Début de la Révolution française

La révolution française de 1789, couramment appelée Révolution française[1], est la révolution du peuple de France contre la monarchie absolue. Cette révolution vit la création de la Première République.

Le début de la Révolution française est marqué par la réunion des États généraux et la prise de la Bastille, et aboutit au coup d'État du 18 brumaire (9 et 10 novembre 1799) de Napoléon Bonaparte. Au cours cette période, les Français doivent résoudre un problème. La monarchie absolue et l'Ancien Régime social étant détruits, qui va désormais gouverner la France ? Les lois seront faites au profit de quelle partie de la population ? Les solutions proposées sont tellement différentes que leur opposition va provoquer de grands conflits politiques.

La France juste avant la Révolution

La société

En 1789, la France est un pays de 26 millions d'habitants. La population se partage de manière inégale en trois catégories sociales :

  1. Le clergé est composé de 120 000 personnes dont 139 évêques. Il est également divisé entre le haut clergé (issu de la noblesse) et le bas clergé, plus proche du tiers état que des hauts prélats.
  2. La noblesse représente environ 400 000 personnes. Cet ordre est divisé entre la haute noblesse (environ 4 000 familles) — proche du trône ; la petite noblesse — composée de gentilshommes de province, souvent peu fortunés ; et la noblesse de robe ayant acheté ses quartiers de noblesse et méprisée par la noblesse d’épée traditionnelle.
  3. Le tiers état représente l'immense majorité de la population soit environ 98% de celle-ci. Il regroupe les travailleurs journaliers des campagnes, les paysans propriétaires fermiers, les artisans et les bourgeois des villes (banquiers, hommes de droit ou commerçants). Cette bourgeoisie est en plein essor grâce au développement économique des dix dernières années et prend de plus en plus de pouvoir dans la vie économique du royaume de France.

La Révolution

Les crises

La France au XVIIIe siècle connaît plusieurs types de crises :

Conclusion : Le roi élit différents ministres, qui veulent faire payer des impôts aux nobles et aux clercs. Celui-ci décide plus tard de convoquer les États Généraux.

Le contexte

La récolte de 1788 a été très mauvaise ; le peuple a faim. La France a également aidé les États-Unis d'Amérique dans leur émancipation vis-à-vis de l'Angleterre, ce qui lui a coûté cher. Les caisses du royaume sont vides et le roi, Louis XVI, n'arrive pas à rétablir les comptes, même en changeant souvent de ministre des Finances. Les crises sociales s'accumulent. Une partie de la noblesse et du clergé refuse de renoncer à ses privilèges ; c'est-à-dire, entre autres, à ne pas payer d'impôts. Le roi convoque des États généraux pour le 5 mai 1789.

Les étapes

Les États généraux

Les États généraux (noblesse, clergé et tiers état) se réunissent à Versailles le 5 mai 1789. Le Roi avait organisé cette réunion dans le but de montrer qu'il tentait de faire changer les choses. Des délégués de chaque Ordre avaient été élus dans le but de se réunir et de trouver un accord.

Le Serment du Jeu de Paume par Jacques-Louis David

Dès le début, les députés élus par le tiers état déclarent qu'il faut supprimer la royauté absolue et établir une constitution. Mais Louis XVI, soutenu par la plupart des députés du clergé et de la noblesse, refuse. Les députés du Tiers-Etat sont obligés de quitter la réunion. Alors, le 20 juin 1789, les députés du tiers état jurent de ne pas se séparer avant d'avoir transformé le gouvernement de la France : c'est le serment du Jeu de paume.

Le député du tiers état qui joue à ce moment le rôle principal est un député provençal du nom de Mirabeau. Il répond un jour à un ministre, qui voulait faire sortir les députés d'une salle où ils s'étaient réunis malgré l'ordre du roi : « Nous sommes ici par la volonté du peuple, nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes ».

Le roi est finalement obligé de céder. Il permet aux députés de rédiger une constitution et les États généraux prennent le nom d'Assemblée constituante.

La prise de la Bastille

Louis XVI regrette bientôt d'avoir cédé ; aussi réunit-il des troupes près de Versailles et décide de renvoyer par la force l'Assemblée. Les députés du tiers état demandent aux bourgeois et aux artisans parisiens de la défendre.

La prise de la Bastille par Jean-Pierre Houël

Comme ces bourgeois et artisans n'ont pas d'armes, ils cherchent à s'en procurer et, pour ce, imaginent de prendre celles se trouvant dans la forteresse royale de Paris : la prison de la Bastille.

Le 14 juillet 1789, plusieurs milliers de Parisiens se rassemblent devant la Bastille. Puis, quand l'entrée leur est refusé, ils l'attaquent, la prennent, libèrent ses quelques prisonniers et la détruisent. La reproduction de la Bastille sera ensuite envoyée dans chacun des départements.

Après le 14 juillet, les bourgeois, les artisans et les paysans se révoltent dans toutes les régions de France contre les seigneurs. De nombreux châteaux seigneuriaux sont brûlés.

La Grande Peur

Après la prise de la Bastille, Louis XVI vient à Paris et orne son chapeau d'une cocarde tricolore. Le roi semble donner son accord à tous les changements. Mais alors que Paris se calme, la province s'enflamme à son tour.

Fin juillet-début août 1789, les paysans se soulèvent dans les campagnes contre les nobles : des châteaux sont pillés, brûlés... Pris de panique, les députés de la noblesse et du clergé abolissent les privilèges dans la nuit du 4 au 5 août 1789.

La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen

La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen est adoptée le 26 août 1789. Elle instaure l'égalité des hommes devant la loi, en précisant notamment Molière que « les hommes naissent libres et égaux en droits et le restent tout au long de leur vie ». Il s'agit d'un héritage direct des penseurs dit des Lumières, où un humanisme issu de la Renaissance est exalté. Ces philosophes s'appellent entre autres Denis Diderot, Voltaire et Emmanuel Kant.

Le roi à Paris

Louis XVI projette de nouveau de renvoyer l'Assemblée, mais une fois encore, son projet échoue. Le 5 octobre 1789, les Parisiens viennent à Versailles et envahissent le château. Le lendemain, ils forcent le roi à revenir avec eux à Paris ; celui-ci est obligé de s'installer au palais des Tuileries.

Les Parisiens sont aussi allés à Versailles parce qu'ils manquent de pain. Si le roi habitait Paris, pensent-ils, le pain n'y manquerait plus. Sur le chemin du retour la foule crie : « Nous ramenons le boulanger (le roi), la boulangère (la reine) et le petit mitron (le dauphin). »

Vikiliens pour compléter sur les débuts de la Révolution française

Source

Note

  1. Cette dénomination est fréquemment utilisée du fait que la révolution de 1789 est la plus importante des révolutions françaises.

Après la Révolution ?

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