Destruction de la civilisation mycénienne

Traditionnellement la destruction de la civilisation mycénienne a été attribuée à l'invasion du Péloponnèse par des Doriens, invasion qui aurait eu lieu vers 1200 av. J.-C.. Les Grecs de l'Antiquité avaient nommé cette migration le retour des Héraklides (les descendants d'Héraklès).

Au début du XIIe siècle av. J.-C. la Grèce entre dans les « siècles obscurs » qui sont une époque de bouleversements politiques, sociaux, culturels et religieux. La Grèce mycénienne disparaît alors et à l'issue des siècles obscurs, au VIIIe siècle av. J.-C., apparaît la Grèce archaïque, qui est tout à fait différente.

Mais faut-il rendre seuls responsables de ces changements les « envahisseurs » doriens ?

Des recherches ont pu mettre en évidence des changements climatiques. À cette époque, les sédiments montrent une alternance de très fortes pluies et de sécheresses prolongées. Ces fortes variations affectent la flore et la faune. Les récoltes de céréales sont compromises, les paysans ont des difficultés et certains abandonnent la culture pour se consacrer à l'élevage du petit bétail. L'arrivée dans les eaux marines, d'eaux continentales surchargées en terre arrachées aux pentes, rend les eaux côtières troubles et défavorables aux poissons. La pêche, alors uniquement côtière, est aussi affectée. Les régions les plus exposées connaissent certainement des troubles sociaux et se dépeuplent.

Les difficultés ne se cantonnent pas qu'à la Grèce. En Anatolie, l'empire hittite disparaît. L'Égypte de la fin de la XIXe et de la XXe dynasties est attaquée par les peuples de la mer. En Palestine, les citées cananéennes connaissent elles aussi des troubles, une partie de la population se replie sur les Hautes Terres. En Grèce même, il semble qu'il y ait eu aussi des menaces sur les régions côtières, puisque les textes provenant de Pylos, écrits en linéaire B, mentionnent l'envoi de soldats vers les côtes. Une partie de l'activité des Grecs de l'époque mycénienne était liée au commerce dans la mer Égée. Du fait de l'insécurité et des difficultés rencontrées par les peuples clients et fournisseurs, cette source de revenus diminue.

Les récits mythologiques qui prennent leur inspiration dans la période mycénienne, montrent également des luttes pour le pouvoir entre les différentes factions de la noblesse. Les luttes sanglantes entre Agamemnon et Egisthe, entre Atrée et Thyeste, héros mycéniens, en sont le reflet. Il se peut qu'une partie des destructions soient liées à ces évènements politiques. Du moins ces luttes fragilisent le pouvoir royal. Il semble que la population se replie sur elle-même, se détache des rois et se place sous l'autorité de chefs locaux. Il est possible également que les éléments les plus pauvres et les plus maltraités de la société, se révoltent.

Les royaumes mycéniens, où l'économie et la société étaient centrées sur le palais, avec une bureaucratie efficace, ont du mal à faire face à ces changements et progressivement disparaissent pour laisser la place à une nouvelle organisation politique et sociale.

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