Patrick de Carolis

Patrick de Carolis est un journaliste, écrivain et animateur de télévision français, né le à Arles (Bouches-du-Rhône). Il a été du au président-directeur général de France Télévisions. Il fut également impliqué dans le lancement puis la présidence de la chaîne française d'information internationale France 24.

Pour les articles homonymes, voir De Carolis.

Membre de l'Académie des beaux-arts, dont il est le président pour 2018[1], il est élu par ses pairs à la direction du musée Marmottan Monet le [2].

Il est candidat divers centre aux élections municipales de 2020 à Arles, où il arrive en tête avec 26% devant une liste communiste, soutenue par le maire sortant[3].

Biographie

Patrick de Carolis au salon du livre de Paris en 2012

Famille

Issu d'une famille qui trouve ses racines d'une part en Italie, d'où son arrière-grand-père émigre en 1900 pour se fixer en région lyonnaise, et, d'autre part, en Provence, où son père, Dominique, mobilisé en 1943, et sa mère, Lucette Mounier, se rencontrent. Il est le dernier né d'une fratrie de trois enfants (Alain, Nadine, Patrick).

Il passe ses premières années à Arles, ville à laquelle il est très attaché. Sa mère, membre d'une vieille lignée provençale, a longtemps porté le costume traditionnel des Arlésiennes et a même été élue reine des provinces françaises en 1947. Ses parents s'installent à Montpellier dans les années 1960, il y poursuit ses études secondaires.

Marié depuis 1984 à Carol-Anne Hartpence, il est père de quatre enfants : Florent, Grégoire, Louis et Joséphine.

Formation et carrière

Très jeune, il prend des cours d'art dramatique et de danse ; il commence d'ailleurs par ambitionner une carrière de danseur classique mais, voulant étudier le journalisme, il ne poursuivra pas[4].

Après des études de journalisme à l'ESJ Paris dont il est diplômé en 1974, il fait ses débuts à FR3 Champagne-Ardenne en 1974. Il travaille à TF1 de 1975 à 1983, pour Antenne 2 de 1984 à 1985, puis vient en 1987 sur La Cinq à l'appel de Robert Hersant comme directeur des magazines et documentaires où il crée et présente Reporters et Nomades, et l'émission de télé-achat Télé Chouchou.

En 1990, il crée l'émission érotique Désir[5]. À la mort de cette chaîne en 1992, il arrive sur M6, où il crée et présente le magazine d'information dominical Zone interdite, avant de devenir le directeur de l'information de cette chaîne.

On le retrouve ensuite sur France 3 en septembre 1997 comme directeur des documentaires et magazines. C'est là qu'il lance le programme bimensuel de reportage culturel Des racines et des ailes, dont il assure les fonctions de rédacteur en chef, coproducteur et présentateur jusqu'en .

Tout en continuant ses activités de producteur-présentateur, il est nommé, en 1999, directeur de la stratégie éditoriale, adjoint de Jean Réveillon (à l'époque directeur général de l'antenne de France 3).

Il quitte ensuite France Télévisions pour le privé afin d'assurer les fonctions de directeur général du Figaro Magazine d'octobre 2001 à novembre 2004.

Président de France Télévisions

Le , il est élu, pour cinq ans, président de France Télévisions par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Il succède ainsi à Marc Tessier à la tête du consortium de la télévision publique française (France 2, France 3, France 4, France 5 et RFO). Son élection est acquise contre l'avis du gouvernement, le Premier ministre, Dominique de Villepin ayant ostensiblement apporté son soutien à Marc Tessier[6]. Le rôle joué par France 2 dans l'affaire Alègre aurait joué en défaveur d'un renouvellement de Marc Tessier.[réf. nécessaire] Patrick de Carolis est élu par le CSA au premier tour par 5 voix contre 3 pour Marc Tessier et 1 pour Simone Halberstadt Harari[7].

Le nouveau président de France Télévisions renouvelle l'ensemble des équipes dirigeantes[réf. nécessaire], et s'entoure de fidèles et des personnes qui lui ont apporté leur concours dans sa campagne. Il souhaite rendre son identité au service public, notamment en renouant avec une forte ambition en matière de programmes de culture et de découverte.

En , il met fin à l'émission vedette de Thierry Ardisson, Tout le monde en parle de France 2. En , il décide de ne pas reconduire l'émission Arrêt sur images, une des plus anciennes émissions de France 5[réf. souhaitée].

Il travaille sur le lancement — cher au président de la République Jacques Chirac — de la « chaîne française d'information internationale », qui devient le France 24, et dont il préside le conseil de surveillance de à .

Le , après avis favorables successifs du Conseil supérieur de l'audiovisuel et de deux commissions parlementaires de l'Assemblée nationale et du Sénat, le président de la République, Nicolas Sarkozy, nomme Rémy Pflimlin pour lui succéder à la présidence de France Télévisions. La passation de pouvoirs est intervenue le .

En , il est condamné « pour avoir passé des contrats entachés de favoritisme » à cinq mois de prison avec sursis, 25 000 euros d'amende et à indemniser des syndicats qui s’étaient constitués parties civiles ; ce qui est confirmé en Appel en [8].

Retour à la télévision

Patrick de Carolis fait son retour à la télévision sur France 3 le avec l'émission Le Grand Tour qu'il présente et qu'il coréalise. Lors de ce premier épisode, Patrick de Carolis fait découvrir aux téléspectateurs quatre destinations: Naples, Bahreïn, l’Écosse et New York à travers des anecdotes culturelles et des faits historiques.

En , en plus de la présentation de l'émission Le Grand Tour sur France 3, il reprend la présentation Des racines et des ailes également sur France 3.

Autres fonctions

Il possède une maison à Rocamadour (Lot), commune dont il a été élu conseiller municipal en 2001 sans s'être présenté, avec le meilleur score de la commune. Il a refusé le mandat de maire de cette commune mais, très impliqué dans la vie culturelle de cette cité, il y crée la même année le festival « les Éclectiques de Rocamadour », où de nombreux artistes se sont déjà produits (Rostropovitch, Natalie Dessay, Véronique Sanson, Dee Dee Bridgewater, Laurent Gerra, Jean-Claude Brialy ou encore le Golden Gate Quartet).

Depuis 2004, il est administrateur bénévole de l'association humanitaire CARE France qui lutte contre l'extrême pauvreté.

Patrick de Carolis a publié plusieurs ouvrages historiques ou politiques, dont Conversation, une autobiographie de Bernadette Chirac, dont il est proche, sous forme d'entretiens, jugée par certains hagiographique[9]. Il a publié un roman historique provençal Les Demoiselles de Provence chez Plon, le .

Le , il est élu membre de l'Académie des beaux-arts, dans la section VI, Membres libres au fauteuil occupé précédemment par André Bettencourt[10].

En , il est président du jury au Festival du cinéma russe à Honfleur.

À la fin de 2010, il crée sa société de production audiovisuelle, baptisée Anaprod, et va lancer par ailleurs une importante plate-forme communautaire sur le marché de l'art.

Il est également membre du comité de parrainage du Collège des Bernardins[11].

En 2015, il s'associe à Jean-Luc Orabona, producteur et réalisateur de télévision, et à un de ses fils, Florent pour lancer un site internet sur le patrimoine culturel français : J'aime mon patrimoine.

Il est membre du club Le Siècle[12].

Engagements

En , il signe avec 40 personnalités du monde du spectacle et de la culture, parmi lesquelles Denis Podalydès, Jean Reno ou l'ex-ministre de la Culture Françoise Nyssen, un appel contre l'interdiction de la corrida aux mineurs que la députée Aurore Bergé voulait introduire dans une proposition de loi sur le bien-être animal [13]

Controverses

Qualité des programmes

Patrick de Carolis a déclaré le sur RTL que « le compte n'y était pas » concernant le financement de la suppression de la publicité dans l'audiovisuel public et a vivement critiqué les propos de Nicolas Sarkozy sur la qualité des programmes du service public.

« Nous n'avons pas les moyens de nos ambitions futures », a déclaré M. de Carolis, prenant pour la première fois ses distances avec la réforme en cours. « Lorsqu'on dit qu'il n'y a pas de différences entre la télévision de service public et les télévisions privées, je trouve cela faux, je trouve cela stupide, et je trouve cela profondément injuste », a-t-il estimé. Le PDG de France Télévisions a estimé à cette occasion que sa chaîne ne devrait pas accepter d'émission imposée de l'extérieur et insister sur la notion d'indépendance des rédactions de France 2, France 3, France 4, France 5 et RFO.

Allégations de plagiat 

En 2005, le Canard enchaîné mentionne ce qu’il considère comme un plagiat du roman de Thyde Monnier La Ferme des Quatre Reines (Plon, 1963), dans le livre de Patrick de Carolis Les Demoiselles de Provence[14],[15](Plon, 2005).
En 2011, la veuve de Pierre Grimal porte plainte contre de Carolis et Plon pour « plagiat caractérisé » » relevant « 175 emprunts » à divers ouvrages de Grimal[14] et notamment à L’Amour à Rome (1979), dans la biographie romancée de Patrick de Carolis La Dame du Palatin, consacrée à Pompeia Paulina. Le , elle est déboutée par le Tribunal de grande instance de Paris qui juge que le plagiat n'est pas caractérisé[16],[17].

Affaire Bygmalion

En 2008, alors que son fondateur Bastien Millot quitte son poste de directeur délégué à France Télévisions, Le Canard enchaîné révèle que le jour de son départ, plusieurs contrats auraient été signés entre les deux entreprises pour un montant de 143 902 euros. Le Canard enchaîné révèle également que des contrats de prestation ont été renouvelés pendant six ans sans faire l'objet d'appel d'offres[18]. Pendant quatre ans, Bygmalion empoche ainsi 1,2 million, selon Le Canard enchaîné[19].

En , Patrick de Carolis est mis en examen par le juge Van Ruymbeke pour favoritisme dans le cadre de l'affaire Bygmalion[20]. Dans le cadre de cette affaire, le site d'information lepoint.fr affirme que Patrick de Carolis aurait touché 120 000 euros de rétrocommissions de la part de l'agence de communication[21]. Parallèlement, Bastien Millot est mis en examen pour « recel de favoritisme »[22].

Dès le , Patrick de Carolis annonce, par l'intermédiaire de ses avocats, poursuivre Le Point en diffamation[23]. Le , il « suspend » son « activité à l'antenne de France 3 »[24].

Par un arrêt remarqué du , la chambre criminelle de la Cour de cassation valide la procédure suivie contre Patrick de Carolis et Camille Pascal : le délit est caractérisé même si le favoritisme ne concerne pas des marchés régis par le code des marchés publics ; la loi pénale française n'est pas contraire au droit de l'Union européenne[25].

Décorations

Décorations françaises

Officier de la Légion d'honneur. Chevalier de l'ordre national du Mérite. Officier de l'ordre des Palmes académiques. Officier de l'ordre des Arts et des Lettres.

Décorations étrangères

Commandeur avec plaque de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand (Vatican).

Animateur télé

Œuvres

  • Conversation, avec Bernadette Chirac, éd. Omnibus, 2001 (ISBN 978-2-259-19512-6)
  • Les demoiselles de Provence, éd. Plon, 2005 (ISBN 978-2-259-20065-3)
  • Refuge pour temps d’orage, éd. Plon, 2009 (ISBN 978-2-259-21029-4)
  • La Dame du Palatin, éd. Plon, 2011 (ISBN 978-2-259-21027-0)
  • Anthologie curieuse et passionnée du dessin - La leçon des maîtres, du drapé au portrait cosigné avec Edwart Vignot, éd. Beaux-Arts, 2012 (ISBN 978-2-842-78878-0)
  • Letizia R. Bonaparte, éd. Plon, 2015 (ISBN 978-2-266-26093-0)
  • Les Ailes intérieures, éd. Plon, 2016.

Préfaces

  • Aymeric de Rougé et Alexis Robin, 25 Châteaux français d'exception, éd. Beaufort, Paris, 2018. (ISBN 978-2-490471-01-0)

Notes et références

  1. « ’Académie des beaux-arts a procédé à l’élection de son bureau », sur academiedesbeauxarts.fr
  2. Dépêche AFP
  3. « Patrick de Carolis en tête à Arles devant l’héritier du maire sortant », sur www.20minutes.fr (consulté le 29 mars 2020)
  4. Selon ses propres déclarations à l'émission "C à vous" diffusée en direct sur France 5 le 28 janvier 2013.
  5. http://lacinq.tv.free.fr/abecedaire/lettrex.htm Patrick de Carolis propose l'émission érotique « Désirs » sur La Cinq
  6. http://television.telerama.fr/television/dominique-baudis-on-a-souvent-dit-que-le-pouvoir-dictait-ses-choix-au-csa-c-est-faux,56475.php
  7. http://www.csa.fr/rapport2005/donnees/rapport/VIII_nominations.htm Nomination par le CSA du Président de France Télévisions
  8. Affaire Bygmalion : Les condamnations de Patrick de Carolis et de Bastien Milot confirmées en appel sur ozap.com (consulté le 12 mai 2019)
  9. Ainsi L'Express du 20 juin 2005 : « Un ouvrage que ce proche du clan Chirac, bien en cour dans la majorité et apprécié de Dominique de Villepin, préférerait sans doute taire aujourd'hui : cette entreprise hagiographique lui vaut déjà quelques critiques. »
  10. Décret du 25 juin 2010 portant approbation de l'élection à l'Académie des beaux-arts - M. de Carolis (Patrick)
  11. « Nos parrains - Collège des Bernardins », sur www.collegedesbernardins.fr (consulté le 8 février 2016)
  12. Robert Joumard, « Le Siècle », sur Club de Mediapart (consulté le 30 janvier 2019)
  13. COLLECTIF COLLECTIF, « L’appel de 41 personnalités: «La corrida est un art et nul ne doit en être exclu» », sur Le Figaro.fr, (consulté le 23 novembre 2019)
  14. http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20111103.OBS3755/carolis-accuse-de-plagiat-rien-que-ca.html
  15. Haute Provence info, 13 août 2005.
  16. Clément Solym, « Justice : Patrick de Carolis n'a pas plagié Pierre Grimal », ActuaLitté, (lire en ligne)
  17. Justice: Patrick de Carolis blanchi d'une accusation de plagiat, BFM TV
  18. Edouard de Mareschal, « Ce que l'on sait de Bygmalion, la société visée dans «l'affaire Copé» », sur Le Figaro, (consulté le 3 mars 2014)
  19. Thomas Leroy, « Bastien Millot, l’homme derrière Bygmalion », sur Public Sénat, (consulté le 26 mai 2014)
  20. France Télé : Patrick de Carolis soupçonné de favoritisme, France Info, 23 avril 2014
  21. Patrick de Carolis payé par Bygmalion, Le Point.fr, Publié le 26 mai 2014
  22. Bygmalion : surfacturations à l'UMP, favoritisme à France Télévisions. Libération, 22 avril 2014.
  23. : Dépêche AFP: Patrick de Carolis poursuit Le Point en diffamation, AFP via libération.fr, publié le 27 mai 2014
  24. Raphaëlle Garrigos et Isabelle Roberts, "Affaire Bygmalion : Rémy Pflimlin éjecte Patrick de Carolis de France Télévisions", Libération, 5 juin 2014.
  25. Texte de l'arrêt du 17 février 2016.

Liens externes

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