Solidobalanus fallax

Solidobalanus fallax (Broch, 1927) (=Balanus fallax Broch, 1927) ou «balane trompeuse » ainsi dénommée probablement à cause de sa variabilité et des possibilités de confusion avec d’autres espèces, notamment Balanus crenatus et Balanus amphitrite. C’est une espèce introduite récemment sur les côtes européennes

Historique

S. fallax est une espèce originaire d’Afrique du Nord et de l’Ouest, où elle se trouve, de manière probablement discontinue, depuis Alger jusqu’en Angola[1] Trouvée pour la première fois en Europe au large de Plymouth en 1994[2]. Une récolte antérieure (1988) au large de la Cornouaille anglaise était initialement passée inapercue[3] La première récolte en France semble avoir été faite sur la côte nord de la Bretagne (Trebeurden-Ploumanac’h) en 1996, voire 1993[4],[3]. Elle est signalée sur la côte sud de la Bretagne (au large de l’île d’Houat) en 1999[5]. C’est une espèce à rechercher et mérite d’être signalée en cas de découverte.

Description

S. fallax est une balane relativement petite, mais qui peut cependant atteindre 12 mm de diamètre et ces grands individus sont souvent accompagnés de nombreux plus petits, de 5–mm de diamètre[6]. Ces deux tailles représentant probablement deux générations consécutives[3].

Sa couleur est variable : certains individus sont presque entièrement blancs, souvent c’est le rostre seul qui est blanc, le reste est coloré en rose ou rouge[6] d’autres individus enfin portent des bandes roses ou rouges alternant avec des blanches, disposées selon l’axe base-sommet.

L’orifice est approximativement losangique, avec un arrondi cependant au niveau du rostre. Sa bordure est crénelée, parfois plus que chez B. crenatus[6].

Les scutum portent des stries d’accroissement mais pas de stries longitudinales divergentes[1] leur aspect n’est donc pas réticulé.

Le tergum a un éperon étroit à extrémité arrondie[6].

Solidobalanus fallax. Languettes tergo-scutales.

Les languettes tergo-scutales sont jaunes, traversées par quatre bandes de brun, clair ou foncé[6].

La base est calcaire et comporte des cannelures ouvertes (et non pas des tubes : elle n’est pas de type poreux) disposés de manière rayonnante. Il en est de même pour les plaques de la muraille [6].

Reproduction

On sait peu de choses de sa reproduction en Europe. En tant qu’espèce des mers chaudes elle est supposée se reproduire en été. Des exemplaires contenant des pontes ont été trouvés en mai mais la période de fixation des cypris se situerait de septembre à novembre[6] Le développement larvaire comporte, comme d’habitude chez les balanes, 6 stades nauplius dont l’ensemble dure 8 jours à 25 °C et un stade cypris [7]. La durée de vie de S. fallax ne dépasse guère un et tout au plus deux ans probablement[6].

Écologie

S. fallax peut se rencontrer sur l’estran au niveau des plus basses mers de vive eau notamment sur les crampons de la laminaire Laminaria hyperborea, mais c’est essentiellement une espèce de l’infra-littoral qui descend jusqu’à environ 60 m de profondeur [6].

Caractère très particulier, elle ne se fixe pas sur les roches mais principalement sur les coquilles du bivalve Aequipecten opercularis, les coquilles de Buccinum undatum habitées par le pagure Eupagurus bernhardus, la cuticule de crustacés (araignée de mer, Maia squinado, homard, Homarus gammarus) et certains cnidaires dont la gorgone Eunicella verrucosa. Enfin sur divers objets en matière plastique, dont les casiers à crustacés[3],[6].

Solidobalanus fallax. Trois individus fixés à la tige d'un hydraire

La fixation de cette balane sur la gorgone Eunicella est préoccupante car elle peut avoir des effets néfastes (ralentissement de la cicatrisation, facilitation de l’installation de nouveau épibiontes etc.) sur cette belle espèce dont les populations sont relativement rares et discontinues[3].

Distribution en Europe

Effectivement rencontrée au Portugal, en Espagne, en Bretagne-Sud et Bretagne-Nord, dans le sud-ouest de l’Angleterre et au Pays de Galles, S. fallax paraît absente de la Manche-Est mais a été signalée à de nombreuses reprises sur des objets échoués sur le littoral de la Belgique et des Pays-Bas[3],[6].

Il est probable que des recherches nouvelles permettront de densifier et d’étendre la carte de son aire de répartition dans l’ouest tempéré et le sud de l’Europe.

Références

  1. Stubbings, H.G. 1967. The cirriped fauna of tropical West-Africa. Bulletin of the British Museum (Natural History), Zoology, 15 : 229-319
  2. A.J. Southward. 1995.Occurrence in the English Channel of a Warm-Water Cirripede, Solidobalanus Fallax. Jour. mar. biol.Ass.U.K. 75: 199-210. Abstract.
  3. Southward, A.J., Hiscock, K., Kerckhof, F. Moyse, J. & Elfimov, A.S. 2004. Habitat and distribution of the warm-water barnacle Solidobalanus fallax (Crustacea : cirripedia). Jour. Mar. biol. Ass. U.K. 84 : 1169-1177. sabella.mba.ac.uk/2220/01/south.pdf
  4. Castric-Fey, A. 1996. Richesse et biodiversité en mer mégatidale : communautés subtlittorales rocheuses de la région Trébeurden-Ploumanac’h (Nord Bretagne, France) Cahiers de Biologie Marine, 37 : 7-31
  5. Carriol, R.P.2001. Crustacés cirripèdes actuels du Muséum d’Histoire Naturelle de Lyon. Cahiers scientifiques. Muséum d’Histoire naturelle de Lyon, 1 : 5-17
  6. Southward, A.J..2008. Barnacles. Keys for the identification of British species. Synopses of the British fauna. no 57. 140p. 4 pl.
  7. KORN O. M. (1) ; ELFIMOV A. S. 1999.Larval development of a warm-water immigrant barnacle, 44Solidobalanus fallax44 (Cirripedia: Archaeobalanidae) reared in the laboratory. Jour. mar. biol. Ass.U.K, vol. 79, no6, pp. 1039-1044. Abstract.

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