Sancerre

Sancerre est une commune française située dans le département du Cher en région Centre-Val de Loire.

Pour les articles homonymes, voir Sancerre (homonymie).

Sancerre

Blason
Administration
Pays France
Région Centre-Val de Loire
Département Cher
Arrondissement Bourges
Canton Sancerre (chef-lieu)
Intercommunalité CC Pays Fort Sancerrois Val de Loire
Maire
Mandat
Laurent Pabiot
2014-2020
Code postal 18300
Code commune 18241
Démographie
Gentilé Sancerrois
Population
municipale
1 393 hab. (2017 )
Densité 86 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 19′ 55″ nord, 2° 50′ 23″ est
Altitude Min. 146 m
Max. 366 m
Superficie 16,27 km2
Localisation
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Sancerre
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Sancerre
Liens
Site web www.ville-sancerre.com

    Géographie

    Localisation

    Site

    Sancerre se situe à la limite orientale du département du Cher et de la région Centre-Val de Loire, limitrophe du département de la Nièvre et de la région Bourgogne dont elle est séparée par la Loire. Le canal latéral à la Loire traverse le territoire communal.

    Hydrographie et relief

    Le piton de Sancerre.

    Sancerre est située à 310 mètres d'altitude, sur une montagne isolée, se rattachant aux collines de la région naturelle du Sancerrois et dont le sommet domine le niveau de la Loire de plusieurs centaines de mètres.

    La commune se trouve à environ deux kilomètres de la rive gauche de la Loire et de son confluent avec la Vauvise, du canal latéral à la Loire et à 43 km au nord-est de la préfecture du Cher, Bourges. La ville s'étale sur la pente la moins escarpée, située au sud-ouest, depuis la base de la colline jusqu'au sommet[1]. Sancerre offre un panorama sur son vignoble et sur les bords de la Loire.

    Climat

    Le climat y est chaud et tempéré. Des précipitations importantes sont enregistrées toute l'année à Sancerre, y compris lors des mois les plus secs.

    D'après Köppen et Geiger, le climat y est classé Cfb. Sancerre affiche 10,3 °C de température en moyenne sur toute l'année.

    Table climatique

      Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre
    Température moyenne (°C) 2,4 3,2 6,8 9,5 13,2 16,3 18,3 17,9 15,5 10,7 6,2 3,2
    Température minimale moyenne (°C) −0,6 −0,3 1,8 4,2 7,8 10,8 12,6 12,3 10,3 6,2 2,9 0,4
    Température maximale (°C) 5,5 6,8 11,9 14,9 18,6 21,9 24 23,6 20,8 15,2 9,5 6
    Précipitations (mm) 64 58 54 52 77 68 58 65 63 63 64 69

    Les précipitations varient de 25 mm entre le plus sec et le plus humide des mois. 15,9 °C de variation sont affichés sur l'ensemble de l'année. Au mois de juillet, la température moyenne est de 18,3 °C, c'est de ce fait le mois le plus chaud de l'année. Avec une température moyenne de 2,4 °C, le mois de janvier est le plus froid de l'année.

    Chavignol

    Chavignol au milieu du vignoble de Sancerre : à l'arrière-plan, la ville de Sancerre.

    Le village de Chavignol est fusionné à la commune de Sancerre entre 1790 et 1794[2].

    Implanté dans une cuvette au milieu des vignes, le village de Chavignol s'étire le long de la route qui monte à l'église ; le roi de France Henri IV se serait exclamé sur la petite « place de l'Orme » où il se serait arrêté avec ses troupes « Hé ! Qu'en dites-vous mes gaillards ? Ventre saint gris ! Ce vin est le meilleur que j'ai bu ! Si les gens du royaume le goûtent, il n'y aura plus de guerre de religion ».

    Le crottin de Chavignol, fromage de chèvre au lait entier et cru, a aussi fait la réputation du village et bénéficie d'une appellation d'origine contrôlée (AOC) depuis 1976. La forme du fromage, due à celle de son moulage, qui rappelle celle des anciennes lampes à huile en terre cuite (le crot), explique sa surprenante dénomination[3].

    Dominant le village de Chavignol, le belvédère du Graveron offre des points de vue sur tout le Sancerrois.

    Héraldique

    Les armes de Sancerre se blasonnent ainsi :

    D'azur à la herse de labour d'or liée de gueules[4].

    Toponymie

    Le nom de la localité est attesté sous la forme Gartona au Ier siècle et les formes latinisées [castrum] sancti Satyri en 1034[5], [castrum] Sanceri en 1129.

    La hauteur primitive sur un plateau élevé à deux kilomètres sur la rive gauche de la Loire est associée à la légende du conquérant des Gaules, César. En 1146, sacro Cesaris en est d'ailleurs une dénomination de moine copiste. Ces sources érudites et historiques du XIXe siècle sont reprises par Lalanne[6]. Selon cette légende, le nom « Sancerre » serait tiré d'un hypothétique *Sacrum Caesaris, soit « de César le Sacré », ensuite christianisé en *saint César ou saint Cère.

    Les études toponymiques modernes rejettent cette explication. Si le nom antique du site de hauteur gaulois est Gortona, l'oppidum est bien antérieur à la conquête des Gaules. L'occupation de cette hauteur remonterait au-delà de la période celtique de Hallstatt. Attirée par l'eau abondante, une petite cité gallo-romaine s'installe dans la plaine alors que le site de Gortona est abandonné. Un sanctuaire dédié à saint Satyrus, martyr africain du IIIe siècle, s'élève à proximité des voies marchandes et d'un cimetière externes à la petite cité. Elle préserve le nom du martyr africain dont les restes auraient été apportés là[6].

    Au VIIIe siècle, est attesté un habitat de hauteur sur la colline, toujours dénommée Gortona, selon des fouilles archéologiques. Une partie des reliques y est mise fin IXe siècle à l'abri des pillages. En 1034, il est fait mention d'un château sancti Satyri, dans un document rédigé en latin médiéval. La forme populaire de Satyrus donne Sayre en ancien français, puis Serre.
    Sancerre est donc un *Saint-Satur[7] analogue à Saint-Satur (Cher, S. Satyrus 1104), avec une évolution phonétique populaire.

    Histoire du Sancerrois

    De 1152 à 1789, le comté de Sancerre appartient à de grandes familles du royaume de France, successivement la maison de Sancerre (1152-1419), la maison d'Auvergne (1419-1436), la Famille de Bueil (1451-1628), la maison de Condé (1628-1777), la maison d'Espagnac (1777-1786) et le roi Louis XVI (1786-1791).

    Antiquité

    Localisée dans la partie de la Gaule située entre la puissante tribu celtique des Bituriges et celle des Éduens, la colline de Sancerre surplombant l'un des rares endroits guéables de la Loire aurait intéressé Jules César qui y sédentarisa un peuple originaire de Bohême, les Boïens. La ville de Gorgobina, « cité capitale » de ce peuple, occupe aujourd'hui ce qui est devenu le quartier hors les murs de Saint-Romble de Sancerre et Saint-Thibault-sur-Loire[8]. Les vins produits dans la région auraient commencé à gagner en popularité dès l'année 313 lorsque l'Empereur Constantin Ier déclara le christianisme comme religion officielle. Le vin prend alors une valeur dans le culte chrétien[9].

    Moyen Âge central et tardif

    Le château de Sancerre, dont la date de fondation est inconnue, est construit à partir du XIIe siècle par Étienne Ier de Sancerre, fils de Thibaut IV de Blois dit Le Grand, sur une colline facilement défendable, et à proximité du village formé autour de l'abbaye de Saint-Satur. Un nouveau village se constitua autour du château, qui finit par devenir plus important que le village d’origine[10]. La colline de Sancerre a servi de refuge aux populations lors des désordres de la nature et des invasions.

    Étienne Ier fortifie la cité, bat monnaie, développe la culture de la vigne, avant son décès survenu probablement en 1176. Il est à l'origine de la dynastie de la Maison de Sancerre et ses descendants régneront sur la cité jusqu'en 1419. En 1152, la région est promue comté dépendante de la Champagne, sous le nom de Sancerre. En 1226, le roi de France, Louis, achète la souveraineté de Sancerre à Thibaut Ier de Navarre.

    On remarque Louis de Sancerre promu en 1369 maréchal de France. Il mène la reconquête des terres contrôlées par l'Anglais: le Poitou, la Saintonge ainsi qu'une partie de la Guyenne[11]. Ces exploits lui offrent le titre de connétable de France en 1397. En 1383, son frère Jean III de Sancerre a acquis la terre de Boisgibault assise au comté de Sancerre, de Gaucher de Châtillon, seigneur de Tracy ; il fait construire en 1380 le donjon (de nos jours connu sous l'appellation « tour des Fiefs ») du château féodal qui comprenait à l'époque six tours.

    Louis XI fait évoluer l'administration de la ville. En novembre 1480, il y ordonne la création d'un échevinage, en nommant un maire, Pierre Deville, ainsi que six échevins et six bourgeois-conseillers[12].

    Époque moderne

    Les habitants de la ville comtale embrassent la réforme protestante dès les années 1550. Sancerre est à l'époque une forte position et devient une place de guerre calvinistes. La paix de Saint-Germain en 1570 la laisse théoriquement au roi de France Charles IX, mais elle est acquise aux protestants.

    Sancerre au XVIe siècle.

    Sancerre continue à résister un an après le massacre de la Saint-Barthélemy et la reprise des guerres. La ville forte a refusé de « faire cesser les prêches » et de recevoir une garnison royale. Elle est l'objet d’un siège de huit mois, de mars à août 1573, par les forces catholiques du roi, une armée de sept mille hommes, commandée par le gouverneur du Berry, le maréchal de La Châtre. Les catholiques de la ville, au lieu de fuir, se joignent par solidarité citadine aux protestants.

    Le siège a été raconté par un pasteur protestant, également grand voyageur et homme de lettres, qui a survécu au siège, Jean de Léry, dans l'Histoire mémorable du siège de Sancerre. Ce siège est effroyable : la ville reçoit 5 915 coups de canons, la famine terrasse cinq cents habitants, on mange le cuir des souliers, des pains de paille et d'ardoise pilée. Le , la ville capitule après 220 jours de siège. Les représailles royales sont sévères : les murailles sont détruites, les portes de la ville brûlées, la cloche du beffroi confisquée, une amende de quarante mille livres exigée. Le , l'échevin et gouverneur militaire de la ville, André Jouhanneau, est assassiné et son corps jeté dans le puits de la Halle[13]. Le nom de « Petite Rochelle » lui est donné après avoir subi un pareil siège.

    Siège de Sancerre au XVIe siècle.

    Le démantèlement du château est ordonné en 1621 par Henri II de Bourbon-Condé, le gouverneur du Berry, à la suite d'un ultime soulèvement contre le pouvoir royal. Le Concordat de 1802 permettra la réouverture d'un temple protestant ainsi que la présence d'un pasteur. À partir de 1627, le vin abonde et les terres à cultiver deviennent trop importantes en superficie. Le roi de France Louis XIII interdit alors la plantation de nouveaux vignobles dans la région mais cette loi est levée en 1791 lors de la Révolution française[9].

    Révolution française

    En 1789, Vincent Poupard, curé de Sancerre, est élu député du clergé pour les États généraux de 1789 de Versailles. Pendant la Révolution française, le peuple tente de faire face aux lois nationales monarchiques qui le privent de ses libertés et attaquent ses convictions. En 1795, la commune de Sancerre se soulève avec à sa tête Antoine Le Picard de Phélippeaux. Ce fut un ami de Bonaparte à l'École militaire de Paris. En avril de cette année, Sancerre fait l'objet d'occupation par les forces de l'armée royale. Phélippeaux est fait prisonnier mais réussit à s'échapper en Angleterre. Il décède finalement en 1799 face à son ancien compagnon Bonaparte en défendant la ville de Saint-Jean-d'Acre. Sancerre est chef-lieu de district de 1790 à 1800 puis chef-lieu d'arrondissement jusqu'en 1926[11].

    XIXe siècle

    Dans les années 1850, des maladies apparaissent telles que l’oïdium. Cette maladie fut un fléau pour les habitants durant une quinzaine d'années, elle a aussi ravagé de nombreux vignobles[9]. Avant 1880, Sancerre, sous-préfecture du Cher à 48 km au nord-est de Bourges, compte 3 700 habitants[réf. souhaitée]. La ville est irrégulièrement bâtie et entourée de magnifiques campagnes. Elle dispose d'un tribunal de première instance, d'un collège et d'une société d'agriculture. Le commerce de chanvre, de grains, de noix, de laine et bestiaux la caractérise, en plus de son vignoble producteur de bons vins rouges et blancs.

    XXe siècle

    La tour des Fiefs, dernier vestige du château féodal.

    Politique de la ville avant la Seconde Guerre mondiale

    Sancerre, commune socialiste de Paul Milhiet

    En 1935, à la suite des élections municipales, le maire de la ville est Paul Milhiet. Il est le successeur de Jules Habert et reste maire de Sancerre de 1919 à 1942, avant d’être révoqué par le gouvernement de Vichy. La liste de Milhiet est composée de socialistes et de radicaux socialistes. Cette liste est élue dans sa totalité au premier tour, face à une liste de modérés et un candidat isolé. Paul Milhiet remporte donc ces élections au premier tour avec 343 voix. En conséquence, le maire sortant garde sa place de maire, et la ville est à majorité socialiste en 1935[14].

    Élections législatives du 26 avril et du 3 mai 1936 dans le Sancerrois

    Dans le canton de Sancerre, c’est un député SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) qui est élu et qui siège à l’Assemblée nationale. Il s’agit de Jean Castagnez, né le 29 avril 1902 à Castillonnès (Lot-et-Garonne) et mort le 5 juillet 1976 à Cadillac-sur-Garonne (Gironde). Il a créé le 15 avril 1932 le bimensuel socialiste Le Sancerrois[15]. Lors de ces élections, il remporta au premier tour 34,2 % des voix et le candidat communiste Joseph Millérioux seulement 9,5 % des voix. Millérioux s’est désisté au second tour au profit de Castagnez qui fût élu[16]. Les élections de 1936 aboutissent sur le deuxième mandat de Castagnez, en effet, il avait déjà été élu député du Cher lors des élections de 1932, en récupérant les voix des communistes.

    Élections sénatoriales du 23 octobre 1938

    Lors des élections sénatoriales du 23 octobre 1938, le département du Cher vote à gauche, mais c’est André Breton qui est élu. Le maire de Sancerre s’était présenté, ainsi que son conseiller Victor Bouillot, un républicain. Milhiet, le maire de Sancerre, ne récolta que 69 voix, et son conseiller général Victor Bouillot, républicain, en obtint 157. Il y eut aussi la participation du maire d’Aubigny-sur-Nère, monsieur Morin, qui était radical socialiste[17]. Les candidats du Sancerrois n’ont pas été élu mais Victor Bouillot n’a que 15 voix d’écart avec André Breton. Il remercie alors les électeurs socialistes sur le numéro du Journal de Sancerre qui suit cette élection. Ce journal est situé plutôt à gauche politiquement mais Bouillot tient à remercier les électeurs. En effet, il dit : « J’ai essayé de grouper tous les citoyens de bonne volonté autour du vieil idéal républicain d’union et de concorde qui avait tant de fois conduit nos devanciers à la victoire »[17].

    Victor Bouillot avait cherché à rassembler des électeurs de bords différents, ce qui lui a tout de même permis de récolter un bon nombre de voix, beaucoup plus que le score des candidats SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière), dont fait partie Paul Milhiet qui n’a obtenu que 69 voix[18].

    Premiers mouvements de troupes dans le Sancerrois à l'été 1940, la guerre atteint la population

    Alors que la bataille de France dure depuis le 10 mai sur la frontière Est de France, le 16 juin 1940 marque la retraite des troupes françaises dans le Sancerrois. Le groupe d’armées N° 4 est un groupe d’armées fondé en à l’Est et qui regroupe la deuxième et la quatrième armée. Il est dirigé par le général Charles Huntziger[19]. Ce groupe d’armées se repli donc le 16 juin 1940 sur la Loire, entre la ville de Cosne-sur-Loire, dans la Nièvre, jusqu’au sud de la ville de Bourbon-Lancy, dans le département de la Saône-et-Loire[20]. Ce mouvement de retraite s’inscrit dans le plan de repli sur toute la Loire des différents groupes d’armées. Par exemple à Saumur où les cadets ont combattu les forces allemandes largement supérieures en nombre et en matériel. Le secteur du Sancerrois est essentiellement défendu par des divisions d’infanterie issues du quatrième corps d’armées. Elles sont déployées de sorte à maintenir les ponts et certains points clés du secteur pour coordonner la suite des opérations militaires. Au nord, dans la ville de Cosne-sur-Loire, on trouve le 27e groupe de reconnaissance de division d’infanterie (GRDI). C’est une unité créée avant la guerre et qui regroupe des divisions d’infanterie ainsi que des escadrons de cavalerie chargées de plusieurs missions. Les escadrons devaient par exemple prendre contact avec les forces ennemies, prendre des renseignements, mais aussi sécuriser des points stratégiques ou des formations ainsi que renforcer les divisions d’infanterie[21]. Le 27e groupe de reconnaissance était composé du 20e régiment de dragons et des 11e et 29e centre mobilisateur de cavalerie (CMC). Ils étaient accompagnés de la 21e division d’infanterie. Ce GRDI était composé de 28 officiers, 63 sous-officiers et 594 hommes de troupes. Leur armement, en plus de celui réglementaire du soldat français de juin 1940, était agrémenté d’armes collectives, comme des mitrailleuses Hotchkiss M1914 ou des Reibel MAC 31. De plus, on peut ajouter des FM 24/29, utilisés par un seul homme avec des chargeurs transportés dans des ceinturons adéquats par un second soldat. Il y avait aussi la présence d’armes plus lourdes, comme des canons et des mortiers, sans compter tous les véhicules accompagnants le 27e GRDI, comme les camions, les motos et les véhicules présents pour soutenir les troupes[22].

    La ville de Sancerre était elle aussi défendue par un GRDI, le 40e GRDI. Il était composé de la 7e DI et de la 238e division d’infanterie légère, et était soutenu par le quatrième centre mobilisateur de cavalerie. Ce GRDI était commandé par les généraux Hupel et Debeney[23]. Ce GRDI fût présent à Sancerre du 16 au 21 juin 1940[24] dans l’opération de repli des troupes françaises. C’est aussi à ce moment là, le 17 juin, que le Maréchal Pétain donne depuis Bordeaux son discours appelant à l’arrêt des combats pour les forces françaises. Les troupes françaises dans le Sancerrois sont alors présentes dans une optique de défense du territoire face aux troupes allemandes, le combat est déjà perdu mais les armées restent en place jusqu’au 21 juin, veille de la signature de l’armistice du 22 juin 1940[25]. De nombreux autres régiments, essentiellement des divisions d’infanterie et des GRDI, ont manœuvré dans le Sancerrois avant la déclaration de l’armistice.

    Début de l’occupation de la ville en juin 1940

    Présence des forces allemandes dans la ville

    La région de Sancerre est occupée entre le 19 juin et le 24 juillet 1940 par des éléments du 38e corps d’armé de la Heer. Il s’agit de la première division de cavalerie (une division composée de combattants à cheval), et des 6e, 27e et 46e divisions d’infanterie. Ces unités sont sous les ordres du Generalfeldmarschall Erich von Manstein[26]. Le rôle du général dans le Sancerrois était de restructurer ses divisions d’infanterie et de cavalerie en divisions Panzers et en divisions mécanisées. Von Manstein est considéré par certains historiens militaires et généraux de la Wehrmacht ainsi que de l’Armée rouge comme un excellent stratège, d’après Benoît Lemay. Par la suite, les troupes d’occupation seront moins nombreuses dans le Sancerrois car la région n’est pas d’une importance stratégique capitale et ne nécessite pas d’être gardée par une division de cavalerie et trois d’infanterie.

    Réquisitions de logements par la Wehrmacht

    Une fois la ville capturée, la Wehrmacht réquisitionna de nombreux logements pour ses soldats et ses officiers. Ces logements de soldats sont consignés par l’administration allemande. C’est le cas de madame Parmentier, qui habitait au no 4 de l’avenue Nationale à Sancerre, a logé dans sa maison quatre sous-officier et six soldats entre le et le 7 décembre 1942[27]. Certains avaient aussi l’obligation de loger des blessés ou des malades, comme Sabassier qui a du loger dans sa maison place de la Halle à Sancerre quatre blessés du 24 novembre 1942 au 7 décembre 1942. Par ailleurs, Édouard Rafaitin, propriétaire d’un hôtel Rempart des Augustins, a fourni une chambre pour un capitaine et une autre pour son ordonnance entre le et le premier avril 1941. Les Allemands ont aussi investi certains garages et ateliers pour entretenir leurs véhicules. C’est le cas de Jean Gauyer qui devait s’occuper de dix « Kraftfahrzeuge », des véhicules à moteur, dans son atelier-garage de la rue Saint-André à Sancerre. Monsieur Gaudry et madame Morin devaient eux aussi voir leur atelier occupé mais seulement pour un seul véhicule pour chaque garage[28]. De plus, ils devaient offrir leurs services de mécanicien aux Allemands. Aussi, entre le 25 juin 1940 et le mois de janvier 1942, on compte 47 logements, bâtiments et garages réquisitionnés pour loger les troupes allemandes dans la ville de Sancerre. Le château de Sancerre, propriété de la famille Marnier-Lapostolle, famille productrice de vin de Sancerre mais surtout de Grand-Marnier depuis le 19e siècle. Ils ont logé l’état-major avec le général von Manstein pendant qu’il dirigeait les opérations dans le Sancerrois. Toutes les réquisitions de logement ont été couvertes par des indemnités données par l’État français, elles ne concernent que les jours où les logements étaient occupés, pas les occupations illégales et les dégâts engendrés. Ces indemnités devaient être versées par la préfecture sur production d’états établis par le maire des communes. De plus, les indemnités comprennent aussi les écuries réquisitionnées pour loger les chevaux, mais uniquement ceux utilisés pour un usage militaire[28]. Pour les réquisitions des mois de juin et juillet 1940, la préfecture a dû rembourser 6 897 francs, sous forme d’indemnités, aux habitants de Sancerre ayant eu une occupation totale de leur foyer. En comparaison, pour les mois de et janvier 1942, les indemnités s’élèvent à 9 534 francs pour les habitants subissant une occupation partielle de leur logement.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, Sancerre aurait été un centre de commandement régional pour la Résistance intérieure française. En août 1944, lors de l’opération Spencer, Sancerre était positionnée sur l'aile droite. Cette offensive alliée visait à empêcher les Allemands de traverser la Loire entre Gien et Nevers et renforcer les troupes en Bretagne. Les Forces françaises libres y ont fait sauter le pont de Saint-Thibault-sur-Loire. Dans les années 1960, l'export du vin dans la capitale s'intensifie grâce au développement des chemins de fer à proximité du vignoble. Sancerre ouvre ses portes au pays français, ce qui permet de promouvoir ses vins.

    Paysage

    Ses vins et son vivant

    Les viticulteurs sancerrois produisent un vin blanc sec issu de sauvignon blanc ainsi qu'un rouge et un rosé issus du pinot noir. Les vins blancs et rouges issus de ces cépages obtiennent l'appellation d'origine contrôlée respectivement en 1936 et 1959[9]. Les vins de Sancerre sont aujourd'hui connus dans le monde entier[29].

    Politique et administration

    Tendances politiques et résultats

    Liste des maires

    Liste des maires depuis la Libération
    Période Identité Étiquette Qualité
    1971 1995 Jacques Genton UDF Secrétaire général honoraire du comité économique et social des communautés européennes
    Sénateur (1971-1998)
    1995 mars 2001 Pierre Touzery DVD Conseiller général (1994-2001)
    mars 2001 2014 Jacques Haton SE  
    2014 En cours
    (au 27 septembre 2014)
    Laurent Pabiot[31] LR Chef d'entreprise
    Président de la Communauté de Communes

    Politique environnementale

    Dans son palmarès 2016, le Conseil National des Villes et Villages Fleuris de France a attribué une fleur à la commune au Concours des villes et villages fleuris[32].

    Démographie

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    2 6302 6342 3573 1023 0323 4823 4833 6483 703
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    3 6933 7583 7073 6713 6913 7953 7923 8533 301
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    2 9982 9702 8222 4082 3372 0672 1432 2412 629
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
    2 5432 4612 4602 1392 0591 7991 8311 6671 444
    2017 - - - - - - - -
    1 393--------
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[33] puis Insee à partir de 2006[34].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Économie

    Le vignoble de Sancerre.

    La commune possède deux appellations d'origine contrôlée, le vin de Sancerre et le fromage de chèvre crottin de Chavignol.

    Culture

    Littérature

    Sancerre et le Sancerrois ont inspiré plusieurs auteurs francophones et anglophones. Au XIXe siècle, François-René de Chateaubriand séjourna au château de l’Estang, Stendhal au château de Tracy lors d’un bref séjour en 1830.

    L'action de La Muse du département d'Honoré de Balzac se situe à Sancerre. Sancerre est aussi la patrie de deux des principaux personnages de La Comédie humaine, le médecin Horace Bianchon et le journaliste Étienne Lousteau.

    Georges Simenon a séjourné dans un hôtel situé à Saint-Thibault-sur-Loire ; il y a écrit le roman Les Sœurs Lacroix (1938). Sancerre accueille une enquête du commissaire Maigret, du même écrivain : Monsieur Gallet, décédé (1931).

    Médias

    Presse écrite

    Radios

    Télévision

    Patrimoine

    • Le vignoble sancerrois.
    • L'église Notre-Dame de Sancerre, XVIIe-XIXe siècle.
    • L'église Saint-Pierre de Sancerre.
    • L'hôtel de la Thaumassière[35] date du XVIIe siècle ; son toit est orné de belles sculptures en pierre, la façade.
    • La Tour des Fiefs : du haut de ses 195 marches et d'une hauteur de quarante mètres, ce dernier vestige de l'ancien château féodal offre une belle vue panoramique sur Sancerre et sa région ; l'arrière est orné d'une magnifique glycine plantée en 1903.
    • La place du Beffroi et le beffroi de Sancerre, dit aussi « tour Saint-Jean », qui fut privé de son horloge et de sa cloche après le siège de 1573. Une chapelle se trouve au rez-de-chaussée.
    • Le temple protestant : ancienne « chapelle des nouvelles converties » concédée aux protestants de la ville dès 1797. Ce bâtiment, remanié en 1894, a été inauguré en 1700. Il a été construit avec les matériaux récupérés des anciens temples détruits au moment de la Révocation de l’Édit de Nantes, en 1685.
    • Le logis du seigneur d'Herry, demeure à tourelle d'escalier, fin XVe siècle, devenue après restauration la « maison des Sancerre »[36],[37], musée interactif, ou maison Farnault[38].
    • Maisons anciennes situées dans des rues étroites et pittoresques dont le quartier des vignerons et la « rue des Juifs »[39].

    Personnalités liées à la commune

    Le connétable de France, Louis de Sancerre.

    Plusieurs personnalités sont liées à la commune :

    Sport

    Cadre de vie

    La commune possède les labels ville fleurie, une fleur lui a été attribuée par le conseil national des villes et villages fleuris de France dans le cadre du concours des villes et villages fleuris[41], et Les Plus Beaux Détours de France[42].

    Notes et références

    1. La Grande Encyclopédie, San Blas - Sancerre, op. cit., p. 411.
    2. « Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui. Chavignol », sur site de l'École des hautes études en sciences sociales (consulté le 11 mai 2011).
    3. « Chavignol », sur www.inao.gouv.fr, ministère de l'Agriculture. Institut national de l'origine et de la qualité, (consulté le 28 novembre 2011).
    4. Le blason de la commune sur Gaso (consulté en février 2009).
    5. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 628a, 641b.
    6. Lalanne, Dictionnaire historique de la France, vol. 1, p. 468.
    7. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit.
    8. Gustave Bourra, Histoire de Sancerre depuis son origine jusqu'à nos jours, (lire en ligne), p. 7.
    9. Sancerre Tourism, « Guide du Sancerrois - Sancerre Tourism : histoire des vins de Sancerre - Histoire du vignoble », sur sancerre-tourism.com (consulté le 21 avril 2018).
    10. Archives départementales de l’Indre, Berry médiéval : à la découverte de l’Indre au Moyen Âge, catalogue d’exposition, Châteauroux, Archives départementales de l’Indre, 2009, p. 53.
    11. Tout l'univers, Paris, Fratelli Fabbri Editori, Milan, (ISBN 2-245-01043-4), p. 2418-2419.
    12. https://books.google.fr/books?id=j3kUAQAAMAAJ&pg=PA598 Lettres patentes de Louis XI, Les Forges-lèz-Chinon, novembre 1480.
    13. D'après un panneau d'information touristique situé devant le château de Sancerre.
    14. AD-18, 23 M 279 : Élections municipales, 5-12 mai 1935.
    15. AD 18, Per 29 : Le Sancerrois, Organe de la démocratie socialiste et républicaine de l’Arrondissement de Sancerre, 1re année, no 1, 15 avril 1932.
    16. AD 18, Per 29 : Le Sancerrois, Organe de la démocratie socialiste et républicaine de l’Arrondissement de Sancerre, 2e année, no 27, 13 mai 1936.
    17. AD-18 19 M12 : élections sénatoriales de 1938.
    18. AD-18, 7 J 73 : élections sénatoriales de 1938.
    19. David Delporte, Didier Houliez, Éric Denis, Louis Capdebosq et Alain Adam, « Armée de Terre Française 1940 », sur atf40.fr.
    20. Mollans (de), Henri, Combats pour la Loire, juin 40, Chambray-lès-Tours, 1985, 171 p.
    21. Wailly (de), Henri, « Le coup de Faux », assassinat d'une ville, Paris, Copernic, 1980, 255 p.
    22. Bellec, Olivier, 1940. Le soldat français, t. 2, Équipement-Armement-Matériels, Paris, Histoire et Collections, 2010, 160 p.
    23. GRCA (Groupe de reconnaissance des corps d’armées), Site de l’association GRCA 1939-40 qui regroupe les témoignages des soldats des différents GRDI.
    24. Auteur inconnu, Carnet de route du 40e groupe de reconnaissance de division d'infanterie, Paris, Imprimerie Firmin Didot et Compagnie.
    25. Azema, Jean-Pierre, 1940, l'année noire : De la débandade au trauma, Paris, Fayard, 2010, 480 p.
    26. Benoît Lemay, Le Feld-maréchal Erich von Manstein : étude critique du stratège de Hitler, dans : Guerres mondiales et conflits contemporains, no 221, 2006, p. 71-82.
    27. Annexe no 10 : Logement de 4 sous-officiers et 6 soldats dans la maison de madame Parmentier, domiciliée au 4 de l’avenue Nationale à Sancerre, du 19 novembre 1942 au 7 décembre 1942, archive AD-18, 747 W 62, occupation étrangère : réquisitions de logements par communes de Sancerre à Savigny-en-Sancerre.
    28. AD-18, 747 W 62, occupation étrangère : réquisitions de logements par communes de Sancerre à Savigny-en-Sancerre.
    29. (en) John Brunton, « Sancerre wine route: top 10 guide », sur The Guardian, (consulté le 25 avril 2017).
    30. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97297891/f4.image.r=canton
    31. Liste des maires du Cher et appartenance des communes aux cantons sur le site de la préfecture (consulté le 27 septembre 2014).
    32. Site des villes et villages fleuris (consulté le 23 décembre 2016).
    33. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
    34. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
    35. César de la Thaumassière était le médecin de Henri II de Bourbon-Condé.
    36. D'après le panneau d'information touristique no 20, situé devant le musée.
    37. « Maison des Sancerre ».
    38. « Maison Farnault à Sancerre », sur monumentum.fr, 10 octobre 2019.
    39. D'après le concile local de Bourges de 1276, les Juifs de Sancerre se devaient d'habiter cette rue.
    40. Peintre clermontois, élève de David, œuvre commandée par M. de Montalivet lors du refus de Bonchamps, tableau restauré en 1988.
    41. Site du conseil national des villes et villages fleuris de France.
    42. Sancerre, sur Les Plus Beaux Détours de France.

    Voir aussi

    Bibliographie

    • Jacques Faugeras, Étienne de Blois-Champagne, premier comte de Sancerre.
    • Jacques Faugeras, Jean de Bueil, Le Fléau des Anglais, comte de Sancerre.
    • Jean de Léry, Histoire mémorable du siège de Sancerre.
    • Jacques Faugeras, Sancerre, deux millénaires d'histoire, Éd. du Terroir.
    • Léopold Bonnin, Description de la ville de Sancerre, 1877, Éd. originale Éd. du Terroir.
    • Abraham Malfuson, 1573 Sancerre, l'enfer au nom de Dieu, Édition présentée par Frank Lestringant et René Vérard, 2008, Regain de lecture.

    Articles connexes

    Liens externes

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