Vladimir Goussinski

Vladimir Aleksandrovitch Goussinski (en russe Владимир Александрович Гусинский ; né le à Moscou) est un ancien magnat des médias russes, fondateur de NTV, un ancien parrain de la station de radio Écho de Moscou. Il fait partie des « sept banquiers », nommés également « oligarques », un clan d'hommes d'affaires qui entretenait une influence décisive sur la politique russe durant les années Boris Eltsine.

Vladimir Goussinski
Vladimir Gusinsky en 2005
Biographie
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Q4150672, Media-Most, NEWSru (en)
Membre de
Assot︠s︡iat︠s︡ii︠a︡ rossiĭskikh bankov (d) ()
Congrès juif russe (-)
Congrès juif mondial ()
Arme
Distinctions
Liste détaillée

Biographie

Études

Vladimir Goussinski entre en 1969 (ou 1968[1]) à l'Université Gubkin de gaz et pétrole dont il est exclu (en 1969, 1970 ou 1973 suivant les sources[2]). Il effectue son service militaire dans l'armée soviétique de 1973 à 1975[3].

En 1980, Goussinski sort diplômé de la faculté de mise en scène de l'Académie russe des arts du théâtre. Son travail de diplôme est la mise en scène de la pièce de Molière Tartuffe au théâtre de Tula[3].

Selon le journal Nezavisimaya Gazeta, Goussinski était responsable de la partie artistique et mise en scène du 12e festival international de la jeunesse en 1985, ainsi que responsable du programme culturel pour les participants étrangers. Il y travaillait également en tant que chauffeur individuel[4].

Entreprenariat

En 1986, Goussinski crée avec Boris Khait la coopérative Metall, qui produisait divers objets, des bracelets de bronze aux bijoux, en passant par les garages métalliques.

En octobre de la même année, une enquête est ouverte contre lui par le ministère de l'intérieur pour fraude (article 147 al.1 du code pénal soviétique). L'enquête est abandonnée en décembre 1986[5].

En 1988, Goussinski fonde la coopérative Infex, qui fournissait des consultations financières et juridiques, ainsi que des analyses politiques à ses clients, majoritairement étrangers[6].

En 1989, Infex et la société juridique américaine Arnold & Porter fondent ensemble la société Most, enregistrée le 24 mai 1989, et dont la moitié du capital appartenait à Infex[7]. En octobre 1989, c'est au tour de Most-Bank d'être fondée[8], puis AO Gruppa Most en 1992, une structure réunissant 42 entreprises sous le contrôle de Goussinski et dans laquelle aucun investisseur étranger ne figure. À partir de 1989, Goussinski est le directeur général de Most, puis président de Most-Bank. Most-Bank soutient financièrement la radio Echo de Moscou[9],[10],[11].

En 1997, Goussinski quitte ses fonctions de président de Most-Bank et de directeur général du groupe Most pour devenir président de Media-Most[12].

En décembre 1993, Goussinski est inclus dans la commission responsable de la création d'un projet de système financier et hypothécaire pour la Russie. En mars 1994, le statut de Most-Bank comme banque accréditée auprès du Gouvernement de Moscou est confirmé, et Goussinski devient président du conseil des représentants des banques accréditées, un poste qu'il occupe de février 1994 à mars 1997. En avril 1994, il est nommé vice-président de l'association des banques russes. La même année, le premier guichet automatique bancaire permettant de retirer de l'argent en Russie est installé par Most Bank à Moscou[13].

À partir de 1995, Goussinski est membre du présidium du conseil de coordination de l'union russe "table ronde de l'entrepreunariat en Russie".

Après un déplacement à l'étranger durant l'été 2001, il crée la société de radiodiffusion télévisée par satellite RTVi, qui dépeint les événements en Russie tels que présentés par les journalistes de la chaîne de télévision Echo. Le site web correspondant newsru.com présente les nouvelles textuelles, photographiques et vidéo de Russie.

Le 23 août 2003, alors que Goussinski voyage d'Israël à Athènes, il est arrêté en vertu d'un traité gréco-russe pour fraude s'élevant à plusieurs millions de dommages et intérêts. Une intense pression de dirigeants américains (provenant principalement de l'ambassadeur américain à Athènes Tomas Miller) et de responsables israéliens sur le gouvernement grec, et en particulier du Congrès juif européen, conduit à la libération de Goussinski dans les cinq jours.

Selon l'Union des Conseils de Juifs soviétiques, Goussinski était un ami très proche du politicien américain Tom Lantos.

Il possède la double nationalité israélienne et espagnole[14] et réside souvent en Espagne. Goussinski détenait une part de l'équipe de basketball l'Hapoel Tel-Aviv et fait l'acquisition de 60 % de l'équipe en novembre 2000.

Goussinski créé NTV, la première chaîne de télévision indépendante en Russie. L'émergence de la NTV+, une ramification du canal de NTV, a été un événement important pour les médias russes. NTV+ a été la première chaîne satellite à diffuser dans l'ex-URSS. Goussinski détient désormais la chaîne de télévision RTVi.

Jusqu'en novembre 2008, Goussinski détient 27 % des parts du journal israélien Maariv, qu'il échange avec la banque Hapolaim pour couvrir une créance de 28 million $ due à celle-ci.

Arrestation et fuite de Russie

Goussinski est arrêté le 13 juin 2000 pour fraude à grande échelle et enfermé dans la prison de la Boutyrka, dont il sort le 16 juin avec une interdiction de quitter le pays[2].

Goussinski est accusé d'avoir enfreint l'article 159 du code pénal russe (fraude) et son dossier est instruit directement par le Procureur général de Russie, qui lui reproche d'avoir détourné de l'État russe l'équivalentde pas moins de dix millions de dollars « au moyen d'actes illicites et avec la complicité de certains directeurs de l'entreprise fédérale d'État "Russkoe Video" »[15].

Le 13 novembre 2000, le Bureau du Procureur général annonce que Goussinski est à nouveau en état d'arrestation et, dans l'incapacité de le localiser en Russie, émet un mandat d'arrêt international à son encontre le 20 novembre.

Goussinski est arrêté le 12 décembre 2000 par des agents de la police espagnole en application du mandat d'arrêt international émis par la Russie[15]. Son dossier est transmis à Madrid et pris en charge par le juge Balthazar Garzon, qui s'occupait alors de l'affaire Pinochet. Le 22 décembre 2000, Goussinski est libéré suite à son versement d'une caution de 5,5 millions de dollars. Goussinski dépose alors plainte à la Cour européenne des droits de l'homme, qui statue en 2004 que Goussinski, bien qu'il y ait eu matière à le soupçonner, avait été emprisonné illégalement, et condamne la Russie à lui verser 88 000 euros de frais de justice. La Russie a fait appel de cette décision, appel rejeté le 10 novembre 2004[5].

Le 22 janvier 2001, la justice espagnole prend connaissance de l'argumentaire détaillé du Bureau du Procureur général de Russie en vue de l'extradition de Goussinski. Celle-ci est refusée par l'Espagne le 4 avril 2001[15].

En février 2007, les médias font état de l'obtention par Goussinski de la nationalité espagnole (il a pu prouver qu'il était un descendant de juifs séfarades expulsés d'Espagne en 1492), ce qui rend impossible son extradition en Russie, l'Espagne n'extradant pas ses ressortissants[5].

En octobre 2009, dans une interview au journal israélien The Marker, Goussinski a exprimé son désir de retourner en Russie, et déclaré ne pas avoir de ressentiment envers l'administration actuelle, et notamment Poutine, qu'il a toujours respecté et qu'il tient pour un homme droit. Il dit même comprendre que ce dernier ait eu des raisons de ne pas l'aimer[16]. Selon certains commentateurs, ces déclarations étaient surtout adressées au gouvernement russe, bien que celui-ci ne souhaite pour l'instant pas permettre le retour de Goussinski en Russie[17].

Vie privée

Vladimir Goussinksi a connu son épouse actuelle Elena au travail: elle était employée au département juridique du groupe Most et son futur la mari la consultait pour des questions juridiques. Ensemble, ils ont eu trois fils: Stanislav, Vladimir et Daniil Goussinski[18].

Vladimir Goussinski a également un fils aîné issu de son premier mariage, Ilya.

Notes et références

  1. Ассоциация по изучению еврейских общин, Иерусалим. The Society for Research on Jewish Communities, Jerusalem, « Гусинский Владимир. Электронная еврейская энциклопедия », sur www.eleven.co.il (consulté le 19 décembre 2016)
  2. « Гусинский, Владимир »
  3. Hoffman, David, 1953-, The oligarchs : wealth and power in the new Russia, Public Affairs, (ISBN 9781610391115 et 161039111X, OCLC 753480140, lire en ligne)
  4. (ru) « Гусь », Nezavisimaïa Gazeta, (lire en ligne, consulté le 19 décembre 2016)
  5. « Владимир Александрович Гусинский. Биографическая справка », РИА Новости, (lire en ligne, consulté le 19 décembre 2016)
  6. « Korean joint venture HyNet aims to set up 100 stations by 2022 », Fuel Cells Bulletin, vol. 2019, no 4, , p. 8–9 (ISSN 1464-2859, DOI 10.1016/s1464-2859(19)30151-8, lire en ligne, consulté le 21 août 2019)
  7. Deseret News, « SOVIETS EXPECTED TO RELAX RULES ON FOREIGN OWNERSHIP IN '89 », sur Deseret News, (consulté le 21 août 2019)
  8. (en) « Vladimir Gusinsky | Russian businessman », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 21 août 2019)
  9. « Грани.Ру // Биография Владимира Гусинского », (consulté le 19 décembre 2016)
  10. « Би-би-си | Новости | "Медиа-Мост": один из первых », sur news.bbc.co.uk (consulté le 19 décembre 2016)
  11. « Владимир Гусинский: выбывший из списка », sur www.luxurynet.ru (consulté le 19 décembre 2016)
  12. « Грани.Ру: Биография Владимира Гусинского », sur graniru.org (consulté le 19 décembre 2016)
  13. (ru) PLUSworld ru-банковская розница, финансовое обслуживание и платежный рынок, « Первый в мире банкомат был установлен ровно 46 лет назад » », sur PLUSworld.ru – банковские новости, банковская розница, финансовое обслуживание и платежный рынок, (consulté le 21 août 2019)
  14. « Des oligarques financent la campagne municipale d'Elkin à Jérusalem », sur The Times of Israël, (consulté le 21 août 2019)
  15. « ЕВРОЗУД. ЧАСТЬ II », sur 2005.novayagazeta.ru (consulté le 19 décembre 2016)
  16. « Владимир Гусинский хочет вернуться в Россию | Rusbase », Rusbase, (lire en ligne, consulté le 19 décembre 2016)
  17. « Гусинский готов вернуться в Россию, если позволят власти », РИА Новости, (lire en ligne, consulté le 19 décembre 2016)
  18. « Мемория. Владимир Гусинский - ПОЛИТ.РУ », sur polit.ru (consulté le 19 décembre 2016)
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