Versailles sous Louis XIV

Le château vers 1675, avant la construction de la Galerie des Glaces

Versailles est une ville française, préfecture du département des Yvelines. Ses habitants sont les Versaillais et les Versaillaises. La ville est très célèbre pour son château.

Le Versailles de Louis XIV

Il ne faudrait pas croire que Louis XIV a toujours vécu dans le château de Versailles, tel que nous le connaissons maintenant. C’est seulement en 1682, à 44 ans, qu’il s’y installe de façon permanente. Néanmoins, Versailles restera le symbole de sa puissance et de sa gloire. Dans de nombreux pays, on cherchera à en construire des imitations.

Au départ, il n’existe au village de Versailles qu’un pavillon de chasse que Louis XIII a fait construire près d’un large espace au gibier abondant. La famille royale réside à Paris, au palais du Louvre et des Tuileries. A la mort de Louis XIII, son héritier, le jeune Louis XIV, n’a que 5 ans et sa mère Anne d'Autriche confie au cardinal Mazarin la gestion du royaume. La nomination de cet Italien provoque la Fronde, révolte d’une partie de la population de Paris, notamment la noblesse. C’est ainsi qu'en janvier 1649 la famille royale doit se réfugier au château de Saint-Germain-en-Laye en attendant que le calme soit revenu. Ce mauvais souvenir provoquera chez le jeune roi une méfiance durable vis-à-vis de sa capitale si facilement turbulente.

Cela n’empêche pourtant pas son accueil triomphal à Paris en 1660, lors de son mariage avec Marie-Thérèse, infante d’Espagne. Il a alors 22 ans. Tout le monde espère que cette union sera un gage de paix durable entre les deux pays.

A la mort de Mazarin, en 1661, quand le roi décide de gouverner sans premier ministre, il ne s’installe pas en permanence à Paris, mais change fréquemment de résidence entre ses châteaux de Fontainebleau, Saint-Germain, Chambord. Il a une préférence pour Versailles. Dès 1660, il en a fait remanier l’intérieur et transformer les jardins, mais ce pavillon reste trop petit. Au lieu de le raser pour reconstruire un autre bâtiment, il préfère l’agrandir, à partir de 1668, en l’entourant de bâtiments neufs. L’ancien pavillon existe toujours, redécoré, au fond de la cour de marbre, du côté de la cour d’entrée. En 1678, il fait ajouter une aile supplémentaire au sud, puis la galerie des glaces. En 1684, c’est une aile symétrique au nord, puis la reconstruction de l’orangerie. Il avait fallu démolir l’ancienne pour agrandir le château. On le voit, le château est continuellement en chantier.

Les travaux du parc sont tout aussi considérables. Des jeux d’eau sont créés en 1666, le grand canal est creusé en 1667. Pour alimenter en eau toutes les fontaines, on construit la machine de Marly qui remonte l’eau jusqu'à un grand réservoir. Un projet gigantesque prévoit d’amener jusqu'à Versailles l’eau de l’Eure, affluent de la Seine. Mais cela ne sera pas une réussite.

A mesure que le château s’agrandit, Louis XIV aime s’entourer de davantage de courtisans. Pour être bien vus du roi, les nobles doivent paraître de temps à autre à la cour, ce qui ne les enchante pas toujours, car cela les force à s’exiler “ à la campagne ” où les conditions de logement sont parfois sommaires.

Mais, pour se retirer parfois au calme, en 1670, le roi fait construire dans un coin du parc le palais du Trianon de Porcelaine, ainsi appelé à cause de sa décoration extérieure. Il sera remplacé en 1687 par le palais du Trianon de Marbre, ou Grand Trianon, qui existe actuellement (le Petit Trianon et le Hameau de la reine ne seront construits que sous les règnes suivants).

Pour échapper parfois à la foule qu’il a lui-même attirée, Louis fait construire à Marly, une série de petits pavillons, aujourd’hui disparus. Néanmoins, cela suscitera l’espoir des courtisans d’avoir la chance d’être invités un jour à Marly à ses côtés. C’est l’éternel problème de ceux qui font tout pour être des vedettes, mais qui voudraient avoir la paix quand ils ont envie de calme.

Les repas à la cour de Versailles sous Louis XIV

Alors que l'on se prive généralement chez tous les gens du peuple, à la campagne comme dans les villes, l’abondance et la variété des repas ont atteint un niveau inimaginable à la cour de Versailles. Tous les gens riches, nobles ou bourgeois négociants, essaieront d’étonner leurs invités en cherchant à imiter ce faste.

Les festins sont exceptionnels. Par exemple, au mariage de la princesse de Conti, trois services successifs comptent chacun cent soixante plats. Un service est un ensemble de mets proposés en même temps. Comme on s’en doute, les convives ne mangent pas une part de tous les plats proposés.

De façon plus quotidienne, il y a couramment cinq ou six plats par service. En voici un exemple :

A l’époque, on ne sait pas fabriquer la glace, mais on conserve celle qui se forme l’hiver en l’entassant dans des caves bien protégées. Cela revient très cher, mais permet, en la mélangeant de sel, de produire un mélange réfrigérant dans lequel on plonge un récipient de crème à faire glacer.

On le voit, l’essentiel des plats repose sur les viandes (bœuf, gibier, volailles, mouton, porc). On n’hésite pas à réunir dans les viandes rôties : lièvres, lapins, poulets, alouettes, pigeons. Un bouilli de volailles peut rassembler perdrix, canards, dindonneaux, cailles et pigeons, cuisant dix à douze heures avec une quantité d’aromates et d’épices : thym, muscade, gingembre, poivre, des produits coûtant très cher, car provenant de pays lointains. On ajoute aussi des essences de parfum : iris, eau de rose, marjolaine, ambre gris, musc, dans les sauces et les pâtisseries. Parfois, les chapons ont été engraissés en mêlant à leur nourriture des dragées musquées pour que leur chair soit imprégnée de ce parfum. Les légumes ne représentent qu’une garniture, mais deviennent plus variés avec des plantes nouvelles, ramenées d’Orient ou d’Amérique et acclimatées en France. On cultivait depuis des siècles : choux, navets, carottes, fèves. S’y ajoutent maintenant haricots, asperges et, plus récemment, choux-fleurs, aubergines, salsifis et petits pois précoces (alors très chers). Il faudra attendre le XVIIIe siècle pour disposer des tomates et des betteraves. La pomme de terre ne se répandra que sous l’impulsion de Parmentier au XVIIIe siècle.

Le vin est la boisson la plus courante. Le café et le chocolat chaud commencent à être appréciés.

Il n’est pas surprenant qu’avec une alimentation aussi riche et abondante, la goutte et les problèmes digestifs soient fréquents. Les médecins de l’époque les soignent surtout par des saignées ou des clystères (lavements).

Les fêtes à Versailles sous Louis XIV

La vie du roi est elle-même un spectacle aux règles précises, du lever jusqu’au coucher. Mais cette régularité est complétée par des fêtes toujours plus fastueuses qui durent plusieurs jours. Louis XIV a été jaloux de voir son surintendant des finances, Nicolas Fouquet, rivaliser avec lui dans son château de Vaux-le-Vicomte et cela jouera un rôle dans sa disgrâce et son emprisonnement définitif en 1661.

L'hôtel de ville versaillais.

En 1663, Versailles est, pendant huit jours, le cadre d’une grande fête avec chasses, bals, concerts et comédies (Molière y crée à cette occasion L’Impromptu de Versailles). En 1664, en l’honneur de sa favorite Mademoiselle de La Vallière, le roi offre à sa cour la plus merveilleuse des fêtes : “ Les Plaisirs de l’Isle enchantée ”, féerie à l’italienne avec décors et machineries dans une île artificielle au centre du bassin d’Apollon. Les acteurs (le roi et ses courtisans), vêtus de costumes somptueux, dansent sur la musique de Lulli. Comme il faut des intermèdes, la troupe de Molière joue La Princesse d’Elide, Les Fâcheux et trois actes du Tartufe. La fête se termine en apothéose lorsque le chevalier Roger, personnage de la légende mise en scène, qui était depuis le début de la fête prisonnier de l’enchanteresse Alcide, parvient à se libérer tandis que le palais d’Alcide s’engloutit dans le bassin, au milieu des feux d’artifice.

En 1669, à l’occasion de la Paix d’Aix-la-Chapelle, on a édifié un théâtre de verdure, où Molière joue Georges Dandin, et une salle de bal en rocaille où le son des violons se mêle au léger bruit des jets d’eau. Soudain, au sortir du bal, les invités découvrent avec émerveillement les illuminations du château, des statues et des vases du parc. Le chiffre du roi s’inscrit en lettres de feu. A une époque sans électricité, ces illuminations sont difficiles et coûteuses à réaliser. Le lendemain de la fête, tous les décors sont démontés. On se doute que Colbert, qui a la charge des finances, n’approuve pas tellement ces dépenses pour un luxe aussi éphémère.

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48° 48′ 19″ N  08′ 06″ E / 48.8053, 2.135

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