condition : d'être, sans danger, aisément maniable pour les voyageurs et de ne pas coûter trop cher sur la route. En trois mots, c'est sur la sécurité, la commodité et sur le bon marché que portera le jugement des personnes déléguées à cet effet par Le Petit Journal.
  7. Quant à la distance à parcourir, elle sera la même, à quelque chose près, pour toutes les voitures, surtout à la première épreuve éliminatoire. Les expériences comparatives se feront pendant plusieurs jours, sur les routes de Paris à Mantes, Paris à Dreux, Paris à Beauvais, Paris à Gournay, etc. Chaque voiture, montée par l'inventeur ou son représentant, par deux membres du jury au moins et un ingénieur consultant, devra fournir, pour la première épreuve éliminatoire, un trajet de 50 kilomètres en 3 heures, et ce, pour bien indiquer qu'il ne s'agit pas là d'expériences de grande vitesse, l'allure de 16 / 17 km/h étant suffisante pour la promenade. Il ne sera tenu aucun compte d'une vitesse supérieure à celle demandée ci-dessus. Le trajet accompli dans le délai voulu, c'est-à-dire en 3 heures, les membres du jury constitué pour attribuer les prix décerneront à la voiture dans laquelle ils auront fait le voyage des points de classement, depuis 1 jusqu'à 10. Les voitures qui auront bénéficié des notes 8, 9 et 10 prendront seules part à la seconde épreuve. Il en sera de même pour la troisième si elle est jugée nécessaire.
  8. Si le nombre des machines engagées dans le concours est trop considérable, on les fera partir pour les épreuves éliminatoires sur plusieurs routes à la fois ; en tout cas les itinéraires seront tirés au sort quelques jours avant le 1er juin. L'épreuve finale se fera sur la route de Paris à Rouen, par Saint-Germain, Triel, Meulan, Mantes, Vernon, Gaillon et Pont-de-l'Arche, soit sur 126 kilomètres. Toutes les qualités des voitures seront alors considérées : vitesse, stabilité, économie, sécurité.
  9. Toutes les formes des voitures sont admises ; il ne sera tenu aucun compte des accessoires de luxe, c'est-à-dire que le modèle le plus rudimentaire et le moins coûteux à établir sera accepté ; pourvu qu'il marche, c'est tout ce que nous demandons ; le reste viendra tout seul.
  10. Les engagements seront reçus au petit journal à partir d'aujourd'hui même 20 décembre; Il suffira de me les adresser avec la désignation sommaire de la machine. J'ajoute qu'un droit d'entrée de 10 francs devra accompagner la demande d'inscription. Ce droit d'entrée sera versé à la caisse du secours immédiat du Petit Journal. Les forfaits ne seront point remboursés. Ainsi qu'on l'a déjà deviné, cette mesure est destinée à écarter les mauvais plaisants qui viendraient se faire passer... gratis pour des inventeurs accomplis.

Les prix en francs-or :

  • 1er 5 000 francs, prix du petit journal
  • 2e 2 000 francs, prix marinoni
  • 3e 1 500 francs, prix marinoni
  • 4e 1 000 francs, prix marinoni
  • 5e 500 francs, prix marinoni

Le 23 décembre, on compte 8 inscriptions de plus et les articles 4 et 7 du règlement sont modifiés

  • 4e Pour être admises au concours, les voitures devront contenir au moins 2 places. Toutefois les voitures à 2 et 3 places ne pourront bénéficier du premier prix de 5 000 francs, qui est exclusivement réservé aux voitures à 4 places et au-dessus. Elles ne pourront prétendre qu’au second prix (2 000 francs) ou à l'un des prix suivants, au besoin à l'un et à l'autre, en tout cas à deux prix en tout, sur les 5 annoncés.
  • 7e La vitesse demandée au concours sera réduite, pour les 50 kilomètres de l'épreuve éliminatoire, à 12 kilomètres 500 à l'heure, c'est-à-dire que les 50 kilomètres devrons être fournis en quatre heures au lieu de trois. C'est aussi sur le pied de 12 kilomètres 500 à l'heure que l'épreuve finale devra être courue.

Le 30 décembre, on compte 12 inscriptions de plus et 1 article additionnel aux conditions générales :

  • Le concours est exclusivement réservé aux inventeurs et constructeurs de voitures mécaniques. Sont considérés comme tels les possesseurs de voitures qui auront fait subir à ces voitures, non conduites par eux, des modifications assez importantes pour en faire un type distinct, à l’appréciation du jury.

Le 31 janvier 1894, on totalise 42 inscriptions.

Étapes des épreuves éliminatoires

Le 1er mars, présentation des 6 itinéraires pour l'épreuve éliminatoire[3], le départ des voitures se fait devant le restaurant Gillet à la porte Maillot.

Chaque jour, deux voitures suivront chaque itinéraire soit un total de 12 voitures par jour, l'épreuve finale sera disputée après toutes les épreuves éliminatoires.

Le concours est reporté au jeudi 7 juin 1894, en raison de l'absence du directeur du Petit Journal, M. Marinoni. Le 26 mars, on compte 5 inscriptions de plus.

Mise en place d'une exposition

Le 31 mars, à la suite de la demande des lecteurs, Le Petit Journal décide d'organiser une sorte d'exposition[4] de 24 à 48 heures, des voitures qui prendront part au concours.

Le 30 avril, on compte 55 inscriptions de plus et clôture des inscriptions pour le concours, 102 véhicules inscrits[5].

Le 5 mai, Le Petit Journal décide que l'exposition des voitures aura lieu après les épreuves, toutes les voitures devraient forcément être présentes.

Le tirage au sort des itinéraires éliminatoires et des ingénieurs conseils aura lieu le mardi 5 juin.

Référendum sur un ajournement

Le 10 mai, à la suite de la demande de plusieurs participants, Le Petit Journal décide d'organiser un référendum[6] pour les 88 propriétaires, « oui » ou « non » pour un ajournement de 6 semaines, du 19 au 22 juillet. La clôture du référendum est fixée au samedi 12 mai à 12 h et les résultats le dimanche 13 mai.

Le 13 mai, résultat du référendum[7] : 68 oui, 13 non, 7 abstentions.

Les dates définitives du concours sont du 19 au 22 juillet.

Déroulement des épreuves

Le 9 juin, le déroulement des épreuves est décrit. Chaque voiture emporte un examinateur, délégué par Le Petit Journal, qui sera assisté par un ingénieur consultant et qui devra, à son retour sur Paris, en train, attribuer une note sur 20. Les voitures qui auront moins de 16 seront éliminées. L'épreuve finale du 22 juillet, de Paris à Rouen, sera ponctuée par des arrêts obligatoires pour déjeuner et surtout pour permettre aux examinateurs de changer de voiture. Le résultat de l'épreuve finale sera rendu le lundi 23. Une plaque de 45 cm sur 35 cm avec le numéro d'inscription, placé sur les 4 côtés des voitures est imposé aux concurrents.

Le 7 juillet, l'épreuve éliminatoire, est présentée. Les voitures de 1 à 36 seront examinées le jeudi 19, de 37 à 72 le vendredi 20 et de 73 à 102 le samedi 21. La colonne de voitures de chaque itinéraire sera précédée d'une escouade d'une douzaine de cycliste pour prévenir de son arrivée. Chaque itinéraire est minutieusement détaillé et le départ se fera chaque matin à 8 h de la Porte Maillot.

Le 11 juillet, l'exposition gratuite des voitures aura finalement lieu avant les épreuves, le mercredi 18 de 14 h à 18 h au rond-point d'Inkermann à Neuilly.

Pointage

Le train Scotte no 10 (omnibus de M. J. Scotte, Epernay 51).

Le 16 juillet, Un pointage est effectué et recense 46 voitures en mesure de prendre part aux épreuves[8]. L'itinéraire no 3 de Paris à Magny-en-Vexin est supprimé et les épreuves éliminatoires sont concentrées sur 2 jours, le jeudi 19 et vendredi 20. Le samedi 21 sera réservé aux retardataires éventuels, petites réparations et au repos.

Le 17 juillet, l'arrivée de l'épreuve finale est fixée au Champ-de-Mars, près de l'église Saint-Paul de Rouen. La liste des 46 voitures partantes probables est diffusée. L'épreuve éliminatoire se déroulera le jeudi 19 pour les numéros allant jusqu'au 44, et le vendredi 20 pour les numéros du 45 au 101.

Déroulement du concours

Exposition

Mercredi 18 juillet 1894, les résultats du tirage au sort des itinéraires[9], effectué la veille par une jeune femme est publié.

Exposition[10] :

  • 11 h, les premières voitures et la foule arrivent sur le rond-point d'Inkermann à Neuilly.
  • 14 h, 2 000 curieux.
  • 16 h, 26 voitures et 4 000 curieux sont présents, dont le prince de Sagan, le maire de Neuilly, des ingénieurs, la presse spécialisée internationale, dessinateurs et photographes…

Épreuves éliminatoires

Le comte Jules-Albert de Dion, à l'arrière de sa voiture à boggie -genre Victoria- à Mantes.
  • Jeudi 19 juillet, M. Pitot, directeur du cirque de Rouen, offre d'abriter toutes les voitures à leur arrivée dimanche.
    • 7 h, rassemblement des concurrents et arrivée de la foule le long du boulevard Maillot.
    • 8 h 10, départ des concurrents, toutes les 30 secondes.
    • 8 h 20, tous les concurrents sont partis.

13 qualifiés sur les 17 partants[11].

  • Vendredi 20 juillet, 6 voitures, sur les 23 prévues, se présentent le long du boulevard Maillot, le nombre restreint de concurrents permet d'utiliser seulement 2 itinéraires,
    4 concurrents sur le no 2 Paris-Mantes et 2 concurrents sur le no 5 Paris-Corbeil.
    • 8 h, départ de la première voiture.

Les 6 voitures sont qualifiées[12].

Les 2 voitures sont qualifiées[13].

Épreuve finale

Le tricycle à vapeur chauffée au pétrole no 61 de Roger de Montais.

Dimanche [14]

  • Paris
    • 7 h 15, arrivée des premières voitures, qui se rangent dans l'ordre de leur numéro d'engagement à 5 mètres d’intervalle.
    • 7 h 50, 19 voitures sont rangées.
    • 8 h 1, départ de la voiture no 4, dans laquelle ont pris place en passager, le prince de Sagan, le capitaine de Place, « Jean sans Terre » et Franck Lamy, suivi des autres voitures avec 30" d'intervalle entre elles.
    • 8 h 10, départ de la dernière voiture, puis après qu'elle a parcouru quelques centaines de mètres, deux retardataires, no 19 et no 60, se présentent sur le boulevard Maillot et rattrapent leurs concurrents.
  • Nanterre
    • La no 44 casse une roue sur « l'ignoble route » nationale
  • Chatou, Pecq
  • Saint-Germain
    • Arrêt de 10 min pour permettre aux membres du jury de changer de voiture
  • Poissy, Triel, Vaux
  • Meulan
Gratien Michaux à Mantes-la-Jolie sur Peugeot Phaeton 3hp no 30, à 11 h 10 précise (no 30 au fond).
Émile Kraeutler, no 31, ici à Mantes (Peugeot break 3hp).
Louis Rigoulot sur Peugeot 3 hp no 27 (à Mantes).
no 64 Panhard & Levassor, conduite par Émile Mayade.
De Dion-Bouton no 4, conduite par Jules-Albert de Dion et arrivée à Rouen dès 17 h 40 (boggie à vapeur inéligible pour le prix principal).
  • Mantes
    • 11 h, la no 4 traverse le pont
    • 11 h 3, arrivée de la no 65 suivie par la no 15
    • 11 h 10, arrivée de la no 28, no 64, no 30, no 14 et no 10
    • 11 h 30, arrivée de la no 13, no 24, no 27, no 18, no 53, no 42
    • 12 h 0, arrivée de la no 60
    • 12 h 5, arrivée de la no 85
    • 12 h 15, arrivée de la no 19 (ou 31?)
    • 12 h 30, arrivée de la no 61
    • 12 h 44, arrivée de la no 7
    • 13 h 16, arrivée de la no 19 (ou 31?)
    • 13 h 30, départ de Mantes
  • Vernon
    • 14 h 25, arrivée de la no 4, partie dernière de Mantes
    • 14 h 26, arrivée de la no 28
    • 14 h 30, arrivée de la no 13 (ou 15?), no 64, no 31
    • 15 h 10, arrivée de la no 65, no 42, no 13 (ou 15?), no 53 (63 non présent), no 30, no 24, no 18, no 14, no 27, no 60, no 10
    • pas de nouvelle de la no 7, la no 19, la no 61 et la no 85
  • Gaillon
    • La no 10 abandonne en raison d'une avarie moteur
  • Rouen
    • 17 h 40, arrivée de la no 4 le comte Jules de Dion
    • 17 h 45, arrivée de la no 65 M. Albert Lemaître
    • 17 h 50, arrivée de la no 28 M. Auguste Doriot
    • 18 h 3, arrivée de la no 13 M. Hippolyte Panhard
    • 18 h 7, arrivée de la no 31 M. Émile Kraeutler
    • 18 h 24, arrivée de la no 42 M. A. Le Brun
    • 18 h 30, arrivée de la no 15 M. Émile Levassor
    • 18 h 49, arrivée de la no 64 M. Émile Mayade
    • 19 h 1, arrivée de la no 53 M. de Bourmont
    • 19 h 2, arrivée de la no 30 M. Gratien Michaux
    • 19 h 3, arrivée de la no 24 M. Alfred Vacheron
    • 19 h 5, arrivée de la no 27 M. Louis Rigoulot
    • 19 h 10, arrivée de la no 14 M. Dubois
    • 20 h 9, arrivée de la no 85 M. Émile Roger
    • 20 h 50, arrivée de la no 60 M. Maurice Le Blant
    • 21 h 37, arrivée de la no 7 M. Pierre Gautier
    • 22 h 10, arrivée de la no 18 M. Ernest Archdeacon

Résultat du concours

Lundi 23 juillet[15]

25 personnels du Petit Journal se réunissent de 11 h à 11 h 30 et attribuent les prix à la quasi unanimité.

  • 1er prix de 5 000 francs, est partagé entre « Panhard et Levassor » et « Les fils de Peugeot frères »
  • 2e prix de 2 000 francs, est attribué à « De Dion, Bouton et Cie »
  • 3e prix de 1 500 francs, est attribué à « Maurice Le Blant » (no 60)
  • 4e prix de 1 000 francs, est partagé entre « M. Vacheron » (no 24) et « M. Le Brun » (no 42)
  • 5e prix de 500 francs, est attribué à « M. Roger » (no 85)
  • Le prix d'encouragement, de 500 francs, est attribué à « M. J. Scotte » (no 10)
  • La mention honorable, avec médaille Vermeil, est attribué à « M. Roger de Montais » (no 61)

Tableau des concurrents

Inscriptions
Propriétaire Pilote Voiture Nb de place Motorisation
1 M. Rousselet, Paris4la pesanteur
2 M. Édouard Pellorce, Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)4pétrole
3 MM. De Dion, Bouton et Cie, Puteaux (Hauts-de-Seine)Break6vapeur
4 MM. De Dion, Bouton et Cie, Puteaux (Hauts-de-Seine)Comte Jules de DionVoiture à boggie, genre victoria4vapeur
5 M. Albert Lemaître, Paris4vapeur
6 M. Roussat, Paris4hydraulique
7 M. P. Gautier, ParisPierre Gautier4pétrole
8 M. Hidien, Châteauroux (Indre)4vapeur
9 M. Victor Popp, Paristype landau4air comprimé
10 M. J. Scotte, Epernay (Marne)J. Scotte8 / 10vapeur
11 M. Th. Klaus, Lyon (Rhône)type landau4pétrole
12 M. Tenting, Paris4pétrole
13 MM. Panhard et Levassor, ParisHippolyte Panhardtype courant4pétrole
14 MM. Panhard et Levassor, ParisDuboisnouveau type4pétrole
15 MM. Panhard et Levassor, ParisÉmile Levassor2pétrole
16 M. Quantin, Roubaix (Nord)6pétrole
17 MM. Rodier, Roche et Sabatier, Bagnols-sur-Cèze (Gard)pétrole ou gaz (à volonté)
18 M. Ernest Archdéacon, ParisErnest Archdeacon6 / 7vapeur
19 M. Maurice Le Blant, ParisÉtienne le Blant / Chastel et David8/10vapeur Serpollet
20 M. G.Péraire, Chateau-Thierry (Aisne)vapeur, air comprimé ou gaz
21 M. Alexandre Létar, Parisgenre dog-cart4vapeur
22 M. Gaillardet, Petit-Gennevillier (Hauts-de-Seine)4vapeur
23 M. Varennes, Paris3vapeur
24 M. Alfred Vacheron, Monthermé (Ardennes)(avec le premier volant ?)2gazoline
25 M. Coquatrix, Paris4vapeur
26 M. Leval, Paris4le poids des voyageurs (dite baricycle)
27 MM. les fils de Peugeot frères, Valentigney (Doubs)Louis Rigoulot2gazoline
28 MM. les fils de Peugeot frères, Valentigney (Doubs)Auguste Doriotvis-à-vis4gazoline
29 MM. les fils de Peugeot frères, Valentigney (Doubs)victoria4gazoline
30 MM. les fils de Peugeot frères, Valentigney (Doubs)Gratien Michauxfiacre découvert, phaeton 3 hp3gazoline
31 MM. les fils de Peugeot frères, Valentigney (Doubs)Émile Kraeutlerbreak 3 hp5gazoline
32 M. L. Darras, Bruay-en-Artois (Pas-de-Calais)tricycle locomobilevapeur
33 M. P. Geoffroy, Clichy (Hauts-de-Seine)Tilbury2vapeur
34 M. P. Geoffroy, Clichy (Hauts-de-Seine)break4électrique
35 M. P. Geoffroy, Clichy (Hauts-de-Seine)break4air comprimé
36 M. Jules Gillot, Maubeuge (Nord)4essence de pétrole
37 M. Albert Loubière, La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne)6système multiple de leviers
38 M. A. Duchemain, Paris4le poids des voyageurs
39 M. Ponsot, Paris4essence minérale
40 M. Louis Lemoigne, Fougeres (Ille-et-Vilaine)4le poids des voyageurs
41 M. Bargigli, Paris4pétrole
42 M. A. Le Brun, Rouen (Seine-Maritime)A. Le Brun4pétrole
43 M. Spanoghe, Anvers (Belgique)6vapeur
44 M. de Prandières, Lyon (Rhône)De Prandiéres6vapeur (système Serpollet) et pétrole
45 M. Corniquet, Paris6/8automatique
46 M. F. Marin-Cudraz, Paris2vapeur
47 M. César Barthélemy, Yèbles (Seine-et-Marne)3système de balanciers
48 M. Leblanc, Ay (Marne)6vapeur
49 M. J.-M. Valentin, Bruyères-et-Montbérault (Aisne)3système de leviers
50 M. Werstein, Paris3système de pédales
51 M. Lepape, Paris4pétrole
52 Société Parisienne de constructions vélocipédiques, Paris4air comprimé à charge constante
53 M. de Bourmont, Arcachon (Gironde)4pétrole
54 M. Elie Froger, Feneu (Maine-et-Loire)4pétrole
55 MM. de Dion et Bouton, Puteaux (Hauts-de-Seine)4pétrole
56 M. Martial Lebrun, Bettaincourt (Haute-Marne)4automatique
57 M. N. Saunier, Paris4pétrole
58 MM. Barbier et Marcillet, Paris3vapeur
59 M. Bézama, Colombes (Hauts-de-Seine)4vapeur
60 M. Maurice Le Blant, ParisMaurice Le Blantbreak9vapeur
61 M. Roger de Montais, Beauvoir (Eure-et-Loir)Roger de Montaistricycle2vapeur chauffée au pétrole
62 M. Mallarmé, Gentilly (Val-de-Marne)5vapeur
63 MM. Ambroise Lacombe et Tissandier, Agen (Lot-et-Garonne)tricycle dog-cart4pétrole
64 MM. Panhard et Levassor, ParisÉmile Mayade4pétrole
65 MM. les fils de Peugeot frères, Valentigney (Doubs)Albert Lemaîtrephaeton 3 hp, type 18944gazoline
66 MM. L. Museur et E. Cordonnier, Masnières (Nord)4vapeur
67 M. Lebesgue, Paris4pétrole
68 MM. E. Garnier et G. Delannoy, Beauvois (Nord)4moteur animé et moteur mécanique
69 MM. Devignes de Malapert et Barrière, Paris4liquides combinés
70 M. Fays-Poisson, Gigny (Yonne)6système de balanciers
71 M. Th. Klaus, Lyon (Rhône)tricycle2pétrole
72 M. Tamarelle-Capeyron, Bergerac (Dordogne)5vapeur
73 M. Prétot, Parisomnibus4pétrole
74 M. Raoul Meyer, Chevanceaux (Charente-Maritime)2 / 4vapeurs combinées
75 M. Charles Dessaux, Paristricycle2 / 4système de leviers
76 M. George Tirant, Baissey (Haute-Marne)vapeur
77 M. Reverseau, Paris4 / 6automatique
78 M. Berthaud, Lyon (Rhône)break8eau comprimée
79 M. A. Baudet, Parisphaeton-wagonette2 / 6vapeur
80 M. Quentin, Boulogne/Seine (Hauts-de-Seine)6vapeur
81 M. Bécherel, Paristricycle2vapeur
82 M. Monges, Parisphaeton4électrique
83 M. Suodais, Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne)6semi électrique
84 M. Plantard, Paris4air comprimé
85 M. RogerÉmile Roger2/4pétrole
86 M. Garrard (en), Birmingham (Angleterre)electro-pneumatique
87 MM. Landry et G. Beyroux, Paris4pétrole
88 M. Jeantaud, Paris5pétrole
89 M. Demont, Paris4vapeur
90 M. Mansart, Beauvais (Oise)4le poids des voyageurs
91 M. le comte Carli, castelnuovo di Garfagnana (Italie)2électrique
92 M. de Farcy, Angers (Maine-et-Loire)2pétrole (système Piau)
93 M. Gautry, Orléans (Loiret)2gaz et pesanteur
94 M. P. Morrelleras, Angoulême (Charente)4système de leviers
95 M. Roze-Andrillon, Marseille (Bouches-du-Rhône)4air comprimé
96 M. Canis, Meulan (Yvelines)4propulsion constante
97 M. Deutsch, (Allemagne)2pétrole
98 M. Deutsch, (Allemagne)4pétrole
99 M. L. Bonnefils, Valence-d'Agen (Tarn-et-Garonne)2pétrole
100 M. Bellanger, Le Mans (Sarthe)4fournissant elle-même son moteur
101 M. Jean Mary, Paris4gaz sous fortes pressions
102 M. Barriquand, Paris4hydraulique

Tableau récapitulatif

Résultats
Référendum Pointage du 16 juillet Tirage au sort de l'itinéraire Epreuve éliminatoire Épreuve finale (h. d'arrivé) Récompense
1Oui~jeudi 19~~~~
2Oui~~~~~
3OuiPrésent1||}- Bielle cassée avant Flins||~||~
4OuiPrésent5Qualifié17h402e
5Oui~~~~~
6Oui~~~~~
7NonPrésent4Qualifié21h37~
8Oui~~~~~
9Oui~~~~~
10NonPrésent2QualifiéAbd. avarie moteurEncouragemt
11Oui~~~~~
12OuiPrésent6||}- Obligée de s'arrêter à Taverny||~||~
13NonPrésent1Qualifié18h031er ex aequo
14NonPrésent6Qualifié19h101er ex aequo
15NonPrésent2Qualifié18h301er ex aequo
16NonPrésent5~~~
17Oui~~~~~
18OuiPrésent4Qualifié22h10~
19NonPrésent4QualifiéAbd.~
20Oui~~~~~
21OuiPrésent1||}- Avarie avenue de la Défense||~||~
22Oui~~~~~
23Oui~~~~~
24OuiPrésent6Qualifié le samedi19h034e ex aequo
25OuiPrésent2~~~
26Oui~~~~~
27NonPrésent5Qualifié19h051er ex aequo
28NonPrésent2Qualifié17h501er ex aequo
29NonPrésent5~~~
30NonPrésent1Qualifié19h021er ex aequo
31NonPrésent6Qualifié18h071er ex aequo
32Non~~~~~
33NC~~~~~
34NC~~~~~
35NC~~~~~
36Oui~~~~~
37OuiPrésent4~~~
38Oui~~~~~
39NC~~~~~
40OuiPrésent5~~~
41Oui~~~~~
42NonPrésent4Qualifié18h244e ex aequo
43NC||}- Mort en mai||~||~||~||~
44OuiPrésent2Qualifié le vendrediAbd. casse une roue~
45Oui~ vendredi 20~~~~
46Oui~~~~~
47NC~~~~~
48NC~~~~~
49Oui~~~~~
50Non~~~~~
51NonPrésent1~~~
52OuiPrésent6~~~
53NonPrésent6Qualifié le samedi19h01~
54Oui~~~~~
55Oui~~~~~
56Oui~~~~~
57Oui~~~~~
58Oui~~~~~
59Oui~~~~~
60NonPrésent2Qualifié20h503e
61NonPrésent5QualifiéAbd.Honorable
62OuiPrésent4~~~
63Oui~~~~~
64NonPrésent1Qualifié sur le No 218h491er ex aequo
65NonPrésent6Qualifié sur le No 217h451er ex aequo
66Oui~~~~~
67OuiPrésent5~~~
68OuiPrésent4~~~
69Oui~~~~~
70Oui~~~~~
71OuiPrésent2~~~
72OuiPrésent1~~~
73Oui~~~~~
74OuiPrésent2~~~
75NCPrésent6~~~
76Oui~~~~~
77OuiPrésent5~~~
78Oui~~~~~
79OuiPrésent1~~~
80Oui~~~~~
81Oui~~~~~
82Oui~~~~~
83Oui~~~~~
84OuiPrésent4~~~
85NonPrésent5Qualifié20h095e
86Oui||}- Nouveau propriétaire||~||~||~||~
87Oui~~~~~
88OuiPrésent1~~~
89Oui~~~~~
90Oui~~~~~
91OuiPrésent4||}- Voiture retenue à la douane||~||~
92Oui~~~~~
93Oui~~~~~
94Oui~~~~~
95Oui~~~~~
96Oui~~~~~
97NC~~~~~
98NC~~~~~
99OuiPrésent2~~~
100OuiPrésent4~~~
101OuiPrésent6~~~
102Oui~~~~~

Anecdote et Citation

Un concurrent sur la route de Triel à Meulan.
Émile Roger, no 85, arrivé quatorzième sur 2/4 à pétrole (ici à Mantes).

Dans la série d'animation « Il était une fois... l'Homme », le 24e épisode (Ah ! La belle époque), présente une fiction rapide du concours[16].

Dans les quotidiens :

« Tous ceux qui ont pris part au voyage d'aujourd'hui en conserveront un inoubliable souvenir. Comment oublier, en effet, cette haie ininterrompu sur un parcours de plus de 100 km; ces habitants des petites communes se portant au devant des voitures automobiles et les saluant de chaleureux applaudissements. »

 Roland, Le Petit Journal, 23 juillet 1894

« Les deux concurrents[17] emploient comme agent de propulsion l'essence de pétrole ou gazoline, que le moteur Daimler, inventé par un savant mécanicien du Wurtemberg, M. Daimler, -lequel était hier à Rouen pour assister au triomphe de son œuvre, -a rendue pratiquement maniable. »

 Jean-sans-Terre, Le Petit Journal, 24 juillet 1894

« Ma voiture électrique a parfaitement roulé depuis le 15 juin, notamment devant les membres de « The Birmingham association of Engineers », dans les rues les plus fréquentées à Birmingham. Ceux qui désireraient d'ailleurs des renseignement peuvent s'informer auprès de son acquéreur, M. Alfred Fairley, Shadwell street, Birmingham, qui n'a malheureusement pas consenti à l'envoyer à Paris pour votre magnifique concours, et je n'ai pas eu le temps d'en construire une autre. »

 C. R. Garrard, Le Petit Journal, 24 juillet 1894

« C'est la voiture à boggie du comte De Dion qui, courant sous le n°4, est arrivée première et belle première, avec une avance considérable. Ceci démontre la supériorité du moteur à vapeur sur le moteur à essence de pétrole, à condition toutefois que ce moteur soit bien compris et facile à conduire. De plus, l'entrainement des roues se fait par un arbre à Cardan, sans chaine Galle, chose capitale, toute chaine étant destinée à périr à bref délai. »

 Paul Meyan, Le Figaro, 23 juillet 1894

Annexes

Références

La Peugeot Type 5 no 27 de nos jours (celle-là même de Louis Rigoulot lors de la course Paris-Rouen).
Peugeot fiacre découvert du Paris-Rouen 1894, au défilé Historique du Touring Club de France de 1919 organisé dans le bois de Marly.

Articles connexes

Liens externes

Le breack à neuf places n°60 de Maurice Le Blant.

Gallica :

Cnum :

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