Vascœuil

Vascœuil est une commune française située dans le département de l'Eure, en région Normandie. Elle se prononce [vakœj][1].

Vascœuil

Le château et son colombier.
Administration
Pays France
Région Normandie
Département Eure
Arrondissement Les Andelys
Canton Romilly-sur-Andelle
Intercommunalité Communauté de communes Lyons Andelle
Maire
Mandat
Jean-Luc Moens
2014-2020
Code postal 27910
Code commune 27672
Démographie
Gentilé Vascœuillais
Population
municipale
355 hab. (2017 )
Densité 48 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 26′ 44″ nord, 1° 22′ 41″ est
Altitude Min. 52 m
Max. 171 m
Superficie 7,39 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Normandie
Vascœuil
Géolocalisation sur la carte : Eure
Vascœuil
Géolocalisation sur la carte : France
Vascœuil
Géolocalisation sur la carte : France
Vascœuil

    Ses habitants sont les Vascœuillais.

    Géographie

    Localisation

    Vascœuil se trouve dans l'Eure, à la limite de la Seine-Maritime, à 10 km de Lyons-la-Forêt, et à 25 km de Rouen. D'une superficie de moins de km2, ce petit village typique abrite le château de Vascœuil et l'église Saint-Martial.

    Hydrographie

    La commune est traversée par l'Andelle[4] et le Crevon[5].

    Toponymie

    Le nom de la localité est attesté sous les formes Wascoilus en 876 (Tessier, Actes de Charles le Chauve) ; Wascolium vers 1050 (Fauroux 121) ; Guascolium au début du XIIe siècle (Ordéric Vital)[6] ; Walcoil en 1147 (charte de Geoffroy, comte d’Anjou) ; Vasqueil en 1193 (charte citée par Charpillon) ; Wascolium, Wascholium en 1203 (cartulaire de Préaux) ; Vaacueil en 1220 (archives nationales) ; Guascueil (sans date, cartulaire normand)[7].

    Le [s] de Vasc- n'est plus articulé depuis le Moyen Âge comme l'indiquent les formes anciennes, cependant la graphie as est étymologique et archaïque pour â (cf. les noms communs paste > pâte; mast > mât; bastir > bâtir; etc.). Ainsi doit-on dire « Vakoeil » [vakœj].

    La forme actuelle Vascœuil est de type normand, avec passage régulier du W- à V- à partir du XIIe siècle ([w] > [v]) sur le plan oral et un peu plus tardivement dans les textes. En revanche, le traitement de W- > G(u)- est purement graphique et résulte de la francisation de la consonne initiale W- employée par un auteur écrivant en français central et en normand méridional (au sud de l'isoglosse [v] / [g] parallèle à la ligne Joret qui passe juste au dessus des Andelys)[6],[8].

    Albert Dauzat et Charles Rostaing y ont vu un composé *Wasgo-ialon, formé du nom de personne germanique Wasgo, suivi du mot gaulois ialon (ou gallo-roman IALU) signifiant « essart, clairière »[9], voire « village » et qui explique généralement les terminaison -ueil, -euil, -œuil dans le nord et au centre de la France (cf. Verneuil, Longueil, etc.)[10]. Ils prennent donc en compte le fait que les plus anciennes attestations sont en W-, cependant, il semble que Wasgo convienne moins bien que Wasco qu'ils croient reconnaître en revanche dans Wacquemoulin (Oise, Gastemolendinum vers 1167 (lire [k] au lieu de [t]), villa Wasquemolins en 1190[11], Wascomolendini en 1196[12] et situé à environ 100 km), auquel on peut ajouter Wasconis curva (Nord, Marchiennes)[13] et peut-être Wasquehal (Nord)[14].

    François de Beaurepaire ne reprend pas cette interprétation[6], sans doute à cause du caractère insolite de ce composé, c'est-à-dire : nom de personne germanique + ialon. En outre, il souligne le fait que la présence d'un W- initial reflète peut-être une simple influence du germanique sur l'initiale, W- s'étant parfois substitué à V-, comme dans le nom commun vespa > wespa > guêpe (ancien normand wespe, puisvêpe en normand septentrional)[6]. En effet, l'influence germanique initiale sur un [v], de caractère général en gallo-roman, qui a pu passer à [w] comme on le note par exemple dans Wiry-au-Mont (Somme) qui remonte au type toponymique fréquent Viriacum (> Viry, Viré)[15], avec conservation de la graphie picarde W-. En fin de compte, il considère l'étymologie de Vascœuil comme indéterminée[6].

    Ernest Nègre, s'inspirant des travaux des précédents, propose d'identifier dans le premier élément Wasc-, le bas latin vascus « qui est de travers, oblique » suivi de la double terminaison -ó-ialo, avec -ialo même élément que -ialon « clairière » d'où le sens de « clairière de travers, oblique »[16]. Les principales objections à cette hypothèse sont qu'aucune forme ancienne primitive n'est en Vasc-. Qu'ensuite vascus n'a pas de descendant en ancien français. Qu'enfin sur le plan sémantique, cette proposition est plutôt problématique : que signifie exactement « clairière de travers, oblique » ?

    L'hypothèse initiale de Dauzat et Rostaing est plus simple, mais avec le nom de personne Wasko, Wasco, plutôt que Wasgo, d'où *Wascoialo- (non attestée) > Wascoilu(s), forme primitive attestée dès 876. Un nom de personne germanique peut très bien avoir été combiné avec -ialo qui a également valeur de suffixe. On peut comparer avec les noms en -sart (élément issu du mot essart) précédé généralement d'un nom de personne germanique et commun dans cette partie de la France.

    Histoire

    Dans une charte du cartulaire de l'abbaye Saint-Pierre de Préaux (abbaye aux Hommes des Préaux) qui date de 1050 environ et qui concerne la terre de Vascœuil, il existe une liste de six coutumes ducales, dont deux portent un nom d'origine scandinave : l’ullac (de útlagr « [être] banni » cf. anglais outlaw) qui désigne la mise hors-la-loi et l’ha(i)mfare / hanfare (de heimför, génitif heimfarar qui désigne l'action de rentrer à la maison cf. islandais heimför) qui réprime l'attaque des maisons avec effraction. La phrase est écrite en latin médiéval « Willelmus..dedit Sancto Petro Pratelli consuetudines quas habebat in quandam terra que Wascolium vulgo vocatur, scilicet hainfaram, ullac, rat, incendium, bernagium, bellum. »[17]. Le bernage (latin médiéval bernagium) est un dérivé de bran, bren « céréale », il désigne le prélèvement sur les céréales pour payer l'entretien des chiens de chasse du duc[18].

    Le fort de Vascœuil fait partie au XIIe siècle de la ligne de fortification de la vallée de l'Andelle, dépendant du château de Lyons. La seigneurie est conservée par une famille portant le nom du village. Le château avec les « manoirs et jardins situés paroisse de Vascœuil » font l'objet d'un échange en 1312 entre l'abbaye Saint-Léger de Préaux (abbaye aux Dames des Préaux) et le roi de France Louis X le Hutin, puis est donné à Enguerrand de Marigny.

    Politique et administration

    Liste des maires successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    Les données manquantes sont à compléter.
    mars 1893 1894 Alfred Dumesnil    
    Les données manquantes sont à compléter.
    1953 1983 Jacques Delaporte    
    mars 2008 En cours Jean-Luc Moens DVD Agriculteur

    Démographie

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[19]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[20]. En 2017, la commune comptait 355 habitants[Note 1], en augmentation de 2,9 % par rapport à 2012 (Eure : +1,73 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    360272303260307287362413463
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    504427413376414401406413392
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    384376388375345375346348339
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
    257278271317344339339339345
    2017 - - - - - - - -
    355--------
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[21] puis Insee à partir de 2006[22].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Culture locale et patrimoine

    Lieux et monuments

    Église Saint-Martial avec son enclos.
    • Le château de Vascœuil[23], inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques[24]}, est aussi un centre d'expositions d'art, avec un musée consacré à l'historien Jules Michelet, son parc et son jardin à la française avec plus de 50 sculptures originales (bronzes, marbres, mosaïques, céramiques) dont Georges Braque, Jean Cocteau, Jean-Michel Folon, Fernand Léger, Victor Vasarely.
    • L'église Saint-Martial datant du XIe au XVIIe siècle. De la construction du XIe siècle ne subsiste que le chevet, remanié ultérieurement. L'église paroissiale aurait été donnée en 1066 et 1087 par Gilbert de Vascœuil à l'abbé de Préaux. Au XIVe siècle, la chapelle sud est construite, et sur le même axe transversal, au nord, le clocher épaulé de contreforts. En 1775, le clocher au-dessus de la chapelle nord est réparé pour être supprimé en 1875, lors de la construction du clocher-porche. Le porche hors-d'œuvre alors en place contre le portail occidental se trouve supprimé. Les projets de construction d'une sacristie dressés au XVIIIe siècle n'ont pas abouti. La nef est remaniée au XVIIe siècle, et les baies sont refaites au milieu du XIXe siècle. Elle abrite la tombe de Hugues de Saint-Jovinien, mort au XIIe siècle.
    • La salle Jacques Delaporte, dans l'ancienne gare marchandise.

    Patrimoine naturel

    Site classé

    • Le domaine de la Forestière comprenant les immeubles nus et bâtis et la pièce d'eau,  Site classé (1944)[25].

    Site inscrit

    Personnalités liées à la commune

    Voir aussi

    Ancienne gare de Vascœuil.

    Bibliographie

    • François Papillard, Mille ans d'histoire à Vascœuil : de Guillaume le Conquérant à Michelet. Centre international culturel du château de Vascœuil, Paris, 1971.
    • Daniel Delattre, Emmanuel Delattre, L'Eure, les 675 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 296 p. (OCLC 52820568)
    • Commission régionale de Haute-Normandie. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. Eure, canton: Lyons-la-Forêt, Imprimerie Nationale, Paris, 1976. 372 p.

    Articles connexes

    Liens externes

    Notes et références

    Notes

    1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

    Références

    1. « Géoportail (IGN), couche « Communes 2016 » activée ».
    2. « Géoportail (IGN), couche « Communes 2016 » activée ».
    3. Sandre, « Fiche cours d'eau - L'Andelle (H32-0400) ».
    4. Sandre, « Fiche cours d'eau - Le Crevon (H3249000) ».
    5. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, , 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3, OCLC 9675154), p. 204
    6. Ernest Poret de Blosseville, Dictionnaire topographique du département de l’Eure, Paris, 1877. in Dictionnaire topographique de la France Comprenant LES NOMS DE LIEUX ANCIENS ET MODERNES
    7. René Lepelley, Guillaume le Duc, Guillaume le Roi : Extraits du Roman de Rou de Wace, Centre de Publications de l'Université de Caen, 1987, p. 15.
    8. Ibid., p. 701a
    9. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Éditions Errance, (2003), 2e édition revue et augmentée, p. 185.
    10. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne)
    11. Ibid., p. 731a
    12. Maurits Gysseling, Toponymisch woordenboek van Belgie, Nederland, Luxenburg, Noord Frankrijk en West Duitsland (voor 1226), 2 vol., Tongres, 1960 (lire en ligne sur wulfila)
    13. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit., p. 731a.
    14. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 726ab
    15. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Volume 1 : formations préceltiques, celtiques, romanes, Librairie droz, Genève 1990, p. 183, no 2861
    16. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
    17. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
    18. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
    19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
    20. Site officiel du château
    21. Notice no PA00099595, base Mérimée, ministère français de la Culture.
    22. « Le domaine de la Forestière à Vascœuil », sur Carmen - L'application cartographique au service des données environnementales (consulté le 7 juillet 2019).
    23. « Le domaine de la Forestière », sur Carmen - L'application cartographique au service des données environnementales (consulté le 6 août 2018).
    24. Ernest-Joseph Tardif, Coutumiers de Normandie : textes critiques. Tome 1. Rouen: A. Lestringant, 1881-1903.
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