Antoine Duprat

Antoine Du Prat (ou Anthoine Du Prat, Duprat, Antoine II (ou III) Du Prat/Duprat), chevalier de Nantouillet, baron de Thiern (Thiers) et de Thoury, comte de la Valteline, Chancelier de France, de Bretagne, du duché de Milan, et de l’ordre du Roi, évêque de Valence, de Die, de Meaux et d’Albi, archevêque de Sens, cardinal du titre de Sainte-Anastasie, primat des Gaules et de Germanie (titre porté par l'archevêque de Sens), légat a latere, Chancelier de l'Ordre de Saint Michel, est un cardinal-légat français, à l'origine de la révolution de fond que constitue la haute Renaissance française (1510-1547).

Pour les articles homonymes, voir Duprat.

Antoine Duprat
Biographie
Naissance le
Issoire
Duché d'Auvergne
Ordination sacerdotale en 1517
Décès le
Nantouillet
 Royaume de France
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
le par le
pape Clément VII
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de Santa Anastasia
Évêque de l’Église catholique
Fonctions épiscopales 1522 Administrateur de Valence
1525 Archevêque de Sens
1528 Administrateur d'Albi
1534 Administrateur de Meaux

(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Antoine Duprat naît le , à Issoire, en Auvergne, terre des Duprat et des Bohier, et décède dans son château de Nantouillet - au nord-est de Paris - le .

Les armes de la maison Du Prat sont d’or, à la fasce de sable. accompagnée de 3 trèfles de sinople, 2 en chef et 1 en pointe.

La devise du Chancelier durant son exercice est : « Spes mea Deus » - J'espère de Dieu -.

Biographie

Enfance

Né à Issoire en Auvergne, le , de familles importantes d'Issoire, ville marchande de Haute Auvergne, fils d'Antoine Ier (ou II) Du Prat, sieur de Verrière(s) (à Issoire) (dont le père, bourgeois d'Issoire, est dit selon les sources Anne/Annet (ou Antoine Ier) du Prat, dit Ricot), et de Jacqueline Bohier[1], tante de Thomas Bohier, fondateur du château de Chenonceau. Les Du Prat, les Bohier et les Charrier sont les trois familles consulaires historiques fortes d'Issoire dans cette fin du Moyen Âge français.

Les recherches de Marcellin Boudet voudraient faire remonter les origines des consuls Duprat à la ville de Saint-Flour (voire à Aurillac). Rien à ce jour n'a permis de confirmer cette hypothèse consultable aux archives de Saint-Flour ; le nom proviendrait d'un moment particulier de l'histoire de la ville de Saint-Flour, lors de son retournement du parti anglais vers le roi de France Charles VII, les Armagnacs et les Ducs de Berry : le nom de Delprat de Saint-Flour se serait alors transformé en Dupré (langue d'oil) à Saint-Flour, et la branche développée par mariage à Issoire aurait évolué vers le patronyme mixte oil-oc de Duprat, suivant la même forme que les Du Guesclin ou Du Faye. Le Chancelier lui-même, dans ses Mémoires vol. 2 (le premier volume a malheureusement disparu) rédigés par son secrétaire Barrillon, posent même l'hypothèse de l'origine des Du Prat à Prato, ville sœur de Florence, en Toscane. Cette possibilité n'est pas confirmée à ce jour, Issoire restant donc l'origine plausible du lignage des Duprat.

Il a dix ans lorsqu'il est enfant de chœur à l'abbaye bénédictine Saint-Austremoine d'Issoire, où il s'initie à l'étude des lettres.

Après avoir suivi ses études au barreau de Paris[1], un cousin de sa mère, Jacqueline Bohier, archevêque de Bourges, parfait son éducation, et en 1490, il est lieutenant général au bailliage de Montferrand, sous Charles VIII[2], puis maître des requêtes, président à mortier au Parlement de Paris, enfin premier président de ce même parlement en 1507[1].

La politique, la diplomatie, la noblesse de robe

En 1495, il est avocat du Roi au parlement de Toulouse, et en 1504, maître des requêtes de l'hôtel du roi Louis XII. Il est quatrième président, puis nommé premier président au Parlement de Paris le , lorsque Louis XII lui demande à partir de 1510, de s'occuper de l'éducation du fils de Louise de Savoie, le jeune duc de Valois François d'Angoulême - alors âgé de 14 ans et sans avenir notable prévisible, la reine Anne de Bretagne pouvant encore donner à Louis XII un héritier.

En 1510, Antoine Duprat, allié jusque là de la reine Anne de Bretagne, met en cause cette alliance et tourne définitivement sa puissance montante et ses réseaux vers les intérêts des Valois-Angoulême.

En 1514, à la mort d'Anne de Bretagne, il manœuvrera avec une grande habileté et réalisera l'adjonction définitive du duché de Bretagne à la couronne de France (1532). Il devient Chancelier de Bretagne dès 1519.

Il fait rédiger la Coutume d'Auvergne, recueil des lois civiles de la province d'Auvergne ordonné en 1510 par Lettres patentes du roi Louis XII.

Sacre et couronnement de François Ier à Reims : À la mort de Louis XII, lors de son propre avènement, le jeune roi François Ier le nomme principal ministre[2] et chancelier de France le , office qu'il conservera tout au long de sa vie - depuis 1515 jusqu'à 1535[3], durant 20 longues années pleines de péripéties pour l'Histoire du Royaume de France, où ses offices et pouvoirs ne seront jamais mis en cause, ce qui est exceptionnel pour l'époque (Tournon, une génération après, peut lui être comparé). François 1er en fait ainsi le second personnage de l'État monarchique pour toute la première partie de son règne.

Bataille de Marignan : En , pas encore ecclésiastique, il accompagne François Ier en Italie, et, la bataille de Marignan remportée, est nommé chancelier du Duché de Milan[4]. François 1er le fait comte de la Valteline, axe stratégique d'accès au nord de Milan, par la Suisse. Il négocie avec le pape Léon X défait, le Concordat de Bologne de 1516, qui met fin à la puissance vaticane sur le royaume de France, et fait enregistrer le texte au parlement de Paris malgré la plus vive opposition des cours souveraines, des universités, et du clergé de France - qui y voyait avec raison la fin de son pouvoir de domination sur le territoire français.

Chancelier de France : En 1519, à la mort de Philippe de Montauban, il cumule la charge de Chancelier de France avec celle de Chancelier de Bretagne.

Camp du Drap d'Or : En 1520, il organise pour le roi de France la rencontre avec le roi d'Angleterre Henri VIII (où il rencontre son équivalent britannique, le chancelier de la Couronne Thomas Wolsey, plus âgé et expérimenté que lui, pour la partie anglaise), connue sous le nom de camp du Drap d'Or dans la région Nord de la France.

Défaite de Pavie : Il conserve un immense crédit après la défaite de Pavie en 1525 - où il ne s'est pas rendu avec le roi, contrairement à Marignan - et pendant l'absence et la captivité de François Ier à Madrid, Louise de Savoie, régente du royaume, ne gouverne que par ses conseils ; le roi, à son retour en 1526, anéantit une procédure que le parlement avait commencée contre lui.

Chute du connétable de Bourbon : En 1525, il fait tomber un des plus puissants personnages de France, le Connétable-duc de Bourbon, et apporte le Bourbonnais à la couronne de France. En récompense, et en contrepartie de la perte du comté de la Valteline après la défaite de Pavie, il recevra les biens meubles du Connétable - les terres de la famille ducale de Bourbon revenant à Louise de Savoie - plus les terres et seigneuries de Thiern (Thiers) et de T(h)oury. Le Chancelier, par un jeu d'équilibre et de bascule, favorise la branche Vendôme des Bourbons (plus tard appelée à régner sur le royaume de France, à partir d'Henri IV en 1589) : ainsi, le duc de Vendôme Charles, grand-père d'Henri IV, devient chef du Conseil après le désastre de Pavie et premier prince du sang en 1527.

Paix des Dames : En 1529, il organise la paix des Dames, ou paix de Cambrai, qui met fin à la septième guerre d'Italie entre les deux souverains François Ier et Charles Quint.

Mais le Chancelier Duprat suscite haine et mécontentement lorsqu'il orchestre la politique d'autorité, de rayonnement et de prestige voulue par le roi : nouvelle organisation du royaume, dépenses occasionnées par la guerre contre Charles Quint et par le brillant de la jeune cour royale ; en effet, Duprat doit créer et vendre des offices, lever des contributions sur le clergé, mettre au pas un aussi grand personnage que le duc de Bourbon. L'idée générale est que le pouvoir royal doit monter en puissance, le roi étant empereur en son royaume, au-dessus des cours souveraines et de la grande noblesse, ce qui annonce l'absolutisme des rois Bourbons ; la monarchie doit être stable, ordonnée, plus centralisée, uniformisée, régularisatrice ; à l'extérieur, il faut affirmer la force de la France contre des puissances aussi importantes que l'empereur Charles Quint ou le roi Henri VIII d'Angleterre, même au prix de l'alliance avec les princes protestants allemands (traité de Saalfeld avec la Ligue de Smalkalde en 1531) ou avec le Grand Turc (capitulation avec le sultan Soliman en 1528).

La religion

Veuf de sa femme Françoise de Veyny d'Arbouze - épousée en 1493, et décédée en 1507, à l'âge de 30 ans en lui laissant 3 enfants (voir plus bas), le Chancelier Antoine Duprat, âgé seulement de 54 ans, tout comme son modèle en politique le chancelier de Louis XII, Georges d'Amboise (1460-1510), et déjà en contact avec l'épiscopat par ses frères cadets Thomas († 1528 ; évêque de Clermont) et Claude (vers 1475/1480-1532 ; évêque de Mende), décide d'embrasser l'état ecclésiastique à partir de 1517. Cette carrière l'amènera à cumuler plusieurs évêchés critiques pour la puissance du nouveau pouvoir royal de la dynastie des Valois-Angoulême, dans une stratégie liée aux effets du traité de Bologne. L'idée de fond est de stabiliser les évêchés les plus importants dans les mains de la puissance royale française, avant de les redistribuer, une fois bien en main, à des fidèles.

Il est d’abord, en 1522, évêque de Valence et de Die.

La régente Louise de Savoie le nomme ensuite archevêque de Sens, le - à l'époque, celui qui contrôle l'archevêché de Sens représente la plus haute autorité ecclésiastique de France et "de Germanie" : les diocèses de Chartres, Auxerre, Meaux, Paris, Orléans, Nevers et Troyes dépendent alors de l'archevêché de Sens, entre les fleuves Loire et Seine, l'archevêché de Paris n'étant créé qu'en 1622 - avec l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire. Mais les moines mécontent de cette nomination se révoltèrent, et le chancelier Antoine Duprat dut se faire accompagner par la force armée. Pour punir les moines, François Ier ordonna la démolition du clocher-porte de la cathédrale. Heureusement la mesure ne fut exécutée qu'en partie et le couronnement seul de la tour fut détruit[5]. Le Chancelier Duprat ne tint pas rigueur aux moines de cet affront, et fit exécuter de nombreux travaux d'embellissement - dont la construction de la seule tour existante, ainsi que les saints de la façade. Mais Duprat ne visitera jamais son archidiocèse !

Le il est créé cardinal-prêtre au titre de Sainte-Anastasie.

Le , il obtient la charge de l'évêché d'Albi, et garde les bénéfices jusqu'à sa mort. Il reçoit dans la cathédrale d'Albi, le roi et la reine de Navarre.

Il couronne la nouvelle reine Éléonore d'Autriche, sœur de Charles Quint et seconde épouse de François en 1530, à Saint-Denis le [6].

En 1530, il est nommé Légat, il s'occupe alors particulièrement des affaires de religion, et incite à des mesures de rigueur contre les courants réformés naissants qu'instrumentalisent les princes et nobles conservateurs du royaume pour se montrer hostiles au pouvoir royal moderne. La population reste dans sa grande majorité catholique et fidèle au roi François. Des historiens ont reproché au Chancelier Duprat, post mortem († juillet 1535) et avec quelque exagération, d'avoir provoqué les mesures les plus rigoureuses contre le protestantisme émergent, alors qu'Issoire est visitée par un moine prosélyte luthérien en 1540 seulement ; que Dolet est loin d'être exécuté († 1546) mais tout juste banni de Toulouse (1534) ; que Calvin commence depuis peu à Orléans, Bourges ou Paris sa carrière de réformateur (sa conversion date de 1533) ; que la recherche spirituelle de la sœur du roi François, Marguerite de Navarre, proche du cénacle humaniste évangélico-réformiste de Meaux, ne présente pas de rupture avec Rome ; que la belle-sœur du roi, Renée de France, s'engage certes dans l'adhésion au calvinisme mais seulement à partir de 1536/1537 et à la cour italienne de Ferrare ; et que l'affaire des placards, enfin, n'éclate in extremis qu'en octobre 1534 (sans compter la terrible répression des Vaudois du Luberon, qui est d'avril 1545).

Anecdote peu probable, mais il est important de la noter car elle est entrée dans l'Histoire, peut-être sous l'influence de textes protestants hostiles (de Théodore de Bèze, 1519-1605 ?) ou de milieux proches du connétable de Bourbon, à la spoliation duquel Duprat prit part, participant même à la curée en obtenant de ses biens : Antoine Duprat, déjà très gravement malade de diabète avancé depuis 1533, âgé de 71 ans et infirme en 1534, devint cependant évêque de Meaux le 5 mai 1534[1], puis, à la mort du Pape Clément VII en septembre 1534, aurait voulu lui succéder sur le trône de saint Pierre ; il aurait offert à François Ier de subvenir par lui seul aux frais de son élection pontificale, mais le Roi ne soutint pas sa candidature. Une autre version indique que le roi aurait même ri de sa proposition en lui répondant ironiquement, faisant allusion à son nom et à son ambition « Sat prat biberunt »[7]. Cette légende est mise en cause par le Marquis Duprat de Barbançon, son biographe et lointain parent.

Ses frères :

Son fils :

Titres notariaux et décès

Le tombeau monumental originel du chancelier-archevêque de Sens, Antoine Duprat érigé en la cathédrale de Sens après sa mort en 1535 -à comparer avec celui de Louis XII à Saint-Denis-.

Lors de "La Montée à Paris" -le pouvoir royal était basé et bloqué sur la Loire à Blois depuis presque un siècle (1415, la défaite d'Azincourt, Charles d'Orléans s'installe à Blois)-, le chancelier Antoine Duprat, siègera dans un premier temps à l'hôtel de Sens.

Il acquiert plus tard les terrains et fait bâtir l'hôtel d'Hercule - rue des Grands-Augustins, proche de la Seine, sur des terres appartenant aux Savoie - ainsi qu'une propriété de villégiature sur les terres du village de Vanves - le parc de la ville actuelle. Il fera construire l’hôtel de la Chancellerie à Fontainebleau. Il gardera des contacts, par les branches familiales des Duprat et des Bohier, avec Issoire et la branche de Veyrières (Verrière(s) à Issoire), dont il est issu. Il s'arrêtera d'ailleurs à Issoire en 1525, lors de la descente vers Lyon avant la bataille de Pavie.

En 1521, le chancelier est alors seigneur de Nantouillet, de Marchémoret et de Rosoy-en-Multien[8], terres acquises sur les biens de la Maison de Montmorency avec laquelle la famille Duprat est alliée et le restera longtemps après la mort dudit Chancelier.

En 1535, il meurt dans son château de Nantouillet. Son cœur est déposé à la cathédrale de Meaux, et son corps dans la cathédrale de Sens[2]. Son tombeau y a été érigé vraisemblablement sous Richelieu ; le palais synodal attenant à la cathédrale abrite aujourd'hui ce qu'il reste de la partie basse de ce monument. Le chancelier, au-delà de sa propre fortune acquise au cours d'une longue carrière, plus de vingt longues années sans jamais chuter contrairement à bien de ses contemporains - les Montmorency, Semblençay, Bourbon...- aura certainement servi de base arrière financière sûre pour François 1er et Louise de Savoie.

À sa mort, François Ier, à travers le nouveau chancelier Antoine du Bourg - un proche d'Antoine Duprat qui fut son mentor - fera, ce qui était courant à l'époque, bloquer les biens du Chancelier sis dans son hôtel d'Hercule et au château de Nantouillet, avant d'en rendre la plus grande partie à son fils aîné Antoine Duprat III. Une légende veut qu'Antoine Duprat ait caché des tonneaux d'or détourné dans les souterrains du château de Nantouillet, mais ni le niveau de vie des descendants du Chancelier, ni aucune recherche ultérieure, n'ont pu apporter crédit à ces rumeurs qui semblent avoir été suscitées par ses multiples ennemis politiques ou religieux.

Au contraire, comme le nota le cardinal de Richelieu, le chancelier Antoine Duprat, fut "le plus incroyable et positif parcours politique que la France ait pu rencontrer pour son bénéfice à cette époque".

Une Vie a été écrite en 1857 par le marquis Duprat de Barbançon, un de ses arrière-neveux.

Le chancelier Antoine Duprat a laissé de nombreuses traces qui lui survivent dans l'histoire de la France, notamment dans des bâtiments et institutions que nous connaissons encore aujourd'hui : ainsi, il investira ses biens personnels dans l'amélioration de L’Hôtel-Dieu à Paris ; prendra part avec François Ier à la création du Collège de France ; trouvera les financements pour les premiers travaux de modernisation du château de Chambord (1519) ; fera moderniser l’Hôtel de Ville de Paris (1529 ; ancêtre de celui que nous connaissons aujourd'hui) ; laissera avec son fils une bibliothèque de grande qualité Intellectuelle entre Nantouillet, l’Hôtel d'Hercule et sa maison de Vanves ; mais a-t-il aussi pris sa part dans la politique royale des voyages d'exploration par Verrazzano puis par le malouin Jacques Cartier vers les terres nord-américaines, au Canada (entre autres pour contrer les puissances espagnole et anglaise) ?

Famille

Plaque apposée sur la façade de l'hôtel Duprat, sa maison natale, à Issoire.

Fils aîné d'Antoine Ier (ou II) Duprat et de sa 1° femme Jacqueline Bohier, sœur d'Austremoine Bohier (le père des Bohier ; mari d'Anne/Béraude du Prat, sœur d'Antoine Ier). Il est donc le double cousin germain d'Antoine, Jean, Jeanne/Alix et Thomas Bohier, et le simple cousin germain de leur demi-frère Henry Bohier. Il a lui-même pour frères[4] :

  • Thomas Duprat, évêque de Clermont de 1517 à 1528, abbé de Mozac en 1524-28 après son frère Claude
  • Jean Duprat († 1536 ; Postérité : Françoise Duprat, mariée 1° vers 1524/1527 à Jacques le Clerc dit Coctier, seigneur d'Aunay, conseiller au parlement, puis 2° à Jean-Robert de Heselin)

Son père se remarie avec Jeanne de l'Aubespine, et a pour enfants[4] :

Il se marie, en 1493, avec Françoise de Veyny d'Arbouze (née vers 1477-† à 30 ans ; un frère de Françoise, Antoine de Veyny, est souche des Veyny de Villemont près d'Aigueperse), fille d'Antoine/Michel de Veyny de Fernoël et de Marie d'Arbouze (mariés vers 1475)[9]. Il a pour enfants[4],[10],[11] :

  • Antoine III (ou IV) Du Prat (1503-† vers 1553/1557), seigneur de Nantouillet et de Précy, baron de Thiers et de Thoury-sur-Allier (à Neuvy), chevalier de l’ordre du Roi, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, prévôt de Paris de 1542 à 1553 - 11 années passées en titre - héritier en chef des titres de la famille Duprat. Marié en 1527 à Anne de Tourzel d'Alègre, dame de Précy et de Vitteaux par sa mère Charlotte de Chalon-Arlay d'Orange, comtesse de Joigny (elle était veuve d'Adrian de Ste-Maure-Montgauger-Nesle ; le père d'Anne et 2e mari de Charlotte de Chalon était François d'Alègre, vicomte d'Arques et de Beaumont-le-Roger, Grand-maître des Eaux et Forêts de France, † 1512 à Ravenne avec son frère aîné Yves II d'Alègre le Grand et le fils de ce dernier, son neveu Jacques II d'Alègre) ; d'où :
    • Antoinette du Prat, † 1598 ; elle épouse 1° son cousin issu de germain Christophe Ier d'Alègre, sire de Saint-Just, St-Diéry, Blainville, Oisery et Obsonville (fils de Gabriel et petit-fils d'Yves II d'Alègre), et 2° 1559 Georges Ier de Clermont, marquis de Gallerande, sire de La Ferté-Loupière, vicomte du Grand-Montrevault — veuf, il se remarie à Anne de Savoie-Tende — avec une convention matrimoniale exorbitante qui amena le roi à prendre l'édit des Secondes Noces en juillet 1560[12] ; Postérité du 1°, dont :
    • Antoine IV du Prat, † 1589, sire de Nantouillet, Précy et Toury-sur-Allier, prévôt de Paris, chambellan de Charles IX, mari en 1527 d'Anne de Barbençon-Canny : Postérité au moins jusqu'en 1803 des Du Prat marquis de Barbençon-Canny, sires ou barons de Précy, Nantouillet, Toury et d'Ancienville
    • Guillaume du Prat, baron de Vitteaux, ami de Brantôme et fidèle d'Alençon : après une première tentative ratée d'homicide en janvier 1569 près du Louvre, il assassine lâchement à l'été 1573 quai des Augustins son cousin Antoine d'Alègre de Millau/Meilhaud, qui avait tué, il est vrai, son frère François du Prat (ci-après) en avril 1565 place St-André-des-Arts — après un premier accrochage entre Antoine IV, son frère ledit François Duprat, et leur beau-frère Christophe Ier d'Alègre ci-dessus, frère d'Antoine d'Alègre de Meilhaud, en mars 1565 ; mais Guillaume de Vitteaux est lui-même tué en duel le 7 août 1583 derrière les Chartreux de Paris par le fils de sa victime, le 2e marquis d'Allègre Yves (IV) de Meilhaud, qui venge ainsi son père. L'accrochage initial fut déclenché pour un prétexte qui nous semblerait des plus futiles : les d'Alègre auraient moqué leurs cousins Duprat, raillant leur vile origine (bourgeoisie ou noblesse de cloche transmutée en noblesse de robe ; alors que les Tourzel d'Alègre, nobles d'épée, chevaliers, ont de surcroît du sang royal : la mère de Christophe et Antoine d'Alègre, Marie d'Estouteville femme de Gabriel d'Alègre, est la fille de Gilette de Coëtivy, elle-même petite-fille de Charles VII et d'Agnès Sorel) ; mais à la cour des derniers Valois, le point d'honneur et l'obsession du lignage sont essentiels, et les duels entre farouches bretteurs déciment la noblesse ; les Du Prat et les Tourzel d'Alègre se haïssent d'une haine inexpiable, malgré leur double parenté (les mariages entre Antoine III du Prat, fils aîné du cardinal-chancelier, et Anne d'Alègre ; et entre leur fille Antoinette du Prat et son cousin Christophe Ier d'Alègre)[13]. Sans alliance ni postérité légitime, Guillaume avait été plusieurs fois condamné à mort par contumace pour ses violences[14], mais tout le temps gracié in fine
    • Nicolas du Prat, baron d'Ancienville ; et son frère Pierre du Prat, tué en 1571 par le sire de Gonnelieu de Pernant de Jumencourt alors qu'il avait 15 ans seulement et était page d'Alençon : son frère ledit Guillaume Duprat le venge en trucidant Gonnelieu au début 1572 à Luzarches
    • François du Prat, baron de Thiers, tué en duel en avril 1565 par ledit Antoine d'Alègre de Meilhaud ; époux d'Anne Séguier de la Verrière, lointaine cousine du chancelier : leur postérité continue les barons de Thiers et de Vitteaux
    • et leurs sœurs Renée du Prat (vers 1541-1598 ; x 1561 François de Chabannes-Curton) ; Françoise du Prat († 1580 ; x François des Essarts, † 1590, qui par une deuxième union sera le père de Charlotte, maîtresse d'Henri IV) ; et Jeanne du Prat, sans alliance, † vers 1604
  • Guillaume Du Prat (1505-1560), évêque de Clermont de 1529 à 1560 ; au concile de Trente, il aidera les jésuites à contrer les courants protestants français, mais sera décédé bien 12 ans avant la Saint-Barthélemy, qui lui est pourtant reprochée par des « historiens » protestants du XXe siècle, alors que les jésuites ont armé le bras de la Saint-Barthélemy avec les Guise bien après sa mort, sans qu'on puisse donc lui imputer, ni à son père le cardinal-chancelier, une quelconque responsabilité dans cette tragédie. Henri IV mis fin pendant quelques années, en fermant le Collège de Billom offert par l'évêque Guillaume Duprat à la congrégation, et exilant les jésuites de France - voir Jean Lacouture, les Jésuites, t. Ier - Jésuites qui seront rappelés par le même Henri IV dès 1607.
  • Géraude (ou Béraude ou Charlotte) Du Prat, mariée à Mery de Rouvroy de Saint-Simon de Précy, puis remariée en 1527 à René d'Arpajon de Séverac, fils de Jean II d'Arpajon, chambellan d'Éléonore d'Autriche : Postérité des deux unions.

Il a un fils naturel[4] :

Il aura pour proches parents ou descendants célèbres :

  • Gaspard Du Prat (-1572), gouverneur de Bazas, petit-cousin du chancelier, fils de Vital et petit-fils de Claude du Prat (ce dernier étant un oncle paternel du chancelier), de la branche calviniste des Duprat d'Issoire, filleul de l'amiral de Coligny avec lequel il sera assassiné à Paris, sa femme et deux de ses enfants étant assassinés à Bazas ; seul survivra Isaac, rapatrié et caché en sécurité à Issoire, berceau des Duprat, et qui à sa majorité rejoindra Henri IV avec qui il se convertira au catholicisme en 1593 lors de son accession au trône de France. Postérité, dont les marquis du Prat au XVIIIe siècle

Bibliographie

Sources

  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.

Références

  1. Clément Compayré, Études historiques et documents inédits sur l'Albigeois, le Castrais, et l'ancien diocèse de Lavaur.
  2. Trois magistrats français du seizième siècle : Antoine Duprat, Guy Du Faur, Jacques Faye Par Édouard Faye de Brys, vol. 2, 1845. (pp. 13 à )
  3. Les chanceliers de France sous François Ier
  4. Revue historique de la noblesse Publié sous la direction d'André Borel d'Hauterive, vol. 3, 1845.(pp. 75 à 80)
  5. Nobiliaire d'Auvergne Par Jean Baptiste Bouillet, vol. 5, 1851. (pp. 182 à 184)
  6. « Sat Prat biberunt » : Les Duprat ont assez bu ; allusion à la citation latine « (Claudite jam rivos, pueri), Sat prata biberunt » : (fermez les ruisseaux, esclaves), les prés ont assez bu (troisième églogue de Virgile).
  7. Voir Albert Buisson, Le chancelier Antoine Duprat, Paris, Hachette, , p. 379.
  8. « Famille de Veyny d'Arbouse, p. 1à 22 », sur Archives généalogiques et historiques de la Noblesse de France, t. IV, par Paul-Louis Lainé, à Paris, 1834
  9. « La Maison Du Prat, p. 73-108 », sur Revue historique de la Noblesse, t. III, par André Borel d'Hauterive, à Paris, 1845
  10. « Famille du Prat ou Duprat, p. 2-4 », sur Racines & Histoire
  11. « Georges de Clermont-Gallerande et Anne d'Alègre, l'édit des Secondes Noces de 1560, par Xavier François-Leclanché », sur Villiers-sur-Tholon
  12. « Maison de Tourzel d'Alègre, p. 263-265 », sur Le Grand Dictionnaire historique, t. Ier, par Louis Moréri, chez Jean-Baptiste Coignard, à Paris, 1725
  13. « Guillaume du Prat : le bretteur », sur Geneanet, L'arbre des anti-stars
  14. « Duprat, Antoine-Théodore (1808-1867). Auteur du texte. Vie d'Antoine Duprat : chevalier, seigneur de Nantouillet, baron de Thiers et de Thoury... / par le marquis Duprat,.... 1857. », sur visualiseur.bnf.fr (consulté le 7 janvier 2017)

Voir aussi

Article connexe

Liens externes

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