Masque mortuaire

Un masque mortuaire est un masque en cire ou en plâtre moulé (c'est-à-dire qui a pris la forme) sur un visage d'une personne morte récemment. Il permet d'en faire un portrait fidèle car, lors du moulage, il conserve les détails physiques de cette personne ; mais il permet aussi d'en faire un en trois dimensions. Les masques sont conçus par mémoire de ladite personne ou pour en faire un portrait, comme un peintre pourrait en faire. Les plus connus sont ceux utilisés par les Égyptiens durant leur processus de momification : parmi eux, celui de Toutânkhamon.

Histoire

Masque mortuaire du pharaon Toutânkhamon

Faire des masques de personnes décédées était une pratique traditionnelle dans de nombreux pays. Par exemple, en Égypte antique, on momifiait le corps et après les prières, on le mettait dans un sarcophage décoré d'or et de pierres précieuses. Enfin, on posait le masque sur la figure du mort. Selon les croyances, il permettrait de renforcer l'esprit de la momie et protéger l'âme des mauvais esprits au cours de son trajet vers la vie après la mort. Le plus connu est celui de Toutânkhamon : fait d'or et de pierres précieuses, il est fidèle à la représentation du pharaon. En revanche, la barbe présente sur la sculpture est en réalité une barbe postiche, un attribut réservé aux pharaons et aux dieux égyptiens de forme humaine.

Un changement s'opéra à la fin du Moyen-Âge : les masques mortuaires simplement sculptés ont fait place aux véritables masques mortuaires, plus proches de la réalité, faits de cire ou de plâtre. Mais ces masques n'étaient pas enterrés en même temps que le défunt, ils étaient utilisés pendant les cérémonies de funérailles pour être, plus tard, conservés dans des musées, des bibliothèques et des universités. De même, non seulement les personnes de la royauté ou de la noblesse avaient droit à leur masque mais aussi d'éminentes (de brillantes) personnalités, tels des artistes, poètes, des dramaturges et des philosophes parmi lesquels Dante on peut citer Dante, poète, homme politique et écrivain italien dont le masque mortuaire est exposé actuellement à Florence.

Utilisation dans la science

L'inconnue de la Seine

À partir de la fin du XVIIIe siècle, les masques mortuaires étaient de plus en plus utilisés par les scientifiques afin de déterminer l'évolution de la physiognomonie humaine. Cette pseudo-science consistait à déterminer le caractère ou la personnalité d'un individu par l'observation de son apparence physique et des traits de son visage[1]. Les masques mortuaires étaient alors utilisés par les anthropologues pour étudier les caractéristiques des personnes célèbres et des criminels. Enfin, ils étaient utilisés pour rassembler des informations sur les différences raciales[1].

Avant l'essor de la photographie, les masques mortuaires étaient utilisés pour préserver certaines caractéristiques faciales des corps non identifiés, ce qui permettaient aux relations du défunt de le reconnaitre plus facilement s'ils recherchaient une personne portée disparue. On peut citer l'exemple célèbre de l'Inconnue de la Seine, une jeune femme non identifiée qui s'est noyée dans la Seine, à Paris (peut-être un suicide) et dont le corps a été retrouvé à la fin des années 1880. Un employé de morgue parisien, séduit par la beauté du visage de la femme, en fit un masque de plâtre.

Notes et références

  1. 1 2 Il faut noter que la physiognomonie est une méthode très contestée ; son absence de preuves solides fait d'elle une pseudo-science qui peut mener vers le racisme et la discrimination.
Le savais-tu ?
Une étymologie intéressante
Le terme « image » vient du mot latin « imago » qui désignait les masques mortuaires. Durant la Rome Antique, l'imago d'un Romain était son portrait en cire placé dans la pièce centrale de sa maison, l'atrium et porté aux funérailles.
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