Déflation

La déflation est un mouvement, persistant sur une longue période, à la baisse du prix moyen de la plus grande partie des biens et services. La déflation provoque une baisse du coût de la vie. Si la baisse des prix peut sembler favorable au consommateur, car avec les mêmes revenus il peut acheter plus de biens ou de service, une baisse persistante et généralisée peut provoquer une situation économique et sociale catastrophique et aboutir à une dépression.

Il existe aussi une déflation sectorielle qui affecte certains produits (comme les produits informatiques dont le coût ne cesse de baisser, grâce à l'innovation et à l'augmentation des quantités vendues).

Pourquoi la déflation ?

La généralisation des échanges de produits et des services

La baisse des prix peut venir de la concurrence internationale généralisée, ce que l'on appelle la mondialisation. On peut produire ailleurs, surtout dans les pays à faibles coûts salariaux, des biens matériels (industriels ou agricoles) ou fournir des biens intellectuels, à meilleur marché que s'ils étaient produits sur les lieux de consommation. La généralisation des échanges et la baisse voulue des droits de douanes ou des exigences réglementaires sur quasiment tous les produits ainsi que l'extension de l'internet, permettent de consommer ces produits « bon marché » loin de leurs lieux de production. Ces produits et ces services importés concurrencent alors les produits locaux semblables qui, pour pouvoir continuer à être produits, doivent eux aussi baisser leurs prix, ce qui met en difficulté les entreprises productrices.

L'insuffisance de la demande de produits et de services

La déflation peut aussi être la conséquence d'une demande insuffisante pour absorber la quantité de biens et services produits. Cette demande insuffisante de la part des consommateurs provient généralement de la diminution de leurs revenus.

Pour réduire les dettes accumulées au cours des années, les gouvernements peuvent augmenter leur recettes c'est-à-dire les impôts et les taxes, ce qui réduit des moyens financiers de la population. Parallèlement les gouvernements peuvent réduire leurs dépenses, en limitant ou en baissant les salaires (traitements) versés aux fonctionnaires, mais aussi en réduisant la consommation en produits des administrations étatiques et réduire les investissements (bâtiments publics, subventions aux entreprises ou aux collectivités territoriales). Le gouvernement peut aussi réduire les prestations sociales diverses qui sont versées à certaines catégories de la population. C'est ce que l'on appelle une politique de rigueur ou d'austérité.

Les entreprises du secteur privé pour faire baisser leurs coûts de production vont diminuer les salaires versés à leurs employés et souvent vont mettre au chômage tout ou partie de leur personnel. Les chômeurs, malgré les pensions qu'ils perçoivent, réduisent leur consommation de produits et de services. Les entreprises ayant du mal à écouler leur production réduisent leurs commandes à leurs fournisseurs qui sont à leur tour mis en difficultés.

Le réflexe des consommateurs

Mais la diminution de la demande peut aussi provenir d'un réflexe des consommateurs basé sur le principe suivant : pourquoi acheter aujourd'hui ce qui sera moins cher demain ? Ceux-ci retardent leurs achats en espérant une nouvelle baisse des prix qui leur sera plus favorable en leur permettant d'acheter plus pour la même somme disponible. Les entreprises agissent de la même façon. Si un patron est pessimiste sur l'avenir de son activité il va reporter à plus tard ses investissements (c'est-à-dire l'achat de nouvelles machines ou l'extension de ses bâtiments voire l'embauche de nouveaux salariés). La stagnation ou la baisse de la production locale, favorisent les importations des produits qui restent cependant nécessaires et qui vont encore plus concurrencer les produits locaux.

Les conséquences de la déflation

Si la déflation est forte et très longue, l'économie entre en récession. Il y a une baisse de la production, une baisse des salaires, une augmentation du chômage, une augmentation de la difficulté de vivre pour nombre de ménages.

Anticipant la réduction de leurs ventes, les producteurs réduisent leur production (gel des investissements, mise au chômage partiel ou total des salariés). Pour tenter d'écouler leurs produits, ils baissent leurs prix. Mais pour maintenir leurs bénéfices, il faut qu'ils réduisent leurs coûts de production, donc ils réduisent les salaires de ceux qui continuent à travailler. Il y a baisse de la consommation.

Les revenus de l'État, c'est-à-dire les impôts sur le revenu des particuliers, sur les bénéfices des entreprises et les taxes sur la consommation (la TVA) se réduisent. Pour continuer à faire fonctionner les administrations publiques, l'État doit réduire ses dépenses, soit en réduisant son personnel, soit en bloquant les salaires des fonctionnaires. Alors que les besoins d'aide sociale augmentent avec les difficultés croissantes, l'État doit rogner sur les dépenses sociales, ce qui aggrave la situation des particuliers qui en bénéficiaient. Il peut aussi tenter d'augmenter les impôts, ce qui réduit le revenu disponible pour la consommation. Il peut aussi emprunter, mais cela va augmenter le poids de la dette (voir plus bas) et accentuer les difficultés.

Les emprunteurs (État, entreprises, particuliers) voient le poids de leurs dettes (dont le montant a été fixé dans une période précédente où les revenus étaient meilleurs) peser plus lourd dans leurs situations, puisque leurs revenus sont en baisse. Certains, ne pouvant rembourser, sont contraints à la faillite. Les organismes prêteurs (généralement les banques) ne peuvent récupérer au mieux qu'une petite partie de ce qu'ils avaient prêté. Ils sont mis aussi en difficulté et réduisent leurs capacités de financement des prêts, ce qui pénalise la consommation des particuliers et l'investissement des entreprises.

Vikiliens pour compléter sur les mouvements des prix

Portail de l'économie   Tous les articles sur l'économie.
This article is issued from Vikidia. The text is licensed under Creative Commons - Attribution - Sharealike. Additional terms may apply for the media files.