Ancien tramway de Clermont-Ferrand

L'ancien tramway de Clermont-Ferrand a fonctionné dans cette ville du département du Puy-de-Dôme entre 1890 et 1956.

Place Gaillard: croisement de 2 tramways tractant chacun une remorque

Histoire

La concession d'une ligne de tramway entre Monferrand et Royat avec embranchement vers la gare est attribuée à monsieur Jean Claret ingénieur, le (décret 19055, bulletin 1156 IIIème série).

Ce dernier créée la société en commandite Jean Claret & Cie. À cette dernière se substitue en date du [1]la Compagnie des tramways électriques de Clermont-Ferrand créée le de cette même année [2]. En 1911, le , la Compagnie des tramways électriques de Clermont-Ferrand fusionne avec la Compagnie du chemin de fer de Clermont-Ferrand au sommet du Puy-de-Dôme pour former la Compagnie des tramways de Clermont-Ferrand et du Puy-de-Dôme.

La première ligne du tramway de Clermont-Ferrand est mise en service[3] le par la Compagnie des tramways électriques de Clermont-Ferrand. Le tramway de Clermont-Ferrand se distingue dès son ouverture en utilisant les premiers véhicules à traction électrique et alimentation par trolley mis en service en France[4]. Le système d'alimentation électrique étant identique à celui du Tramway Vevey-Montreux-Chillon en Suisse.

La première ligne à voie métrique reliait Montferrand à la place de Jaude. Rapidement un prolongement est ouvert jusqu'à Royat empruntant l'avenue des Thermes. Vingt-deux « voitures » à deux essieux (tous moteurs pour grimper les pentes) assurent le service. En 1902, une section entre la place de Jaude et la place Delille, via la place Gaillard est ouverte. Puis en 1913, une liaison vers la gare, via les Salins, ainsi qu'une courte section entre la place Gaillard et le quartier Fontgiève sont mises en service. En 1914, une ligne est ouverte reliant Beaumont au centre-ville, via l'actuelle avenue de la Libération, suivant le trajet de l'actuelle ligne 4.

Juste avant la guerre de 1914-1918, le parc est modernisé. Tout au long de la première moitié du XXe siècle, le matériel roulant neuf est régulièrement acquis afin de faire face à la croissance du trafic et à l'ouverture de nouvelles lignes. En 1932, le parc est constitué de 33 motrices et 24 remorques.

Au lendemain de la Grande guerre, la ligne de Beaumont est prolongée jusqu'au site de la vallée de l'Artière à Ceyrat. Dès lors de nombreux clermontois vont pouvoir aller au vert le dimanche et sur la grande rue de Ceyrat (ancienne nationale) vont se développer de nombreux restaurants et autres buvettes. En 1928, une liaison vers Aubière est créée suivant le trajet de l'actuelle ligne 3, via l'avenue Léon Blum.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le tramway clermontois n'a que légèrement souffert des restrictions. Malgré un matériel roulant datant des années 1930, le service reste de qualité et apprécié des usagers. Toutefois, les préceptes urbanistiques ont changé et il faut faire place à la voiture. Un grand programme « d'amélioration de la circulation » à Clermont-Ferrand est mis en place. Il prévoit la création de boulevards urbains élargis grâce à la suppression des alignements d'arbres, de nombreuses mises en sens uniques, la création de nombreux carrefours à feux et la suppression du tramway qui, situé en milieu de chaussée, « obstrue » la circulation des automobiles lors de ses arrêts. Ainsi dès 1950, les lignes sont progressivement remplacées par des bus.

Le réseau disparait entre 1933 et 1956. Le dernier tramway clermontois sur rail roula le [5], il est remplacé par un réseau de lignes d'autobus[3]. En de nombreux endroits, les rails et pavés sont simplement recouverts d'asphalte et non supprimés.

Les lignes

  • Monferrand - Place de Jaude - Royat (6,6 km): ouverture en 1890; suppression en 1956;
  • Place de Jaude - Gare (0,9 km): ouverture en 1890; suppression en 1956;
  • Place Delille - Boulevard de la Pyramide - Place de Jaude (1,6 km): ouverture en 1895; suppression en 1917[6];

Évolution du réseau

  • Place Lamartine - Les Quatre Routes (2,5 km) : ouverture en [7]; suppression en 1933;
  • Place Gaillard - Fongiève (0,8 km) : ouverture en ; suppression en 1929;
  • Place de Jaude - Place des Salins - Gare (km) : ouverture en ; suppression en 1956;
  • Place des Salins - Beaumont (2,2 km) : ouverture en ; suppression en 1956;
  • Montferrand - Arsenal des Gravranches (1,3 km): ouverture en ; suppression en 1921[8];
  • Beaumont - Ceyrat : ouverture en ; suppression en 1956;
  • Place de Jaude - Aubière : ouverture en ; suppression en 1949;

Le dépôt et l'usine électrique sont situés à Monferrand

L'alimentation électrique

Le courant est fournie par une usine située à Monferrand dans le dépôt. Le courant est distribué à la tension de 500 volts.

À l'origine, l'alimentation des véhicules se fait par une ligne aérienne constituée de d'un tube de cuivre. La prise de courant s'effectue par un système de navette coulissante à l'intérieur de ce tube, fendu dans sa partie inférieure. Cette navette est tirée par le tramway.

Ce système est analogue à celui qui équipa en Suisse le tramway Vevey-Montreux-Chillon à son ouverture en 1888. Il était réalisé par la firme Cuneod Sautter & Cie située à Genève.

Monsieur Jean Claret avait appliqué une innovation[9] sur le tramway clermontois: le retour du courant se faisait par le rail et non par un deuxième conducteur aérien comme à Vevey.

En 1907, une ligne aérienne classique est installée et les véhicules équipés d'ue prise de courant par perche.

Le matériel roulant

Motrices (1899-1907)

  • N° 1 à 18, livrées en 1889, à essieux, remotorisées en 1898;

Motrices (1907-1914)

  • N° 1 et 2, livrées en 1907 par la Buire, à essieux;
  • N° 3 à 6, construites en 1908 par la compagnie, à essieux;
  • N° 7 à 14, construites en 1908 par la compagnie, à essieux;
  • N° 15 et 16, construites en 1909 par la compagnie, à essieux;
  • N° 17 et 18, livrées en 1912, à essieux;
  • N° 19 et 20, livrées en 1914, à essieux;
  • N° 21 et 22, construites en 1909 par la compagnie, à essieux;
  • N° 23 et 24, livrées en 1910, à essieux;
  • N° 25 - 27, livrées en 1913, à essieux;
  • N° 28 à 30, livrées en 1914, à essieux;
  • N° 31 à 39, numéros attribués à des motrices de 1908, à essieux;

Motrices (1919-1956)

  • N° 40 à 44, livrées en 1918, à essieux;
  • N° 45 à 51, construites en 1922 par la compagnie, à essieux;
  • N° 52 à 110, numéros attribués aux remorques;
  • N° 111 à 114, livrées en 1923, à essieux;
  • N° 115 à 117, acquises en 1923, ex tramway de Rodez, à bogies;
  • N° 118 à 122, livrées en 1925; à essieux;
  • N° 130 à 139, livrées en 1930, type UVF, avec plateforme centrale, à essieux;

Remorques (1907-1918)

  • N° 51 à 54, ouvertes à essieux;
  • N° 55 à 58, anciennes motrices transformées, à essieux;
  • N° 59 à 60, acquises en 1909, ex tramway d'Angers, ouvertes à essieux;
  • N° 61 à 66, anciennes motrices transformées, à essieux;
  • N° 70 à 75, construites en 1912 par la compagnie, à essieux;
  • N° 80 à 88, livrées en en 1913, à essieux;
  • N° 90 à ...,livrées vers 1920, à essieux[10];
  • N° 101 à 104, livrées en 1905 par la Buire; ouvertes, à bogies;
  • N° 105 à 110, construites en 1918 par la compagnie, à essieux;

Notes et références

  1. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5817999m/f176.image
  2. Site officiel Clermont Ferrand, Le premier tramway électrique lire en ligne (consulté le 10 mai 2010)
  3. Louis Figuier, Émile Gautier, L'Année scientifique et industrielle, volume 34, L. Hachette et cie., 1891, p. 135 : « C'est à Clermont-Ferrand qu'a été installé le premier tramway électrique inauguré en France »
  4. AMTUIR
  5. Ligne démontée pour récupération de rails par l'Autorité militaire et construction de la ligne de Gravanches
  6. électrification de la section urbaine du chemin de fer du Puy-de-Dôme
  7. Ligne construite pour la desserte de l'Arsenal et fermée après guerre
  8. http://www.france-intec.asso.fr/IMG/pdf/pdf_Docu_tram.pdf
  9. http://i.ebayimg.com/00/s/MTIwMFgxNjAw/z/iygAAOSwirZTutpq/$_57.JPG
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