Opéra Garnier

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L'opéra Garnier est un monument du 9e arrondissement de Paris, situé à proximité de la bibliothèque nationale de France (site Richelieu) et du palais Brongniart.

Classé monument historique le 16 octobre 1923[1], il a été construit par l'architecte Charles Garnier (1825-1898) pour l'empereur Napoléon III à partir de 1861, mais il a finalement été inauguré sous la Troisième République, le 5 janvier 1875.

Les ors, les marbres et les riches étoffes décorent la façade, les escaliers, les salles d'apparat et la salle de spectacle. Il est surmonté d'un dôme dont le plafond fut décoré par Marc Chagall.

L'Opéra Garnier

Histoire

Charles Garnier, photographié par Nadar.

En 1860, un concours est lancé pour la construction d'un nouvel opéra qui devait remplacer l'opéra Le Peletier (wp), où avait eu lieu, deux ans plus tôt, un attentat contre l'empereur Napoléon III : la nouvelle salle devait être située dans une rue plus grande et moins favorable aux attentats.
La compétition réunit 171 candidats, parmi lesquels des grands noms comme Eugène Viollet-le-Duc, mais c'est finalement un jeune inconnu du nom de Charles Garnier qui est retenu par le jury.

En 1858, l'Empereur Napoléon III donne l'autorisation de détruire un terrain de 12 000 mètres carrés pour la construction d'un nouvel opéra. La forme du terrain est assez contraignante pour Garnier : un losange, peu pratique pour un opéra, normalement un bâtiment en longueur[2]. De plus, les immeubles alentour dépassent la hauteur fixée : Garnier sera donc obliger de surélever l'étage supérieur afin que l'opéra reste l'édifice le plus imposant de la place. Par la suite, une avenue sera percée pour relier l'opéra au palais des Tuileries, résidence de Napoléon III : en effet, il ne faut perdre de vues les priorités initiales, la sécurité de l'Empereur.

Pendant près de 15 ans, il travaille à concrétiser son projet, avec l'aide de 73 sculpteurs et 14 peintres. Les travaux avancent à pas de tortue et connaissent plusieurs obstacles. D'abord, peu après le débuts des travaux, le terrain se révèle marécageux : Garnier installe dans l'urgence des pompes à vapeur pour drainer les eaux mais la solution, inefficace, est remplacée par un cuvelage en béton (voir section sur le lac de l'opéra Garnier). Déjà, le retard accumulé est de huit mois.

Pendant les périodes d'agitation de la guerre franco-prussienne et la chute du Second Empire, les financements s'arrêtent et interrompent de nouveau la construction. Les rumeurs vont bon train quant à l'abandon du projet quand, en 1873, l'opéra le Peletier est détruit par un incendie : devant le désespoir des parisiens, il est alors décidé de poursuivre les travaux. Les travaux s'achèvent en 1875 mais Garnier le complétera pendant le reste de sa vie : notamment, en 1894, il aménage avec son ami Gustave Eiffel les ateliers et magasins de l'édifice[3].

Finalement, l'inauguration du bâtiment commencé sous le Second Empire se fera sous la Troisième République, en présence du président Patrice de Mac-Mahon le 5 janvier 1875. L'opéra Garnier devient un symbole du luxe et des plaisirs de la capitale et s'impose comme la pièce maîtresse du Paris du Second Empire voulu par le baron Haussmann.

Pendant l'Occupation en France pendant la Seconde Guerre mondiale, l'opéra Garnier est lieu stratégique pour les Nazis : il leur permet de côtoyer les élites françaises et d'afficher une sensibilité artistique. Néanmoins, l'opéra est aussi un foyer de la résistance, où des machinistes communistes organisent la distribution de tracts antinazis et l'évasion de prisonniers juifs[4]. Appelé depuis sa création « opéra de Paris », il a été rebaptisé « opéra Garnier » du nom de son architecte après l'inauguration d'un nouvel opéra parisien, l'opéra Bastille.

Architecture

Dessin architectural

Long de 173 mètres et large de 125 mètres, l'opéra Garnier s'inscrit dans l'esprit du style impérial de l’époque, un mélange de faste, de baroque et d’éclectisme. Très novateur à l'époque, son style était cerné avec difficulté par beaucoup de personnes : parmi elles, l'impératrice Eugénie aurait demandé à Garnier « Quel est donc ce style ? Ce n'est pas du grec, ni du Louis XV, ni du Louis XVI ! », ce à quoi l'architecte aurait répondu cette phrase mémorable : « C'est du Napoléon III ! ». Sa célèbre façade coiffée d'un dôme vert devait marquer un environnement festif par les couleurs flamboyantes et culturel grâce aux statues allégoriques de la musique.

Grand escalier

Le grand escalier, haut de 30 mètres, est un modèle à double révolution[5], en marbre blanc, avec rampes polychromes. Le premier palier conduit au parterre de la grande salle, mais des escaliers latéraux amènent aux étages supérieurs et au foyer. Depuis les balcons de l'étage du même hall, les spectateurs déjà arrivés pouvaient observer les nouveaux venus montant les marches et s'afficher : c'était un lieu social très important.

Grand foyer

Le « grand foyer », inspiré de la galerie des Glaces, est une longue galerie lumineuse où abondent sculptures, dorures, peintures, lustres, miroirs et larges fenêtres donnant sur la rue. Pendant l'entracte, les spectateurs pouvaient s'y promener, se rencontrer et échanger. D'abord réservé aux hommes, il s'ouvre progressivement aux femmes, qui, à l'origine, restaient plutôt dans leur loge.

Scène de l'opéra

La scène de l'opéra Garnier est un modèle à l'italienne, caractérisé par ses grandes dimensions, qui en font à l'époque de sa construction la plus vaste du monde : 49 mètres de long, 26 mètres de profondeur, 72 mètres de hauteur et 1350 mètres carrés de superficie. La salle est surmontée d'un dôme décoré par Marc Chagall ; un lustre y est également suspendu, dont la taille (8 m), correspond à une maison de deux étages. Le plafond rend hommage à quatorze compositeurs et chorégraphes.

Le savais-tu ?
Un lac sous l'opéra
Longtemps a couru la légende d'un vaste lac illuminé de flambeaux : sur cette photographie, on est bien loin de la réalité...

À propos de l'existence d'un lac sous l'opéra Garnier, une légende a vu le jour dans laquelle il est parfois complexe de distinguer le vrai du faux. Le lac est évoqué par le personnage de Louis de Funès dans La Grande Vadrouille, au moment où il quitte l'opéra en barque, et par Gaston Leroux dans Le Fantôme de l'Opéra, où il parle d'un lac souterrain alimenté par la rivière de la Grande-Batelière (wp).

Ce qui est vrai, c'est qu'il y a bien sous la scène de l'opéra Garnier un petit bassin souterrain où l'on trouve des carpes ; des pompiers hommes-grenouilles s'y entraînent. Il s'agit d'une cuve artificielle de 2 500 m², semblable à une cave voûtée, remplie d'eau. Absente des plans d'origine, elle a été créée par Garnier afin de résister à la pression des eaux d'infiltration : en effet, le sol du bâtiment s'était révélé marécageux alors que les travaux venaient de commencer.

Ce qui est faux, c'est qu'il y ait eu un vaste lac de caverne illuminé par des flambeaux, comme le décrivait Leroux. La rivière de la Grange-Batelière ne passe pas non plus par ce bassin, même si elle en est très proche : sur ce point, aussi bien l'écrivain de romans policiers que Gérard Oury sont dans l'erreur[6][7].

L'opéra Garnier dans l'art

De nombreux romans ou films se déroulent à l'Opéra :

Voir aussi

Liens externes

Références

  1. arrêté du 16 octobre 1923
  2. Voir la forme de la place
  3. https://structurae.info/personnes/charles-garnier
  4. Un air de résistance à l'Opéra, un documentaire restant l'histoire de l'opéra Garnier pendant la Seconde Guerre mondiale
  5. http://remigin07.over-blog.com/article-14409861.html
  6. http://blog.bnf.fr/lecteurs/index.php/2010/12/le-lac-sous-l-opera-garnier/
  7. Les secrets du lac sous l'Opéra Garnier - Archive INA
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