Vie quotidienne chez les Étrusques

La vie quotidienne chez les Étrusques est difficile à reconstituer, car peu de témoignages littéraires sont disponibles et l'historiographie étrusque fut très controversée au XIXe siècle (voir étruscologie).

Reconstitution d'un symposium étrusque au musée de Chianciano Terme.
La villa qui deviendra romaine avec ses attributions précises.

L'essentiel des connaissances des us et coutumes de la vie quotidienne des Étrusques nous est accessible par l'observation détaillée des mobiliers funéraires de leurs tombes souvent familiales : urnes et sarcophages décorés, accompagnés d'objets courants autant féminins que masculins, détail des fresques, bas-reliefs, découverts la plupart aux XVIIIe et XIXe siècles, vrai début de l'étude scientifique de leur civilisation.

La table

Fresque du banquet de la tombe 5513 de Monterozzi.
autre fresque transférée à Tarquinia.

Malgré tout un historien grec, Posidonios, commente la richesse de la table étrusque : « Les Étrusques font préparer deux fois dans la journée une table somptueuse avec tout ce qui contribue à une vie délicate ; disposer des nappes brodées en fleurs ; couvrir la table d’une grande quantité de vaisselle en argent ; se faire servir par un nombre considérable d'esclaves ». Cette vie est bien évidemment celle d'un nanti bien différente de celle du peuple.

Une abondante forêt permet la construction d'une flotte maritime mais aussi l'exploitation minière. La prospérité de son commerce est basée sur l'exportation d'artisanat (bucchero), d'importantes quantités de vins et l'importation de l’étain depuis la Gaule. Dès le VIIe siècle av. J.-C.[1] au moins la culture de la vigne et la production de vin y sont attestées comme en témoigne la fabrication d'amphores destinées au transport du vin et largement diffusées en mer Tyrrhénienne et Méditerranéenne.

Alimentation

Service de table de (-550) – (-500) trouvé dans une tombe à Chiusi.
Aryballe en forme de lièvre mort.
Assiette à poissons typique de l'Italie du Sud de la deuxième moitié du IVe siècle av. J.-C.

La base de l'alimentation[2] des Étrusques était faite principalement de bouillie de céréales et de légumes. Les poissons d'eau douce et d'eau salée devaient avoir certainement leur place. La consommation de viande était liée aux sacrifices rituels et consommée les jours de fête religieuse. Représenté peint sur des vases, lors de scènes de chasse, le lièvre était un gibier très apprécié. Plusieurs ustensiles de cuisine, passoires, amphores, vases, louche en bronze ainsi que de typiques assiettes à poissons sont exposées dans les musées européens parmi lesquels le Altes Museum, le musée du Louvre et le musée national étrusque de la villa Giulia.

Le faste du banquet

Les fresques, présentes ou relevées dans beaucoup de tombes des nécropoles étrusques, exposent les Étrusques dans le faste du banquet du Triclinium, buvant et mangeant avec opulence (sensible aussi dans le couvercle des sarcophages figurés), la richesse des vaisselles et objets quotidiens (dés) retrouvées dans les tombes, accompagnant le défunt dans l'au-delà avec le souvenir de sa vie terrestre.

Les jeux

Les jeux étrusques, représentés aussi dans les fresques des tombes, occupaient une place importante dans leur vie. Hérodote rapporte leurs nombreux jeux : les dés, le kottabos, celui de la balle (episkyros ou harpastum), le jeu de Phersu, l'Askôliasmos, la borsa...

Si les Étrusques s'inspirent directement des pratiques grecques pour leurs jeux sportifs panétrusques (Volsinies), pugilat et lutte, lancer du disque, javelot, saut en longueur, course à pied simple ou en armes (hoplitodromie), des ludi circenses que les Romains reprendront en partie (voir jeux (Rome antique)), certains jeux s'en distinguent comme les courses de chevaux montés (bas-reliefs de Poggio Civitate), acrobatie des desultores, courses de chars (bige, trige et quadrige) que les auriges pratiquent rênes nouées derrière le dos.

D'autres jeux nommés ludi scaenici, jeux de la scène à vocations rituelle et votive[3], spectacles de danse ou de ballet (dont le jeu de l'histrion)[4], dont Varron nous informe[5] d'un auteur de tragédies étrusques nommé Volnius, seront repris également par les Romains plus dans un but réellement théâtral.

La musique

Musicien.
Danse sur une fresque d'une tombe de Monterozzi.

La musique étrusque y est présente également et les mêmes fresques représentent les joueurs des différents instruments et leurs danseurs. Cette pratique est présente aussi sur les nombreux vases d'inspiration hellénistique.

Les vies citadine et agricole s'accompagnent de festivités et de pratiques rituelles et la musique y est présente comme la danse qu'elle provoque.

Rites sociaux

La divination étrusque ponctue les prises de décision et les vestiges de différents bâtiments révèlent sa pratique (le templum pour le temple étrusque) ou les superstitions et croyances qui l'accompagnent (statues-acrotères comme le « cowboy de Murlo »).

La mythologie étrusque, interprétée de celle des Grecs, accompagne chacun des gestes de la vie quotidienne, y compris dans la maison (dieux Lares et Pénates), dans les activités agricoles, la guerre, l'édification des villes (génie protecteur)...

La famille

  • La transmission du nom du père et de celui de la mère aux enfants.
  • L'égalité de droits et pouvoirs entre hommes et femmes

Habillement

  • Jupe en cloche (tombe Francesca Giustiniani - Monterozzi)

Chaussures

Chapeaux

  • Le tutulus, bonnet conique féminin (Tombe des Lionnes de Monterozzi, Sarcophage des Époux de Caere, spectatrices de la Tombe des Biges de Tarquinia)

Harnachement des chevaux

Organisation sociale

  • Le rite de fondation des villes,
  • les routes entre cités
  • les citoyens
  • l'aristocratie des principes
  • les gentilices
  • les domestiques ou serviteurs (oikétès) affranchis
  • les esclaves (servus)
  • les serfs (pénestes)
  • les paysans indépendants
  • les artisans qui occupaient une position importante[7].
  • La division du temps et le calendrier étrusque :
    • de la journée de midi à midi (a contrario de minuit à minuit des Babyloniens et des Romains, du coucher de soleil à l'autre des Grecs)[8]
    • les semaines, les nones de huit jours pleins (nundinae) et le jour du marché le neuvième
    • des mois, sur le cycle lunaire, avec la césure de la pleine lune au milieu, des Ides (que les Romains reprendront)
    • les années écoulées se manifestent par un clou planté dans le mur du temple de la déesse Nortia (repris par les Romains dans le temple du Jupiter Capitolin)
    • les siècles de durée variable (jusqu'à 119 et 123 ans, dépassant la durée maximale de la vie humaine), dont chaque passage est soumis aux prodiges (la nation étrusque devant durer dix siècles) (Censor).
  • la villa et ses éléments bien attribuées :

Quelques objets

Planche de différents objets supposés étrusques, en or et en bronze.
Détails en bas-reliefs d'objets quotidiens sur les murs et colonnes de la Tombe des Reliefs.
Rasoir[9]

Des objets sont autochtones, d'autres sont importés puis modifiés localement par ajouts de figures (détectable car de facture plus grossière)[14].

Notes et références

  1. Filipo Delfino, traduit de l'italien par Émilie Formoso, « La culture de la vigne et la consommation de vin » in Les Dossiers d'archéologie n°322 juillet-août 2007, p. 81
  2. Mireille Cebeillac-Gervasoni, « L'alimentation chez les Étrusques » in Archeologia, no 238, 1988, p. 21
  3. Tite-Live, VII, 2
  4. Dominique Briquel, La Civilisation étrusque, p. 177-179.
  5. Varron, traité sur la langue latine, V, 55
  6. Jacques Heurgon, La Vie quotidienne des Étrusques, Hachette, 1961 et 1989, p. 223
  7. Dans certains cas ils possédaient une culture supérieure à la moyenne. Ils connaissaient l'écriture comme l'attestent des vases de céramique signés par l'artisan
  8. Jacques Heurgon, La Vie quotidienne des Étrusques, Hachette, 1961 et 1989, p. 229
  9. Cerveteri, nécropole du Sorbo, tombe 199, IXe siècle av. J.-C., bronze, H = 13 cm ; l = 7 cm, inv. 32344, Rome, musée national étrusque de la villa Giulia
  10. Jean-Paul Thuillier, Les Étrusques, la fin d'un mystère, p. 56
  11. p. 279 in Les Étrusques et l'Europe, préfacé par Massimo Pallottino, à la suite de l'exposition éponyme du Grand-palais, Paris, entre le 15 septembre et le 14 décembre 1992, et à Berlin en 1993
  12. in Les Étrusques et l'Europe, préfacé par Massimo Pallottino, à la suite de l'exposition éponyme du Grand-palais, Paris, entre le 15 septembre et le 14 décembre 1992, et à Berlin en 1993
  13. Jean-Paul Thuillier, Les Étrusques, la fin d'un mystère, p. 54
  14. Remarque de R.Bianchi Bandinelli in Jean-Paul Thuillier, Les Étrusques, la fin d'un mystère, p. 56

Bibliographie

  • Dominique Briquel, Les Étrusques. Peuple de la différence, Armand Colin,
  • Dominique Briquel, La Civilisation étrusque, Fayard, (ISBN 2213603855 et 9782213603858)
  • Dominique Briquel, Les Étrusques, PUF, coll. « Que sais-je? », , 2e éd.
  • Jean-René Jannot, À la rencontre des Étrusques, Ouest France,
  • Jacques Heurgon, La Vie quotidienne des Étrusques, Hachette, 1961 et 1989.
  • Alain Hus, Vulci étrusque et étrusco-romaine, ed. Klincksieck, 1971, 228 p.
  • Alain Hus, Les Étrusques et leur destin, Picard,
  • Jean-Marc Irollo, Histoire des Étrusques, Tempus,
  • Fulvia Rossi et Davide Locatelli, Les Étrusques : pouvoir, religion, vie quotidienne, Hazan,
  • Jean-Paul Thuillier, Les Étrusques - La fin d'un mystère, septembre 1990, (ISBN 2-07-053026-4)
  • Jean-Paul Thuillier, Les Étrusques. Histoire d'un peuple, Armand colin,

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