Paronymie

La paronymie est un rapport lexical entre deux mots dont le sens diffère mais dont la graphie ou la prononciation sont très proches, de sorte qu'ils peuvent être confondus à la lecture ou à l'audition. Il s'agit donc d'une homophonie proche ; on pourrait dire également qu'il s'agit d'une homonymie approximative.

Exemples de paronymes

Le mot paronyme a son propre paronyme : patronyme.

Certains toponymes peuvent présenter une paronymie :

Certains paronymes sont perçus comme homophones dans diverses régions de la francophonie. Exemples :

Paronomase

En rhétorique, la figure de style qui consiste à rapprocher des paronymes au sein du même énoncé est la paronomase (anciennement paronomasie[1]). Du fait de son pouvoir fortement « accrocheur », elle est très souvent utilisée dans des énoncés qui ont vocation à être courts tout en étant efficaces : les proverbes, les aphorismes, les maximes, les publicités, les titres, les textes de rap, etc.

Exemples de paronomases

  • « Qui se ressemble s'assemble ».
  • « Comparaison n'est pas raison ».
  • « Qui vole un œuf vole un bœuf ».
  • « Habile, Bill. » (OSS 117).
  • « Traduttore, traditore » (en italien : « Traducteur, traître » - repris en français sous la forme : « Traduire, c'est trahir » ou encore « La traduction est une trahison » et générant l'autre critique « cette traduction est paradoxale » ; par exemple pour un jeu de mot en langue écrite d'origine devant éclairer le lecteur par rebondissement et qui n'a aucun sens traduit mot à mot pour l'intrigue et donc n'est pas traduit).
  • « Ad augusta per angusta » (en latin : à de grands résultats par des voies étroites).
  • « Veni, vidi, vici » (en latin : « je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu », expression attribuée à Jules César).
  • « Phoenix felix » (en latin, prononcé fenix felix : heureux le phénix !, inscription de Pompéi).
  • « Et l'on peut me réduire à vivre sans bonheur,/ Mais non pas me résoudre à vivre sans honneur. » (Corneille, Le Cid).
  • « Les conflits prolifèrent dans les zones pétrolifères » (Fonky Family, La Guerre).
  • « Comme la vie est lente ; et comme l'espérance est violente » (Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913, « Le Pont Mirabeau »).
  • « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme » (François Rabelais, Pantagruel, 1532).
  • « Je m'instruis mieux par la fuite que par la suite. » (Michel de Montaigne, Essais, Livre III, 1580).
  • « Qui s’excuse s’accuse » (Stendhal, Le Rouge et le Noir, 1830).
  • « Aucun recours. Aucun secours de personne. » (Nathalie Sarraute, Le Planétarium, 1959).
  • « De Gaulle comme une invocation, de Gaulle comme une provocation, de Gaulle comme une vocation » (discours prononcé par François Hollande le au Panthéon lors de la cérémonie d'hommage à Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay)[2].
  • « Beaucoup d'ambition et peu de conviction » (interview d'Éric Ciotti le , concernant les élus LR désireux de travailler dans le gouvernement Édouard Philippe[3]).
  • La chanson de Boby Lapointe « Le tube de toilette » est entièrement construite sur une suite de paronomases[4].

Paronomase implicite

Il existe un type particulier de paronomase, dans lequel le rapprochement n'est qu'implicite, car seul l'un des deux paronymes est cité. En fait, celui qui est cité prend la place de l'autre, dans une phrase où c'est l'autre que l'on attend.

Par exemple dans « pour respirer un peu d’air vrai » (de Gilbert Cesbron), ce n'est pas vrai qu'on attend, mais frais, bien qu'il ne soit pas cité.

« À qui qu'ce soit que je m'agresse » (et non m'adresse), dans la chanson Où C'est Que J'ai Mis Mon Flingue ? de Renaud.

« Lui parler de la pluie, lui parler du gros temps » (et non du beau temps), dans la chanson L'Orage de Georges Brassens.

La série d'albums « Prince de Motordu » de Pef, aux Éditions Gallimard est fondée sur le remplacement de certains mots par leur paronyme.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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