Accident ferroviaire du tunnel des Batignolles

L'accident du tunnel des Batignolles est un accident ferroviaire meurtrier survenu le à Paris, dans le tunnel des Batignolles. Il provoque la mort de 28 personnes et fait des dizaines de blessés.

Accident ferroviaire du tunnel des Batignolles

L'entrée du tunnel des Batignolles après l'accident.
Caractéristiques de l'accident
Date
TypeCollision
CausesDéfaillance mécanique
SiteTunnel des Batignolles, Paris (France)
Coordonnées 48° 53′ 00″ nord, 2° 19′ 11″ est
Caractéristiques de l'appareil
Morts28
BlessésDes dizaines

Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Paris
Géolocalisation sur la carte : 17e arrondissement de Paris

L'accident et les secours

Le à 17 h 48, le train de banlieue no 333 quitte la gare Saint-Lazare en direction de Versailles. Comme tous les jours, il est bondé de passagers qui rentrent chez eux après leur journée de travail. Le convoi s'engage entièrement dans le tunnel des Batignolles quand, soudainement, une rotule de liaison casse, provoquant le blocage des freins et l'arrêt du train en plein tunnel. Le mécanicien et le chef de train descendent pour faire la réparation. Entre-temps, à 6 h 7, le train no 353 pour Saint-Cloud a quitté à son tour la gare en empruntant la même voie que son prédécesseur. Alors que le mécanicien du train no 333 et allé chercher une nouvelle rotule dans sa locomotive, il entre dans le tunnel.

Le choc entre les deux convois est extrêmement violent. Le gaz contenu dans le fourgon du train tamponné s'embrase et un torrent de flammes s'abat sur les six voitures qui le précèdent. L'affolement gagne les passagers qui fuient le brasier comme ils le peuvent. Beaucoup sont pris au piège par la fumée[1] dans ce tunnel qui n'a pas d'éclairage[2].

Des survivants s'échappent du tunnel après la collision (Le Petit Journal illustré, 16 octobre 1921).

La locomotive du no 333 parvient à redémarrer et tire derrière elles plusieurs wagons, dont certains en flammes. Quand ils sortent du tunnel, les pompiers les arrosent depuis les hauteurs du pont Cardinet et de la rue de Rome. Courageusement, ils s'approchent au plus près du sinistre en passant par un des tunnels voisins avec leurs tuyaux. Un flot de passagers, pour certains ensanglantés, sort du tunnel principal qui exhale aussi une épaisse fumée noire. Devant ce spectacle, le conducteur d'un train qui arrive du Bois-Colombes s'arrête immédiatement et ses passagers se portent au secours des rescapés[1].

En gare Saint-Lazare, la nouvelle se répand. Des affiches sont placardées : « circulation interrompue par suite d'un accident, tunnel des Batignolles ». La gare est évacuée dans la cohue avec l'aide du 5e régiment d'infanterie venu de la caserne de la Pépinière. Les usagers encombrent vite les lignes du Métro et du Nord-Sud. Cependant, par crainte de l'effondrement du tunnel, la ligne 2 du métro est interrompue entre les stations Villiers et Barbès[1].

Réactions

Moins d'une heure après le drame arrivent sur les lieux Pierre Marraud, ministre de l'Intérieur, Yves Le Trocquer, ministre des Travaux publics, César Caire, président du conseil municipal, Robert Leullier, préfet de police, Marlier, son adjoint, Petitjean, député, le colonel Noguès qui représente le président de la République, le général Trouchaud et les juges d'instruction Pamard et Scherdlin[1].

Le lendemain du drame, Paul Aubriot, député de la Seine, interpelle le ministre des Travaux publics sur les mesures à prendre pour améliorer la sécurité des voyageurs. Georges-Louis Aimond, député de Seine-et-Oise, se joint à cette demande. Henri Poirson, sénateur, s’inquiète publiquement du manque d'éclairage dans le tunnel de Meudon[2].

Victimes

Les corps, pour beaucoup carbonisés, sont amenés à la gare Saint-Lazare et placés dans des cercueils provisoires où les familles sont appelées à venir reconnaître leurs proches disparus[2].

Parmi les victimes, figure notamment le jeune Sabran de Rohan-Chabot, fils de la comtesse de Rohan-Chabot. Il se rendait au collège Sainte-Geneviève de Versailles où il préparait le concours d'entrée à l'école spéciale militaire de Saint-Cyr. S'y trouve aussi le lieutenant aviateur Grange, chevalier de la Légion d'honneur et vétéran de la Grande Guerre qui avait été gravement blessé à la bataille de Verdun. Son corps affreusement brûlé n'est reconnu par sa femme que grâce à la bague qu'il portait au doigt. Beaucoup de victimes vivaient dans les communes d'Asnières et de Courbevoie où l'émotion est grande[2].

Enquête

Des travaux avaient été entamés dans le tunnel en 1913 mais mis en sommeil par la mobilisation de 1914. Après la guerre, le principe de la démolition du tunnel est acté mais des travaux jugés plus urgents repoussent la reprise du chantier à 1922[2].

Références

Voir aussi

  • Portail du chemin de fer
  • Portail de Paris
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