Al-Hira

Al-Hîra[1] est une ville d'Irak située sur la rive droite de l'Euphrate à 18 km au sud-est de Nadjaf.

Proche-Orient vers 565.
Pour l’article homonyme, voir Hira.

Al-Hira
(ar) الحيرة

Miniature du XVe siècle décrivant la construction de la forteresse d'Al-Hîra capitale des Lakhmides
Administration
Pays Irak
Province An-Najaf
Géographie
Coordonnées 31° 53′ 00″ nord, 44° 27′ 00″ est
Altitude 23 m
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Irak
Al-Hira
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Al-Hira
Sources
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    Histoire

    Al-Hîra est déjà une ville assez importante avant l'ère islamique. C’est à l’origine un campement militaire[2]. Des populations arabes poursuivent une migration vers le Proche-Orient depuis des siècles. La population locale, principalement araméenne (Beth Aramayè), comporte bien avant l’islam de bonnes proportions d'arabes. Les Sassanides appellent Arabistan le sud de l’Irak, l'île (Gzîrta en syriaque, al-Jazirâ en arabe, ou localement Djezirzh).

    L'un des premiers royaumes arabes en dehors de l'Arabie s'établit à Al-Hîra. La dynastie locale des Lakhmides, vassale des Sassanides depuis Shapur II (337-358), a pour mission de protéger l’empire Sassanide des incursions des autres tribus arabes. Elle devient la capitale des Lakhmides au Ve et VIe siècles.

    Al-Hira est longtemps manichéenne, et serait à l'origine de l'expansion de cette doctrine dans la péninsule arabique.

    Al-Hîra est longtemps chrétienne, au moins fortement christianisée, par l'activité missionnaire. Elle a ses anachorètes et certains saints, comme Siméon le Stylite. Elle est le siège d’un évêché de l'Église de l'Orient. La tradition raconte que l’écriture arabe s’y est développée. Les rois Lakhmides ne sont pas chrétiens, sauf exception. Ils deviennent chrétiens nestoriens vers 594, et construisent un monastère à proximité, puis d'autres (jusqu'à vingt), lieux de dévotion et d'écriture, qui ont beaucoup fait rêver, et écrire des livres de Hîra, aujourd'hui disparus.

    L’empereur Sassanide Vahram V prend le pouvoir avec le soutien du prince Lakhmide Al-Mondir en 420.

    En 542, Khosro Ier de Perse arrête le général romain Bélisaire à Callinicum au sud d’Emèse, mais avec l’aide d’Al-Hîra.

    L’empire byzantin crée sur le territoire de la Syrie actuelle un autre royaume arabe concurrent d’Al-Hîra, le royaume des Ghassanides. Les deux royaumes se font la guerre pour le compte de leur suzerain respectif.

    En 602, Khosro II renverse Numan III prince d’Al-Hîra et annexe ses territoires à l’empire.

    Après la bataille de Hira (en) en mai 633 (12 AH), la ville se rend facilement aux troupes musulmanes du Califat des Rachidoune commandées par Khâlid Ibn al-Walîd. Celui-ci épargne ainsi la cité, en contrepartie d'un tribut.

    Plus tard la ville perd de son importance, concurrencée par Koufa, ou Kûfa, à km au nord est, où s'installe la garnison permanente des conquérants.

    Notes et références

    1. arabe : al-ḥīra الحيرة
    2. syriaque : hirta, camp

    Voir aussi

    Bibliographie

    • Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, Éd. PUF, (ISBN 978-2-13-054536-1)

    Articles connexes

    Lien externe

    • Tabari, La Chronique (Volume II), Actes-Sud (ISBN 978-2-7427-3318-7)
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