Dirigeable

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Combat aérien entre un aéronef à hélices et un dirigeable, imaginé dans Robur le Conquérant, roman de Jules Verne, 1886.

Un ballon dirigeable, ou plus simplement un dirigeable, est un aéronef (plus couramment : un ballon) plus léger que l'air, qu'on appelle aussi aérostat, pourvu de systèmes de propulsion et de direction qui le rendent entièrement manœuvrable.

Les dirigeables se distinguent donc des autres types de ballons, montgolfières et ballons à gaz libres qui naviguent au gré du vent et ne sont manœuvrables que verticalement.

La propulsion des dirigeables est assurée par des hélices mues par des moteurs à explosion ou électriques ou même, pour les petits ballons de sport, par un simple pédalier (énergie humaine).


Historique

Dirigeable à vapeur de Henri Giffard, 1852.

Les premiers dirigeables

Dès 1783, année des premiers vols humains en ballon et en montgolfière, le physicien Jean-Baptiste Marie Meusnier de La Place imagina un dirigeable avec ses formes actuelles : un ballon allongé, muni d'un gouvernail, mais son idée ne fut pas réalisée.

L'ingénieur français Henri Giffard construisit en 1852 un dirigeable long de 44 m, pourvu d'une petite machine à vapeur de 3 ch et d'une hélice[1]. Il parcourut une distance de 27 km entre Paris et Trappes, le 24 septembre 1852. L'aérostier put modifier la direction de son vol, sans chercher toutefois, vu le manque de puissance de la machine, à s'opposer à la force du vent.

Une autre réalisation marquante fut celle des capitaines Charles Renard et Arthur Krebs, à Chalais-Meudon, en 1884. Leur dirigeable électrique La France réussit à parcourir un circuit de 7 km, emportant un moteur électrique de 8 ch et toutes les batteries nécessaires.

À Paris, dans les années 1900-1910, les pionniers Alberto Santos-Dumont et Adolphe Clément-Bayard s'illustrent par leurs vols au-dessus de la ville.

Les Zeppelins

En Allemagne, le comte Ferdinand von Zeppelin (1838-1917) construisit avec succès des dirigeables à partir de 1899 et jusqu'à la Première Guerre mondiale, où ils bombardèrent la ville de Londres à maintes reprises.

Au cours des années 1930, ses successeurs réalisèrent dans ses ateliers de Friedrichshafen, au bord du lac de Constance, une nouvelle génération de Zeppelins géants destinés au transport des personnes et des marchandises. Le plus célèbre de ces dirigeables est le « LZ-129 Hindenburg », le plus long jamais construit, de 246 mètres, qui fit de nombreux voyages intercontinentaux avant de brûler entièrement dans un incendie catastrophique à Lakehurst, près de New York, le 6 mai 1937.

Les dirigeables modernes

Des dirigeables de diverses tailles ont été construits après la Seconde Guerre Mondiale et jusqu'à nos jours, à des fins militaires, mais aussi publicitaires ou sportives, ou encore pour transporter de très lourdes charges dans des lieux dépourvus de terrains d'aviation.

Techniques

Le dirigeable américain Akron ZRS-4 en construction, en 1930, montrant la structure rigide en aluminium de son ossature.

Structure

Les premiers dirigeables étaient du type souple, à plusieurs ballonnets internes. Les énormes Zeppelins et les dirigeables américains des années 1930 avaient une structure rigide en alliage léger. Il existe d'autres types de structures intermédiaires.

Sustentation

L'hydrogène (dihydrogène) a longtemps été le gaz de sustentation le plus couramment utilisé en Europe, jusqu'à la catastrophe du Hindenburg qui marqua définitivement l'abandon de ce gaz à combustion très rapide dans les dirigeables civils.

L'hélium, non combustible, a toujours été préféré à l'hydrogène, mais c'est un produit cher, disponible surtout aux États-Unis. Aujourd'hui, il est couramment importé, mais il est vrai que la demande est faible, vu le petit nombre de dirigeables !

Un troisième gaz est à la fois bon marché et facile à trouver : c'est l'air chaud. L'inconvénient est qu'il est beaucoup moins porteur que les deux précédents, et nécessite donc de très gros volumes pour emporter de petites charges.

Propulsion

Tous les moyens ont été essayés pour faire tourner les hélices des dirigeables, de la machine à vapeur au moteur diesel, jusqu'au moteur électrique aujourd'hui préféré.

Sources

  1. Louis Figuier, Les Merveilles de la science, 1867-1869. BNF Gallica : lire en ligne.
Article mis en lumière la semaine du 12 novembre 2012.
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