Wolfgang Kermer

Wolfgang Kermer, né le 18 mai 1935 à Neunkirchen (Sarre), est un historien de l'art, artiste, auteur et professeur émérite allemand. De 1971 à 1984, il était recteur de la Staatliche Akademie der Bildenden Künste Stuttgart (de). Il vit en France à Cendrecourt et en Allemagne à Kusel.

Wolfgang Kermer
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Hochschulinstitut für Kunst- und Werkerziehung (Staatliche Schule für Kunst und Handwerk, Saarbrücken), Université de la Sarre, Staatliche Akademie der Bildenden Künste Stuttgart, Université de Stuttgart, Université Eberhard Karl de Tübingen
Activités
Conjointe
Autres informations
A travaillé pour
Académie des arts de Stuttgart (en)
Distinction

Biographie

Wolfgang Kermer naît le 18 mai 1935 à Neunkirchen (Sarre). Fils d'un chef d'orchestre autrichien, son père est mort lorsqu'il avait un an. Après une scolarité classique et un Abitur à Neunkirchen (Sarre), Wolfgang Kermer a étudié à partir de 1956 à Sarrebruck (Hochschulinstitut für Kunst- und Werkerziehung der Schule für Kunst und Handwerk et Université de la Sarre), Stuttgart (Staatliche Akademie der Bildenden Künste Stuttgart et Université de Stuttgart), Paris (École du Louvre) et Tübingen (Université Eberhard Karl de Tübingen)[1]. Titulaire d'un diplôme d'État (professorat d'arts plastiques) à l'Académie des beaux-arts de Stuttgart en 1961 et d'un doctorat ès lettres obtenu en 1966 à l'Université de Tübingen[2], cet auteur et éditeur de plusieurs ouvrages sur des sujets de l'art du XXe siècle et sur la réforme de l'enseignement supérieur artistique, de catalogues d'expositions et de périodiques a occupé jusqu'à 1997 pendant vingt-cinq ans une chaire d'histoire de l'art à l'Académie des beaux-arts de Stuttgart et puis dirigé, en tant que recteur élu plusieurs fois, cette Université des arts du Land de Bade-Wurtemberg de 1971 à 1984. Pendant son rectorat, l'Académie a été réorganisée à deux reprises, en 1975 et 1978, en raison de nouvelles lois sur les universités d'art. Dans ses recherches en histoire de l'art, Wolfgang Kermer s'est tourné depuis les années 1970 plus en plus vers le travail artistique et pédagogique de peintres tels que Willi Baumeister, Gunter Böhmer et Adolf Hölzel en leur consacrant plusieurs publications et expositions[3].

Concernant son propre travail artistique, L'Est républicain écrivait en 2006: « Plus jeune, au sein d'un collectif artistique “très progressif”, inspiré notamment par le Bauhaus, il avait jonglé entre peinture et photographie “subjective”. Ce travail est ensuite resté dans l'ombre, faute de disponibilité chez l'enseignant-chercheur.[4] ». Entre 1954 et 1964 les travaux artistiques de Wolfgang Kermer (peintures, dessins, gravures et photographies) ont fait l'objet de nombreuses expositions individuelles et participations à des expositions collectives en Allemagne. De 1960 à 1964 il fut membre du groupe d'artistes Neue Gruppe Saar (de). En 1961, la galerie d'avant-garde Zimmergalerie Franck à Francfort-sur-le-Main lui consacrait une exposition personnelle, tout comme le Graphisches Kabinett à Sarrebruck. Au milieu des années 1960, non seulement il a détruit bon nombre de ses œuvres, dont il n'était plus satisfait, il arrêtait son travail artistique pendant plusieurs années pour se consacrer exclusivement vers les études d'histoire de l'art. Ses recherches sur un sujet particulier de la peinture sur panneau médiévale – les diptyques – l'ont counduit à de nombreux musées et collections européens afin de pouvoir étudier les œuvres originales et les compiler dans un catalogue critique.

Après avoir réalisé des photogrammes abstraits en noir et blanc, résultats d'une rencontre décisive avec Otto Steinert à Sarrebruck, qui l'a accepté comme étudiant visiteur en 1956, et après avoir pris en charge, de 1963 à 1965, l'atelier de photographie de l'Institut de l'histoire de l'art à l'Université de Tübingen, il est passé dans les années 1970 aux photos en couleur en se basant de plus en plus sur l'expérimentation des possibilités techniques offertes par le système Polaroid SX-70, résultats présentés pour la première fois en 1983 à l'Institut français de Stuttgart et en 2003/04 à la Médiathèque “La Grenette” d'Ambérieu-en-Bugey[5].

Entre temps, il a repris la route de ses “Instants fixés” avec une toute autre approche grâce à la photographie numérique, avec des travaux qu'il exposait en 2006 à Vesoul et en 2008 à Bourbonne-les-Bains. « Posant ses valises à l'heure de la retraite à Cendrecourt, dans la proche Haute-Saône, Wolfgang Kermer continue à s'adonner à sa passion. Ce brillant intellectuel reste d'une grande simplicité et offre un regard poétique sur le monde quotidien et banal. [...] L'artiste fait des gros plans sur des choses ordinaires, à l'image de ce fruit qui vient d'être pelé sur un bout de table de cuisine. Le résultat est tout simplement génial. Ou encore, cet autoportrait en photographiant son image sur une vitrine portant des inscriptions “s'imprimant” sur ses habits, qui demande une belle ingéniosité. [...] Pour en arriver à cette étape, il y a des années de travail et un sens artistique aigu[6] ».

Wolfgang Kermer est marié avec l'artiste plasticienne France Kermer. En 2018, le couple franco-allemand a fait don de sa collection privée « Céramique française 1970–2000 » – déjà exposée en 2008 au Glasmuseum Frauenau (de)[7] et en 2014/15 au Theodor-Zink-Museum (de) à Kaiserslautern[8] – à la Ville de Sarreguemines[9], où la donation est exposée actuellement au Musée Moulin de la Blies. La donation comprend des œuvres des plus grands céramistes français de la seconde moitié du XXe siècle, dont Pierre Bayle, Claude Champy, Loul Combres, Robert Deblander, Alain Girel, Jean Girel, Jean et Jacqueline Lerat, Jean Linard, Daniel de Montmollin, Gilbert Portanier, André Rozay, Catherine Vanier, Antoine de Vinck, Camille Virot.

Publications (Sélection)

  • Studien zum Diptychon in der sakralen Malerei: von den Anfängen bis zur Mitte des sechzehnten Jahrhunderts: mit einem Katalog. Düsseldorf: Dr. Stehle, 1967 (Phil. Diss. Universität Tübingen)
  • Einige Aspekte der Kunstlehre Willi Baumeisters. In: 175 Jahre Friedrich-Eugens-Gymnasium Stuttgart. Belser, Stuttgart 1971, S. 126–152.
  • Ein Spätwerk Adolf Hölzels für die Akademie. In: Akademie-Mitteilungen (de) 3. Für die Zeit vom 1. Oktober 1972 bis 31. März 1973. Stuttgart: Staatliche Akademie der Bildenden Künste Stuttgart, April 1973, S. 25–26, Abb. S. 13.
  • Hommage à Baumeister: Klaus Bendixen, Karl Bohrmann, Peter Brüning, Bruno Diemer, Peter Grau, Klaus Jürgen-Fischer, Emil Kiess, Eduard Micus, Herbert Schneider, Peter Schubert, Friedrich Seitz, Ludwig Wilding. Staatliche Akademie der Bildenden Künste Stuttgart, Stuttgart 1979.
  • Werkstatt: die Werkstätten und ihre Lehrer. Staatliche Akademie der Bildenden Künste Stuttgart, Stuttgart 1982.
  • Gunter Böhmer an der Stuttgarter Kunstakademie. Edition Cantz, Stuttgart, Bonn, Wien 1987, (ISBN 3-922608-47-7)
  • Willi Baumeister: Typographie und Reklamegestaltung. Edition Cantz, Stuttgart 1989, (ISBN 3-89322-145-X)
  • Der schöpferische Winkel: Willi Baumeisters pädagogische Tätigkeit. Beiträge zur Geschichte der Staatlichen Akademie der Bildenden Künste Stuttgart (de). Hrsg. von Wolfgang Kermer. Bd. 7. Edition Cantz, Ostfildern-Ruit 1992, (ISBN 3-89322-420-3)
  • (mit Wolfgang Berger, Heike Heimann, Wolfgang Schneider, Peter Schmitt): Jörg F. Zimmermann: Glas-Artist – Verre contemporain. Arnoldsche, Stuttgart 1993, (ISBN 3-931485-77-3) (Text dt./engl./franz.)
  • (mit France Kermer): Claude Morin: verrier de Dieulefit: Glasgestalter aus Frankreich. Arnoldsche, Stuttgart 1993, (ISBN 3-925369-33-3)
  • Aus Willi Baumeisters Tagebüchern: Erinnerungen an Otto Meyer-Amden, Adolf Hölzel, Paul Klee, Karl Konrad Düssel und Oskar Schlemmer. Mit ergänzenden Schriften und Briefen von Willi Baumeister. Beiträge zur Geschichte der Staatlichen Akademie der Bildenden Künste Stuttgart. Hrsg. von Wolfgang Kermer. Bd. 8. Edition Cantz, Ostfildern-Ruit 1996, (ISBN 3-89322-421-1)
  • Zwischen Buch-Kunst und Buch-Design: Buchgestalter der Akademie und ehemaligen Kunstgewerbeschule in Stuttgart. Werkbeispiele und Texte. Württembergische Landesbibliothek Stuttgart, 30. Oktober – 23. November 1996. Edition Cantz, Ostfildern-Ruit 1996, (ISBN 3-89322-893-4)
  • “1968” und Akademiereform: von den Studentenunruhen zur Neuorganisation der Stuttgarter Akademie in den siebziger Jahren. Beiträge zur Geschichte der Staatlichen Akademie der Bildenden Künste Stuttgart. Hrsg. von Wolfgang Kermer. Bd. 9. Edition Cantz, Ostfildern-Ruit 1998, (ISBN 3-89322-446-7)
  • Willi Baumeister und die Werkbund-Ausstellung “Die Wohnung” Stuttgart 1927. Beiträge zur Geschichte der Staatlichen Akademie der Bildenden Künste Stuttgart. Hrsg. von Wolfgang Kermer. Bd. 11. Staatliche Akademie der Bildenden Künste Stuttgart, Stuttgart 2003, (ISBN 3-931485-55-2)
  • Hans Gottfried von Stockhausen: Licht und Raum: Aufsätze, Vorträge, Interviews. Beiträge zur Geschichte der Staatlichen Akademie der Bildenden Künste Stuttgart. Hrsg. von Wolfgang Kermer. Bd. 12. Staatliche Akademie der Bildenden Künste Stuttgart, Stuttgart 2004, (ISBN 3-931485-66-8)
  • « Lieber Meister Hölzel... » (Willi Baumeister): Schüler erinnern sich an ihren Lehrer. Zum 70. Todestag Adolf Hölzels am 17. Oktober 2004. WerkstattReihe (de). Hrsg. von Wolfgang Kermer. Bd. 11. Staatliche Akademie der Bildenden Künste Stuttgart, Stuttgart 2004, (ISBN 3-931485-67-6)
  • Aufruhr am Weißenhof: zu Struktur und Situation der Stuttgarter Kunstakademie zur Zeit der Studentenunruhen 1968/69. WerkstattReihe. Hrsg. von Wolfgang Kermer. Bd. 14. Staatliche Akademie der Bildenden Künste Stuttgart, Stuttgart 2006, (ISBN 3-931485-79-X)
  • Willi Baumeister: Cézanne. Hrsg. und mit einer Einführung von Wolfgang Kermer. WerkstattReihe. Hrsg. von Wolfgang Kermer. Bd. 16. Staatliche Akademie der Bildenden Künste Stuttgart, Stuttgart 2006, (ISBN 3-931485-79-X)
  • Fritz Arnold: Das grafische Werk 1917–1920. Mit einem Vorwort von Nicole Nix-Hauck und einem Beitrag von Nina Pirro. Herausgegeben von der Städtischen Galerie Neunkirchen aus Anlass der Schenkung und Ausstellung “Fritz Arnold: Das grafische Werk 1917–1920”, Juni/August 2010. M & G Medienagentur und Verlag, Saarbrücken 2010, (ISBN 978-3-941715-03-5)

Distinctions

Références

  1. Knaurs Prominentenlexikon : die persönlichen Daten der Prominenz aus Politik, Wirtschaft, Kultur und Gesellschaft. München/Zürich: Droemersche Verlagsanstalt Th. Knaur Nachf., 1982 (3. Ausgabe), (ISBN 3-426-07635-7), p. 226.
  2. La Chronique des arts: supplément à la Gazette des beaux-arts, no. 1208, septembre 1969, p. 17: « Wolfgang Kermer, Studien zum Diptychon in der sakralen Malerei von den Anfängen bis zur Mitte des sechzehnten Jahrhunderts (thèse de doctorat, Université Eberhard-Karl à Tübingen, imprimé-ronéotypé à Düsseldorf, 1967, 512 p., 296 ill.). En sa thèse de doctorat soutenue à l'Université de Tübingen en 1966 et publiée l'année suivante, Wolfgang Kermer, originaire de la Sarre, extrait de l'histoire de l'art sacré du Moyen Age (du VIIe au milieu du XVIe siècle) le diptyque, pour en faire objet d'une monographie. [...] Au très important texte de l'ouvrage s'ajoute un catalogue raisonné contenant 166 notices suivies, chacune, d'une abondante bibliographie et de 296 illustrations qui se rapportent soit aux œuvres décrites, soit aux analogies. La matière s'y trouve distribuée en plusieurs groupes d'après divers types, leur origine et leur cheminement topographique et chronologique. Elle se divise en sept gros chapitres traitant du haut Moyen Age occidental, art byzantin du XIe au XIVe siècle, écoles d'Italie du XIIIe au XVe siècle, l'Allemagne du XIVe au début du XVIe siècle et l'Espagne avec une seule œuvre. Quant à la France, elle est représentée par le diptyque de Rabastens (Musée de Périgeux), les deux diptyques du legs Carrand au Bargello de Florence et celui de Simon Marmion du Musée de Strasbourg. [...] ».
  3. Wer ist wer? : das deutsche Who's Who; Bundesrepublik Deutschland = The German who's who = Le who's who allemand. LII 2015/2016. Lübeck: Schmidt-Römhild, 2015, (ISBN 978-3-7950-2055-2), p. 487.
  4. X. F.: Karma Kermer: à travers ses “Instants fixés”, un auteur-photographe allemand appuie un regard décalé et apaisé sur des choses anodines du quotidien. L'Est républicain, 26 juin 2006.
  5. Wolfgang Kermer expose à la Grenette: les clichés de l'artiste: transpositions poétiques d'un monde quotidien et banal... Le Progrès, 28 novembre 2003.
  6. Wolfgang Kermer: tout l'art de sublimer le quotidien: la rotonde du Centre Borvo, à Bourbonne-les-Bains, déploie ce mois-ci un magnifique panorama photographique signé Wolfgang Kermer. Le Journal de la Haute-Marne, 3 novembre 2008.
  7. S[ylvie] G[irard]: Les Collections Kermer au Musée de Frauenau, La Revue de la céramique et du verre, no. 162, septembre/octobre 2008.
  8. Moderne Keramik aus Frankreich: 1970 bis 2000. Aus der Sammlung Kermer. Theodor-Zink-Museum, Wadgasserhof, Kaiserslautern, 2014 (Catalogue d'exposition: Kaiserslautern, 11 octobre 2014–15 février 2015) (ISBN 978-3-936036-38-1)
  9. Céramique française 1970–2000: Donation France et Wolfgang Kermer. (Textes: Céleste Lett / France Kermer / Wolfgang Kermer: Bibliographie) Sarreguemines, 2018, (ISBN 978-2-91375-924-4)

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