Saint-Aignan (Loir-et-Cher)

Saint-Aignan ou Saint-Aignan-sur-Cher, anciennement appelée Saint-Aignan-en-Berry, est une commune française située dans le département de Loir-et-Cher, en région Centre-Val de Loire.

Pour les articles homonymes, voir Saint-Aignan.

Saint-Aignan

Vue de la commune depuis le château.

Blason
Administration
Pays France
Région Centre-Val de Loire
Département Loir-et-Cher
Arrondissement Romorantin-Lanthenay
Canton Saint-Aignan
(chef-lieu)
Intercommunalité Val de Cher - Controis
Maire
Mandat
Éric Carnat
2014-2020
Code postal 41110
Code commune 41198
Démographie
Gentilé Saint-Aignanais(e)[1]
Population
municipale
2 849 hab. (2017 )
Densité 154 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 16′ 10″ nord, 1° 22′ 36″ est
Altitude Min. 64 m
Max. 164 m
Superficie 18,48 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Centre-Val de Loire
Saint-Aignan
Géolocalisation sur la carte : Loir-et-Cher
Saint-Aignan
Géolocalisation sur la carte : France
Saint-Aignan
Géolocalisation sur la carte : France
Saint-Aignan
Liens
Site web www.ville-staignan.fr/

    Géographie

    Érigée à flanc de coteau sur les bords de la rivière Cher, la cité possédait une situation très enviée au carrefour de trois provinces : Orléanais, Berry et Touraine. Elle conserve de son histoire une architecture urbaine faite de petites ruelles ainsi que de nombreux monuments.

    Histoire

    Les Donzy (dont Hervé IV) puis leurs descendants Nevers, Auxerre-Tonnerre, enfin Beauvilliers, furent seigneurs de Saint-Aignan, qui fut érigé en duché en 1663 pour François-Honorat de Beauvilliers (1607-1687), père des ducs Paul (1648-1714) et Paul-Hippolyte (1684-1776) : voir l'article Beauvilliers. Dans la région, les Donzy eurent aussi Selles en partie, Valençay, Gien un moment : leurs possessions aux confins de la Touraine et du Berry peuvent s'expliquer par leurs liens avec les anciens comtes de Blois, suzerains de la contrée, dont la maison féodale, les Blois-Champagne, eurent aussi Sully et Sancerre. Vers l'an mil, Les premiers Donzy[2] Geoffroy Ier et son fils Hervé Ier, issus de la maison de Semur, ont déjà St-Aignan, et luttent avec Eudes II contre Foulque Nerra d'Anjou. Comme les Beauvilliers ont eu au XIXe siècle pour descendants et héritiers les La Roche-Aymon, toujours propriétaires du château (voir plus bas), le domaine de Saint-Aignan est dans la même famille en lignée féminine depuis un millier d'années, ce qui est exceptionnel.

    Saint-Aignan fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.

    Le dernier Duc de Beauvilliers fut guillotiné un jour avant Robespierre.

    Entre 1790 et 1794, la commune a absorbé celle voisine de Saint-Aignan-Hors-l'Enclos[3].

    Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Carismont[3].

    Après l'entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale, une partie du Corps expéditionnaire américain en Europe est stationnée ou transite dans des camps environnant Saint-Aignan[4].

    Le , Georges Carpentier (à gauche) est opposé au sergent américain R. Williams (à droite) à Saint-Aignan.

    Entre le 29 janvier et le 8 février 1939, plus de 3 100 réfugiés espagnols, fuyant l'effondrement de la République espagnole devant Franco, arrivent dans le Loir-et-Cher. Devant l'insuffisance des structures d'accueil (les haras de Selles-sur-Cher sont notamment utilisés), 47 villages sont mis à contribution[5], dont Saint-Aignan[6]. Les réfugiés, essentiellement des femmes et des enfants, sont soumis à une quarantaine stricte, vaccinés, le courrier est limité, le ravitaillement, s'il est peu varié et cuisiné à la française, est cependant assuré[7]. Au printemps et à l'été, les réfugiés sont regroupés à Bois-Brûlé (commune de Boisseau)[8].

    Durant la Seconde Guerre mondiale, la ligne de démarcation passait sur le Cher, Saint-Aignan-sur-Cher étant du côté libre et Noyer-sur-Cher, en face, du côté occupé. Comme beaucoup d'autres Joseph Paul-Boncour s'échappa de la zone occupée en traversant le Cher. Il fut acceilli et caché à St-Aignan dans la résidence secondaire de la famille Dassault.

    Sa maison au bord du Cher à Noyers servait de Kommandantur aux Allemands.

    Politique et administration

    Tendances politiques et résultats

    Liste des maires

    Liste des maires successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    1759 1760 René Mouzai    
    1760 1766 Jean Durozier    
    1761 1762 Jacques Delorme    
    1762 1767 Etienne Charbonnier    
    1767 1769 Jacques Delorme    
    1775   Louis Poitelon    
    1787 1789 Mazuray   Ancien premier échevin
    1789 après 1792 Michel Bigot   Marchand et géomètre
    1794   Jean Morisset-Péan    
    1798 1799 Charles-Parfait Rouët-Trinquart    
    1799 1800 Michel Bigot   Marchand et géomètre
    1800 1815 Charles-Parfait Rouët-Trinquart    
    1815 1818 Pierre Bretheau    
    1818 1821 François-Dominique Clivot-Bertheau    
    1821 1821 Antoine Chevallier-Perreau    
    1821 1826 Gitton-Duplessis    
    1826 1827 François-Dominique Clivot-Bertheau    
    1830   Antoine Chevallier-Rouët   Tanneur
    1881 1922 Louis Ragot-Blondeau RAD Marchand de nouveautés, puis propriétaire-viticulteur
    1922 1929 Louis Besnault   Vétérinaire
    1945 1971 Jean-André Magnon   Notaire
    1977 1983 Yves Piau PS Vétérinaire
    1983 2001 Guy Martineau DVD Pharmacien
    2001 2008 Yves Piau PS Vétérinaire
    2008 2014 Jean-Michel Billon DVD Kinésithérapeute
    2014 En cours Éric Carnat DVD Ingénieur territorial
    Les données manquantes sont à compléter.

    Démographie

    Évolution démographique

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[9]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[10].

    En 2017, la commune comptait 2 849 habitants[Note 1], en diminution de 4,81 % par rapport à 2012 (Loir-et-Cher : +0,08 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    2 3412 9852 5972 8452 7722 8563 0493 1463 434
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    3 3373 6003 6483 3933 3493 3373 4713 3013 300
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    3 2083 1062 9922 7242 7682 6672 7232 6492 670
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
    3 0293 4453 6023 6003 6723 5423 2573 2093 162
    2013 2017 - - - - - - -
    2 9022 849-------
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2006[12].)
    Histogramme de l'évolution démographique


    Pyramide des âges

    La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d’un âge supérieur à 60 ans (39,6 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (26,3 %). À l’instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (53,4 %) est supérieur au taux national (51,6 %).

    La répartition de la population de la commune par tranches d’âge est, en 2007, la suivante :

    • 46,6 % d'hommes (0 à 14 ans = 14,1 %, 15 à 29 ans = 16,5 %, 30 à 44 ans = 16,6 %, 45 à 59 ans = 20,5 %, plus de 60 ans = 32,3 %) ;
    • 53,4 % de femmes (0 à 14 ans = 10,7 %, 15 à 29 ans = 13 %, 30 à 44 ans = 12,6 %, 45 à 59 ans = 17,6 %, plus de 60 ans = 46 %).
    Pyramide des âges à Saint-Aignan en 2007 en pourcentage[13]
    HommesClasse d’âgeFemmes
    1,5 
    90  ans ou +
    5,5 
    13,7 
    75 à 89 ans
    21,0 
    17,1 
    60 à 74 ans
    19,5 
    20,5 
    45 à 59 ans
    17,6 
    16,6 
    30 à 44 ans
    12,6 
    16,5 
    15 à 29 ans
    13,0 
    14,1 
    0 à 14 ans
    10,7 
    Pyramide des âges du département de Loir-et-Cher en 2007 en pourcentage[14]
    HommesClasse d’âgeFemmes
    0,6 
    90  ans ou +
    1,6 
    8,3 
    75 à 89 ans
    11,5 
    14,8 
    60 à 74 ans
    15,7 
    21,4 
    45 à 59 ans
    20,6 
    20,3 
    30 à 44 ans
    19,2 
    16,2 
    15 à 29 ans
    14,7 
    18,5 
    0 à 14 ans
    16,7 

    Culture locale et patrimoine

    Lieux et monuments

    Fresques murales datant du XIe siècle relatant la vie de saint Gilles.
    Enseigne à l'entrée du ZooParc de Beauval.
    • Collégiale Saint-Aignan de Saint-Aignan : collégiale avec crypte des XIe et XIIe siècles. Double clocher, dont le plus récent, qui surmonte le porche de l’église, a été marqué des querelles de la fin du XIXe siècle : il porte encore l’inscription « Liberté Égalité Fraternité » ; en effet, cette ville a vu naître de grandes tensions entre laïcs et chrétiens au début du XXe siècle. C’est là aussi que fut effectué le premier enterrement laïc de l’histoire de France. La collégiale a été classée monument historique dès 1845. La crypte, plus exactement l'église primitive de Saint-Aignan, abrite des fresques datant du XIIe siècle ; la plus ancienne, située dans le cul-de-four représente le Christ en majesté qui trône dans une double gloire en mandorle ;
    • Château de Saint-Aignan, bâti sur un promontoire, il domine la ville. Il est composé d’éléments de plusieurs époques, du IXe au XIXe siècle (dont la tour Hagard et les vestiges de l'ancienne forteresse constituent la partie la plus ancienne (IXe et Xe siècles)) et le château Renaissance (XVe et XVIe siècles) encore habité par la famille de La Roche-Aymon, descendants des Beauvilliers, ducs de Saint-Aignan en 1663-1828 ;

    « On y fait d'assez grands travaux, solides et même riches comme construction, mais, malheureusement, d’un style qui ne parait pas assez analogue à celui des constructions primitives. C’est par exemple une grosse tour saxonne à côté des tourelles pointues de Louis XI. Ce château est très froid. »

     Dorothée de Courlande (1793-1862), duchesse de Dino, lettre datée de Saint-Aignan, 7 décembre 1841[15]

    • Couvent Notre-Dame des Anges (couvent des Bernardines) ;
    • Maisons de chanoines dans le bourg ;
    • La Prévôté, bâtiment du XIVe siècle, servant actuellement d’espace d’exposition ;
    • Maison de la Maréchaussée, maison du XIIe siècle rue de la Raquette ;
    • Maison 24, rue de la Pêcherie ;
    • Maison à pans de bois, 27, rue Constant-Ragot ;
    • Maison Pénissart (ancien hôtel de la Croix-Blanche), 20 rue Rouget-de-Lisle[16] ;
    • Maison Patin, 9, 11 rue Constant-Ragot[17] ;
    • Perception, actuellement Groupama ;
    • Portail du champ de foire de Saint-Aignan ;

    Héraldique

    Les armoiries de Saint-Aignan se blasonnent ainsi :
    Écartelé : au premier et au quatrième de gueules à la bande d'argent, au deuxième de gueules aux deux burèles, l'une en chef, l'autre en pointe, au bâton haussé brochant arrêté à la burèle de pointe, au troisième de gueules aux deux burèles, l'une en chef, l'autre en pointe, au bâton abaissé brochant arrêté à la burèle du chef ; sur le tout écartelé : au I et IV d'azur aux trois fleurs de lys d'or, au II et III de gueules aux chaînes d'or posées en orle, en croix et en sautoir, chargées en cœur d'une émeraude au naturel.

    Personnalités liées à la commune

    • Paul de Beauvilliers (1648-1714), gentilhomme et homme d'État français, y est né.
    • Joseph Paul-Boncour (1873-1972), homme politique, y est né[18] ;
    • Georges Barré (1886-1970), général dans les troupes coloniales, y est né ;
    • Marcou Brisson, homme politique, y est né en 1739 ;
    • Armand Beauvais (1840-1911), peintre, est décédé à Saint-Aignan ;
    • Patricia Darbonville, née Maubouet à Saint-Aignan (1951-), athlète, championne de France du 400 mètres ;
    • Georges Le Bidois (1861-1945), professeur et homme de lettres. Habitait la Quézardière à Seigy, décédé à Saint-Aignan.

    Évènements

    • Festival Jazz en Val-de-Cher, depuis 1998,
    • Festival Harmonicas sur Cher depuis 2003,
    • Concerts de l'ensemble harmonique « La Musique des 3 Provinces »,
    • Concerts du groupe de percussions « Ensemble de Percussion du Val de Cher - Saint Aignan ».

    Notes et références

    Notes

    1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

    Références

    1. Gentilé sur le site habitants.fr Consulté le 10/05/2010
    2. « Donzy », sur Racines & Histoire (consulté le 11 septembre 2019)
    3. « Des villages de Cassini aux communes d’aujourd’hui », sur site de l’École des hautes études en sciences sociales (consulté le 5 octobre 2010)
    4. http://academie-de-touraine.com/Tome_21_files/120_75_303-313_couty.pdf
    5. Jeanine Sodigné-Loustau, « L'accueil des réfugiés civils espagnols de 1936 à 1940. Un exemple : la région Centre », Matériaux pour l'histoire de notre temps. 1996, no 44. p. 43.
    6. Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 47.
    7. Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 43-44.
    8. Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 46.
    9. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
    10. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
    11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
    12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
    13. « Évolution et structure de la population à Saint-Aignan en 2007 », sur le site de l’Insee (consulté le 5 octobre 2010)
    14. « Résultats du recensement de la population du Loir-et-Cher en 2007 », sur le site de l’Insee (consulté le 5 octobre 2010)
    15. Lettre citée dans « La duchesse de Dino, dernier amour de Talleyrand », Le Magazine de la Touraine, no 55, , p. 65
    16. « Maison Pénissart (ancien hôtel de la Croix-Blanche) à Saint-Aignan - PA00098572 - Monumentum », sur www.monumentum.fr (consulté le 22 février 2017)
    17. « Maison Patin à Saint-Aignan - PA00098566 - Monumentum », sur www.monumentum.fr (consulté le 22 février 2017)
    18. Notice de Joseph-Paul Boncou dans le Dictionaire des personnalités de Sologne et Environs, Le petit Solognot, printemps 2011

    Voir aussi

    Articles connexes

    Liens externes

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