Antigone (Anouilh)

Arbre généalogique de la famille des Labdacides

Antigone est une pièce de théâtre de Jean Anouilh, qui raconte l'histoire d'Antigone, la fille d'Œdipe. Sa première représentation a eu lieu le 4 février 1944, pendant la seconde guerre mondiale. Jean Anouilh s’est inspiré du mythe antique de Sophocle pour écrire Antigone. Il reste en continuité avec l’œuvre antique tout en la renouvelant. 

Résumé

Antigone, fille née de la relation incestueuse d’Œdipe et Jocaste, a dû affronter la mort de ses deux frères ennemis, Etéocle et Polynice, lors d’un combat. Accusant Polynice de trahison et d'avoir attaqué Thèbes, Créon, le nouveau roi et frère de la défunte Jocaste, lui refuse une sépulture : son cadavre est abandonné aux charognards, à la porte de la cité, avec l’interdiction de l’enterrer. Ne pouvant tolérer cet ordre, Antigone fera preuve de résistance et s’entêtera à rejoindre le corps de son frère pour l’ensevelir, jusqu’à être surprise par les gardes du roi. Malgré ses arguments auprès de son oncle pour justifier son acte, Antigone est condamnée à être enterrée vivante. Seulement, Créon ignore que sa mort provoquera le suicide de son fils, Hémon, fiancé d’Antigone, ainsi que celui de son épouse, désespérée par la perte de son enfant.

Contexte de création de l'oeuvre

La pièce de théâtre est adaptée de la tragédie de Sophocle, écrite pendant l'Antiquité. Le contexte de la création de la version d'Anouilh est donc bien différent, à cette époque la France est sous l'emprise de l'Allemagne Nazie. Le personnage d'Antigone représente a cette époque la liberté et a pour but de pousser le public de l'époque a se révolter contre l'Allemagne Nazie. Le Roi tyrannique Créon est une allusion à Pétain, qui prend dans la pièce des décisions difficiles (laisser pourrir le corps frère d'Antigone a l'air libre) mais qu'il n'a pas le choix, tout comme Pétain qui aurait collaboré avec l'Allemagne Nazie pour ranger la France au niveau des vainqueurs. Par ailleurs, Créon est devenu Roi par la mort des deux frères d'Antigone et pas par choix. Anouilh doit son inspiration à Paul Collette, un résistant.

Personnages

Personnages principaux

Personnages secondaires

Antigone

Tragédie : Anouilh/Sophocle

Aucun des personnages ne ressort vainqueur.
Antigone meurt à la fin tout comme Hémon et Euridice. La pièce est donc conforme au genre tragique.

Certains éléments sont repris de la tragédie antique. On peut le voir notamment avec le drame, les lieux et les personnages. Toutefois, Anouilh l’a modernisée. Il a ainsi modifié les fonctions et le mode de vie : les princes, par exemple, ont des voitures et une vie mondaine ; la nourrice prépare du café et des tartines grillées, etc. Le langage et les attitudes familières ressortent fortement chez Anouilh.

Sébastien Norblin, Antigone donnant la sépulture à Polynice, 1825, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts

Réception

Cette œuvre a eu un grand succès malgré certaines polémiques. De fortes résonances avec la tragédie de la seconde guerre mondiale sont visibles comme le côté tragique (les nombreux morts), la guerre, les dictateurs (Créon apparaît comme une figure du maréchal Pétain) et la résistance (Antigone est une figure de la Résistance).

Réferences

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