Tour Saint-Nicolas (Dijon)

La Tour Saint-Nicolas s’élève à 32 mètres au fond d'une impasse dans la rue Jean-Jacques Rousseau dans le centre sauvegardé de Dijon. Seule rescapée de l'ancienne église Saint-Nicolas maintenant disparue, on sait que celle-ci mesurait 36,5 mètres de long, 13,7 de hauteur et 13,4 de largeur. Elle était également constituée d'une nef de sept travées, de bas-côtés, d'un transept saillant et d'un chœur surmonté d'un clocheton. L'ensemble était voûté et muni de grandes fenêtres en plein cintre.

Tour Saint-Nicolas

Tour Saint-Nicolas
Période ou style Architecture gothique
Type Tour
Début construction XIIe siècle
Protection  Patrimoine mondial (2015, Climats du vignoble de Bourgogne)
Pays France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Côte-d'Or
Commune Dijon

Description

S'élevant au-dessus des habitations, la tour est marquée de plusieurs cordons répartis à des intervalles irréguliers. Le dernier niveau est surmonté d'un ensemble de baies jumelées assez étroites. Déployées sur tous les côtés, ces arcades sont au nombre de trois par face. De facture assez archaïque ces arcades relèvent par certains aspects du début de la période gothique. Destiné à recevoir les cloches cet étage est couvert d'une toiture à quatre pans en ardoise. Le côté donnant sur l'impasse est agrémenté de deux petites ouvertures et d'une grosse horloge qui donne les heures aux habitants du quartier. L’intérieur est desservi par un vieil escalier à rampe droite en bois.

Historique

La tour Saint-Nicolas est à l'origine une église construite vers la fin du XIIe siècle. Mentionnée pour la première fois lors de son rattachement à l'abbaye Saint-Étienne en 1178 par l'évêque de Langres Gautier de Bourgogne, cette église fut une léproserie connue sous le nom de " La Maladière". L'établissement accueillit un nombre important de malades jusqu'au XIVe siècle.

Durant toute la période médiévale, celle-ci put s'agrandir grâce aux donations faites par les notables de la ville et plus particulièrement par les Ducs de Bourgogne. Dès le début du XIVe siècle, la Maladière, dépendante financièrement de la marie, fut contrainte d'accepter un recteur nommé par celle-ci. Ainsi, en 1340, on retrouve un clerc Pierre Petit à la tête de ce rectorat puis un certain nombre d'autres recteurs jusqu'en 1470. Cependant, l'entretien des lieux ne fut pas leurs préoccupations principales. Les bâtiments durent donc être réparés d'abord en 1431 puis entre 1478 et 1511.

Après la défaite française de 1557 à la bataille de Saint-Quentin, Bénigne Martin renforça la porte Saint-Nicolas et fit détruire l'église du même nom. En 1587, il fut adjoint une chapelle qui subit le même sort lors de la campagne menée en Bourgogne en 1636 par le duc de Lucera. L'ensemble devenu inutilisable fut rattaché à l’hôpital du Saint-Esprit en 1696. Celui-ci transformé en métairie tomba définitivement en ruine.

Dès le milieu du XVIe siècle, les habitants ne disposant plus d'église conforme à la pratique du culte, une chapelle de la rue Vannerie fut transférée définitivement dans ces lieux puis consacrée en 1610. L'église Saint-Nicolas fut agrandie tout au long du XVIIe siècle. Voûtée en 1688, l'église fut désaffectée puis détruite en 1792 pendant la tourmente révolutionnaire. Transformée en immeuble au XIXe siècle, il ne reste de nos jours de l'église que le beffroi au sommet de laquelle trône une horloge.

Galerie

Notes et références

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