Régime de Vichy

Histoire de la France
Avant la chute de Rome
Moyen Âge et temps modernes
XIXe et XXe siècles
Philippe Pétain fut le dirigeant du régime de Vichy.

Le régime de Vichy (ou régime de l'État français) est un régime politique français qui dura quatre ans, du 10 juillet 1940 au 20 août 1944, pendant l'Occupation allemande. Le chef d'État était le maréchal Pétain.

Un régime né de la défaite

Dix mois après le début de la Seconde Guerre mondiale, la France est vaincue par l'Allemagne nazie.

Alors que l'armée allemande, après son offensive fulgurante, occupe près de la moitié de la France, le maréchal Pétain devient président du Conseil le 16 juin 1940. Le 22 juin de la même année, il donne l'ordre de signer l'accord de l'armistice avec le chancelier allemand Adolf Hitler. La France doit verser à l'Allemagne une lourde indemnité de guerre et doit assurer l'entretien des troupes d'occupation. De plus, l'Alsace et la Moselle sont annexées (conquises) au Reich et le reste du territoire français devient divisé en deux parties : la zone occupée au nord, sous l'autorité directe de l'occupant allemand, et la « zone libre » au sud, sous l'autorité du gouvernement de l'État français.

Le gouvernement s'installe à Vichy en « zone libre », et Pétain obtient de la majorité du Parlement les pleins pouvoirs pour rédiger une nouvelle Constitution, qui remplace celle de 1875. Il prend le titre de « chef de l'État français » et nomme à ses côtés Pierre Laval[1], partisan d'une collaboration active avec les Allemands.

La « révolution nationale » de Pétain

Pétain veut aussitôt régénérer la France grâce à une « révolution nationale », résumée dans la devise « Travail, Famille, Patrie ». Il instaure un régime autoritaire qui rejette la république et la démocratie.

Le gouvernement glorifie le travail traditionnel (artisanat, travail de la terre) et apporte une aide financière aux familles nombreuses. Par ailleurs, il exclut les Juifs de la communauté française : en 1940 et 1941, deux statuts leur interdisent de nombreuses professions tels que militaire ou instituteur. Il contrôle aussi la radio, la presse, les organisations de jeunesse, et s'appuie sur les associations d'anciens combattants.

La collaboration avec l'Allemagne

Carte montrant la partition de la France après la défaite de 1940 en trois zones. En 1942 la zone libre est envahie et porte le nom de zone sud.

Pétain, poussé par Laval, engage une collaboration d'État avec l'Allemagne à la suite de sa rencontre avec Hitler à Montoire-sur-le-Loir, en octobre 1940. En 1942, l'État français livrera à l'Allemagne les Juifs étrangers de la zone libre, alors que la police française apporte son concours aux Allemands pour les arrêter dans la zone occupée (rafle du Vel d'Hiv le 16 juillet 1942). Le régime incite aussi les jeunes Français à partir travailler en Allemagne dans le cadre de la « relève » qui permet de libérer un prisonnier français chaque fois que trois travailleurs partent en Allemagne.

La liberté de la zone sud est plus théorique que réelle, et le 11 novembre 1942, l'armée d'occupation envahit cette zone. Peu après, les partisans d'une collaboration plus poussée avec l'Allemagne entrent au gouvernement. À partir de là, si le gouvernement de Vichy est encore le dirigeant en titre de la zone sud, dans les faits, ce sont les autorités militaires allemandes qui la contrôlent et la dirigent. L'État français instaure alors le service du travail obligatoire (STO) et laisse la Milice chasser les résistants et les Juifs.

La fin du régime

En 1944, les forces alliées débarquent en France (en Normandie et dans le Sud-Est) et progressent rapidement. Le maréchal Pétain, tout en continuant le combat contre la Résistance, ordonne aux fonctionnaires de Vichy de rester à leur poste. Finalement, le 9 août 1944, le Gouvernement Provisoire de la République française (GPRF), dirigé par le général de Gaulle, déclare nul et non avenu le Régime de Vichy, dispose que la « République n'a pas cessé d'exister » car incarnée par lui, et prend donc la direction du pays. Le maréchal Pétain fuit en Allemagne. À l'issue de la guerre, il est arrêté, jugé et condamné à mort. Toutefois, en souvenir du héros de la Première Guerre mondiale qu'il fut, le général de Gaulle décide de le gracier.

Voir aussi

Note

  1. L'homme, disait-on, le plus détesté de France.
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