Parti communiste de Cuba

Le Parti communiste de Cuba (en espagnol Partido comunista de Cuba, abrégé en PCC) est un parti politique communiste cubain formellement fondé en 1965 et depuis le parti unique. D'obédience « martiste et marxiste-léniniste », il dirige le pays depuis sa création. Fidel Castro en est le premier secrétaire de sa fondation au 19 avril 2011[5]. Il est alors remplacé par son frère Raúl Castro, qui dirige déjà le pays de 2008 à 2018. Il est membre de la COPPPAL.

Pour les articles homonymes, voir PCC et Parti communiste.

Parti communiste de Cuba
(es) Partido Comunista de Cuba

Logotype officiel.
Présentation
Premier secrétaire Raúl Castro
Fondation
Siège La Havane, Cuba
Second secrétaire José Ramón Machado Ventura
Fondateur Fidel Castro
Organe officiel Granma
Organisation de jeunesse Union des jeunes communistes
Organisation des pionniers José Martí (en)
Slogan « ¡Hasta la victoria siempre! »
Positionnement Gauche[1] à extrême gauche[2]
Idéologie Communisme
Marxisme-léninisme
Anticapitalisme
Nationalisme de gauche
Castrisme (en)
Socialisme du XXIe siècle
Socialisme révolutionnaire (en)
Guévarisme
Affiliation régionale COPPPAL
Forum de São Paulo
Affiliation internationale Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers
Séminaire communiste international (inactif)
Adhérents 670 000 (2016)[3]
Couleurs Rouge et bleu
Site web www.pcc.cu
Représentation
Assemblée nationale du pouvoir populaire[4]
605 / 605

La Constitution de Cuba précise que « le Parti communiste de Cuba, martiste et marxiste-léniniste, avant-garde organisée de la nation cubaine, est la force dirigeante supérieure de la société et de l'État, qui organise et oriente les efforts communs vers les hautes fins de la construction du socialisme et la marche en avant vers la société communiste »[6].

Historique

Le premier Parti communiste de Cuba est formé en 1920 et était membre de l'Internationale communiste. Sa politique était dictée par Moscou[7]. Fabio Grobart est considéré comme un des fondateurs du Parti[8],[9].

Lors du soutien du parti communiste cubain au président Fulgencio Batista, élu en 1940, les communistes Juan Marinello puis Carlos Rafael Rodríguez participent au gouvernement mais sans portefeuille attribué[10],[11]. En 1944, le Parti communiste cubain change de nom et devient le Parti socialiste populaire (PSP)[12].

Le PSP a dans un premier temps condamné la guérilla, la jugeant « aventureuse », et ne participe à la lutte armée qu'à partir de la fin de l'année 1957[13].

En juillet 1961, deux ans après la révolution cubaine, l'Organisation révolutionnaire intégrée (ORI) est créée à la suite de la fusion du Mouvement du 26 Juillet de Fidel Castro, du Parti socialiste populaire et du Directoire Révolutionnaire 13 mars. Le 26 mars 1962, l'ORI devient le Parti unifié de la révolution socialiste cubaine (PURSC), qui devient enfin, le 3 octobre 1965, le Parti communiste de Cuba (PCC). Il reste le seul parti politique légal à Cuba, mais n'a toutefois pas le droit de présenter lui-même des candidats aux élections : les candidats aux élections sont autorisés à se présenter par une commission, la plupart étant des membres du PCC ou des « compagnons de route » (voir Politique à Cuba).

Pendant les dix premières années de son existence, le parti communiste est inactif à l'extérieur de son bureau politique. La centaine de personnes du comité central se rassemble rarement et ce n'est que dix ans après sa fondation, en décembre 1975, que le parti tient son premier congrès. Fidel Castro y fait un long rapport, qui marque une volonté d'institutionnaliser la révolution dans la prolongation du mouvement de libération nationale de José Martí. Pendant et après le congrès, le projet de Constitution est débattu au sein du Parti et des organisations de masse. Selon le dirigeant cubain, près de 6 millions de personnes auraient participé à cette discussion[14]. La version finale de la Constitution est adoptée par référendum le 24 février 1976, avec 97,7 % de votes positifs.

Le deuxième congrès a lieu en 1980. À l'occasion du troisième en 1986, Fidel Castro lance le processus de « rectification des tendances négatives ». Le but affiché par le gouvernement est de lutter contre les dysfonctionnements de la société, d'impulser une « révolution dans la révolution », et de donner un souffle nouveau à celle-ci.

En 1969, les membres du parti représentent 0,6 % de la population. Dans les années 1970, le parti commence à se développer. Depuis son premier congrès, en 1975, le parti a atteint les 200 000 membres, et le bureau politique se réunit régulièrement. En 1980, le parti atteint 430 000 membres, puis 520000 en 1985. Selon le professeur Pierre Vayssière, qui estime qu'autour de 10 % des Cubains possèdent une carte du Parti communiste, ce pourcentage varie selon le contexte économique de l'époque, augmentant en temps de crise, diminuant en temps de reprise[15].

En 2013, le comité central du Parti communiste cubain compte 115 membres, dont 49 femmes[16].

Structure

Le Parti communiste de Cuba tient son premier congrès en 1975, et les suivants en 1980, 1986, 1991, 1997, 2011 et 2016. Les organes majeurs du parti sont le bureau politique et le secrétariat jusqu'à la fusion des deux en 1991 en un bureau politique de plus de vingt membres. Il y a aussi un comité central qui se rassemble entre les congrès. Au cinquième congrès du parti, le nombre de membres du comité central est réduit à 150 par rapport à 225 initialement.

Raúl Castro est le premier secrétaire du parti.

Le parti a 780 000 membres lors du congrès du Parti en 1997 et est composé de 32,1 % d'ouvriers, 13,8 % de techniciens, 8,2 % de professeurs et 7,5 % d'employés du secteur tertiaire.

Le parti comporte aussi une organisation de jeunesse appelée Union des jeunes communistes (UJC).

Lors de son IVe congrès en 1991, le parti a décidé d'admettre les catholiques[15].

Idéologie

Le Parti communiste de Cuba se réclame des traditions de José Martí et du marxisme-léninisme, et suit le modèle soviétique. Le Parti communiste de Cuba est classé à l'extrême gauche par Le Monde diplomatique[2].

Analyses

Pour l'universitaire Samuel Farber le Parti communiste cubain n’est pas un parti car cela nécessiterait l’existence d’autres partis politiques. Mais c'est la structure qui « monopolise la vie politique, sociale et économique de la société cubaine »[17]. Yves Roucaute considère que le parti communiste de Cuba n’a plus de communiste que le nom. Il reste seulement une bureaucratie et une administration d’État, nationaliste et corrompue qui tentent de se maintenir au pouvoir en libéralisant l'économie de l'ile, tout en se réclament toujours de José Martí et du marxisme-léninisme[18].

Publication

  • Granma est l'organe de presse du PCC
  • Juventud Rebelde (en) est lui l'organe de presse des Jeunesses communistes cubaines.

Organisations proches

Diverses organisations cubaines sont proches du Parti communiste :

  • Organisation des Pionniers José Martí (Organización de Pioneros José Martí - OPJM), fondée en 1977.
  • Fédération Estudiantine de l'Enseignement Moyen (Federación Estudiantil de la Enseñanza Media - FEEM), fondée en 1970.
  • Fédération Estudiantine Universitaire (Federación Estudiantil Universitaria - FEU), fondée en 1922.
  • Centrale des travailleurs de Cuba (Central de Trabajadores de Cuba - CTC), fondée en 1939.
  • Fédération des Femmes cubaine (Federación de Mujeres Cubanas - FMC), fondée le .
  • Association Nationale des Petits Agriculteurs (Asociación Nacional de Agricultores Pequeños - ANAP), fondée en 1961.
  • Comités de défense de la révolution (Comités de Defensa de la Revolución - CDR), fondés en 1960.
  • Union des jeunes communistes (Unión de Jóvenes Comunistas - UJC), fondée en 1962.

Notes et références

  1. (es) Víctor Jeifets y Lazar Jeifets, « El encuentro de la izquierda cubana con la Revolución Rusa: el Partido Comunista y la Comintern », sur sinpermiso.info, (consulté le 9 janvier 2017)
  2. Parti communiste de Cuba (extrême gauche) (créé en 1965, seul parti légal)
  3. (es) « 7th PCC Congress Central Report, presented by First Secretary Raúl Castro Ruz », sur en.cubadebate.cu, (consulté le 21 septembre 2017)
  4. (en) « IPU PARLINE database: CUBA (Asamblea nacional del Poder popular), Last elections », sur ipu.org, Inter-Parliamentary Union, (consulté le 20 mars 2015)
  5. « Raul Castro succède à Fidelà la tête du PC cubain », sur Le Figaro.fr, (consulté le 31 janvier 2020)
  6. « Cuba, Constitution 2003 », sur mjp.univ-perp.fr (consulté le 31 janvier 2020)
  7. Guy Konopnicki Mort de Fidel Castro : sous le romantisme révolutionnaire, la dictature et la misère Marianne, 26 novembre 2016
  8. Fabio Grobart, Veteran Cuban Communist The New York Times, 24 octobre 1994
  9. Fabio Grobart, uno de aquellos fundadores Granma : « El 16 de agosto de 1925 participó en la fundación del primer Partido Comunista de Cuba (PC), en cuyos documentos aparecía con el seudónimo de Yunger Semjovich, aunque luego utilizó los de Otto Modley, Aaron, Fabio… »
  10. Carlos Rodriguez, Castro Ally And Leftist Leader, Dies at 84 New York Times, 13 décembre 1997
  11. Rigoulot 2007
  12. Vayssière Compte rendu de lecture de Cuba sous le régime de la Constitution de 1940
  13. Pierre Kalfon, Che, Points,
  14. Bilan de la Révolution cubaine, Fidel Castro, publié dans Granma International
  15. Pierre Vayssière, Fidel Castro, L'éternel révolté, Paris, Payot et Rivages, , 668 p., p. 305-322
  16. (pt-BR) « 25 verdades para Yoani Sánchez sobre el papel de la mujer en Cuba », sur Opera Mundi
  17. Cuba : où va l'État de parti unique ? Contretemps, 8 décembre 2016
  18. Yves Roucaute Cuba et la défense des libertés Paru Valeurs actuelles, 18 septembre 2017

Voir aussi

Bibliographie

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Articles connexes

Liens externes

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