Thierry van Tuldel

Thierry van Tuldel (De Thulden, Tuldellus) fut le 26e abbé de Parc, de 1462 à sa mort, le , Parc étant une abbaye prémontrée située dans le Brabant flamand en Belgique, près de Louvain, fondée en 1129 et toujours en activité. Du temps de cet abbé, 30 religieux furent acceptés à l'abbaye.

Thierry van Tuldel
Biographie
Nom de naissance De Thulden, Tuldellus
Naissance
Hilvarenbeek
Ordre religieux Prémontrés
Décès
Abbé de l'Église catholique
Bénédiction abbatiale
26e abbé de Parc
Autres fonctions
Fonction religieuse
Archichapelain des ducs de Brabant
Procureur général de l'Ordre à Rome
Fonction laïque
Licencié en droit de l'Université de Paris
Conseiller de l'empereur Maximilien d'Autriche
Diplomate

[1]

Chronologie

Thierry van Tuldel est né à Hilvarenbeek, en 1419, de Jean et d'Elisabeth van Groenendael. Il est chanoine de l'abbaye de Tongerlo, licencié en droit de l'Université de Paris, investi de Nispen en Waelwyck, procureur général de l'Ordre à Rome. Il est nommé par le pape Pie II, abbé de Parc, le , installé le 27 août suivant.

Il meurt le et est enterré en la chapelle de la Vierge sous une belle pierre sculptée, ornée d'une inscription.

Abbatiat

Armes de l'abbé Thierry van Tuldel, avec ornements.
Portrait de Maximilien d'Autriche (v.1500).

Affaires religieuses

L'abbé Thierry van Tuldel est le premier abbé mitré de l'histoire de Parc. Il a en effet obtenu du pape Pie II, en 1462, l'usage des ornements pontificaux, puis du pape sixte IV, en 1475, la bénédiction des calices, cela dans le but de rehausser l'éclat des cérémonies religieuses à Parc.

Il continue, par ailleurs, l'œuvre de son prédécesseur, l'abbé Gauthier van Beringen, dans le redressement moral de l'Ordre. Il ne se contente pas d'éloigner les commendes des abbayes norbertines, mais il veut porter certaines réformes au sein de l'Ordre.

Deux ans avant sa mort, fatigué, il prend comme coadjuteur son neveu, Arnold Wyten (27e abbé de Parc), du consentement de ses religieux. Il a envoyé sa démission au Général de l'Ordre, présent au chapitre général tenu à Chauny, dans le diocèse de Noyon, le , cette démission ayant été acceptée par l'abbé-général Hubert[2].

Affaires politiques

Le , l'abbé Thierry van Tuldel érige, pour le plaisir des habitants du hameau de Vinckenbosch[3], une gilde d'arbalétriers, sous le titre de Saint Jean et de Saint Sébastien. Cette association, qui a la garde de l'abbaye et dont le prélat est le chef-homme, compte, en 1783, trente sept membres.

L'abbé Thierry van Tuldel est conseiller de l'empereur Maximilien d'Autriche. En 1489, il accompagne une délégation chez Albert III de Saxe, pour demander la paix au Brabant et en Flandre. Ils sont tous allés ensuite voir le roi de France pour signer la paix de Francfort. Il finit sa carrière par un acte de patriotisme. En effet, lors d'une révolution civile qui éclate en Belgique, Louvain suit, avec d'autres villes, les ennemis du duc Maximilien, mais l'abbé, attaché à son prince, s'exile de son monastère, le temps que l'insurrection passe, pour ne pas se joindre à la partie adverse.

Combat pour la réforme des Statuts de l'Ordre

L'abbé Thierry van Tuldel a beaucoup lutté contre les commendes qui ont sévit dans l'Ordre des Prémontrés, surtout en France, mais aussi à Grimbergen, Saint-Michel d'Anvers et Tongerlo. Son combat s'est donc porté sur la réforme des Statuts de l'Ordre :

  • il expose la situation au Souverain Pontife, Pie II, lui apprend que certains Pères ont publié des Constitutions déviant de l'esprit primitif. Le pape accède à ses désirs et rédige, en 1462 et 1464, des bulles en faveur d'une réforme ;
  • les abbés de l'Ordre, présents en chapitre général, ne sont guère favorables à suivre les indications du Saint-Père, et donc le réformateur échoue dans ses tentatives. Il persiste quand, en 1471, Hubert de Monte Herminio est créé Général de l'Ordre, lui-même partisan d'une réforme ;
  • l'abbé Thierry van Tuldel lui fait parvenir de nouvelles bulles de Sixte IV, favorable à son projet, l'une pour la réforme des Statuts, l'autre pour la réforme de la situation des curés, mais cela n'aboutit pas ;
  • il demande avec succès au pape Sixte IV de casser la pension de 1000 florins du Rhin que l'évêque, Luc de Sibine, requiert de l'abbaye de Tongerlo ;
  • de retour en Belgique, il est confronté à la disgrâce du prince Charles, duc de Bourgogne, mais continue néanmoins sa campagne de lutte contre les commendes ;
  • il dépose plainte auprès de Marie de Bourgogne, duchesse de Brabant, et implore le secours des États du pays, lorsque l'évêque, Luc de Sibine, et Josse Bruylant, religieux de Grimbergen, obtiennent, en commende, l'abbaye de Saint-Michel d'Anvers et l'abbaye de Grimbergen, auprès du pape Sixte IV ;
  • il est bien compris et donc entendu par Marie de Brabant et par les États, puisqu'une lettre pour l'abolition des commendes et la défense de l'abbé est envoyée au pape le ;
  • il est malgré tout accusé de trahison et de conspiration contre le prince Charles et la ville de Louvain ;
  • il obtient le soutien des bourgmestres, échevins et conseillers de Louvain, qui élucident la question à Rome le ;
  • il est cité devant le tribunal à Rome par ses ennemis, qui obtiennent des bulles pénales, pleines de censures ;
  • il est appuyé par lettre au pape et au collège des cardinaux par le duc Maximilien le 22 et ;
  • il est néanmoins excommunié et anathématisé par une bulle pontificale d'août 1479, induite par l'évêque de Sibine, légat de Belgique, puissant auprès du Saint-Siège ;
  • il est réhabilité en novembre 1485 par une bulle de Sixte IV qui fait le point sur ces affaires, éloignant du même coup les supposés intrus des abbayes de Tongerlo, Saint-Michel d'Anvers et Grimbergen.

Postérité

Dans son ouvrage cité plus bas, J.E. Jansen[4] accompagne la chronologie de l'abbé Thierry van Tuldel d'une indication en latin le concernant : Hic tanta excellentia dignitatis et utilitatis abbatiam suam gubernavit et pro ecclesiastica immunitate in Belgio stetit, ut velut alter Ambrosius pro defensione justitiae et patriæ hujus, maximo in honore apud omnes plebeos et nobiles, duces et principes, imo et apud Summos Ecclesiæ Pontifices sit habitus[5].

Notes

  1. Le blasonnement des armes de l'abbé Thierry van Tuldel est : « de sable à trois jumelles d'or, au chef plain d'or. »
  2. J. Frumentius, Descriptio chronologica Monasterii Parchensis, 1129-1634, Archives de l'Abbaye de Parc, p.141.
  3. L'abbaye de Parc est venue, plus tard, en s'agrandissant, contenir le hameau de Vinckenbosch jusqu'à le faire disparaître.
  4. J.E. Jansen est chanoine de l'abbaye de Parc, archiviste de la ville de Turnhout et membre titulaire de l'Académie royale d'Archéologie de Belgique.
  5. Une traduction automatique donne ? « L'abbaye fut très utile et d'une excellente dignité. Avec l'immunité ecclésiastique en Belgique, pour la défense de la justice et du pays même, il atteint la plus haute distinction entre tous les hommes, plébéiens, nobles, ducs et princes, habitué à fréquenter les souverains pontifes de l'Église. »

Bibliographie

 : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • J.E. Jansen, L'abbaye norbertine de Parc-le-Duc - Huit siècles d'existence - 1129-1929, éditions H. Dessain, Malines, 1929.

Articles connexes

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