Routier (Aude)

Routier (en occitan languedocien Rotièr) est une commune française, située dans le département de l'Aude en région Occitanie. Le village est ancré au cœur du Razès, dans le canton d'Alaigne, à 10 km à l'ouest de Limoux. Ses habitants sont appelés les Routiérois.

Routier

Héraldique
Administration
Pays France
Région Occitanie
Département Aude
Arrondissement Limoux
Canton Bram
Intercommunalité Communauté de communes du Limouxin
Maire
Mandat
Michèle Ancelle
2014-2020
Code postal 11240
Code commune 11328
Démographie
Population
municipale
248 hab. (2017 )
Densité 22 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 06′ 31″ nord, 2° 07′ 39″ est
Altitude Min. 190 m
Max. 304 m
Superficie 11,27 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : région Occitanie
Routier
Géolocalisation sur la carte : Aude
Routier
Géolocalisation sur la carte : France
Routier
Géolocalisation sur la carte : France
Routier

    Géographie

    Localisation

    Au sud, se trouve la chaîne des Pyrénées que l'on peut admirer lorsque le ciel est dégagé. Au nord, on remarque la position du vignoble adossé au massif de la Malepère, et enfin, au-delà, barrant l'horizon, la masse sombre de la montagne Noire.

    Communes limitrophes

    Relief et géologie

    Le village de Routier s'élève sur une colline culminant à 255 m.

    Agriculture

    Les champs, ainsi que quelques friches et de rares bois, en occupent environ 40 % de territoire. Le reste constitue le fief exclusif de la vigne particulièrement développée sur les surfaces caillouteuses et sèches de la partie orientale.

    Toponymie

    C'est en 1130 qu'apparaît la première mention du nom de la localité sous la forme castel de Riut, à laquelle se succède, en 1120, castrum de Ruterio en 1226, Riuterium et, en 1229, Rupterium. On rencontrera ensuite les noms de Riucenum (1312), de Rutio (1360), Reuterium (1377), Rentier ou Reutier (1503), Rieutier (1594), Routie (1594) et enfin Routier, sous sa forme actuelle en 1639.

    Le docteur Jacques Lemoine[2] se fonde sur la dénomination de Rupterium pour établir l'étymologie du toponyme. Selon lui, Rupterium est un dérivé du latin via rupta, expression qui évoque un croisement de chemins. Cependant, cette explication ne se base que sur une mention isolée, contredite par toutes les autres formes anciennes. Ainsi, Bénédicte et Jean-Jacques Fénié[3] préfèrent expliquer Routier par l’anthroponyme germanique Rotharius pris absolument et qui s'accorde mieux avec la nature des formes anciennes.

    Histoire

    Le village s'est constitué au Xe siècle et se caractérise par la présence de restes de remparts médiévaux et surtout par sa splendide église paroissiale datant du XIIIe siècle, fortifiée, avec un clocher-mur caractéristique et visible de loin. C'est la plus vaste église du Razès. Il faut noter aussi la curiosité du cimetière éloigné de 800 mètres du village et situé sur le site qu'occupait ce dernier avant le XIIe siècle.

    Avant la Révolution, Routier faisait partie avec Pieusse et Alaigne d'une baronnie de l'archevêque de Narbonne[4].

    Politique et administration

    Administration municipale

    Liste des maires

    Liste des maires successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    mars 1971 2001 Charles Ferriol PS conseiller général (1979-1992)
    mars 2001 2008 Pierre Cassan PS  
    mars 2008 mars 2014 Anne-Marie Mercier PS  
    mars 2014   Michèle Ancelle    
    Les données manquantes sont à compléter.

    Population et société

    Démographie

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[6].

    En 2017, la commune comptait 248 habitants[Note 1], en diminution de 1,98 % par rapport à 2012 (Aude : +2,19 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    289345340365313355357391375
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    367364346358328376386374428
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    443471461417415472443411397
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
    352279262250237225245252250
    2017 - - - - - - - -
    248--------
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Économie

    Culture locale et patrimoine

    Monuments et lieux touristiques

    Église Saint-Laurent

    C'est à la fin du XIIIe siècle, après la prise en possession du village par l'archevêque de Narbonne, que fut construite l'église paroissiale dédiée à saint Laurent. À en croire la tradition orale, la pierre, de mauvaise qualité, qu'utilisèrent les bâtisseurs aurait été extraite à Routier même, au nord du village. La bâtisse fut mentionnée la première fois en 1319. Contemporaine de l'enceinte défensive du village, l'église fait partie intégrante des fortifications du côté nord. Le clocher-mur de cet édifice mi-roman mi-gothique, percé au sommet de quatre ouvertures à arcs de plein cintre, est flanqué d'une tour hexagonale garnie de meurtrières qui soulignent sa fonction défensive. La porte d'entrée principale, située à l'ouest, est surmontée d'une ogive de style dépouillé. Près de l'autre porte s'ouvrait un puits, qui assurait l'autonomie du « fort ». À l'intérieur de l'église se trouve un retable baroque de la fin du XVIIe siècle doré à l'or. L'église de Routier est la plus grande du Razès.

    Château de Routier[9]

    À la fin du XVIe siècle, les Madailhan s'installent à Routier. Ils font édifier, à l'extérieur du village fortifié, un château à l'architecture renaissance qui s'apparente à ceux de Couiza, de Villarzel-du-Razès et de Serviès-en-Val. À l'origine, le château avait quatre tours dont les murs étaient percés de fenêtres à meneaux. Aujourd'hui, il ne subsiste que deux tours d'inégale hauteur car la partie supérieure de la plus basse s'est effondrée au début du XXe siècle. La dernière fenêtre à meneaux a été détruite en 1969.

    L'ancien château

    Malgré la construction du nouveau château, de style Renaissance, au XVIe siècle, l'ancien château n'a pas disparu. Cette imposante bâtisse carrée située dans le centre du village, d'aspect austère, est nettement plus haute que les maisons environnantes.

    Les silos

    Dans les anciennes maisons et même dans les champs se trouvent des fosses souterraines où l'on déposait les grains, les légumes... pour les conserver. Ce sont des silos appelés Sièges dans le pays.

    Personnalités liées à la commune

    Héraldique

    La commune de Routier porte :

    D'argent, au lion léopardé de gueules accompagné de trois croissants du même[10].
    Ce blason est celui du dernier archevêque de Narbonne, Arthur Richard Dillon.

    Les communes d'Alaigne, de Bize-Minervois, de Gruissan et de Pieusse, qui sont aussi d'anciens fiefs de l'archevêque de Narbonne, ont les mêmes armoiries.

    Voir aussi

    Articles connexes

    Liens externes

    Notes et références

    Notes

    1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

    Références

    1. Carte IGN sous Géoportail
    2. Dictionnaire toponymique des communes de l'Aude, 1975
    3. Bénédicte et Jean-Jacques Fénié, Toponymie occitane, Éditions Sud-Ouest, coll. « Sud Ouest Université », , 128 p. (ISBN 978-2-87901-215-5).
    4. Abbé Antoine Sabarthès, Dictionnaire topographique du département de l'Aude, Paris, Imprimerie nationale, , p. 313.
    5. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
    6. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
    7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
    8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
    9. Château de Routier
    10. Denis-François Gastelier de La Tour, Armorial des États de Languedoc, Paris, Jacques Vincent, , 248 p. (lire en ligne)
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