Everest

Quand le plus haut sommet du monde « rencontre » le Soleil...

L'Everest ou mont Everest, aussi appelé Chomolangma[1] (« Déesse mère des neiges » en tibétain) ou Sagarmatha (« Mère de l'Univers » en népalais), est un mont du centre du massif[2] de l'Himalaya, entre le Népal et le Tibet (occupé par la Chine), au sud de l'Asie centrale.

Son sommet est le plus haut du monde : il y fait si froid que la neige ne fond pas de l'année. Les dernières mesures donnent une hauteur d'environ 8 844 m, mais sont généralement reconnues celles de 1999 : environ 8 850 m. Il fait partie des quatorze sommets de plus de 8 000 m, tous situés dans l'Himalaya[3].

Après de nombreuses tentatives démarrées dans les années 1920, son ascension jusqu'au sommet fut finalement réussie en 1953. D'autres furent couronnées de succès depuis, mais de tout temps eurent lieu des disparitions dramatiques.

Autour du nom

Le nom le plus connu

George Everest, celui qui a donné son nom à la montagne sans le vouloir

En 1842, George Everest, alors arpenteur en chef de l'Inde britannique[4], fut le premier à officiellement enregistrer l'emplacement de la montagne (mais pas la hauteur de son sommet ; il fallut attendre encore 10 ans !). Pour des questions pratiques, il le surnomma Peak XV (appellation anglaise à traduire par « pic XV » en français), car c'était la 15e montagne qu'il enregistrait dans la région. À l'époque, seul un repérage pouvait être fait à distance ; il ne pouvait être question de mesure sur place car le Népal et le Tibet étaient fermés aux étrangers[5].

Plus de vingt ans plus tard est née, dans un étrange contexte, l'appellation la plus connue et la plus utilisée du plus haut sommet du monde (ce fait était alors établi depuis une dizaine d'années ; voir la section Évolution des mesures). En 1865, précisément, Andrew Waugh, le successeur d'Everest, a choisi le nom officiel d’Everest en son honneur, alors qu'Everest avait comme position qu'il valait mieux utiliser les noms locaux pour nommer des lieux. Waught s'en est ainsi expliqué par écrit :

« Mon respecté chef et prédécesseur le Colonel Sir George Everest m’a enseigné à désigner tout objet géographique par son véritable nom local ou indigène. Mais voici une montagne, probablement la plus haute au monde, dont nous n’avons pu trouver aucun nom local. L'appellation indigène, si elle en a une, ne sera très probablement pas découverte avant que nous soyons autorisés à pénétrer au Népal. En attendant, il m’incombe le privilège comme le devoir d’assigner … un nom, par lequel cette montagne puisse être connue des citoyens et des géographes et devenir un mot d'usage courant dans les nations civilisées. »[6]

Le plus haut sommet du monde

Radhanath Sikdar (Inde), le premier avoir établi que l'Everest était le plus haut sommet du monde

Le sommet, pas la montagne

L'Everest est le plus haut sommet du monde. Cette découverte fut faite au milieu du XIXe siècle (1852) par Radhanath Sikdar, un topographe et mathématicien indien originaire de Calcutta.

Cela ne signifie pas que ce soit la plus haute montagne du monde. Pour un sommet, le calcul de la hauteur est fait à partir du niveau de la mer (ou « niveau zéro ») : l'altitude est donc prise en compte. La plus haute montagne du monde est en fait un volcan : le Mauna Kea 10 230 m, si l'on considère la base sous-marine, ou l'Acacongua, si l'on considère le centre de la Terre.

Évolution des mesures

Au fil du temps, les mesures ont varié et les moyens aussi (méthodes et outils) :

Généralement, on se réfère à celle de 1999, qu'on arrondit à 8 850 m ; car la technologie utilisée est du même type que celle d'autres mesures récentes de sommets, comme celle du mont Blanc.

De cette altitude découlent la présence de « neiges éternelles », ainsi que des conditions particulièrement difficiles pour la survie de l'être humain, dues notamment au froid et au manque d'oxygène.

Une difficile conquête

Les premiers essais

George Mallory quelques années avant sa disparition

Atteindre le plus haut sommet du monde devint l'enjeu des hommes à partir du début des années 1920, mais il fallut attendre une trentaine d'années pour que l'exploit soit réussi...

Les sept premières expéditions, réalisées par des Britanniques, s'engagèrent du côté du Tibet, c'est-à-dire sur la face Nord.

L'Anglais George Mallory dirigea la 1re (1921) : c'était une reconnaissance pour trouver des itinéraires possibles et établir une carte juste des environs de la montagne ; aussi la première fois qu'un occidental posait le pied sur l'Everest. Parti de Chantse, il découvrit le col Nord (7 066 m) et, comme il estima que cette voie — l'arête nord-est — était la plus sûre et la plus sensée, les expéditions suivantes tentèrent l'ascension en l'utilisant. Toutes furent infructueuses et Mallory, qui dirigea aussi la 2e (1922) et la 3e (1924), ne revint jamais de cette dernière, tout comme son équipier : l'anglais Andrew Irvine. En 1999, soit 75 ans plus tard, le corps de Mallory a été retrouvé à quelques centaines de mètres du sommet. Peut-être l'avait-il atteint et était-il en phase de descente quand il périt ? Le mystère plane toujours...

Edmund Hillary, 4 ans après son exploit, en exploration dans l'Antarctique !

En 1933, 1935, 1936 et 1938, le succès ne fut également pas au rendez-vous.

L'exploit

Pendant les années 1950 et le début des années 1960, tous les grands sommets de l'Himalaya et, à la finale, du monde[3] — plus de 8 000 m d'altitude — furent conquis. En 1952, une équipe suisse, aidée par le guide sherpa[9] Tensing Norgay[10], retenta l'expérience de l'Everest par l'arête Sud-Est, du côté du Népal (ce choix fut fait pour des raisons politiques, car la frontière tibétaine était fermée aux étrangers par la Chine depuis 1949), mais elle n'atteignit pas non plus son but.

Finalement, les premiers alpinistes à réussir de façon certaine furent le Néo-Zélandais Edmund Hillary et Norgay, le même guide que les Suisses l'année précédente, cette fois dans le cadre d'une expédition anglo-néozélandaise. Ils passèrent par la face Sud-Est, tout comme leurs prédécesseurs ; bénéficièrent notamment de vivres et d'oxygène laissés par ces derniers, aussi de l'expérience de Norgay ; et finirent par l'atteindre le 29 mai 1953 !

Depuis la conquête

Les autres exploits

À pied

D'autres voies furent explorées, notamment celle de la face Ouest (la dernière face inexplorée) par des États-Uniens, en 1963.

En tout, jusqu'en mars 2007 (donc en un peu plus d'un demi-siècle), 3050 personnes ont réussi l'ascension (mais certaines ont péri en descente) :

Autrement

Itinéraires et expérimentation

La face Nord (du côté du Tibet)
La face Sud (du côté du Népal)

En tout, on comptait quinze itinéraires en 1996. Parmi eux, deux principaux se distinguent :

Au début de ce siècle, près de 1 500 personnes s'étaient déjà risquées dans l'aventure. Mais l'Everest est réservé aux spécialistes : pour envisager son ascension, il faut être un alpiniste confirmé, habitué au grand froid et en excellente condition physique. 176 personnes y ont en effet trouvé la mort entre 1922 et 2003, y compris des alpinistes très aguerris. Et cela continue.

La meilleure période est le printemps (avril-mai).

Voir aussi

Sources

Liens choisis

Notes et références

  1. Aussi transcrit en Chomolungma.
  2. Un massif est un groupe de montagnes, un ensemble montagneux de forme massive, imposante.
  3. 1 2 Les autres sont l'Annapurna, le Broad Peak, le Cho Oyu, le Dhaulagiri, le Gasherbrum I, le Gasherbrum II, le K2, le Kangchenjunga, le Lhotse, le Makalu, le Manaslu, le Nanga Parbat et le Shishapangma, répartis entre l'Inde, le Pakistan, le Népal et la Chine.
  4. L'Inde était alors colonisée par le Royaume-Uni
  5. Il fallut attendre 1921 pour que le 13e dalaï-lama, souverain du Tibet et chef religieux des bouddhistes tibétains, ouvre le Tibet au monde extérieur et autorise une 1re expédition.
  6. Traduction d'une citation trouvée sur Everest, Wikipédia (consulté le 08/08/07).
  7. Everest, Chomolungma ou Sagarmatha. Zone Himalaya. [Page consultée le 2 décembre 2007]
  8. Une société états-unienne créée en 1888, dont le but est le développement et la diffusion de la connaissance géographique.
  9. Les Sherpas sont un peuple montagnard du Népal, originaire du Tibet.
  10. Son prénom est parfois transcrit par Tenzing.
  11. Source (info de l'AFP) : Records : Un hélicoptère se pose au sommet de l'Everest, Insolite ! Mais vrai.
  12. Ligne courbe ou brisée qui sépare les deux versants d’une chaîne de montagnes. - Source GFDL : Arête, Wiktionnaire.
Article mis en lumière la semaine du 11 février 2008.

27°59′17″N 86°55′31″E / 27.98806, 86.92528

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