Tracey Emin

Tracey Emin (née le à Croydon) est une artiste britannique d'origine chypriote turque faisant partie du groupe des Young British Artists.

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Tracey Emin
Tracey Emin
Naissance
Nationalité
Activités
Formation
Représentée par
Xavier Hufkens (en), White Cube, Lehmann Maupin Gallery (d)
Lieu de travail
Mouvement
Distinction
Site web
Œuvres principales

Elle s'est fait connaître du public britannique par deux scandales médiatiques : un esclandre sur le plateau d'une émission culturelle de Channel 4 alors qu'elle était totalement ivre et son installation de 1999 pour le prix Turner, My Bed, composée de son propre lit défait ainsi que de préservatifs usagés et de sous-vêtements tachés de sang. Emin utilise différentes formes d'expression comme la couture et la sculpture, le dessin, la vidéo et les installations, la photographie et la peinture. Elle est en conflit avec son ancien petit ami, l'artiste Billy Childish, à propos du stuckisme notamment. Tracey Emin a été élue membre de la Royal Academy of Arts de Londres le [1].

Biographie

Jeunesse

Tracey Emin est née à Croydon mais fut élevée à Margate. Elle a un frère jumeau. Son père, un chypriote turc, était marié à deux femmes et divisait son temps entre deux familles. Vers l'âge de 13 ans, elle a été victime d'un viol[2].

Formation

Tracey Emin suit une formation artistique au Goldsmiths, University of London chez Michael Craig-Martin.

Œuvres

En 1994 eut lieu la première exposition personnelle de Tracey Emin, à la White Cube Gallery à Londres, intitulée My Major Retrospective. Elle y exposait des photographies personnelles, des photos de ses premières peintures qu'elle a détruites...

Everyone I Have Ever Slept With 1963–1995

En 1995 elle réalise une de ses œuvres les plus célèbres, Everyone I Have Ever Slept With 1963–1995, une tente bleue sur laquelle étaient cousus les noms de toutes les personnes avec lesquelles elle avait dormi, des petits amis, des membres de sa famille avec lesquels elle a dormi étant enfant et ses deux enfants avortés. L'ambiguïté du titre pousse certains à taxer l'œuvre d'exhibition de la vie sexuelle de l'artiste, mais il s'agirait plutôt d'une œuvre intime au sens large. L'œuvre fut achetée par Charles Saatchi et exposée à la Royal Academy de Londres en 1997. Elle fut détruite dans l'incendie du dépôt de Momart appartenant à Saatchi en 2004.

Le tissu et la couture prennent une part importante du travail d'Emin, souvent découpé pour faire des lettres cousues sur un autre matériau. Elle a notamment voyagé à travers les États-Unis avec le fauteuil de sa grand-mère, There's A Lot Of Money In Chairs (1994), sur lequel elle a cousu son nom et celui de son frère, le nom des villes où elle s'est arrêtée et a fait des lectures publiques de son livre Exploration Of The Soul.

Exorcism of the Last Painting I Ever Made

Suivant l'exemple de Joseph Beuys qui avait exécuté en 1974 une performance intitulée I like America and America likes Me pendant laquelle il a vécu pendant sept jours dans une galerie avec un coyote sauvage comme un acte symbolique de réconciliation avec la nature, Tracey Emin a réalisé en 1996 une performance, Exorcism of the Last Painting I Ever Made, au cours de laquelle elle a passé quatorze jours dans une pièce fermée d'une galerie, avec uniquement un grand nombre de toiles vides et du matériel d'artiste, dans le but de se réconcilier avec la peinture. Pouvant être vue à travers une série d'objectifs grand-angle encastrés dans les murs, Emin pouvait être observée, complètement nue, secouant les démons en peinture. Commençant par créer des images qui ressemblent aux artistes qu’elle admirait réellement (Egon Schiele, Edvard Munch, Yves Klein), la session de deux semaines d'art-thérapie d'Emin a résulté en nombre d’images époustouflantes ou autobiographiques, et a permis la découverte d’un style qui lui est propre. La pièce a été extraite dans son intégralité et existe maintenant sous forme d'installation[3].

Bien que ses œuvres aient donné à Emin une certaine notoriété dans le milieu de l'art, elle était inconnue du public jusqu'à son apparition, en 1997, dans une émission de télévision sur Channel 4 à propos du prix Turner, durant laquelle, ivre, elle avait injurié les invités.

En 1999, nominée pour le prix Turner, Emin expose My Bed à la Tate Gallery. Il s'agit de son lit aux draps souillés entouré de préservatifs usagés, de paquets de cigarettes, d'une culotte tachée de sang menstruel… Le lit était présenté tel qu'elle l'avait laissé après y être resté plusieurs jours alors qu'elle était déprimée et pensait au suicide à cause de problèmes de couple.

En juillet de la même année elle expose une série de monotypes inspirés de la vie de la princesse Diana à la Blue Gallery, dans une exposition intitulée Temple of Diana. Par ailleurs, Tracey Emin a produit un nombre important de monotypes, souvent biographiques, à propos de ses avortements ou la mettant en scène dans des situations personnelles ou intimes. Ces dessins, exécutés très rapidement, comprennent souvent du texte, parfois raturé ou mal orthographié, très spontané, qui exprime sa pensée à l'instant où elle écrit.

Pour l'exposition tenue pour le prix Turner, Emin choisit de présenter parmi ses œuvres six petites aquarelles intitulées Berlin The Last Week in April 1998. Il s'agit de peintures d'après des clichés au Polaroïd pris d'elle-même dans son bain à Berlin en 1998. D'après Simon Wilson, porte-parole de la Tate Gallery Emin aurait inclus ces peintures pour répondre aux accusations qui disent qu'il n'y a plus de peinture dans les expositions du Prix Turner. La pratique de la peinture d'Emin est variée et a évolué au fil du temps. Dans les années 1980, influencée par son petit ami de l'époque, Billy Childish, elle peignait dans un style proche de l'expressionnisme, elle cite souvent Edvard Munch et Egon Schiele comme influences majeures. Elle peint principalement des autoportraits, souvent des peintures représentant son anatomie intime comme Purple Virgin (2004), Asleep Alone With Legs Open (2005) ou Masturbating (2006).

En 2007, Emin est choisie pour représenter la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise où elle expose notamment des peintures sur toile de grand format représentant ses jambes et son vagin, une série d'aquarelles intitulée The Purple Virgins, ainsi que la série des aquarelles, datant de 1990, qu'elle a faite de son avortement, exposées pour la première fois.

Le 29 mars 2007, Tracey Emin a été nommée Académicienne royale par la Royal Academy of Arts.

La première rétrospective importante de l'œuvre d'Emin a eu lieu à la Scottish National Gallery of Modern Art à Edimbourg, d'août à novembre 2008, visitée par plus de 40 000 spectateurs, battant le record du musée pour un artiste vivant. On pouvait y voir un grand nombre d'œuvres de Tracey Emin, des œuvres rarement exposées de ses débuts aux plus connues, des couvertures cousues, des peintures, sculptures, films, néons, dessins et monotypes.

Art féministe

Tracey Emin est l'une des deux seules femmes professeurs nommées à la Royal Academy of Arts de Londres depuis sa fondation en 1768. En février 2013, elle a été nommée l'une des 100 femmes les plus puissantes du Royaume-Uni par Woman's Hour sur BBC Radio 4[4].

En réponse à la question « La société valorise-t-elle suffisamment les femmes artistes », Emin a répondu : « Non, bien sûr que non. Mais ça change lentement. On a probablement besoin de 200 ans de plus »[5].

Si on ne se concentre pas sur les œuvres de Tracey Emin, elle n'apparaît pas si évidemment comme une artiste féministe. Dans une interview accordée à Schirn Kunsthalle Frankfurt, Emin a déclaré qu'elle est féministe, mais pas une artiste féministe[6].

Emin parle du sexisme du point de vue de la femme victime. En racontant des souvenirs aussi déchirés et torturés, Emin utilise la vulnérabilité pour raconter non seulement ses propres luttes, mais aussi les luttes auxquelles de nombreuses femmes peuvent être confrontées[7].

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Tracey Emin » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) Fiche sur le site de la Royal Academy of Arts
  2. Patricia Bignogne, « Icônes féminines », dans Marie-Hélène Dumas (dir.), Femmes & Art au XXe siècle : le temps des défis, Lunes, , =129
  3. (en) « Tracey Emin », site de la galerie Saatchi
  4. bbc.co.uk
  5. redonline.co.uk
  6. youtube.com
  7. untitled-magazine.com

Annexes

Biographies

Liens externes

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