Yalta

Yalta (russe et en ukrainien Ялта ; du tatar de Crimée Yalta signifiant alpage) est une ville de Crimée.

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Yalta

Héraldique

Drapeau

vue de Yalta
Administration
Pays Russie
Ukraine
Maire Andrey Rostenko
Code postal 298600 — 298639
Démographie
Population 78 115 hab. (2013)
Densité 2 761 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 29′ nord, 34° 10′ est
Altitude 0−100 m
Superficie 2 829 ha = 28,29 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Russie
Yalta
Géolocalisation sur la carte : Ukraine
Yalta
Géolocalisation sur la carte : Crimée
Yalta

    Elle est située au bord de la mer Noire, entourée de montagnes boisées à 51 km au sud de Simferopol. Selon certains, le nom originel de la ville Etalita, Galita, Jalita proviendrait d'une ancienne colonie grecque qui aurait été fondée par des marins cherchant une côte sécurisée (γιαλος, gialos, signifiant rivage en grec) sur laquelle accoster. Pour d'autres, son nom serait d'origine tatare, à l'instar du mont éponyme Yaltai Dagh qui la domine et signifierait « alpage ». Elle jouit d'un climat méditerranéen chaud, entourée par un grand nombre de vignobles et de vergers. Elle comptait 78 115 habitants en 2013 ; son agglomération, le « Grand Yalta », en compte environ 150 000.

    Le terme « Grand Yalta » est utilisé pour désigner une partie de la côte sud de Crimée s'étendant de Foros à l'ouest jusqu'à Gourzouf à l'est et incluant la ville de Yalta et de multiples implantations urbaines adjacentes.

    La ville est devenue célèbre pour avoir accueilli la conférence de Yalta, du 4 au 11 février 1945, réunissant les principaux responsables de l'Union soviétique (Joseph Staline), du Royaume-Uni (Winston Churchill) et des États-Unis (Franklin D. Roosevelt).

    Histoire

    Le yacht impérial Standart à Yalta (1917).

    Selon la transcription usuelle du russe en français, la forme Ialta se rencontre rarement dans les sources francophones. Yalta est une station balnéaire prisée tant par les Russes que par les Ukrainiens, son climat est méditerranéen et la ville a conservé l'atmosphère d'une station balnéaire de la Belle Époque. Dans cette atmosphère, s'y retrouvent les mondes slaves et méditerranéens.

    Les troupes allemandes entrent dans Yalta le 7 novembre 1941, pendant la Grande Guerre patriotique[1]. À Yalta, les envahisseurs créés un ghetto juif, dans lequel toute la population juive de la ville est conduite (4 500 personnes environ). Le 18 décembre 1941, ils sont tous abattus dans la région de Massandra[2],[3].

    De 1941 à 1944, Yalta a été soumise à des bombardements de la flotte soviétique de la mer Noire et à des bombardements aériens.

    Yalta est libérée en avril 1944.

    Du 4 au s'est tenue la Conférence de Yalta, ensemble de réunions entre les chefs d'État des États-Unis (Franklin D. Roosevelt), de l'URSS (Joseph Staline) et du Royaume-Uni (Winston Churchill).

    La ville a connu beaucoup de difficultés économiques après la fin de l'Union soviétique.

    La conférence de Yalta

    Les chefs d'États à la conférence (1945).

    L'idée que la conférence aurait impliqué un véritable partage du monde est un point de vue largement répandu (absence de De Gaulle à la conférence, non-ratification de la convention de Genève de 1929 par l'URSS, guerres d'agressions contre la Finlande puis la Pologne en 1939 en alliance avec l'Allemagne nazie). En fait, ce partage avait déjà été proposé par Churchill à Staline lors de la Conférence Tolstoï en octobre 1944, mais avait été refusé par les Américains, qui souhaitaient favoriser l'auto-détermination des peuples, tout en décidant du sort des pays, dont les modifications des frontières polonaises, sans leur participation[4],[5].

    La Conférence voit la concrétisation de la Conférence de Dumbarton Oaks au cours de laquelle a été posée le principe de la création de l'Organisation des Nations unies, en remplacement de la Société des Nations. Elle se déroule du 4 au 11 février 1945.

    La « Déclaration sur l'Europe libérée » affirmait conformément à la charte de l'Atlantique, le « droit de tous les peuples à choisir leur mode de gouvernement ». Elle accordait son aide indifféremment aux États satellites de l'Axe comme aux États libérés d'Europe.

    La division de l'Europe ne résulte pas directement des accords de Yalta mais elle a été entérinée lors de la guerre froide qui a suivi[4], lorsque Staline, dès 1945, imposa aux pays d'Europe orientale occupés par l'Armée rouge des pouvoirs à structures « socialistes » pour ne pas dire totalitaires, faisant fi du principe d'auto-détermination prévu dans les accords de Yalta.

    Le Yalta contemporain

    Vue de Yalta à partir de la côte de la mer Noire.
    Promenade de Yalta (Naberejnaïa), bordée par de nombreux hôtels, restaurants et cafés.

    Après la dislocation de l'Union soviétique, en 1991, la ville de Yalta connaît des moments difficiles sur le plan économique. Un grand nombre de « nouveaux riches » lui préférant d'autres stations touristiques européennes mieux équipées, tandis que la population voyait son niveau de vie s'effondrer.

    Ce n'est que vers la fin des années 1990 que la situation commence à s'améliorer ; mais les incertitudes liées à la crise économique de 2008 conduisent à de nouvelles restructurations économiques.

    Depuis 2000, la résurrection de Yalta s'accompagne d'une frénésie de constructions, avec son cortège de spéculations immobilières[6].

    À la suite de la crise ukrainienne de 2013-2015 et du référendum du 16 mars 2014 sur le rattachement de la Crimée à Russie, la ville est réintégrée à la Russie après 60 ans d’administration ukrainienne. Ce référendum n'est cependant pas reconnu par l'Ukraine ni par la majorité de la communauté internationale, l'appartenance de la Crimée à la Russie restant toujours contestée.

    Population

    Recensements (*) ou estimations de la population[7] :

    Évolution démographique
    1805 1897 1923 1926 1939
    30013 15518 34528 75832 683
    1959 1970 1979 1989 2001
    43 99462 17080 09888 54981 140
    2009 2010 2011 2012 2013
    78 58478 33478 03278 04078 115

    Administration

    La ville de Yalta fait partie de l'Okroug urbain de Yalta (ru). En tant que partie de la revendication ukrainienne sur la Crimée, la ville fait partie de la municipalité de Yalta (en ukrainien Ялтинська міськрада, Yaltyns'ka mis'krada ; en russe Ялтинский горсовет, Yaltinski gorsoviet ; en tatar de Crimée Yalta şeer şurası), qui comprend également la ville d'Aloupka, 21 communes urbaines et 9 villages.

    Monuments

    • C'est pendant la Première Guerre mondiale que se développe une activité cinématographique à Yalta. En 1916, y sont ainsi fondés des ateliers cinématographiques. Ces ateliers deviendront par la suite Yalta films, structure du cinéma ukrainien qui existe encore aujourd'hui.

    Galerie

    Personnalités

    Jumelages

    Bibliographie

    Notes et références

    1. Sur les rives de la mer Noire - Journal Les Actualités Mondiales
    2. Дегтярь М., « Расстрел » [archive du ], lechaim.ru (consulté le 18 août 2012)
    3. [vidéo] Репортаж о гетто в Ялте sur YouTube
    4. Pascal Boniface, Le Grand Livre de la géopolitique : Les relations internationales depuis 1945 - Défis, conflits, tendances, problématiques , Éditions Eyrolles, 2014, encart : quelques idées reçues sur la Conférence de Yalta
    5. André Kaspi, Nicole Pietri, Ralph Schor, La Deuxième Guerre mondiale : Chronologie commentée, Synthèses Historiques, Éditeur EDI8, 2011 passage : Conférence de Moscou
    6. Certains appartements se vendent jusqu'à 6 000 euros le mètre carré.
    7. « Recensements et estimations de la population depuis 1897 », sur pop-stat.mashke.org(uk) « Office des statistiques d'Ukraine : population au 1er janvier 2010, 2011 et 2012 », sur database.ukrcensus.gov.ua« Office des statistiques d'Ukraine : population au 1er janvier 2011, 2012 et 2013 », sur database.ukrcensus.gov.ua

    Liens externes

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