Sous-espèce

En taxonomie (botanique, zoologie, etc.), une sous-espèce est un niveau intermédiaire, immédiatement inférieur, à la catégorie espèce de la classification classique des êtres vivants (voir systématique). C'est un terme utilisé assez fréquemment sans problème pour les animaux, mais de manière assez controversée pour ce qui est de son utilisation chez l'homme.

Concept

Bergeronnette grise, Motacilla alba alba.
Bergeronnette de Yarrell, Motacilla alba yarrellii

Ces deux bergeronnettes mâles ont été décrites comme deux sous-espèces différentes d’une même espèce : Motacilla alba.

Au sein d’une espèce donnée, une sous-espèce consiste en un groupe ou une population d’individus, d'un nombre variable mais généralement assez conséquent, qui se trouvent isolés (pour des raisons géographiques, écologiques, anatomiques ou organoleptiques) et qui évoluent en dehors du courant génétique de l’espèce de référence.

Au bout d’un certain temps, ce groupe d’individus prend des caractéristiques spécifiques, suite à diverses mutations génétiques, qui le différencient de l’espèce de référence. Ces caractères peuvent être nouveaux (apparition à la suite d'une mutation par exemple) ou être la fixation d’une caractéristique variable chez l’espèce de référence.

Des sous-espèces différentes ont souvent la possibilité de se reproduire entre elles, car leurs différences ne sont pas (encore) suffisamment marquées pour constituer une barrière reproductive. Elles peuvent se reproduire normalement de la même manière avec des individus de l'espèce de référence, puisque que les individus d'une sous-espèce sont eux même des individus appartenant à cette l'espèce, puisque la sous-espèce s'inclue et fait partie intégrante de l'espèce. D’ailleurs, une espèce en elle-même est presque uniquement la majorité du temps composée de plusieurs sous-espèces, qui sont donc différentes populations possédant juste une forme physique différente, et, à terme, donne ainsi naissance à de nouvelles espèces à part entière. Le stade de sous-espèce étant ainsi une étape cruciale dans l’apparition d'une espèce, l'extinction d'une sous-espèce est plus grave qu'elle n'en a l'air, puisqu'elle impacte en plus l'espèce à laquelle elle appartient, qui voit une partie de sa population totale disparaître, favorisant sa propre extinction.

Le terme de sous-espèce ne doit pas être confondu avec celui de variété, plus communément appelé sous l’appellation de race, qui désigne des êtres vivants, généralement des animaux domestiques (bien que les animaux sauvages peuvent être incluent), qui sont également des formes de l'espèce de base. Ces formes sont aussi des populations, ou des individus, isolées et possédant des caractéristiques physiques différentes de cette dernière mais qui n'ont pas assez évoluée génétiquement pour se dégager de l’espèce de référence et arriver au stade de sous-espèce. Aussi, une sous-espèce, par exemple celle du chien, peut également être composée de races. Il s'agit d'un rang zoologique en dessous de celui de sous-espèce, quoique informel.

On peut s’interroger sur la validité de la définition d’une sous-espèce sachant que la définition du terme espèce reste fluctuante et tout aussi controversée dans certains domaines, majoritairement en anthropologie. Il en est ici de même et toutes les limites de la définition d’une espèce s’appliquent également pour celle d’une sous-espèce.

Nomenclature

Les règles de la nomenclature veulent que, la première fois qu’une espèce est divisée en sous-espèces, la sous-espèce qui correspond aux spécimens qui ont servi à décrire l’espèce « type », prenne automatiquement une deuxième épithète, à la suite du premier, de même nom que celui de l’espèce, qui est en deuxième positon après le nom du genre. Ce trinôme est dit autonyme (ou nominal), car il ne nécessite pas la publication d’une nouvelle diagnose.

Animaux

Ainsi, en zoologie, par exemple, la sous-espèce de référence (dite aussi « sous-espèce type ») de Tarentola mauritanica sera désignée sous le nom de Tarentola mauritanica mauritanica chaque fois qu’on aura besoin de la distinguer. Les autres sous-espèces (lesquelles devront faire l’objet d’une description validement publiée) auront une épithète terminale obligatoirement différente : par exemple Tarentola mauritanica fascicularis.

L'abréviation de sous-espèce en zoologie est « ssp. » et, au pluriel, sous-espèces est abrégé en « sspp. ».

Formes domestiquées : depuis les années 1960, on utilise de plus en plus souvent la désignation « forma », abrégée « f. », qui exprime clairement qu’il s’agit d’une forme d’animal domestique qui peut éventuellement remonter jusqu’à diverses sous-espèces sauvages : Capra aegagrus f. hircus.

Nom commun Nom d’espèce traditionnel Nom d’espèce révisé en sous-espèce Depuis 1960
Chèvre domestique Capra hircus Capra aegagrus hircus Capra aegagrus f. hircus
Chien domestique Canis familiaris Canis lupus familiaris Canis lupus f. familiaris
Bovin domestique Bos taurus Bos primigenius taurus Bos primigenius f. taurus

Végétaux et champignons

En botanique et en mycologie, la nomenclature est régie par le Code international de nomenclature pour les algues, les champignons et les plantes (CIN). Les deux épithètes à la suite du nom de genre doivent être séparées par l’indication abrégée du rang infraspécifique : subsp. (correspondant à ssp. en zoologie), var. ou v., fo. ou f, signifiant respectivement subspecies, varietas et forma. Par exemple : Agaricus bisporus fo. bisporus. Le rang taxonomique de variété ne doit pas être confondu avec les variétés de plantes cultivées, qui sont régies par la Convention internationale pour la protection des obtentions végétales.

Autres rangs taxinomiques

Les rangs taxonomiques[1] utilisés en systématique pour la classification hiérarchique du monde vivant sont les suivants (par ordre décroissant) :

Notes et références

  1. En gras les 7 rangs principaux (RECOFGE, sigle mnémotechnique pour Règne/Embranchement/Classe/Ordre/Famille/Genre/Espèce), en maigre les rangs secondaires, en romaine les noms vulgaires, en italique les noms latins.
  2. Un embranchement en zoologie, ou division en botanique, est traditionnellement caractérisé par une description schématique appelée « plan d'organisation ».
  3. Les taxons aux rangs de race et de sous-race (animaux domestiques principalement) n'ont pas de noms scientifiques. Ils ne sont pas régis par le Code international de nomenclature zoologique (CINZ).

Voir aussi

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