Plouégat-Guérand

Plouégat-Guérand [pluegat gerɑ̃] (en breton Plegad-Gwerann) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Plouégat-Guérand

Mairie de Plouégat-Guérand.
Administration
Pays France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Morlaix
Canton Plouigneau
Intercommunalité Morlaix Communauté
Maire
Mandat
Christian Le Manac'h
2014-2020
Code postal 29620
Code commune 29182
Démographie
Gentilé Plouégatais
Population
municipale
1 067 hab. (2017 en diminution de 2,73 % par rapport à 2012)
Densité 62 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 37′ nord, 3° 40′ ouest
Superficie 17,29 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Finistère
Plouégat-Guérand
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Plouégat-Guérand
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Plouégat-Guérand
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Plouégat-Guérand

    Géographie

    Localisation

    Plouégat-Guérand se situe dans le nord-est du Finistère, en Trégor, et est limitrophe du département des Côtes-d'Armor. Elle fait partie de l'arrondissement de Morlaix et du canton de Plouigneau,et se trouve sur le territoire communautaire de Morlaix Communauté.

    Communes limitrophes

    Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de communes :

    Communes limitrophes de Plouégat-Guérand
    Lanmeur Guimaëc Plestin-les-Grèves (Côtes-d'Armor)
    Plouigneau Trémel (Côtes-d'Armor)

    Hydrographie

    La commune est délimitée de Plouigneau au sud-ouest par le Dourduff et des communes voisines costarmoricaines de Plestin-les-Grèves et Trémel par le Douron.

    Voies de communications et transports

    Voies de communications

    La route nationale 12 passe dans la commune voisine de Plouigneau, où se trouve l'échangeur de Kerdilès, d'où la commune est facilement joignable via la route départementale 64, qui passe à proximité du bourg avant de rejoindre Lanmeur. Le nord de la commune est également desservi par l'axe Morlaix-Lannion (D786).

    Transports

    Bus

    La commune est desservie par trois lignes scolaires Linéotim (transports de bus de Morlaix Communauté) :

    Train

    La gare TER la plus proche est celle de Plouigneau et la gare TGV la plus proche est celle de Morlaix.

    Toponymie

    Le nom de la localité est attesté sous les formes Ploegat Gallon en 1473,

    Ploegat, du breton plou et le nom du saint breton Egat[1], assimilé à saint Agapet[2] ; il pourrait aussi s'agir de saint Ergat[3].

    Guérand, du nom d'une seigneurie; Vallon, Gazvallon en 1330, Gouezrant en 1543[2].

    Plegad-Gwerann en breton.

    Histoire

    Moyen Âge

    La seigneurie de Guerrand

    Guerrand fut le siège d'une seigneurie importante dont l'existence est attestée en 1351 : Yves Charruel, qui participa au combat des Trente, était seigneur de Guerlesquin et de Guerrand. La seigneurie appartint ensuite successivement aux familles Penhoet, Boiséon et du Parc. En 1592, le célèbre brigand Guy Éder de La Fontenelle s'empare du château de Guerrand. En 1637, le roi Louis XIII érige la seigneurie en marquisat au profit de Vincent du Parc de Locmaria, capitaine de mousquetaires[4].

    Lorsque débute la Révolution française, la seigneurie est aux mains de Charles Quemper de Lanascol, qui émigre en Angleterre. Vendu comme bien national à un marchand de Morlaix, le château tombe en ruine et est rasé en 1840[5].

    Un nouveau château de Guerrand fut construit en 1902, mais incendié en 1940. Le nom a été repris par une simple ferme faisant chambre d'hôtes[6].

    Époque moderne

    Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges en 1675.[réf. nécessaire]

    Le marquis de Guerrand aurait été, selon la légende, « une sorte de dom Juan impérieux, débauché, sanguinaire, faisant l'amour l'épée au poing et la menace à la bouche. Sa rencontre était redoutée à l'égal de celle d'une bête fauve ». Guillaume Lejean a narré en 1846 dans sa "Notice sur Plouégat-Guerrand" quelques-uns des tristes exploits attribués au marquis qui habitait l'imposant château de Guerrand à une date indéterminée. De nombreuses gwerz ont chanté ses "exploits" ; l'une (gwerz du marquis de Guerrand) a été traduite en français et retranscrite par Émile Souvestre en 1836[7]. Selon Théodore Hersart de La Villemarqué, le marquis concerné serait Louis-François du Parc[8], marquis de Locmaria et fils de Vincent du Parc et de Claude de Névet, mais Louis Le Guennec pense plutôt qu'il s'agissait de Vincent du Parc[9] lui-même[10].

    En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Ploagat-Goirand [Plouégat-Guérand] de fournir 25 hommes et de payer 164 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »[11].

    La Révolution française

    Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Plouégat-Gallon[12].

    Le XIXe siècle

    L'épidémie de choléra survenue dans le Finistère en 1832-1833 fit 95 morts à Plouégat-Guérand[13].

    Le XXe siècle

    La Première Guerre mondiale

    L'Entre-deux-guerres

    La Seconde Guerre mondiale

    La Résistance : les deux maquis de Saint-Laurent

    Deux maquis s'organisèrent près du village de Saint-Laurent en Plouégat-Guérand dans le site boisé et encaissé de la vallée du Douron : l'un, créé en , sur le versant est de la vallée, fut un maquis FTP, organisé par Pierre Lagadou[14], dit capitaine Jules et André Le Men, dit Victor autour initialement de la ferme de Coat Chanus[15]. Les résistants recrutent des réfractaires du STO, organisèrent des parachutages et menèrent des actions de guérilla[16].

    L'autre groupe de maquisards FFI, membre du réseau Libé-Nord, dirigé par le docteur Léon Le Janne[17], alias Commandant Noël, coopérant avec François Tanguy-Prigent, alias Jacques Le Ru, maire révoqué de Saint-Jean-du-Doigt, ayant sa base à Kerabars, en Plouégat-Guérand, se replia sur le versant ouest de la même vallée en [18]. Sept lycéens du lycée de Morlaix, âgés de 17 ou 18 ans, formèrent un groupe de résistants au printemps 1943, organisé par Émile Guéguen et Gildas Lebeurier[19] dit "Gil" ; parmi ses membres Louis Gourvil et Émile Le Jeune[20]. Ce "groupe Gil" participa à diverses actions de résistance au Cloître-Saint-Thégonnec et à Plourin-les-Morlaix. Ses membres rejoignirent le maquis FFI de Saint-Laurent en Plouégat-Guérand, incorporant le "bataillon d'Ornano", dirigé par Édouard Lebeurier (1892-1986)[21], et participèrent à la libération de Morlaix le .

    Quatre membres (Marcel Le Berre, René Morvan, Hervé Ollivier et Jacques Ollivier) de ce "bataillon d'Ornano", ainsi que l'agriculteur (François Trévien) et son employé (André Corvez) qui les cachaient à Pénarvern en Sainte-Sève furent, en raison d'une dénonciation, arrêtés par la Feldgendarmerie qui cerna la ferme, condamnés à mort par un tribunal allemand comme francs-tireurs le et fusillés le même jour en un lieu inconnu, probablement dans les Côtes-du-Nord. Leurs corps n'ont jamais été retrouvés[22].

    Une stèle implantée à Kerabars commémore le souvenir des maquisards disparus[23]. Même si ces maquis ne durèrent que quelques mois, ils réunirent près de 500 résistants et réfractaires du STO. Une trentaine de ses membres poursuivirent le combat en participant à la libération de la poche de Lorient en .

    Politique et administration

    Liste des maires

    Liste des maires successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    1857 1888 Gustave Swiney Rép.mod  
    1888 1917 Paul Swiney Rép.modRép.G Conseiller général de Lanmeur (1891-1910). Fils de Paul Swiney, maire précédent.
    1919 1925 Charles Roger    
    1925 1929 Yves Péron    
    1929 1933 Noël Élies    
    1934 1935 Jean Manac'h    
    1935 1936 Agapith Prigent    
    1936 1959 Pierre Rolland SFIO  
    1959 1965 Jean Bourel    
    1965 1971 Francois Bourhis CNIP  
    1971 1989 Eugène Le Roy PSU  
    1989 2001 Yves Pellé PS  
    2001 En cours Christian Le Manach[24] PS  
    Les données manquantes sont à compléter.

    Jumelages

    Population et société

    Démographie

    Évolution démographique

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[25]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[26].

    En 2017, la commune comptait 1 067 habitants[Note 1], en diminution de 2,73 % par rapport à 2012 (Finistère : +0,86 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    1 5611 5691 5631 7531 8461 9862 0542 0382 046
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    1 8461 8431 8591 8601 8301 6961 6921 5691 505
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    1 5981 6241 6311 4281 4201 2601 2211 024909
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
    8728157307849259361 0121 0891 067
    2017 - - - - - - - -
    1 067--------
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[27] puis Insee à partir de 2006[28].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Évolution du rang démographique

    Évolution du rang de la commune
    selon la population municipale des années : 1968[29] 1975[29] 1982[29] 1990[29] 1999[29] 2006[30] 2009[31] 2013[32]
    Rang de la commune dans le département 203 209 219 179 179 177 176 174
    Nombre de communes du département 286 283 283 283 283 283 283 283

    En 2016, Plouégat-Guérand était la 175e commune du département en population avec ses 1 067 habitants (territoire en vigueur au ), derrière Saint-Ségal (174e avec 1 070 habitants) et devant Garlan (176e avec 1 056 habitants).

    Manifestations culturelles et festivités

    La fête des cerises a lieu tous les ans le premier dimanche de juillet.

    Culture locale et patrimoine

    Lieux et monuments

    Vue septentrionale de l'église Saint-Agapit.
    • L'église paroissiale Saint-Agapit, construite au XVIe siècle, de style gothique, elle abrite un étrange bénitier de très petite taille, sculpté de nombreux symboles chrétiens. Le sculpteur serait, selon la signature de l'œuvre "S. de Rousval" ou "S de Rouseval". L'édifice est classé depuis 2010[33].
    • Le château de Guerrand.

    Personnalités liées à la commune


    Notes et références

    Notes

    1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

    Références

    1. Ernest Nègre -Toponymie générale de la France - Volume 2 - Page 1046
    2. Hervé Abalain, « Noms de lieux bretons - Page 94, Editions Jean-paul Gisserot, ([[International Standard Book Number|ISBN]] [[Spécial:Ouvrages de référence/2877474828|2877474828]]) » (consulté le 26 janvier 20157)
    3. http://www.pouldergat.fr/index.php?page=histoire
    4. Capitaine de la garde des mousquetaires de Richelieu
    5. http://www.infobretagne.com/plouegat-guerrand.htm
    6. http://www.leguerrand.com/index_fr.html
    7. Émile Souvestre, "Le Finistère en 1836", Brest, 1838.
    8. Louis-François du Parc, né le à Plouégat-Guerrand, décédé le à Plouégat-Guerrand.
    9. Vincent du Parc, né en 1610, marquis de Locmaria et du Guerrand, qui fut gouverneur de la ville et du château de Concarneau, décédé le à Plouégat-Guerrand.
    10. Louis Le Guennec, La légende du marquis de Guerrand, "Mélanges bretons et celtiques offerts à M. J. Loth, membre de l'Institut, professeur au Collège de France", 1927, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1153314/f151.image.r=Lanmeur
    11. >"Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f8.image.r=Plovan
    12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Plouégat-Guérand », sur EHESS, École des hautes études en sciences sociales (consulté le 2 décembre 2012)
    13. Henri Monod, "Le Choléra (histoire d'une épidémie, Finistère 1885-1886)", 1892, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61500477/f23.image.r=Plougasnou.langFR
    14. Pierre Lagadou est originaire de Plestin-les-Grèves
    15. http://fr.topic-topos.com/stele-des-maquis-de-saint-laurent-plouegat-guerrand
    16. Danielle Ropars, 1939-1945 : ils l'ont vécu, Liv'éditions, 2003 [ (ISBN 2-913555-54-3)]
    17. Léon Le Janne, (1894-1976), docteur en médecine, résistant ("Commandant Noël"), médecin auxiliaire dans le 2e régiment d'infanterie coloniale en 1914-1918, commandant de l'armée secrète Libé-Nord pour Morlaix et sa région pendant la Seconde Guerre mondiale
    18. "Été 1944 : Résistances et Libération en Trégor", Skol Vreizh n°56
    19. Gildas Lebeurier, né le , élevé à la dignité de Grand officier de la Légion d'honneur le , voir http://www.france-phaleristique.com/lh_promo_25-04-05.htm
    20. http://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/marcel-le-jeune-a-17-ans-il-a-pris-le-maquis-08-08-2014-10290809.php
    21. François de Beaulieu, La triple vie d'Édouard Lebeurier, revue "ArMen" n° 200, mai-juin 2014
    22. http://cerp22.free.fr/fusilles/Executes%20dans%2022/Trevian%20Francois/Page%202.html
    23. http://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=19991206&article=19991206-424637&type=ar
    24. http://www.letelegramme.fr/finistere/plouegat-guerand/conseil-christian-le-manach-un-3e-mandat-07-04-2014-10112337.php
    25. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
    26. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
    27. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
    28. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
    29. INSEE, « Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2012 (1990 à 2012 pour les DOM) », sur insee.fr, (consulté le 10 janvier 2016).
    30. INSEE, « Populations légales 2006 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016).
    31. INSEE, « Populations légales 2009 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016).
    32. INSEE, « Populations légales 2013 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016).
    33. Notice no PA29000066, base Mérimée, ministère français de la Culture
    34. Dictionnaire biographique illustré : Finistère, 1911

    Voir aussi

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    • Portail des communes de France
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