Provençal

Carte du sud de la France, montrant la répartition des différents dialectes de l'occitan, selon Frédéric Mistral. Selon les définitions, le provençal (provençau) peut être soit un synonyme de l'occitan (l'ensemble des langues parlées dans les régions entourées en rouge), ou bien une des langues de l'occitan (le provençal, ici en marron).
Portrait de Frédéric Mistral (1830 - 1914).

Le provençal (prouvençau, ou provençau, en provençal) est une langue régionale, parlée, comme son nom l'indique, en Provence, dans le sud de la France. Il appartient à la langue d'Oc ou occitan.

En fait, tous les auteurs ne sont pas d'accord sur la signification exacte du mot « provençal » : pour certains, c'est un synonyme d'occitan (c'est-à-dire que, par exemple, l'auvergnat et le limousin sont des dialectes du provençal), ou un dialecte de l'occitan (comme le gascon et le vivaro-alpin, par exemple), alors que pour d'autres, c'est une langue à part entière, apparentée à l'occitan, mais qui n'en fait pas partie.

Il existe de nombreuses variations du provençal, selon les endroits. Le provençal n'est pas une langue officielle, il est donc en danger de disparaître, remplacé par le français.

Les poètes français du XIXe siècle Joseph Roumanille (Jóusè Roumaniho) et, surtout, Frédéric Mistral (Frederi Mistrau), écrivaient en provençal, et ils ont fait beaucoup pour promouvoir et conserver la langue. Frédéric Mistral a créé une association pour sa conservation, le Félibrige (lou Felibrige).

Histoire et géographie du provençal

Durant l'Antiquité, sous l'occupation romaine, le sud de la France devient Provincia Romana, c'est-à-dire « province romaine ». Ce nom restera, pour devenir, en français, le nom de la région Provence.

Le provençal, la langue parlée en Provence, ressemble donc beaucoup au latin, la langue des anciens Romains. Cependant, les Romains qui vivaient en Provence côtoyaient les anciens Gaulois. Les deux peuples se sont mélangés, pour devenir des Gallo-romains, et, leurs langues aussi. Officiellement Romains, les habitants de la région ne parlaient plus le gaulois, mais ce n'était plus vraiment du latin non plus, puisqu'ils parlaient un mélange de latin, avec quelques mots ou sons issus des langues gauloises.

Petit à petit, avec la chute de l'Empire romain, la Provence va devenir une partie du Royaume des Francs, l'« ancêtre » de la future France. La France sera divisée en deux, le nord parlant la langue d'Oïl, et le sud parlant la langue d'Oc. C'est la langue d'Oïl qui va être à l'origine du français tel que nous le connaissons aujourd'hui.

En 1483, la Provence est rattachée à la France, et, en 1539, François Ier impose le français comme la langue officielle, dans le droit et l'administration, remplaçant le latin. Dès lors, les Provençaux vont devoir parler français (au moins dans les textes officiels), et le provençal va peu à peu disparaître.

Au XIXe siècle, un groupe de poètes, menés par Joseph Roumanille et Frédéric Mistral, va tenter de faire renaître le provençal. Ils écrivent leurs textes en provençal (parfois traduit après en français) et fondent une association pour conserver la langue et la culture provençales.

Aujourd'hui, le provençal est reconnu comme une langue menacée de disparition, selon l'Atlas des langues en péril, de l'UNESCO.

Mais, en fait, il n'y a pas un provençal, mais plusieurs dialectes, ou patois, qui lui sont rattachés. Selon les régions, on ne parle donc pas tout à fait le même « provençal ». Le dialecte niçois, ou nissart, qui est parlé dans l'ancien Comté de Nice, à l'est du Var, ressemble au provençal, mais il ne fait pas partie du groupe des langues provençales.

Prononciation, orthographe, et particularités de la langue

« A l'aigo sau lei limaçoun! » : la caragouille, petit escargot, est un plat typique des régions méditerranéennes. Appelé limaçoun en provençal, il est traditionnellement cuit dans l'eau salée (aigo sau).

Dérivant du latin, le provençal est caractérisé par la présence de nombreuses diphtongues, c'est-à-dire de doubles voyelles.

On a également tendance à ne pas prononcer le « l » à la fin d'un mot, le remplaçant par le son « w », par exemple :

par certains aspects, le provençal est plus proche des autres langues latines, que du latin lui-même, dont il est issu. Par exemple, certains mots provençaux ressemblent plus à de l'espagnol (et, surtout, à du catalan, le dialecte parlé dans le sud de l'Espagne), que du latin :

En Provence, la marchande d'escargots avait coutume de chanter « A l'aigo sau lei limaçoun! N'aven di gros mai di pichoun! » (A l'eau salée les escargots! Il y en a des gros et des petits!).

À l'origine, le provençal était une langue parlée, et non pas écrite. Cela pose donc des problèmes d'orthographe. Aujourd'hui, la plupart des mots provençaux admettent deux orthographes :

Proverbes provençaux

Le Coudon, vu depuis Solliès-Ville. Les nuages qui entourent le sommet annoncent le mauvais temps : « Quand Coudon met lou capèou », dit le proverbe, c'est que le temps va devenir mauvais.

Les provençaux adorent les proverbes, surtout ceux qui parlent de la nature et du temps. Même dans les régions où l'on parle français, ces proverbes se sont facilement transmis de génération en génération, avec les poèmes et les chansons.

« Quand Coudon met son chapeau, et Faron son manteau, prends ta cape et va t'en loin! » : ce proverbe est très souvent cité dans la région de Toulon : le Mont Coudon est une haute colline au dessus de la ville de La Garde, et le Faron, un massif au nord de Toulon ; quand les montagnes sont masquées par des nuages bas (qui forment le « chapeau » du Coudon et le « manteau » du Faron), c'est qu'il va faire mauvais temps.
Article mis en lumière la semaine du 27 janvier 2014.
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