Ailly-sur-Somme

Ailly-sur-Somme est une commune française située dans le département de la Somme en région Hauts-de-France.

Pour les articles homonymes, voir Ailly (homonymie).

Ailly-sur-Somme

La gare.

Blason
Administration
Pays France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Amiens
Canton Ailly-sur-Somme
Intercommunalité Communauté de communes Nièvre et Somme
Maire
Mandat
Catherine Bénédini
2014-2020
Code postal 80470
Code commune 80011
Démographie
Gentilé Aillygeois
Population
municipale
2 967 hab. (2017 )
Densité 197 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 55′ 38″ nord, 2° 11′ 41″ est
Altitude Min. 12 m
Max. 117 m
Superficie 15,06 km2
Localisation
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Ailly-sur-Somme
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Ailly-sur-Somme
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Ailly-sur-Somme
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Ailly-sur-Somme
Liens
Site web mairie-ailly-sur-somme.net

    Géographie

    Bourg se trouvant à l'ouest de la ville d'Amiens, Ailly-sur-Somme voisine le village de Saint-Sauveur, plus au nord, sur l'autre rive du fleuve.

    Communes limitrophes

    Toponymie

    Le nom de la localité est attesté sous la forme Alliacum vers 1050[1].

    Ailly en picard.

    Ce toponyme découle de l'anthroponyme romain Allius[réf. nécessaire].

    Histoire

    • 1843-1845 : création sur les bords de la Somme de la filature de lin Bocquet, Cohin & Cie sur une propriété d'Alexandre Dehesdin.
    •  : accident ferroviaire.

    L'accident ferroviaire de 1906

    Source (texte et photo) : « En Picardie - La Somme autrefois », de Jacques Béal (Éditions Horvath, 1982)

    L'orage de ce jour-là eut un effet salutaire. 300 ouvriers d'une usine de Saint-Sauveur attendaient dans leur atelier, à l'heure de la sortie, une accalmie. Ce contretemps leur évita de se trouver massés comme ils en avaient l'habitude, le long du passage à niveau à l'heure où passait, comme chaque jour, à 90 à l'heure, le Calais-Bâle.

    Le chef de gare entendit un coup de tonnerre suivi d'un énorme fracas. La marquise de la gare vola en éclats. Au milieu d'un mélange d'eau, de verre pilé, de boue, le préposé au chemin de fer aperçut une locomotive gisant sur son bas-flanc contre un mur de la gare à demi-écroulé. Le 1273 avait tamponné l'arrière d'un train chargé de briques. La pluie n'empêcha pas la curiosité. Les secours s'organisèrent. Des voitures éventrées, disloquées, sortaient, hagards, hébétés, une quarantaine de voyageurs tout surpris d'être encore en vie. Il n'y eut que trois blessés légers. Seules les briques rouges réduites en poudre, mêlées à l'eau, donnaient à cet accident une couleur tragique.

    Accident de 1906 relaté par la presse de l'époque

    ____ Extrait du Progrès de la Somme du ____
    Le Progrès de la Somme

    Tamponnement à Ailly-sur-Somme

    Le Rapide Calais-Bâle tamponne un train de marchandises. -
    Cinq blessés. - Dégâts énormes
    .

    « Le train rapide Calais-Bâle a coupé en deux un train de marchandises, en manœuvres, en gare d'Ailly-sur-Somme ; il y a de nombreux blessés. ». Telle était la laconique autant que grave nouvelle qui nous parvenait hier soir.

    Confirmée à la gare du Nord, cette dépêche ne pouvait nous être plus expliquée, et aussitôt nous envoyions un de nos collaborateurs sur les lieux de l'accident, qui aurait pu dégénérer en catastrophe, sans des circonstances heureuses, comme (on) le verra plus loin.

    À Ailly-sur-Somme

    À notre arrivée à Ailly-sur-Somme, le spectacle est effrayant.

    La gare est en partie démolie, la marquise a disparu, les sémaphores sont renversés, les remises de pompes et les dépendances de la gare n'existent plus.

    Locomotives, fourgons, wagons sont en travers des voies, totalement obstruées et elles-mêmes arrachées.

    Tout cela éclairé par des lampes puissantes qui projettent sur tous ces débris des lueurs tragiques.

    Un va-et-vient continuel d'hommes d'équipe, d'employés, agitant leurs lanternes ou leurs signaux ne contribue pas peu à rendre le spectacle fantastique, pendant que les voyageurs qu'on transborde, errent éperdus à travers les débris des trains tamponnés.

    Une foule énorme de curieux se presse le long des barrières du chemin de fer, celles qui ont été épargnées, et tout ce monde est maintenu à grand peine par les gardes, les gendarmes et les pompiers d'Ailly-sur-Somme.

    Le tamponnement

    Comme bien on pense, dans le désarroi qui a suivi le tamponnement, les renseignements sont difficiles à recueillir, les commentaires cependant vont leur train, et il nous faudrait des colonnes pour les rapporter ici.

    Prenons donc la version qui nous en a été donnée par un des premiers témoins de l'accident.

    Il était 6 heures du soir, l'orage qui venait d'éclater battait son plein, et peu de monde était dehors, pour cette raison justement.

    Tout à coup un bruit formidable se fit entendre et la gare d'Ailly-sur-Somme disparut sous un épais nuage de fumée.

    En même temps des cris se faisaient entendre, des appels « Au secours ! » partaient de la gare.

    Les voisins, MM. Gabriel ESTAGNOL, BATTEUX, le chef de gare M. MATHAN, etc. accoururent et se rendirent compte de ce qui s'était produit.

    Le Calais-Bâle avait tamponné un train de marchandises en manœuvres, demeuré on ne sait encore pourquoi sur la voie et les deux convois s'étaient télescopés.

    La locomotive du rapide était culbutée sur la voie montante, pendant que la machine du train de marchandises tombait de l'autre côté. Wagons et fourgons se disloquaient et l'un d'eux entrait dans les dépendances de la gare, pendant qu'un wanon-couloir, formant bélier, démolissait une maison inhabitée, située à la sortie du passage à niveau d'Ailly à Saint-Sauveur. La marquise de la gare arrachée ainsi que les sémaphores venaient barrer le passage à niveau qui, de ce fait, se trouve absolument bouché.

    Les secours

    Aussitôt la population d'Ailly-sur-Somme, dont le dévouement est au-dessus de tout éloge se portèrent à la gare, M. BATTEUX, commandant des pompiers, fit battre "la générale" rappelant ses hommes, les gardes champêtres BATTEUX d'Ailly, ORIAL de Saint-Sauveur, PARIS d'Argœuves, etc., organisèrent le service d'ordre ; les gendarmes de Picquigny descendirent au galop et on s'occupa des blessés.

    Le chauffeur du rapide était assez grièvement blessé, il avait l'épaule fracturée, des voyageurs, la plupart des Anglais, étaient contusionnés. On les transporta dans les maisons voisines, où ils reçurent les premiers soins de M. le docteur CHEVALIER d'Argœuves, aidé de M. GUÉRIN, pharmacien à Ailly.

    Pendant ce temps, un train de secours partait d'Amiens, amenant du matériel, une équipe d'ouvriers, des docteurs, des ingénieurs et des inspecteurs. Tous se multiplièrent et parvinrent à ramener le calme.

    Il ne pouvait plus être question de circulation de trains et un service de transbordement dut être opéré en deçà et au-delà de la gare d'Ailly-sur-Somme.

    Là encore les pompiers d'Ailly-sur-Somme furent superbes, ils aidaient les voyageurs à traverser les voies encombrées de débris et les guidaient jusqu'à leur train, soutenant les femmes et portant les enfants.

    Les communications téléphoniques ou télégraphiques étaient interrompues par suite du bris des poteaux, c'est ce qui explique le peu de renseignements arrivés à Amiens, dans la soirée.

    Les causes de l'accident

    Quelles sont les causes de cet accident et où sont les responsabilités ? Nous savons qu'une enquête a été ouverte sur le champ, mais on comprendra notre réserve sur ce point, encore mal éclairci.

    Quoi qu'il en soit, il semble extraordinaire qu'un train ait pu rester sur une voie, comme celle de Paris-Calais, au moment du passage d'un rapide.

    Le déblaiement

    Quand nous quittons Ailly-sur-Somme, à 10 h et demi du soir, les ouvriers de la Compagnie se dépensent en efforts surhumains pour déblayer les voies. C'est un travail qui durera plusieurs jours étant donné l'état pitoyable des lieux du tamponnement.

    De toutes les communes voisines, les curieux sont venus en grand nombre et ils suivent avec intérêt ces travaux peu communs.

    Les dernières nouvelles reçues sur les blessés sont bonnes. Aucun n'est en danger actuellement. Inutile d'ajouter que la nouvelle de ce tamponnement a jeté à Amiens une émotion très vive.

    Nous avons rencontré, à Ailly-sur-Somme, nombre de nos concitoyens qui accouraient aux renseignements, ayant des parents ou des amis partis dans le Calais-Bâle.

    Signalons encore ce détail :

    Tous les soirs, les 200 ou 300 ouvriers de St-Sauveur attendent, devant le passage à niveau, le passage de l'express. Or, ce soir, le mauvais temps leur avait fait retarder leur départ. Grâce à ce contre-temps, l'accident n'a pas été horrible.

    On ne peut songer sans frémir à l'hécatombe qui se serait produite si les monstres de fer étaient venus tomber sur les barrières garnies d'ouvriers.

    Politique et administration

    Tendances politiques et résultats

    Liste des maires

    Mairie-école.
    Liste des maires successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    1859 1862 Pierre Patoux    
    1862 1877 Édouard Dupuis    
    1878 1904 Hugues Constant    
    1904 1905 Louis Laurent    
    1905 1906 Émile Trepagne    
    1906 1919 Eugène Lavoine    
    1919 1940 Émile Delacroix    
    1940 janvier 1947
    (décès)
    Léonce Cadet    
    février 1947 octobre 1947 Olivier Vasset    
    octobre 1947 1981
    (démission)
    Daniel Tabary[2] PCF Commerçant
    Conseiller général du canton de Picquigny (1964 → 1970)
    1981 mars 1983 Jean-Pierre Roger   1er adjoint
    mars 1983 mars 1989 Serge François    
    mars 1989 mars 2014 Francis Fouquet DVD Président de la CC de l'Ouest d'Amiens [Quand ?]
    Réélu en 2008[3]
    mars 2014[4] En cours
    (au 5 mai 2014)
    Catherine Bénédini PS Fonctionnaire territoriale
    Conseillère départementale du canton d'Ailly-sur-Somme (2015 → )
    8e vice-présidente de la CC Nièvre et Somme (2017 → )
    Les données manquantes sont à compléter.

    Population et société

    Démographie

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[6].

    En 2017, la commune comptait 2 967 habitants[Note 1], en diminution de 4,14 % par rapport à 2012 (Somme : +0,23 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    378407429477506510526562711
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    7869179299321 1031 1901 3391 4131 584
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    1 9782 1012 1622 3642 2182 1451 9461 8412 179
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
    2 1952 3684 1573 9723 5053 3223 1833 1643 095
    2017 - - - - - - - -
    2 967--------
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Enseignement

    L'école élémentaire Aimé Merchez et l'école maternelle la Rotonde accueillent les enfants d'âge scolaire primaire[9].

    La localité héberge le collège du Val de Somme.

    Sports

    • En football, le club de l'US Ailly-Sur-Somme fondé en 1899 évolue en CFA2 (Championnat de France Amateur 2).

    Les matchs ont lieu au stade Nicolas-Coupé, aussi appelé « stade du Bas » ou « stade municipal ». Un stade qui comporte une tribune de places assises aux couleurs du club (bleu et noir), ainsi qu'un terrain synthétique pour les entraînements et un terrain de Beach-Soccer.

    • Le handball est le 2e sport phare de la commune. Les handballeurs s'entraînent et jouent leurs matches au nouveau gymnase, le gymnase Serge-Domart, situé à côté du stade Aimé-Merchez.
    • Le twirling baton, médaille de bronze au championnat de France. Il a été créé par Cécile Duquesnoy et Richard Brassart.
    • Tennis avec le TCAS.

    Économie

    L'office de tourisme gère la location de quatre bateaux à moteur électrique qui peuvent naviguer sur la Somme, jusqu'à Dreuil-lès-Amiens[10].

    Culture locale et patrimoine

    Lieux et monuments

    Personnalités liées à la commune

    • James Drummond Carmichaël (1817-1875), industriel originaire de Dundee en Écosse, il devient directeur de la filature mécanique de lin Bocquet, Cohin & Cie en 1845. Il y installe le filage du jute dès cette date puis le tissage mécanique à partir de 1868.

    Héraldique

    La commune d'Ailly-sur-Somme a repris les armes de la famille d'Ailly, originaire d'Ailly-le-Haut-Clocher. Il s'agit d'armes parlantes : Ailly, alisier. On retrouve l'origine de ses armoiries sur un sceau de Jean d'Ailly, vidame d'Amiens, figurant sur un document du 12 septembre 1461[11].

    Blasonnement :

    • de gueules aux deux branches d'alisier d'argent passées en sautoir, au chef échiqueté d'azur et d'argent de trois tires.

    Ornement extérieur :

    • Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de bronze. Citation à l'ordre du régiment du 11 novembre 1948 : « bien que très éprouvée au cours des combats qui se sont déroulés sur son territoire les 5 et 6 juin 1940 n'a pas hésité durant l'occupation à faire face aux entreprises de l'ennemi. A constitué une formation clandestine qui s'est distinguée notamment par des actes de sabotage et qui a participé en septembre 1944 aux opérations de nettoyage, faisant des prisonniers allemands. A éprouvé de sérieuses pertes en vies humaines et de sévères destructions[12]. »

    Pour approfondir

    Bibliographie

    • René Boyenval, René Debrie, René Vaillant, Répertoire des Noms de Famille de la Somme en 1849, éditions Éklitra, Amiens, , 232 p.

    Articles connexes

    Liens externes

    Notes et références

    Notes

    1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

    Références

    1. Dans une hagiographie de Saint Angilbert.
    2. La fiche biographique de TABARY Daniel, Rémy, Henri sur le Maitron en ligne
    3. « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr, (consulté le 12 juillet 2008)
    4. Le Courrier picard, édition d'Abbeville, 2 avril 2014, p. 22.
    5. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
    6. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
    7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
    8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
    9. « Les écoles sur le site du ministère de l'Éducation nationale. ».
    10. « Prendre l'apéro et voguer sur la Somme », Courrier picard, , p. 15.
    11. Germain Demay, Inventaire des sceaux de la Picardie, n° 69, Paris, Imprimerie nationale, 1875
    12. Jacques Estienne et Mireille Louis, Armorial du Département et des Communes de la Somme, préface de Pierre-Marcel Wiltzer, préfet de la région Picardie, préfet de la Somme, Abbeville, 1972, Imprimerie F. Paillart
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