Pourpris

Un pourpris (parfois rencontré sous la variante « pourprins » ou encore « porpris ») est une enceinte, un enclos et parfois une demeure[1], dans la France de l'Ancien Régime. La réalité désignée par le mot « pourpris » dépasse celle d'un simple jardin en ce qu'elle recouvre les différents éléments d'un domaine physiquement bien délimité et fermé (mur, fossé, etc.).

Pourpris

Le mot « pourpris », à l'origine participe passé de l'ancien verbe « porprendre » « occuper, investir », est désormais inusité. On ne le rencontre plus que dans les actes anciens, les livres d'histoire et la littérature. On le trouve ainsi défini, en 1870, dans son emploi le plus fréquent : « Le presbitaire est situé dans un lieu advantageux, en un air excellent ; les vues sont belles et agréables ; il a un pourpris consistant en jardin au midi, verger à costé, grande pièce de terre au-dessous, autre jardin au bas près une bonne fontaine et un petit pré joignant la rivière. »[2].

Ce qui caractérise le pourpris, qui est une surface, un terrain (appartenant à un seigneur, un ordre religieux, ou une paroisse), est d'être précisément délimité et fermé par un mur (parfois une haie), éventuellement protégé par un fossé[3]. Le colombier (privilège du seigneur) se dresse toujours dans le pourpris.

L'historien Marcel Lachiver indique en outre que le terme désigne « au XIIIe siècle, en région parisienne, la maison du paysan »[4] : il s'agit donc de l'habitation du fermier du domaine, bâtie à proximité du logis seigneurial.

Le mot est parfois employé pour des propriétés de ville plus modestes, comme en 1534, à Nantes[5].

D'usage assez fréquent sous la plume des écrivains de la Renaissance, Marot, Montaigne et Ronsard, il fut marginalement utilisé par La Fontaine, Voltaire[6] et Hugo ; puis son emploi se limita au domaine notarié pour des actes de vente, de transmission d'héritage, etc.

Le mot « pourpris » apparaît encore aujourd'hui dans la toponymie, car il survit localement dans le nom de lieux-dits et de rues de différentes communes, à Beignon, Cahors, Saint-Malo, Saint-Mars-du-Désert...

Notes et références

  1. « Pourpris, n. m. (de pour, et prendre). Enceinte. Demeure » Petit Larousse illustré 1905
  2. Site mettant en ligne "Histoire de Châteaubriant, baronnie, ville et paroisse - Mémoires du doyen P. Blays", Rennes, 1870.
  3. Le Couvent des Grands Carmes de Dol : Le monastère était toujours fort exigu et d'accès incommode... Il ne pouvait s'étendre, parce que "les logis et jardins estaient à personnes qui ne voulaient ny donner ny vendre, quand bien même on leur en présentâoit plus que la juste valeur"... Finalement les héritiers d'un bourgeois consentirent à vendre... Les religieux firent également l'acquisition "contre la rente" de plusieurs autres petits terrains autour du couvent... Le tout fut enclos dans le "pourprins" comme l'exigeait la règle. Les frais de l'opération furent amortis par les soins de Mgr l'Évêque, ce qui permit d'allonger un peu la muraille.
  4. Marcel Lachiver, Dictionnaire du monde rural - Les mots du passé, éd. Fayard, 1997, 1766 pages - (ISBN 2-213-59587-9) (p. 1363)
  5. Archives de Nantes : Ordre au miseur, du 22 mars 1533 (1534 N. S.)... Et à ceulx habitants de nectoyer et tenir nectz les pavez et conduictz d'eau au davant de leurs maisons et pourprins, pour éviter à pulantie et infection...
  6. Voltaire écrit, dans Les Lois de Minos, ces 2 vers alexandrins :
    Cher Datame, est-il vrai qu’en ces pourpris funestes
    On n’offre que du sang aux puissances célestes?

Voir aussi

Liens externes

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