Lucas Cranach le Jeune

Probable autoportrait, Lucas Cranach le Jeune.
Lucas Cranach l'Ancien, peint par Lucas Cranach le Jeune.

Lucas Cranach le Jeune, né à Wittemberg le 4 octobre 1515 et mort à Weimar en 1586, est un peintre flamand de la Renaissance.

Biographie

Il est le fils du peintre flamand Lucas Cranach l'Ancien, lui aussi un grand pionnier de la Renaissance très réputé. Dès son plus jeune âge, il entra à l'atelier avec son frère Hans pour apprendre les rudiments de l'art et par la suite collabora étroitement avec son père dans son atelier. Ce père lui enseigna tout son avoir et lui transmit son talent, si bien que leurs styles sont presque identiques en tout point.

Après la mort de son père, il prend la direction de l'atelier familial. Au service du prince électeur de Saxe, ce peintre protestant n'éprouve aucune difficulté à se bâtir sa propre renommée et à prospérer : les commandes continuent d'affluer autant que du temps de son père.

Œuvre

La vraie et la fausse église, 1546-1547

La vraie et la fausse église Clique sur l'image pour l'agrandir !

Il s'agit d'une gravure sur bois réalisée entre 1546 et 1547. Lucas Cranach y perpétue une conviction familiale. En effet, de même que son père avait maintes fois représenté Luther (fondateur du protestantisme), lui représente ici dans la même idée la vraie et la fausse église. Une colonne qui se dresse au milieu du cadre le divise en deux parties : à gauche, l'église protestante est représentée et, à droite, c'est l'église catholique.

Partie droite : la fausse église.
Partie gauche : la vraie église.

À droite, sur la partie dédiée à la « fausse église », le Pape est représenté au premier plan, assis à une table, en train de compter l'argent qu'on lui apporte. C'est une allusion aux indulgences, somme d'argent donnée par un fidèle à l'Église pour réduire son temps de passage au purgatoire, que le Pape avait appelé à verser pour pouvoir reconstruire la basilique Saint-Pierre de Rome, suscitant l'indignation de Luther. Sur le même plan, on voit un moine laissant par inadvertance tomber un jeu de cartes : les jeux de cartes sont théoriquement considérés comme un péché car ils font appel au hasard, et donc à Dieu. Dans la chaire, on voit un moine engraissé par le péché de gourmandise, inspiré par un démon lui dictant sa conduite à l'oreille. Le clergé est donc corrompu. Un peu plus loin, une longue table de banquet se dresse : des moines y sont assis et s'apprêtent à festoyer et à se restaurer allègrement au lieu de prier et de mener une vie sobre : c'est une critique de la richesse de l'Église, supposée initialement vivre dans la pauvreté. Juste derrière, on remarque un prêtre, faisant la messe, dos aux fidèles : c'est une critique de la liturgie catholique où le prêtre ne regarde pas le fidèle, semblant l'ignorer et l'écarter de la pratique du culte. Encore un peu derrière, on trouve un homme agonisant sur son lit de mort, entouré de prêtres catholiques lui administrant l'extrême-onction : Luther n'admet pas ce sacrement et blâme son utilisation par l'église catholique, qui s'en sert souvent pour extorquer son argent à un moribond. À proximité, autour d'une église, des fidèles participent à une procession pour vénérer un saint : le protestantisme conteste le culte des intercesseurs et estiment que seul Dieu peut intervenir. Enfin, à l'arrière-plan, on trouve un Dieu enragé par la débâcle sur Terre menée par la fausse église, celle catholique. Il est si furieux qu'il projette du feu sur la terre pour la purifier. À ses côtés, se trouve saint François d'Assise levant les mains en l'air en signe de désolation.

À gauche, sur la partie dédiée à la « vraie église », au premier plan, au bord de la table, on trouve un moine administrant la communion et un peu plus haut, une cuve où l'on administre le baptême : ce sont les deux seuls sacrements reconnus par le protestantisme, tandis que le catholicisme en admet sept. Dans l'ensemble du tableau, l'écrit est représenté à différents endroits : c'est une manière de montrer que le protestantisme suit la parole de Dieu. Le pasteur (représenté sous les traits de Martin Luther), en particulier, s'adresse aux fidèles : il leur parle en s'appuyant sur la Bible qui est en allemand, et non en latin, pour que les fidèles puissent comprendre d'eux-mêmes. Un ruban relie les hommes sur terre à Dieu dans les cieux, sans saints s'interposant : uniquement l'agneau représentant la Sainte Trinité, Jésus-Christ et un Dieu paisible. Un crucifix représente Jésus sur la croix : seule image installée dans les temples protestants qui se distinguent par leur sobriété.

Il s'agit donc ici de dénoncer la corruption de l'église catholique et de valoriser les bienfaits du celle protestante.

Caractéristiques

Lucas Cranach se spécialise dans la production de portraits, souvent demandés par des mécènes, des allégories (comme plus haut : allégorie de la Réforme) et des scènes mythologiques.

Voir aussi

Liens internes

Sources

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