Perré

Un perré est un revêtement en pierre sèche ou en pierre liée que l'on aménage au pied ou sur le flanc d'un talus sujet à des glissements ou d'une tranchée susceptible d'être dégradée par les eaux.

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Étymologie et évolution sémantique

Perré dit de Meillant à Soignolles-en-Brie en Seine-et-Marne (France).

« Perré » est issu de la substantivation de l'adjectif « perré », signifiant « de pierres », « en pierres » en français médiéval des XIIe et XIIIe siècles. Cet adjectif est le participe passé d'un verbe « perrer », signifiant « garnir de pierres », « empierrer »[1].

Le terme est attesté en 1301 orthographié « pairé » et sous l'acception de « gué pavé », en 1553 au sens de « chemin empierré » et en 1767 au sens de « revêtement en pierres (pour protéger les berges d'une rivière) ». On rencontre parfois l'orthographe « perret »[1].

Structure

Les perrés peuvent être classés en trois groupes :

  • les perrés simple à pente douce,
  • les perrés simples à pente forte,
  • les perrés doubles à pente forte[2].

Emplois

Perré de la digue du lac de Bourdon à Saint-Fargeau (Yonne). Le perré est à forte pente et à plusieurs degrés.

Les perrés se rencontrent

  • sur les berges d'une rivière ou d'un fleuve, les parois d'un canal[1] ;
  • à l'approche de ponts,
  • en bordure de routes,
  • en bordures de voies de chemin de fer,
  • sur la digue d'une retenue,
  • en bordure de la plage d'une station balnéaire.

Maçonnerie

En règle générale, les pierres de revêtement sont fichées dans le substrat perpendiculairement à la ligne de pente. Pour obtenir une surface lisse, il suffit de dégauchir le parement des pierres avant la pose[3]. Autre possibilité : le revêtement peut être une maçonnerie à assises horizontales qu'on élève par degrés.

Les perrés des rives de fleuve et des digues de retenue peuvent être en maçonnerie sèche ou en maçonnerie hydraulique. Une bonne maçonnerie au mortier hydraulique permet de donner moins d'épaisseur au perré et d'employer de petits matériaux. Si un affouillement se produit à la base, le revêtement forme voûte et peut se maintenir pendant un certain laps de temps en attendant la réparation. Si une maçonnerie en pierre sèche a l'avantage de tolérer de légères déformations, en revanche elle risque de se couper en deux sur toute la hauteur du talus si le pied de celui-ci est attaqué[4].

Notes et références

  1. Rubrique « perré », site du CNRTL.
  2. LA GUÉRINIÈRE (85) - Réalisation de travaux de renforcement des perrés maçonnés - Maîtrise d'œuvre - Etudes techniques de conception - Phase Avant-projet, Rapport, 21 juillet 2015, 26 p., p. 8.
  3. Rubrique « perré » dans La maçonnerie à pierres sèches : vocabulaire, sur le site pierreseche.com.
  4. Alphonse Alexis Debauve, Manuel de l'ingénieur des ponts et chaussées, 19e fascicule, Des eaux comme moyen de transport, navigation fluviatile et maritime, Paris, Dunod, 1878, p. 122.

Voir aussi

  • Portail de l’architecture et de l’urbanisme
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