Plestin-les-Grèves

Plestin-les-Grèves [plɛstɛ̃ le gʁɛv] est une commune bretonne, située en bordure de la Manche, dans le département des Côtes-d'Armor, en Région Bretagne. Elle porte le nom d'un saint gallois, Gestin (Plou-Iestin).

Plestin-les-Grèves

Mairie de Plestin-les-Grèves.

Blason
Administration
Pays France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Lannion
Canton Plestin-les-Grèves
(bureau centralisateur)
Intercommunalité Lannion-Trégor Communauté
Maire
Mandat
Christian Jeffroy
2016-2020
Code postal 22310
Code commune 22194
Démographie
Gentilé Plestinais
Population
municipale
3 591 hab. (2017 )
Densité 104 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 39′ 28″ nord, 3° 37′ 47″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 127 m
Superficie 34,52 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor
Plestin-les-Grèves
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Plestin-les-Grèves
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Plestin-les-Grèves
Liens
Site web Site officiel de la ville de Plestin-les-Grèves

    Ses habitants sont les Plestinais et les Plestinaises.

    Géographie

    Situation

    Plestin-les-Grèves est située à l'extrême nord-ouest des Côtes-d'Armor, à la frontière du Finistère, en bordure de Manche, à 15 km au sud-ouest de Lannion, à 17 km au nord-est de Morlaix et à 65 km au nord-ouest de Saint-Brieuc.

    Les communes limitrophes sont Locquirec, Guimaëc, Plouégat-Guérand, Tréduder, Trémel, Plufur.


    Le bourg de Plestin n'est pas en situation littorale (c'est d'ailleurs une caractéristique commune à de nombreuses paroisses anciennes de la région comme Guimaëc, Plougasnou, Ploumilliau, Ploulec'h, etc., probablement par crainte des pirates saxons les plous se sont établis à une certaine distance de la côte[1]) mais situé sur un plateau, à plus d'un kilomètre de la mer.

    Le littoral plestinais, situé au sud de la baie de Lannion, se compose d'une côte à falaises échancrée de criques (Pointe de Plestin) et de la partie-ouest de la Grève de Saint-Michel (dite Lieue de Grève). Le Grand-Rocher d'Ar-Maout y culmine à 84 m, ce site abritant une réserve de chauves-souris. À l'ouest, l'estuaire du Douron sert de limite communale et départementale, séparant Plestin-les-Grèves de Locquirec et les Côtes-d'Armor du Finistère.

    C'est dans la décennie 1870 que la construction d'un pont sur le Douron à Toul-an-Héry fut demandée[2], mais ce pont n'était pas encore construit en 1902 puisque cette année-là le Conseil général des Côtes-du-Nord demande encore à celui du Finistère de participer à l'entretien du bac de Toul-an-Héry reliant les communes de Plestin et Locquirec[3]. Ce n'est qu'en 1936 que le pont fut construit[4].

    De nombreux oiseaux marins vivent dans l'arrière-pays tels que les tadornes de belon, casarcas, aigrettes garzettes, hérons cendrés, martins pêcheurs et d'autres espèces limicoles. Les orchidées sauvages y sont présentes, en particulier l'Ophrys abeille et l'Anacamptis pyramidalis.

    La commune possède une campagne assez étendue et vallonnée, qui culmine à 124 mètres d'altitude à l'est de Toul ar Roc'h, mais échancré par des vallées comme celle du Douron à l'ouest, et de son affluent le Dour Meur qui coule en totalité dans le finage communal ; le bourg est vers 45 mètres d'altitude et est très étiré en longueur le long de la RD 786, ancienne RN 786. Son habitat rural est dispersé en de nombreux hameaux, certains littoraux comme Saint-Efflamm et Toul-an-Héry, mais la plupart intérieurs comme Saint-Sébastien, Lissilouarn, Keramézou, Lanscolva, Sainte-Anne, Tossennou, etc., même ceux étant proches de la côte en étant séparé par des falaises comme Kercoz, Kerdéhoret, Trévroz, Kervigné, etc[5].

    Grève de Saint-Michel

    Corniche de Plestin

    Entre l'estuaire du Douron, qui sépare Plestin-les-Grèves de Locquirec, et la "Lieue de Grève", la Corniche de Plestin, connue sous l'appellation touristique de Corniche de l'Armorique[6], alterne falaises et criques : ces paysages peuvent être découverts en empruntant le GR 34 ou encore en suivant le sentier de randonnée "Circuit des chapelles"[7].

    Port de plaisance de Beg-Douar

    Plestin-les-Grèves possède un petit port de plaisance (un port d'échouage) à Beg Douar qui peut recevoir 130 bateaux[8].

    Héraldique

    Blasonnement :
    D'argent au chevron de sable accompagné de trois étoiles du même.

    Toponymie

    Le nom de la localité est attesté sous les formes Plegestin en 1086 et en 1163, Plestin en 1292 et en 1330, Ploegestin en 1481[9].

    Plistin en breton moderne [10].

    Le nom "Plestin" proviendrait de la contraction de « Ple Gestin » (la « paroisse de Gestin » en breton) ; selon l'hagiographie bretonne, saint Gestin était un homme pieux qui aurait vécu dans la région au VIe siècle, y aurait construit un oratoire, occupé ensuite également par saint Efflam en compagnie duquel il aurait un moment vécu[9].

    Histoire

    Préhistoire

    Un important dépôt (450 spécimens) de haches à douille armoricaines a été découvert en 1976 près du Rest-Menou[11].

    Antiquité

    Des débris de vases en terre, de poteries, de tuiles, des vestiges de peintures remontant à l'époque gallo-romaine furent trouvés en 1877 par un agriculteur dans un champ contigu aux dunes adossées à la falaise qui forme l'entrée du port de Toul-an-Héry[12].

    Les thermes romains du Hogolo furent initialement découverts en 1892 par un cultivateur. Il fallut attendre 1938 pour que le colonel Pérès, conseiller municipal, entreprennent de véritables fouilles, qui se sont poursuivies jusqu'à révéler en 1981 un ensemble thermal d'époque romaine, construit au Ier siècle après J.-C., puis remaniés et agrandis par la suite. Le site est ouvert à la visite depuis 1992.

    Moyen-Âge

    Époque moderne

    Les guerres de la Ligue

    « Le troisième et septième jours de fut brûlée et ravagée la paroisse de Plestin par ceux du parti du roi. Et au réciproque le 21 du même mois de fut pareillement brûlée et ravagée la paroisse de Plouaret, Ploubezre et la ville de Lannion par ceux qui tenaient le parti du duc de Mercœur » a écrit le curé de Lanvellec[13].

    La révolte des Bonnets rouges

    Carte de Plestin et de la "Lieue de Grève" publiée entre 1771 et 1785

    Plestin est citée pour sa participation à la Révolte des Bonnets rouges survenue en 1675 en Bretagne. L'un de ses habitants fut "excepté" de l'amnistie royale de 1676[14].

    Le XVIIIe siècle

    En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Plestin de fournir 60 hommes et de payer 393 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »[15].

    Révolution française

    En , Augustin Marie Le Clech, né en 1738 à Plestin-les-Grèves et y étant prêtre réfractaire (dénoncé par le curé Rouat, lequel « fut très complaisant pour les révolutionnaires, prêta tous les serments qu'on lui demanda, livra l'argenterie, les vases sacrés et les ornements de son église, encouragea ses paroissiens à la spoliation dont il donnait l'exemple, se porta témoin contre son vicaire, l'abbé Clec'h, au Tribunal révolutionnaire, dit de salut public, à Brest, qui condamna à la peine capitale ce saint prêtre pour refus de prêter serment à la Constitution civile du clergé » est-il écrit dans le cahier de la paroisse de Plestin[16]) fut arrêté à Morlaix et guillotiné Place du Château à Brest le 13 messidor an II (), en même temps qu'Anne Leprince, veuve Le Blanc, âgée de 80 ans, et sa fille Anastasie, 36 ans (toutes deux originaires d'Acadie, mais domiciliées à Morlaix), qui l'avaient caché[17].

    Le XIXe siècle

    La découverte des reliques de saint Efflam

    Le sont découvertes dans l'église Saint-Efflam les supposées reliques de saint Efflam. L'abbé Tresvaux raconte les avoir trouvées sous une pierre plate située à trois pieds de profondeur, le tombeau étant ouvert en présence de nombreuses personnes dont plusieurs ecclésiastiques dont F. Nayrod, alors curé de Plestin, et personnalités civiles comme François Moriou, alors maire de Plestin, et d'autres. Le procès-verbal de la découverte énumère les débris d'ossements trouvés : « Une clavicule droite, plusieurs vertèbres tant cervicales que dorsales, un os du métatarse, deux du métacarpe, une phalange de la main, plusieurs fragments de côte, une portion du calcaneum, une portion de l'os occipital, un fragment de tête de tibia (...) ». Ces ossements furent reconnus pour être les reliques de saint Efflam[18].

    La "Lieue de grève", un endroit longtemps mal famé

    Édouard Corbière décrit en ces termes la "Lieue de grève" en 1843 :

    « Cette lieue de grève, presque toujours si déserte et d'un aspect si sauvage, fur autrefois un champ [endroit] fertile en aventures lamentables. Rarement les cavaliers qui s'exposaient à parcourir de nuit cette nouvelle Tauride réussissaient, dit-on, à se rendre d'une de ses extrémités à l'autre, sans être attaqués par des bandits incivilisés qui, sous des paquets de goémon ou des monticules de sable, se cachaient à la vigilance de la maréchaussée, pour mieux surprendre et dépouiller les voyageurs que leur amenait ce qu'ils appelaient, à leur manière, la Providence. (...) Les malheureux piétons osaient à peine s'aventurer sur cette arène sans cesse ouverte aux malfaiteurs dont la Bretagne était alors infestée. On assure même qu'à l'époque assez récente où les messageries traversaient encore la lieue de grève pour se rendre de Saint-Brieuc à Brest, ce n'était que sous bonne escorte que les voitures pouvaient espérer de franchir avec sécurité un défilé aussi dangereux[19]. »

    Alexandre de Lavergne (1808-1879) a aussi décrit les voleurs de grand chemin qui sévissaient près du Grand Rocher dans son roman La Circassienne[20].

    La croix de mi-lieu qui avertissait les voyageurs traversant la grève de son danger à marée montante, a disparu suite au débarquement des troupes alliées en août 1944, une nouvelle croix étant édifiée à son emplacement en 1993 par le Centre Culturel.

    Le "Grand Rocher", haut de 84 mètres, qui domine la "Lieue de grève", est un ancien oppidum, occupé maintes fois au fil des époques successives. De nombreuses légendes en parlent, la plus connue étant celle de saint Efflam. Un cimetière gaulois y est découvert au XIXe siècle, mais détruit de 1839 à 1851. Ce cimetière aurait pu recouvrir un poste gallo-romain. C'est un site naturel classé depuis 1936 et site départemental depuis 1982, abritant plus de 300 espèces végétales qui témoignent d'un passé agricole (talus empierrés) et de production forestière (boisement de pins : épicéa de Sitka, pin de Monterey, pin sylvestre). Des plantes calcicoles (Marjolaine, Sauge des prés, Troène, Orchidée pyramidale, Iris fétide, Ancolie, Ail des ours) témoignent de l'apport de sable riche en débris coquilliers calcaires exploité par les agriculteurs jusqu'en 1996 comme amendement calcaire. Une grotte et un réseau de galeries, creusé par l’organisation Todt durant la Seconde Guerre mondiale, sont un lieu de refuge pour de nombreuses espèces de chauves-souris. On y trouve notamment le Grand Rhinolophe, le Petit Rhinolophe et le Murin à moustaches). Ce lieu a vu sa population de chauves-souris augmenter au fil des années : passant de 60 individus dans les années 90, à plus de 300 en 2011[21],[22],[23].

    La traversée de l'estuaire du Douron

    C'est dans la décennie 1870 que la construction d'un pont sur le Douron à Toul-an-Héry fut demandée[2], mais ce pont n'était pas encore construit en 1902 puisque cette année-là le Conseil général des Côtes-du-Nord demande encore à celui du Finistère de participer à l'entretien du bac de Toul-an-Héry reliant les communes de Plestin et Locquirec[3], assuré alors par le sieur Rolland, de Locquirec[24]. Une légende raconte que si le batelier était absent, il suffisait de s'asseoir sur une pierre et d'invoquer saint Vouga, on était alors transporté instantanément sur l'autre rive[25]. Franchir l'estuaire du Douron en bateau n'était pas sans risques  : ainsi le , un instituteur de Locquirec, Hervé Prigent, se noya en face de Toul-an-Héry alors qu'avec sa femme, il cherchait à rejoindre Plestin, un coup de vent ayant fait chavirer son embarcation[26]. Le passage à gué du Douron était la seule solution à marée basse lorsque le bac ne pouvait naviguer, mais ce n'était pas sans risques : ainsi le un homme se noya, emporté par le flot, alors qu'il tentait de passer à gué[27]. Ce n'est qu'en 1936 que le pont fut construit[4].

    Le port de Toul-an-Héry

    En 1883, le petit port de Toul-an-Héry fait l'objet de travaux d'aménagement, en particulier de prolongement de sa jetée, réalisée en granite de l'Île-Grande, de préférence à la pierre de Locquirec, pour en accroître la solidité[28].

    Le , le dundee Jeanne, dont l'armateur était Mahé, de Plestin, qui venait juste de quitter le port de Toul-an-Héry avec un chargement d'avoine, fut drossé à la côte sur des rochers de Locquirec et totalement démoli par les vagues ; l'équipage parvint à se sauver[29].

    Les courses de chevaux de Saint-Efflam

    Les courses de chevaux de Saint-Efflam furent organisées sur la Lieue de grève à partir de 1828, à l'initiative du marquis de Kergariou, éleveur qui vivait au château de Coatilliou en Ploubezre. Dans la première moitié du XXe siècle des trains spéciaux étaient affrétés depuis Morlaix et Lannion. Elles avaient lieu le week-end de la Pentecôte : sept courses étaient organisées sur deux jours, quatre de trot et trois de galop[30].

    Le XXe siècle

    Les voies ferrées

    Plestin : la gare et l'arrivée du train de Lannion

    Une voie ferrée des Chemins de fer départementaux du Finistère allant de Morlaix à Plestin est inaugurée le ; elle est prolongée par une voie ferrée du réseau des chemins de fer départementaux des Côtes-du-Nord allant de Plestin à Lannion inaugurée le ; les deux lignes sont exploitées par la compagnie des Chemins de fer armoricains. Le service voyageurs est fermé en 1934 et la ligne est totalement fermée le .

    Le tracé de cette ligne ferroviaire longeait la Lieue de Grève et empruntait les passerelles de Saint-Efflam, désormais utilisées par un sentier de randonnée. Son tracé fut à l'époque contesté, accusé de défigurer le paysage de la "Lieue de Grève" :

    « Entre Lannion et Locquirec s'éploie, de Saint-Michel-en-Grève à Saint-Efflam, une des plus belles de nos baies bretonnes qu'au long du dernier flot borde une route (...) largement ouverte au vent (...). Mais pour mettre en valeur les stations naissantes de cette région, on a songé à y amener de Lannion un chemin de fer à voie étroite et, pour préserver cette ligne, on a entrepris d'élever, entre route et grève, une muraille de deux mètres de hauteur. De telle sorte que le piéton aura là désormais la vue qu'il trouverait à flâner au creux du fossé des fortifications[31]. »

    La Première Guerre mondiale

    Le livre d'or de la commune de Plestin porte les noms de 137 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux, 11 sont morts sur le front belge dont 10 en 1914-1915 lors de la bataille de l'Yser ; trois sont décédés en Allemagne ; la plupart des autres sont décédés sur le sol français[32].

    Le , les cadavres de deux marins « nègres » [c'est le vocabulaire utilisé à l'époque] sont trouvés à bord d'une baleinière portant le nom de Liverpool en baie de Locquirec. Ils furent inhumés au cimetière de Plestin-les-Grèves[33].

    L'Entre-deux-guerres

    En , le débarquement d'armes de Plestin (des armes fournies par les Allemands à des séparatistes bretons et transportées à bord du thonier Gwalarn) a en fait eu lieu à Locquirec sur la plage des Sables Blancs, mais fut préparé par un groupe de jeunes militants nationalistes bretons regroupés sous couvert d'un camp de jeunesse organisé sur la "Lieue de Grève".

    La Seconde Guerre mondiale

    Plaque commémorative des résistants victimes de l'explosion d'un obus dans le blockhaus du Grand Rocher le à Plestin-les-Grèves

    Le monument aux morts de Plestin porte les noms de 48 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale[34].

    Trois aviateurs anglais, qui avaient dû atterrir en catastrophe (le réservoir de leur avion était percé) une nuit de sur la "Lieue de grève", furent cachés par Anne Leduc[35] qui habitait Saint-Efflam, et par Marie Anne d'Affray de La Monnaye[36], puis en plusieurs autres lieux, avant d'être conduits à Nantes par Jean-Baptiste Legeay pour y rejoindre une filière d'évasion[37].

    Un maquis FTP, nommé War Zao ("Debout!"), s'est développé à Plestin-les-Grèves, plastiquant notamment deux cafés fréquentés par les troupes allemandes le dans le bourg de Plestin-les-Grèves (en représailles, les allemands bombardèrent l'église de Plestin-les-Grèves)[38]. Le monument aux morts de la résistance à Plestin-les-Grèves porte 35 noms[39]. Une plaque commémorative située sur le blockhaus du Grand-Rocher à Saint-Efflam porte les noms de 7 résistants natifs de l'Île-Grande victimes de l'explosion d'un obus dans le blockhaus du Grand Rocher le [40].

    Une expérimentation d'enseignement du breton dans une école privée est menée par Yann Kerlann à partir de , mais son existence sera éphémère : deux ans[41]. Son école était partiellement fréquentée par des enfants de collaborateurs et même de pro-nazis, et subventionnée par eux[42].

    Les troupes d'occupation commettent plusieurs exactions dans la ville. Le , les Allemands tuent Isidore Tanguy, qui transportait, après l'heure du couvre-feu, les victimes d'un accident d'automobile. Dans la nuit qui suit, les Allemands font sauter à l'aide de mines une partie de l'église paroissiale, car ils suspectaient que des résistants s'y fussent réfugiés[43].

    La libération intervient le , un débarquement anglo-américain[44] de péniches LST[45] se produit sur la plage de Saint-Efflam et Saint-Michel-en-Grève pour ravitailler en carburant l'armée du général Patton (la "Lieue de grève" avait été déminée les jours précédents par un détachement américain). Ils sont accueillis par les habitants du village et les résistants de Plestin. Ces débarquements de carburant se poursuivront jusqu'au [46].

    L'après-Seconde-Guerre-mondiale

    Deux soldats originaires de Plestin, Francis Julou[47] et Ricardo Nanni[48], sont morts pendant la Guerre d'Indochine

    Politique et administration

    Tendances politiques et résultats

    Liste des maires

    Plestin-les-Grèves est composé entre autres des quartiers de Saint-Roch, Saint-Jagut, Saint-Efflam, Saint-Sébastien, Saint-Haran, Toul an Héry et Porz Mellec.

    Liste des maires successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    avant 1819 après 1819 François Moriou    
    1892 1892 Georges de Goësbriand Conservateur  
    1892 1893 Jean Le Brozec Conservateur  
    1893 1896 Louis Saliou   notaire
    1896 1908 Amédée Le Bellec Républicain  
    1908 1919 Louis Le Gall Républicain  
    1919 1935 Ambroise Guillou Union des gauches  
    1935 1953 François Marie Quesseveur   Docteur
    1953 1971 François Ales[49],[50] ?  
    mars 1971 mars 1977 Marcel Hamon PCF Député des Côtes du Nord (1945-1951 et 1956-1958), conseiller général (1973-1979)
    mars 1977 mars 1983 Raymond Le Grand DVD  
    mars 1983 juin 1995 Roger Rioual PCF Conseiller général du canton de Plestin-les-Grèves (1985-1992)
    juin 1995 mars 2016 André Lucas[51] PS Agriculteur, conseiller général du canton de Plestin-les-Grèves (1998-2011)
    avril 2016 en cours Christian Jeffroy[52] PS Agriculteur retraité
    Les données manquantes sont à compléter.

    Démographie


    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[53]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[54].

    En 2017, la commune comptait 3 591 habitants[Note 1], en diminution de 1,89 % par rapport à 2012 (Côtes-d'Armor : +0,55 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    4 3654 8624 1664 6595 0405 2604 3374 6054 573
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    4 6264 7274 5484 4384 4554 2204 1954 0173 913
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    3 9033 9193 9553 6103 3053 1983 1723 2212 904
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
    2 7942 9123 0183 2223 2373 4153 5693 6163 598
    2017 - - - - - - - -
    3 591--------
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[55] puis Insee à partir de 2006[56].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Langue bretonne

    Le nom breton de la commune est Plistin.

    Le breton trégorrois y était jusque dans les années 1950 la langue la plus utilisée.[réf. nécessaire]

    L’adhésion à la charte Ya d’ar brezhoneg a été votée par le Conseil municipal le . La commune a reçu le label de niveau 1 de la charte Ya d'ar brezhoneg le .

    À la rentrée 2017, 58 élèves étaient scolarisés dans la filière bilingue publique (soit 22,9% des enfants de la commune inscrits dans le primaire) [57].

    Sports

    Le vieux port de Toul an Héry, sur l'estuaire du Douron, est devenu un port abri pour plaisanciers auquel s'ajoute le port de plaisance de Beg Douard sur la pointe de l'Armorique.

    Les sports nautiques se pratiquent à Saint-Efflam. Il est possible de pratiquer char à voile, catamaran, planche à voile, dériveur et kayak de mer.

    Lors des courses hippiques sur l'hippodrome marin, la plage de Saint-Efflam se métamorphose et environ 1 700 turfistes et vacanciers s'y retrouvent pour parier.

    Culture et patrimoine

    Patrimoine religieux

    • La chapelle de Saint-Jagut, reconstruite en 1496 et consacrée en 1498 a été classée au titre des Monuments historiques, sauf l'intérieur de la maison du chapelain qui est inscrite[60]
    • La chapelle Saint-Efflam date du XVIe siècle, mais a été très remaniée depuis. Elle est classée monument historique depuis le .
    • La chapelle saint-Sébastien date de la fin du XVe siècle.

    Patrimoine civil

    • Le « menhir dit du Pont Blanc », jeté en travers du ruisseau le Dourmeur, n'est pas un menhir mais une stèle gauloise[61] ,[62].
    • Les thermes gallo-romains du Hogolo qui datent de l'an 50 sont remarquablement conservés dans une dune littorale.
    • La fontaine Saint-Efflam, construite au XVIIIe siècle, couverte par un dôme de pierre a été inscrite en 1926 au titre des Monuments historiques[63]
    • Le château de Lesmaës[64] et le manoir de Kerviziou[65], tous deux datant du XVIe siècle et le manoir de Leslach du XVIIe siècle[66] ont été inscrits en 1927 au titre des Monuments historiques.
    • La coiffe du Trégor, portée traditionnellement par les femmes de Plestin.

    Événements

    De nombreux pardons et fêtes de quartiers, et la célèbre nuit de la saucisse.

    Le festival de Courts-Métrages "Armoricourt".

    Le "Circuit des Chapelles" initié en 2009, par l'Office Culturel Municipal, allie chemins de randonnée familiale autour des chapelles (au nombre de sept) et accueille expositions et concerts l'été.

    Personnalités liées à la commune

    Notes et références

    Notes

    1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

    Références

    1. René Largillière, "Les saints et l'organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonne", 1925, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k914005/f185.image.r=Plougasnou.langFR
    2. "Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère", avril 1874, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55620363/f179.image.r=Locquirec.langFR
    3. "Rapports et délibérations du Conseil général des Côtes-d'Armor", août 1902, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5685963t/f227.image.r=Locquirec.langFR
    4. Rapports et délibérations du Conseil général des Côtes-d'Armor", 1936, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56884045/f257.image.r=Locquirec.langFR
    5. Analyse de l'état initial de l'environnement de Plestin les Grèves
    6. La Bretagne, Librairie Larousse, , p. 54.
    7. http://www.bretagne-rando.com/randonnees_detail.php?num=478
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